vendredi 9 octobre 2009

LE JEUNISME

Donc Monsieur Sarkozy, président de la république très provisoirement en vigueur. a décidé d'assister en tous sens les jeunes, car malgré ses déclarations contraires c'est bien de l'assistanat qu'il a commencé à lancer en un vrai feu d'artifice de mesures multiples.
Sans rentrer dans le détail des innombrables usines à gaz qu'il a ouvert dans cette intention, nous allons rappeler quelques indications.
Le RSA d'abord. Cet invraisemblable dispositif sera étendu aux 18 à 25 ans ayant travaillé 3600 heures au cours des trois années précédentes (soit deux ans à temps partiel plein par exemple). Cela ne devrait concerner que 160 000 jeunes mais bien entendu on nous promet d'étendre le dispositif a beaucoup d'autres après ; dans l'assistanat l'on en fait jamais assez et, déjà, les dictateurs syndicaux réclament davantage. La forêt de complications, dont le texte ci-dessus ne donne qu'un faible aperçu, promet de beaux contentieux et de belles combines pour tâcher de se loger dans la niche. Toute dispositif socialiste conduit aux combines.
Une revendication de ces dictateurs syndicaux était de donner aux jeunes une sorte de dotation de départ dans la vie. Le président fait un pas dans ce sens par une possibilité de dotation jusqu'à 3000 €, pour réaliser un projet précis comme financer un permis de conduire ou louer un studio par exemple.
De même, une expérience sera tentée dans le sens d'une allocation accordée contre un suivi assidu d'une formation. Cela concernerait des jeunes de 18 à 25 ans et pourrait aller jusqu'à 2500 €.
Les bourses étudiantes seront également allongées. Et de même l'aide à l'achat d'une complémentaire santé serait augmentée.
Le président ne va pas jusqu'à porter l'obligation scolaire de 16 à 18 ans mais instaure un « droit à la formation ou à l'emploi » entre ces deux âges : voici un nouveau droit qui va s'ajouter bientôt à la liste interminable des « droits de l'homme », système universel de destruction des devoirs de l'homme.
L'Elysée se lamente d'ailleurs car il y a beaucoup de jeunes dont on perd la trace comme si dans l'assistance universelle l'Etat devait suivre à la trace tout le monde : les rois Incas exigeaient que les portes des maisons privées soient ouvertes en permanence... .
Un service public de l'orientation regroupera la multitude d'intervenants chargés de conseiller les jeunes sortis du système scolaire sur les formations existantes et leurs débouchés : quel bel aveu de la complexité du système dans laquelle personne ne se retrouve.
Des mesures seront prises pour favoriser l'emploi des jeunes qui souffrent davantage du chômage que les autres.
Enfin, parmi les 50 mesures, et cela ne s'invente pas, il serait créé un service civique. L'objectif serait de recruter 10 000 volontaires prêts à se consacrer à des missions utiles dès 2010 et à terme l'objectif serait d'atteindre 10 % d'une classe d'âge : c'est comme si un simple travail de base n'était pas une mission utile.
Comment ne pas être suffoqué d'indignation devant ces mesures délirantes qui vont aggraver la paupérisation des jeunes et des moins jeunes, sans jamais résoudre aucun problème.
Essayons d'expliquer avant d'indiquer les conséquences prévisibles.
La première explication, ce sont les futures élections soit de 2012 soit avant. Les yeux fixés sur ces échéances et sur les sondages, le pouvoir ne pense qu'aux intérêts personnels des uns et des autres. C'est donc une opération pure et simple d'achat éventuel des voix des jeunes et de leurs prétendus amis.
Ensuite, vient l'idée que les jeunes sont pauvres et qu'il faudrait corriger cette prétendue dérive. Or, il est normal et logique que les jeunes soient pauvres, puisque, même s'ils sont diplômés, ils ne connaissent pas grand-chose de la bonne façon de créer de la richesse étant d'ailleurs en général ignorants du fonctionnement des entreprises. En outre, ils n'ont pas eu le temps de montrer leur valeur ni celui d'épargner.
En toile de fond, se trouve le faux objectif de l'égalité qui est une chimère tout à fait destructrice de la société.
Il s'ajoute le délire législatif : la loi doit régler tous les problèmes alors que c'est le marché qui devrait les résoudre. Ce délire législatif, qui contribue à l'enrichissement personnel des hommes de l'État, est une des causes majeures de ruine de la société française. Big Brother éclatera un jour de son obésité.
Il est, lui-même, le résultat du « principe des calamités » : un pouvoir socialiste est condamné à corriger les calamités qu'il a créé en développant d'autres calamités par la création indéfinie de nouvelles lois.
En embuscade, se trouve la destruction de la famille : l'on veut, en effet, affranchir les jeunes de la tutelle de leur famille alors que c'est cette tutelle qui peut les conduire au mieux dans les hasards de la vie et leur donner leur chance.
Maintenant voyons les effets prévisibles.
Nous voyons dans ce plan tous les stigmates du socialisme et en particulier la création de nouveaux organismes sources de dépenses futures et donc d'impôts destructeurs.
La France est en faillite comme le premier ministre l'a énoncé clairement et il n'y a pas d'argent dans les caisses. L'on prévoit pour financer « seulement » 500 millions d'euros ; c'est une plaisanterie : nous allons certainement vers plusieurs milliards d'euros lorsque le système sera à plein régime. Bonjour le surendettement public.
Une autre conséquence est la déresponsabilisation des jeunes. En leur créant des droits acquis, le pouvoir ne les poussent pas à se prendre en mains eux-mêmes avec l'aide de leur entourage.
Rappelons en terminant que l'une des sources de la paupérisation du peuple français est le SMIC car il détruit les emplois à commencer par les emplois de la base et il explique à lui seul l'importance du chômage des jeunes.
La mesure qui aiderait le plus les jeunes serait la suppression du SMIC. Il est à craindre que nous l'attendions encore longtemps, c'est-à-dire jusqu'au moment où le navire en perdition se fracassera contre la réalité.
Michel de Poncins http://www.libeco.net

DISCOURS DE PALAISEAU : Le rêve sarkozien d'une nouvelle France métissée

Nicolas Sarkozy travaille à l'avènement d'une France « égalitaire », au sein de laquelle les représentants de la « diversité » seront appelés à prendre une place de premier plan. Au besoin en imposant par la contrainte cette politique à l'ensemble des Français.

Le 17 décembre dernier, devant les élèves de l'Ecole polytechnique de Palaiseau, Nicolas Sarkozy a tenu un grand discours sur l'égalité des chances et la diversité. Qui n'existent - ou n'existeront - que grâce au miracle républicain.
« C'est le miracle de la République d'avoir permis à la France de conjuguer une identité si forte avec une aspiration si grande à l'universalisme.
« C'est le miracle de la République d'avoir permis à la France d'être une grande patrie faite d'une multitude de petites patries unies par une formidable volonté de vivre ensemble, de partager une langue, une histoire, une façon d'être et de penser, où chacun se reconnaît dans un idéal et un destin communs sans que soient effacées les histoires personnelles et les destins particuliers.
« C'est le miracle de la République d'avoir forgé l'unité de la France sans la condamner à l'uniformité », s'est extasié le président.
Mais - parce qu'il y a évidemment un mais...
« Il n'y a pas de République réelle sans volontarisme républicain.
« Il n'y a pas de République réelle sans la volonté de corriger les inégalités, en traitant inégalement les situations inégales.
« On ne peut progresser vers l'égalité réelle qu'en s'attaquant à la fois aux causes et aux conséquences des inégalités, des injustices, des discriminations. »
Pour cela, il faut bien comprendre en quoi consiste cette égalité réelle.
« L'égalité républicaine, c'est l'égalité devant la loi, l'égalité des droits et des devoirs, c'est l'égale dignité des personnes, c'est l'égalité des chances.
« L'égalité des chances : c'est la priorité d'aujourd'hui.
« C'est en rétablissant l'égalité des chances que la République fera circuler ses élites. C'est en rétablissant l'égalité des chances qu'elle fera droit à la diversité. C'est en rétablissant l'égalité des chances qu'elle viendra à bout de la tentation communautariste. Tout ce qui entrave l'égalité des chances doit être combattu. »
En trois temps. Nicolas Sarkozy a donc pointé l'objectif : à savoir « relever le défi du métissage ». Un défi que la France a, à l'en croire, « toujours connu » (sic) : et grâce auquel elle aurait atteint à l'« universalisme »...
Les applaudissements nourris des représentants de la LlCRA et du MRAP ont montré qu'ils appréciaient en connaisseurs l'évolution du discours sur la discrimination positive.

Diversité et ouverture à gauche

En effet, il ne s' agit plus seulement, dans le discours présidentiel, de la discrimination positive en faveur des fameuses « minorités visibles » ; celle-ci s'étend désormais (dans des domaines aussi variés que l'école, l'entreprise, la télévision ou les partis politiques) aux victimes des inégalités, et symptomatiquement des inégalités sociales, puisque. « en réduisant toutes les fractures sociales, on réduira du même coup toutes les fractures », qu'elles soient d'ordre ethnique, religieuse, etc.
Tout sera fait pour parvenir à ce résultat, sous l'autorité vigilante du président.
Tout, et d'abord, le renforcement des pouvoirs de la Haute Autorité pour l'égalité et contre les discriminations (Halde). Celle-ci aura notamment la capacité d'effectuer des « contrôles inopinés » sur les lieux de travail : l'équivalent du fameux testing, qui n'est autre qu'un horrible flicage, mais que ne ferait-on pour la grandeur éthique de la République ?... La Halde est actuellement présidée par l'ancien patron de Renault, Louis Schweitzer (par ailleurs président du conseil de surveillance du quotidien Le Monde... ), nommé pour cinq ans en mars 2005. Récemment contacté (pour la deuxième fois depuis l'élection de Nicolas Sarkozy) pour entrer au gouvernement, Malek Boutih, secrétaire national du parti socialiste et ancien patron de SOS-Racisme, a décliné l'offre mais s'est en revanche déclaré intéressé par la succession de Schweitzer. La présidence de cette police de la Diversité pourrait donc, à terme, lui être confiée. Ensuite, la nomination de l'industriel musulman Yazid Sabeg au poste de « commissaire à la diversité et à l'égalité des chances ». Né en Algérie, fis aîné d'une famille de 13 enfants, il touche aussi bien au milieu industriel et financier que politique (où il est entré parla grâce de Raymond Barre). Il s'est fait, ces dernières années, et notamment par le biais de l'Institut Montaigne, le chantre de la diversité, mais ce critère ne semble guère avoir appartenu à sa vie d'industriel. Auteur d'un Manifeste pour l'égalité réelle, il s'y déclare favorable à une discrimination « positive » sur une base ethnique et n'a pas été avare de critiques à l'égard de la politique sarkozyenne, notamment en ce qui concerne le fameux plan Espoir banlieues de Fadela Amara, auquel il préférerait un Grenelle de la diversité...
Il semble en tout cas clair que ce choix ne vise pas à récompenser une victime de l'inégalité sociale. Le Monde, qui s'est manifestement posé aussi la question, note que « Son appartenance à la franc-maçonnerie - "J'y compte beaucoup d'amis", admet-il - n'est sans doute pas totalement étrangère à son exceptionnelle ascension. » Il illustre en tout cas la « nouvelle France » dont Carla Bruni se faisait le chantre au lendemain de l'élection de Barack Obama, et dont la politique « d'ouverture », orientée à gauche, mise en œuvre par Nicolas Sarkozy depuis son arrivée à l'Elysée, prépare l'avènement.
Olivier Figueras monde & vie 10 janvier 2009

lundi 28 septembre 2009

La conversion socialiste de Nicolas Sarkozy

Où va Nicolas Sarkozy ? Omniprésent, hyperactif, le président français trouve dans la crise économique une occasion en or de satisfaire son besoin impérieux de bouger et de paraître. Le sauveur, c'est lui ! Il ne lui manque plus que des idées cohérentes...

A trop vouloir refonder le capitalisme, Nicolas Sarkozy flirte de plus en plus ouvertement avec le socialisme. Au point de s'attirer les félicitations du président vénézuélien Hugo Chavez, qui lançait, il y a peu, au camarade Sarkozy : « Tu es en train de te rapprocher du socialisme : bienvenu au club, ce sont des idées intéressantes. (...) Il faut créer un système nouveau, avec des différences ici et à, mais il faut que ce soit quelque chose de nouveau. Nous l'appellerons sans doute socialisme, (...) tu l'appelleras nationalisme. »
Une idée tellement nouvelle (sic !), qu'elle a même réussi à réveiller à Cuba le Lider Maximo, qui a lancé, début octobre : « Nous ne sommes pas un pays capitaliste développé en crise dont les dirigeants pataugent aujourd'hui pour trouver des solutions contre la récession, l'inflation, la chute des marchés, le chômage, nous sommes et nous devons être socialistes. »
Enhardis par cet exemple, les socialistes français n'ont pas hésité à cautionner les « mesures nécessaires » de Nicolas Sarkozy, dont l'interventionnisme frôle, ces dernières semaines, la nationalisation la moins cachée, comme le craint notamment le patronat européen qui lui demande de ne prendre en fait que des mesures temporaires. Il est vrai que l'exemple vient de haut ou de loin - puisque l'administration Bush n'a pas hésité à mettre sous tutelle certaines de ses banques en grande difficulté, voire à racheter certaines d'entre elles. A croire que, d'un bord à l'autre de l'Atlantique, on oublie que l'interventionnisme d'État est à l'origine de l'excès d'endettement qui, par le biais de créances pourries, ont internationalisé la crise actuelle.

Socialiste « peut-être »

La gauche française voit donc dans le discours du président Sarkozy (et même dans certains de ses actes) une validation de ses théories économiques - dont on se demande bien pourquoi elle ne nous a pas fait pleinement «bénéficier» lors de ses divers passages au pouvoir. On comprend cet exercice d'autosatisfaction, puisque la droite n'hésite plus à gauchir son propos pour stigmatiser les dérives du capitalisme. Depuis Toulon, où Nicolas Sarkozy se voyait en héritier de Jaurès et de Blum (Monde & Vie du 11 octobre), le chef de l'Etat n'a cessé de donner de nouveaux gages (et pas seulement oraux) à la gauche socialiste.
Ainsi, le 21 octobre, devant le Parlement européen, le président français a-t-il plaidé pour davantage de régulation sur les marchés financiers et prôné la recapitalisation par les Etats des banques privées eu difficulté. Le chef de file des parlementaires socialistes, Martin Schulz, a applaudi une conversion qui voit le président français parler « comme un véritable socialiste européen ». A cette boutade, Nicolas Sarkozy a répondu qu'il était « socialiste peut-être ». p't-être ben qu'non, ou p't-être ben qu'oui ?
Les vrais socialistes, du coup, ont du mal à retrouver leurs marques d'opposants naturels.
Tantôt, ils refusent le plan d'urgence gouvernemental, jugé par eux insuffisant ; tantôt, alors que Nicolas présente ses mesures de soutien devant les entrepreneurs savoyards, ils s'interrogent - manquant quelque peu de suite dans les idées - sur l'origine de l'argent. Question intéressante. Car la planche à billets n'existe plus ; ou plutôt, elle est désormais entre les mains de la Banque centrale européenne, qui la couve d'un œil jaloux.
Nicolas Sarkozy paraît pourtant plus sûr de lui que jamais. Dans le flot des mesures «exceptionnelles» dont il propose la mise en place, la plus importante est la création d'un fonds d'investissement souverain pour les entreprises en difficulté : « Notre réponse à la crise, c'est l'investissement pour la compétitivité de nos entreprises. »
Ce fonds souverain bénéficiera à la fois des ressources de la Caisse des dépôts et consignations, qui sera d'ailleurs chargée de le gérer, mais aussi d'apports publics et privés. De fonds, tout à la fois et sans contradiction aucune, nationaux et européens... Mais que l'on se rassure - si l'on y parvient : « Cet endettement ne creusera pas les déficits, car il aura pour contrepartie l'actif des entreprises au capital desquelles le fonds sera entré. »
On comprend mal l'inquiétude des milieux boursiers, des banquiers et des entreprises, alors que l'État français, lui, ne cesse de faire des affaires... Ainsi, lorsqu'il prête 10 milliards aux banques, nous explique-t-on que ces dix milliards-là rapporteront grâce à un taux d'intérêt fastueux. A y regarder de plus près, ce calcul repose comme les autres sur un dogme : un État occidental ne peut pas faire faillite. Reste à connaître le taux d'infaillibilité de ce dogme-là : car l'État suédois, comme la Grande-Bretagne, sont naguère passés tout près de la faillite... Impossible, vraiment ?

Un activisme à l'échelle de l'Europe

Dans ce tourbillon sarkozyen, d'aucuns s'interrogent sur la philosophie du président. On le dit tantôt bonaparto-libéral, tantôt colbertiste, voire libéral mou... Mais, au-delà des étiquettes, Sarkozy est sans doute surtout un ambitieux pragmatique. Courant partout, omniprésent, il n'hésite plus à se présenter- avant l'échéance! - en sauveur. Avec le président de la Commission européenne Barroso, il plaide désormais ouvertement pour une présidence stable du Conseil européen. « Nous avons besoin d'un président du Conseil qui ne change pas tous les six mois », déclarent-ils. A défaut d'y parvenir, Nicolas Sarkozy a suggéré devant le parlement de Strasbourg qu'il pourrait rester président de l'Eurogroupe jusqu'à ce que la présidence retombe dans l'escarcelle d'un pays de la zone euro. Ce qui, pour être conforme à la pratique habituelle, ne se produira pas avant au moins un an.
Et le président français de justifier : « Plus que jamais, l'Europe prend conscience qu'elle a besoin d'un véritable gouvernement économique, dont elle vient d'expérimenter ce qu'il pourrait être, et l'utilité qu'il pourrait avoir. » Un certain nombre de pays, qui commencent à se fatiguer de l'exercice franco européen de Nicolas Sarkozy, ont répondu du tac au tac qu'il existe déjà un président de l'Eurogroupe en la personne du Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker.
Berlin n'a pas caché ses réserves devant les visées élyséennes, mais les plus virulents ont sans doute été les Tchèques. Le président Vaclav Klaus n'a pas envoyé dire à son homologue français qu'il n'admettrait aucun empiétement sur les prérogatives de son mandat européen. La situation est compliquée encore par l'euroscepticisme très marqué dudit Vaclav Klaus, qui ne se gêne pas pour répéter que le traité de Lisbonne est mort en Irlande.
Pas assez interventionniste pour les uns, trop pour les autres, Sarkozy risque d'être rattrapé par une réalité boursière qui voit les lundis catastrophiques succéder aux vendredis noirs et par une récession que la classe politico-économique quasi-unanime ne voit pas se résorber avant 2010.
Olivier Figueras monde & vie 3 novembre 2008

vendredi 11 septembre 2009

Imposture sarkozyste : nouvelle « rafale » de mensonges de Sarkozy

Nicolas Sarkozy s’était vanté lundi d’avoir pratiquement vendu 36 avions Rafales http://www.nationspresse.info/?p=56785 de Dassault Aviation lors de sa visite au Brésil. Les conditions indiquées avaient déjà de quoi inquiéter, puisque seuls 6 appareils auraient été construits en France, et les autres au Brésil, qui aurait pu ensuite en construire d’autres… pour l’exportation ! Si ce n’est pas se tirer une balle dans le pied !

Mais deux jours plus tard, le ministre brésilien de la Défense Nelson Jobim souligne que « le processus de sélection du projet FX-2 mené par le commandement de l’Armée de l’Air, n’est pas encore terminé » et que les négociations se poursuivent avec les trois compétiteurs (le rafale de Dassault, le F-18 de Boeing et le Grippen du suédois Saab). « Des négociations, au cours desquelles seront approfondies, et éventuellement redéfinies, les propositions présentées, se poursuivront avec les trois participants », explique-t-il dans un communiqué.

Le revirement est intervenu dans la nuit de dimanche à lundi, à la sortie du dîner entre les deux chefs d’État, dans un souci de précaution pour éviter toute réclamation des constructeurs américain et suédois concernant les règles de concurrence.

Encore une fois, Nicolas Sarkozy a trop parlé, il s’est vanté trop tôt, au risque de faire échouer l’opération, démontrant qu’il est tout à fait indigne et incapable d’occuper sa fonction.


Source : http://fn41.unblog.fr
http://nationpresse.info/

jeudi 10 septembre 2009

Sarkoland : Les dépenses somptuaires de l’Élysée

Toute la France est touchée par les mesures de récession. Vraiment toute la France ? Non, une personne ne joue pas le jeu : le Président Nicolas Sarkozy (54 ans).

Le budget de la Présidence a toujours été tenu secret en France. Pour la première fois il est révélé sous Nicolas Sarkozy.

Dans les 300 mètres carrés de l’appartement de fonction des Sarkozy les fleurs doivent être fraîches en permanence. Coût : 280.000 euros par an.

Lorsque Nicolas Sarkozy voyage à titre privé, un avion gouvernemental vide l’accompagne en permanence, pour lui permettre de rentrer à Paris en cas d’urgence.

Il dispose de 61 voitures de fonction, 2 Airbus et 6 avions Falcon-Jet. Le dernier avion en date (60 millions d’euros) a été baptisé « Carla » du prénom de madame Sarkozy numéro 3.

Dépenses annuelles pour les boissons (Champagne, etc.) : 1 million d’euros

Il a presque 1.000 employés à son service, deux fois plus que la Reine d’Angleterre. Parmi eux 44 chauffeurs et 87 cuisiniers.

Les cuisiniers-chefs peuvent se servir librement dans les caves à vin du Palais de l’Élysée, le repas de midi leur est servi par des laquais.

Le président et son épouse peuvent commander de la nourriture ou des boissons 24 heures sur 24. La cuisine est en service en permanence.

Indignation ? Protestations ? Pas du tout. En France, il semble être une affaire d’honneur que le Chef de l’État incarne la « Gloire de la nation« . Il est le successeur du Roi Soleil. Et c’est exactement comme tel qu’il vit. Les courbettes et la courtisanerie sont une exception française, le bas peuple gaulois ne protestera jamais devant les ors, il adore cette manière masochiste de se faire dilapider le porte-monnaie.

Il s’avère difficile de comprendre cette population d’outre-Rhin, râlant pour des futilités et applaudissant le racket. HONTEUX

Source : Bild Zeitung (traduit de l’allemand)

http://www.nationspresse.info

mardi 18 août 2009

Imposture sarkozyste : analyse de l’explosion de la délinquance

Selon les derniers chiffres de l’Observatoire national de la délinquance communiqués (OND) par l’AFP le 17 août 2009, le nombre d’actes de violences contre les personnes a continué d’augmenter (+ 4,34%) entre août 2008 et juillet 2009 par rapport à la même période de douze mois précédente. Dans le même temps, le nombre d’atteintes aux biens aurait légèrement diminué (-1,10%), même si le rythme de la baisse « se ralentit fortement » selon l’OND.

Ce sont les vols commis avec violences qui augmentent de 4,83% (111.149 contre 106.032). Dans le cadre des atteintes aux personnes, celles dites « gratuites » augmentent de 5,41% (239.172 entre août 2008 et juillet 2009 contre 226.898 lors de la même période précédente). Les escroqueries, infractions économiques et financières, elles augmentent de 3,77% (382.971 contre 369.046), les infractions à la législation sur les étrangers diminuent (-7,27%), tandis que celles relatives aux stupéfiants croissent de 3,70%. Globalement, entre août 2008 et juillet 2009, policiers et gendarmes ont constaté 3.562.180 crimes et délits contre 3.561.339 au cours de la période identique précédente, soit une hausse de 0,02%, mais qui atteint 2,47% en comparant juillet 2009 (317.876 faits) avec juillet 2008 (310.222 faits). Ces chiffres ne sont pas surprenants, et méritent quelques commentaires. Les chiffres de la délinquance sont systématiquement en hausse pour les actes qu’il est difficile de cacher : les personnes victimes d’une agression physique portent assez souvent plainte, ou bien peuvent faire l’objet d’un signalement (pompiers, urgences). Pour les « atteintes aux biens », il y a bien longtemps que le chiffre n’est plus fiable, comme l’avouent facilement de nombreux gendarmes ou policiers. En effet, les chances de retrouver le coupable et d’être indemnisé sont si faibles que la majorité des victimes ne porte pas plainte. D’ailleurs, tout est fait pour les en dissuader. Et puis les assurances ont relevé leurs franchises, assortit la garantie de conditions de plus en plus contraignantes, quand ils ne refusent pas tout simplement d’assurer le vol dans certains quartiers. Ce sont ces chiffres sous-estimés qui ont permis un temps à l’illusionniste Sarkozy de faire croire à la réussite de sa politique quand il était Ministre de l’Intérieur… mais aujourd’hui, le système atteint ses limites, et il n’est plus possible de cacher la vérité aux Français. Quant aux « infractions à la législation sur les étrangers », leur diminution vient du fait que le constat de l’infraction dépend des consignes données aux forces de l’ordre. Ce chiffre prouve surtout que M. Hortefeux, comme M. Besson aujourd’hui préfèrent fermer les yeux. Mais quand on voit des « sans-papiers », autrement dit des clandestins, manifester publiquement dans nos villes, occuper des lieux publics et négocier avec des préfets, ce n’est pas vraiment surprenant !
jeromemoreno : le 18 août 2009

Source : http://fn41.unblog.fr

http://nationpresse.info/

mardi 11 août 2009

TAXE CARBONE

Depuis son arrivée au pouvoir Monsieur Sarkozy ne cesse de taxer et de surtaxer tout en prétendant la main sur le coeur qu’il diminue les impôts. L'exemple de la taxe carbone est vraiment significatif.
Elle prétend lutter contre la chimère du réchauffement climatique c'est-à-dire en fait à lutter contre le soleil. Bien entendu elle va se traduire par une gigantesque usine à gaz avec des complications inouïes.
Certaines entreprises en effet en seront exemptes dans un nuage législatif compliqué. De même, les ménages les plus défavorisées de la paieront pas.
L'on prétend qu'elle se réalisera à prélèvement fiscal neutre. Le gouvernement dépensant de l'argent de tous les côtés et en tous les lieux sans limite, personnes ne peut croire à la validité de cette promesse qui repose d'ailleurs sur des jeux d'ordinateurs extrêmement complexes.
En définitive elle pourrait coûter en moyenne 300 € par ménage.
http://www.libeco.net/magazine.htm

LE TROU DE LA SECU

Depuis son organisation au sortir de la dernière guerre la sécurité sociale est régulièrement en déficit. Cela ne peut pas être autrement puisque le système n'est pas du tout géré. C'est une sorte de grand baquet où l'argent est déversé après avoir été pris par la force aux salariés et à toutes les autres catégories de la population. Il en sort suivant le bon plaisir des pouvoirs politiques et syndicaux du moment.
D'où il en résulte, chaque année, un plan pour combler le trou. Cela ressemble au travail du sapeur camembert qui comblait un trou avec de la terre enlevée ailleurs. Le chef d’œuvre fut la création de la CADES supposée éponger la dette et qui depuis lors ne cesse de dériver. Le pouvoir de Sarkozy n'y échappe pas puisqu'un nouveau plan prévoit 25 mesures pour économiser 2 milliards d'euros qui évidemment ne serviront à rien.
Parallèlement, une loi « Bachelot » marque un pas supplémentaire vers l'étatisation du système français de santé. La libre installation des médecins libéraux va être réduite. Ils auront en effet à payer une amende annuelle s'ils refusent d'exercer dans des zones jugées sont dotées par les agences régionales de santé. Il est question aussi de limiter les dépassements d'honoraires ce qui risque de tuer la métier de médecin libéral en France. Il faut rappeler, à ce sujet, le contre-exemple du Canada. En effet, le secteur privé a été également entravé et le résultat est que les dépenses de santé n'ont pas du tout été maîtrisées. En revanche, des pénuries importantes de médecins et d'infirmières se font sentir et les temps d'attente pour les médecines les plus modernes s'allongent.
M.P. http://www.libeco.net/magazine.htm

Zone protégée: Sarkozy supprime l’avis conforme des Bâtiments de France

Les promoteurs dont le nouveau slogan est “osons la densification” vont pouvoir s’en donner à cœur joie : merci Sarkozy !

En plein cœur de l’été, la loi dit « Grenelle I » publiée le 3 août 2009 au journal officiel a entériné la modification de l’article L. 642-3 du Code du patrimoine qui supprime l’avis conforme des architectes des Bâtiments de France (ABF), préalable à l’autorisation des travaux situés dans ces zones, pour le transformer en avis simple. .

Il s’agit de faciliter le lancement de travaux dans les zones de protection du patrimoine urbain et paysager (ZPPAUP).

Le changement a légitimement ému l’Association nationale des villes et pays d’art et d’histoire, qui a écrit le 22 juillet au ministre de la Culture pour lui demander « de tout mettre en œuvre pour que cette décision puisse être reconsidérée dans l’immédiat. »

http://fr.altermedia.info/

jeudi 9 juillet 2009

La subsidiarité, l'Europe et Sarkozy

IL NE SAIT PAS DE QUOI IL PARLE
Nicolas Sarkozy, qui a des idées sur tout et le fait savoir plus souvent qu'à son tour, a trouvé la solution dans l'affaire de la TVA à taux réduit : la France et ses partenaires n'ont qu'à demander à la Commission européenne l'application du principe de subsidiarité. Mais il ne sait pas de quoi il parle...
Le raisonnement du ministre de l'Intérieur est inattaquable : « La subsidiarité impose de mieux distinguer entre, d'une part, les biens et services échangeables d'un pays à l'autre, dont la taxation est susceptible d'affecter le fonctionnement du marché intérieur, et d'autre part les prestations de services locales, qui peuvent être taxées différemment dans chaque Etat membre sans affecter en quoi que ce soit les échanges au sein de l'Union. » Ainsi la France doit-elle pouvoir librement déterminer ses taux de TVA sur la restauration, par exemple, puisque cela ne peut en aucun cas affecter le marché communautaire : on ne verra pas les Allemands ou les Danois venir en masse prendre leur déjeuner dans notre pays.
C'est le bon sens même. Ce qui relève exclusivement de l'économie nationale n'a pas à être régi par les instances communautaires. Et cela, c'est le principe de subsidiarité, qui est inscrit dans les traités.
Mais une petite question se pose, et qui échappe à Sarkozy. Si le principe de subsidiarité est inscrit dans le traité de Maastricht, et confirmé dans le traité d'Amsterdam qui lui consacre tout un "protocole", pourquoi donc les institutions européennes ne l'appliquent-elles pas en matière de TVA ?
Si la situation est celle-là, la procédure ne consiste pas à demander respectueusement à la Commission de bien vouloir prendre en compte la différence entre les biens et services circulant dans l'Union et les biens et services locaux. Elle consiste à dénoncer fermement cette atteinte à un principe des traités, et à exiger l'application immédiate de ce principe à la TVA.
C'est ici qu'est la faille, dans le propos de Sarkozy. Il sent confusément que ce n'est pas si simple, mais il ne sait pas pourquoi.
En réalité, il ne sert à rien d'invoquer le principe de subsidiarité. Et Sarkozy, comme si souvent, parle pour ne rien dire.

De Maastricht à Amsterdam
Le soi-disant principe de subsidiarité inscrit dans les traités est exactement le contraire du vrai principe de subsidiarité. Cette notion, et le mot lui-même, appartiennent à la doctrine sociale de l'Eglise, et ont été définis par le pape Pie XI dans son encyclique Quadragesimo anno. Le principe de subsidiarité est celui selon lequel à tous les échelons de la société l'échelon supérieur n'a pas à intervenir dans ce qui est du ressort de l'échelon inférieur, sauf cas de carence de celui-ci, ou pour des raisons de bien commun. On (c'est-à-dire Giscard et Delors) a fait croire aux citoyens (et à Sarkozy) que c'était cela que l'on avait inscrit dans les traités. Or le traité de Maastricht énonce précisément le contraire : il sanctuarise « ce qui relève de la compétence exclusive de la Communauté », et laisse aux Etats le reste. Et c'est "la Communauté" qui décide de ce qui est de sa compétence exclusive. Et "la Communauté" n'a cessé d'étendre le champ de cette "compétence", tandis que le traité d'Amsterdam affirmait comme un principe intangible, dans son protocole sur la subsidiarité (et c'est même le premier des principes intangibles) que la législation communautaire prime dans tous les cas sur les législations nationales, y compris constitutionnelles. Le traité d'Amsterdam a instauré la dictature européenne en invoquant le principe de subsidiarité...
Ainsi, la mention de la subsidiarité dans les traités n'est qu'un leurre, destiné à faire croire que les nations peuvent avoir ou récupérer des marges de manœuvre. Sarkozy ne le sait pas, mais il voit comment fonctionne l'Union européenne. Il propose donc de demander humblement à la Commission européenne de nous redonner la liberté de déterminer les taux de TVA sur la restauration et l'habitat, en rappelant au "gardien des traités" que dans ces traités figure la subsidiarité, qui le permet. Or la vraie subsidiarité ne le permet pas, elle l'exige. Si la Commission européenne accédait au vœu de Sarkozy, ce ne serait pas du tout au nom du principe de subsidiarité, mais au contraire en vertu de son pouvoir souverain accordant des privilèges à un bon petit vassal ; comme on peut d'ailleurs le constater dans toutes les négociations de ce type.
Yves DAOUDAL National Hebdo du 9 au 15 février 2006

jeudi 18 juin 2009

L'AXE SARKOZY-COHN BENDIT-OBAMA

Après les Européennes, tous les médias aux ordres ont salué la victoire de Sarkozy avec 28 %. Si l'on ramène le score aux inscrits, cela fait 10,9 % d'électeurs motivés pour montrer leur soutien au gouvernement. Les électeurs UMP opposent toujours la France qui travaille (eux-mêmes) à ceux qui ne font rien ou ne pensent qu'à défendre leurs avantages acquis. Or, dans les électeurs qui votent UMP il y a au moins une bonne moitié de retraités (qui parfois ont pris leur retraite entre 45 et 50 ans) à revenu plutôt élevé (retraités dont le seul but est que la retraite tombe tous les mois). On peut donc dire qu'il y a à peu près 5 % d'électeurs actifs qui soutiennent le gouvernement, c'est-à-dire ceux qui sont pleinement dans la vie active et qui ressentent la situation économique.

La victoire et le soutien Sarkozistes sont donc tout relatifs d'autant plus que tous les autres partis de l'extrême gauche à la droite nationale étaient hostiles, même de Villiers proposait une politique opposée. Les abstentionnistes par définition ont montré qu'ils n'étaient pas motivés pour soutenir quiconque.

Pendant les présidentielles, Sarkozy avait fustigé mai 68. On sait maintenant qu'il invite Cohn-Bendit à sa table de l'Elysée. Il a même nommé le directeur de Charlie Hebdo Philippe Val à la tête d'une radio publique nationale. Cela veut dire que derrière l'aspect guignolesque que prend parfois le débat politique, il y a de nombreuses convergences entre le maître de l'Elysée et l'ancien gauchiste.

Sarkozy et Cohn-Bendit sont aussi deux jouisseurs grossiers sans éducation et cela crée des liens. Ils ne peuvent aussi se sentir exister que sous les feux de la rampe.

Aux Européennes, Sarkozy a donc joué Cohn-Bendit contre Bayrou qui a eu le tort de rappeler les écrits pédophiles de l'ancien rouquin. Mais pour les « bien pensants » l'ancien gauchiste devenu soi-disant écolo, n'est pas un vulgaire prêtre fautif à qui l'on peut rappeler à l'infini ses fautes passées. Bayrou a perdu car en politique ne comptent que le perçu et l'apparence. Il y a toujours eu une certaine constance anti-occidentale chez Cohn-Bendit : haine de l'Etat nation surtout français, entrée de la Turquie en Europe, destruction des valeurs nationales et occidentales ...

La tape de Sarkozy (sans doute pour faire le jeune) dans la main d'Obama était totalement ridicule. On aurait dit un ado de la banlieue du 93. Il avait oublié ses Ray Ban, pour une fois. Obama est le croisement d'une gauchiste avec un Africain musulman. Cela a son importance puisque la mère du Président américain était plutôt moche donc exclue du désir des mâles blancs avec ce que cela implique de haine envers son propre camp, l'aigreur en ayant fait une «intellectuelle» par la force des choses. On a donc du côté de la mère la haine de l'Occident vécue de l'intérieur et d'autre part un père de race et de culture totalement opposées à l'Amérique blanche profonde. Maurras parlait d'une anti-France, mais il existe aussi un anti-Occident à l'intérieur de lui-même.

Cela explique que le Président de la première puissance occidentale de la planète fasse des discours où il n'est question que de faire l'apologie de la civilisation musulmane et de débiner l'Occident, discours ponctués de « Salaam Alei koum ».

L'élection d'Obama est l'aboutissement de décennies de bourrage de crâne politiquement correct et de culpabilité entretenue par certains lobbies.

Derrière les mots trompeurs : droite, gauche, écologie, Sarkozy, Cohn-Bendit et Obama ne sont que les représentants de la même idéologie et sont les fossoyeurs de l'Occident.

Patrice GROS-SUAUDEAU juin 2009

samedi 6 juin 2009

Sarkozy et la Turquie : un mensonge d'Etat

Sarkozy et la Turquie : un mensonge d'Etat

Le droit de veto de la France

Souvenez-vous : au cours de la campagne électorale, en 2007, le futur président Sarkozy n'avait cessé de se démarquer de Jacques Chirac en proclamant son hostilité à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Ce pays asiatique et musulman n'y avait pas sa place.
J'ai été de ceux qui l'ont cru. Je ne pensais pas, dans ma naïveté, qu'il oserait trahir des engagements si clairement formulés.
C'est pourtant ce qu'il a fait.
L'adhésion d'un nouvel Etat doit être décidée à l'unanimité des pays membres. La France dispose d'un droit de veto : elle peut, de sa seule volonté, refuser la Turquie ; nul ne saurait l'en empêcher. Donc, si Nicolas Sarkozy avait été sincère, il eût informé nos vingt-six partenaires, dès son élection, qu'il fallait arrêter sans délai des négociations d'adhésion devenues sans objet. Mais ce n'est pas ce qu'il a fait. Il a donné son accord, au contraire, dès 2007, à l'ouverture de nouveaux chapitres de la négociation ! Et quand la France a exercé la présidence de l'Union européenne en 2008, pendant six mois, le loyal Sarkozy en a encore ouvert d'autres !

L'abrogation du verrou référendaire

Il a fait pis. En 2005, pour tenter de sauver son référendum sur la Constitution européenne, son prédécesseur, Jacques Chirac, avait fait inscrire un "verrou référendaire" dans la Constitution nationale : la candidature de la Turquie devait être soumise, le moment venu, à l'approbation du peuple. On pouvait apparemment être rassuré. Mais c'était sans compter avec la duplicité exemplaire du nouveau locataire de l'Elysée. Ce que le Parlement avait fait, il pouvait le défaire, si on le lui demandait gentiment... Saluons ici la performance du petit Nicolas : juché sur ses talonnettes, il est parvenu à égaler la fourberie, qu'on croyait inatteignable, du regretté président Mitterrand. Car Sarkozy n'a pas hésité à faire abroger l'obligation du référendum pour la Turquie à la faveur de sa réforme de la Constitution. Il est donc trop évident que les actes de Sarkozy démentent ses paroles. Il dit qu'il est contre la Turquie, mais il fait tout pour lever les obstacles à l'entrée de celle-ci dans l'Europe.

Le parti de l'étranger

Faut-il en être surpris ? Oui, sans doute, si l'on n'a pas compris que le premier talent du petit homme est un art consommé du mensonge. A ce niveau, on peut parler d'un mensonge d'Etat : en réalité, le "grand projet" de Nicolas Sarkozy est tout simplement de rapetisser la France en la soumettant à l'empire américain, lequel empire s'emploie sans relâche, pour des raisons de haute politique, à imposer la Turquie aux Européens.
En mai 2009, à Nîmes, les militants de l'U.M.P. ont applaudi Sarkozy à tout rompre quand il a affirmé, encore une fois, combien il demeurait opposé à l'entrée de la Turquie dans l'Europe... Soyons moins crédules, ou moins flagorneurs, que ces gens-là. Regardons la vérité en face. Avec Sarkozy, l'U.M.P. est devenu le parti de l'étranger, des Turcs et des Américains. Aux élections européennes du 7 juin 2009, les Français qui aiment la France ne doivent pas donner leur voix à ces félons.

Henry de Lesquen, président de la Voix des Français.

mercredi 6 mai 2009

Sarkozy : deux ans de rupture avec le modèle français

Lorsque Nicolas Sarkozy a été élu, Polémia s’est interrogé sur le sens de la rupture annoncée par le nouveau président : rupture avec le politiquement correct (attendue par beaucoup d’électeurs) ou rupture avec le modèle français (voulue par beaucoup de ses soutiens médiatiques, financiers ou étrangers) ?
(La méprise : http://www.polemia.com/article.php?id=1550

Deux ans plus tard la réponse est claire : Nicolas Sarkozy n’a pas rompu avec le Système, il a rompu avec l’exception française.

Rupture avec l’esprit des institutions
D’inspiration monarchique, les institutions de la Ve République visaient à donner de la hauteur et de la distance au président de la République en charge de l’essentiel. Mais l’omniprésence médiatique de Nicolas Sarkozy et son activisme touche-à-tout sont en rupture complète avec la pratique de tous ses prédécesseurs qui économisaient leur parole et s’efforçaient de garder un minimum de majesté, sinon de sacré, à la fonction.

Rupture avec la politique d’indépendance nationale
Il y a dans les gènes de la Ve République comme du gaullisme la politique d’indépendance nationale : une démarche fondée sur la conviction que les intérêts de la France et de l’Europe continentale sont distincts, sinon opposés, de ceux des puissances anglo-saxonnes. Dans ce domaine les ruptures se sont multipliées :
- la rentrée de la France dans le commandement unifié de l’OTAN ;
- la fermeture programmée de bases françaises en Afrique ;
- l’installation d’une base d’appui à l’Amérique à Abou Dhabi ;
- la remise en cause des liens traditionnels avec le Québec ;
- le divorce franco-allemand.

Rupture avec l’élitisme républicain
La France a construit son appareil d’Etat, et une large partie de sa puissance industrielle (aéronautique, espace, nucléaire, pétrole) à partir des grands corps d’ingénieurs et des grandes écoles. Le principe en était la sélection au mérite par les capacités et par l’effort. La mise en œuvre de la discrimination positive change ces règles et fait de l’origine (ethnique, religieuse, sexuelle) et de la faveur les nouveaux critères de sélection des élites.

Rupture avec la laïcité
La nouvelle politique religieuse du gouvernement repose sur un oxymore : le concept de « laïcité positive ». Or la laïcité, c’est la séparation de l’Eglise et de l’Etat et la neutralité de l’Etat vis-à-vis des religions. En pratique, la laïcité a longtemps été un moyen de lutte contre le catholicisme, religion dominante. La « laïcité positive » vise, elle, à reconnaître, encourager et donner des moyens financiers aux religions minoritaires (principalement l’islam). Il s’agit de faciliter la construction de mosquées et de centres culturels islamiques et de donner un statut juridique à différentes pratiques musulmanes parfaitement étrangères à l’identité française.

Rupture avec la conception traditionnelle de la famille
Cellule de base de la société, point d’ancrage dans la crise, la conception traditionnelle de la famille subit de nombreuses atteintes. Certes, toutes ne sont pas nouvelles mais la présidence Sarkozy accélère le mouvement :

- mise sur un pied de quasi-égalité du Pacs et du mariage ;
- volonté d’imposer à l’opinion publique le terme et la notion d’ « homoparentalité » ;
- projet de loi instituant un statut de « beau-parent », y compris pour les couples homosexuels ;
- création d’un hypothétique « droit à l’enfant ».

Rupture avec la culture française
Dans le mode de sélection des élites françaises comme dans la formation scolaire traditionnelle, la connaissance des humanités et la maîtrise de la langue française ont toujours été jugées essentielles. La langue française est d’ailleurs considérée comme un élément important de notre identité en même temps qu’un facteur du rayonnement français dans le monde. La aussi, Nicolas Sarkozy a choisi la rupture :

- en brocardant la place accordée à la culture générale, notamment dans les concours administratifs (alors même que beaucoup d’entreprises découvrent l’importance de la maîtrise de la langue française par leurs employés et leurs cadres) ;
- en se moquant de la lecture de La Princesse de Clèves ;
- en maltraitant, délibérément ou non, la langue française dans ses discours et sur le site Internet de l’Elysée.

Rupture avec l’art de vivre français
L’art de vivre français, c’est un ensemble d’attitudes et de comportements : ce sont des règles de convivialité ; ce sont des hauts lieux et des paysages qu’on respecte et qu’on protège ; ce sont des traditions gastronomiques ; c’est aussi le refus de voir l’argent et la consommation envahir toute la vie. Là aussi, dans la foulée du rapport Attali, les ruptures sont nombreuses :

- la suppression projetée du repos dominical qui structure la vie sociale et communautaire ;
- le goût ostentatoire de l’argent et du « bling-bling » ;
- le désintérêt vis-à-vis du terroir français et de ses produits (vins, fromages) ;
- la marchandisation du patrimoine ;
- la volonté de remettre en cause les règles d’urbanisme, protectrices de la beauté des sites et des paysages.

Une rupture à contretemps
La rupture sarkozyste se fait au nom d’une utopique modernisation. Il s’agit de s’anglo-saxonniser (sur le modèle américain et britannique) et de s’orientaliser (sur le modèle de Dubaï). Mais le calendrier n’est pas galant homme : pourquoi donc copier des modèles étrangers au moment même où ils s’enfoncent dans la crise ?

La démarche présidentielle sur « la France d’après » n’est pas seulement condamnable au regard de l’identité française ; elle a un côté pathétique parce qu’elle est déjà dépassée.

Voir aussi l’article de Roger Cohen du New York Times sur la destruction des dix tabous français : http://www.polemia.com/article.php?id=1528

La méprise

Six mois après son élection, le sondage IFOP/« Le Journal du dimanche » fait apparaître que 59% des Français considèrent que l’action du président de la République et de son gouvernement n’a pas amélioré leur situation. Seuls 3% considèrent qu’il est encore trop tôt pour juger de son action (« Les Echos » du 05/11/2007).

Il y a plusieurs explications à cette performance.

1) N.Sarkozy a bénéficié pour son élection d’une conjoncture politique exceptionnelle :

– une candidature de gauche non crédible ;
– l’effondrement du Front national, qu’a renforcé l’habilité du candidat à reprendre une partie de son vocabulaire.

Mais il y a seulement un an son élection n’était pas du tout assurée : ce qui veut dire que cette conjoncture exceptionnelle n’est pas suffisante à elle seule pour fournir un appui politique durable au président, a fortiori si celui-ci veut engager une politique de rupture.
La gauche reste, en effet, une force politique qui s’appuie sur de nombreux relais intellectuels et sociaux ; le courant identitaire reste une composante durable du paysage politique européen que l’erreur stratégique du Front national, parti à la conquête illusoire des Beurs pour la campagne présidentielle de 2007, ne saurait masquer durablement. Enfin, l’ouverture à gauche a ébranlé la majorité présidentielle.

Le président est institutionnellement fort mais politiquement faible en réalité, ce qui explique qu’en décalage évident avec le discours de rupture lui et son gouvernement manifestent une peur certaine du retour du syndrome de 1995 : les mâles prétentions affichées masquent mal la réalité d’un pouvoir qui négocie sur tout pour calmer le jeu. Bref, un discours dur associé à une pratique molle. C’est une recette qui conduit habituellement au désastre en politique car elle génère l’inquiétude sans convaincre. Elle ne peut qu’encourager toutes les résistances, notamment syndicales, et donc générer les conflits au lieu de les prévenir.
Au demeurant, le président, qui promet la rupture, s’est doté d’un gouvernement médiocre et en particulier d’un premier ministre faible ; il est donc dépourvu de réel fusible, d’autant plus qu’il se met en première ligne sur tout.
Car c’est aussi en raison de cette faiblesse politique qu’il déploie un activisme médiatique permanent dans l’espoir de la compenser.

2) La victoire de N. Sarkozy en 2007 repose sur un malentendu pour ne pas dire une manipulation autour du thème de la rupture.

Les Français ont vu en lui l’homme de la rupture avec le système. Mais N. Sarkozy est surtout l’homme qu’a propulsé le système pour rompre avec l’exception française.
La conséquence est que le président de la République met pour le moment en œuvre une action qui ne peut répondre à l’attente du corps électoral qui l’a élu. Trois exemples :

a – une « ouverture » uniquement à gauche ;

b – le lancement de chantiers qui ne concernent pas le quotidien immédiat des Français : mini-traité européen, posture ambiguë sur la Turquie, alignement « atlantique » pro-américain et pro-israélien marqué, promotion de l’union méditerranéenne, présidentialisme, commission pour libéraliser (plutôt que libérer…) la croissance, Grenelle de l’environnement, multiples initiatives internationales (Darfour, infirmières bulgares, Arche de Zoé…), etc. ;

c – pas de remise en cause réelle de l’immigration de peuplement (M. Hortefeux se considérant autant « le ministre du droit d’asile » que le ministre de l’identité) et de la logique d’intégration (que l’on va renforcer dans un sens discriminatoire à l’égard des Français de souche).

Ce faisant, le président paye ainsi sa dette vis-à-vis du système en engageant les ruptures que celui-ci réclamait. Mais, a contrario, une fois celles-ci réalisées, il perd progressivement de son utilité et risque de devenir lui-même le fusible du système.

Cela conduit à s’interroger sur la signification, en termes de dynamique sociale, de l’élection de N. Sarkozy.
Valéry Giscard d’Estaing incarnait la droite moderne face au gaullisme sur le déclin, F. Mitterrand incarnait le peuple de gauche face à la droite, J. Chirac incarnait une certaine image du gaullisme (même si c’était à tort) et en 2002 la France immigrée aussi (qui en 2007 s’est, en revanche, massivement portée sur S. Royal).
N. Sarkozy n’incarne pas d’autre force que celle de la survie du système : ses seuls réels soutiens sont la classe médiatique, le MEDEF et les patrons du CAC 40. Et, bien sûr, la solidarité internationale de tous les tenants du système.
En d’autres termes, son élection exprime la prétention de la nouvelle classe économique issue de la mondialisation à exercer le pouvoir souverain ou, pour le dire encore autrement, la domination des valeurs marchandes (qu’exprime le couple marché/morale qui est au cœur du modèle anglo-saxon, modèle qui fascine la nouvelle classe). Or le problème est que cette nouvelle classe s’impose justement par la négation des peuples et des nations. Sa rencontre avec le peuple français ne peut donc qu’être conflictuelle.

De fait et symboliquement le nouveau président, hier si habile à soigner son image, ne cesse curieusement, depuis qu’il est élu, d’accumuler les fautes de goût : croisière luxueuse après son élection, vacances aux Etats-Unis, soirée au « Fouquet’s », revalorisation de sa rémunération, divorce « people » avec Cecilia…
Tout cela ne correspond pas à l’image traditionnelle d’un président de la République mais s’accorde très bien avec la mentalité arrogante de la nouvelle classe. Cela a en tout cas laissé des traces durables et négatives dans l’opinion et donne une dimension nouvelle à la coupure entre la France d’en haut et celle d’en bas.

3) Les Français croyaient avoir élu un président ; ils découvrent qu’ils n’ont élu qu’un candidat.

« Ensemble tout est possible » : tel était le slogan de la campagne présidentielle, manière emblématique de traduire l’habile communication du candidat, capable de promettre tout à tout le monde.
Mais, devenu président, N. Sarkozy continue pourtant sur le même registre : chaque jour apporte son nouveau lot de déplacements éclairs, de promesses, de « lettres » ou de déclarations tonitruantes autour du thème « Je veux » ceci ou cela.

Hélas, gouverner implique de dépasser le stade du discours pour se confronter au réel et pour rendre possible le souhaitable.
Ainsi dans sa Lettre aux enseignants il déclare par exemple : « Je souhaite » que les élèves se lèvent quand le professeur entre dans la classe… Fort bien. Mais quels moyens sont mis en œuvre pour réaliser cette volonté ? Mystère…

L’activisme présidentiel commence en outre à donner une image non d’activité mais d’instabilité : image inquiétante pour celui qui est en charge de nos intérêts vitaux dans un monde dangereux.

L’activisme médiatique conduit aussi parfois à s’interroger sur les curieuses priorités présidentielles : recevoir un lycéen victime « d’injures racistes », faire lire la lettre de G. Môquet dans les écoles ou aller au Tchad négocier en personne la libération des membres d’une obscure association…

En réalité, ce « volontarisme » est uniquement destiné à la médiatisation et non à l’action. Or, sans effet positif mesurable sur leurs conditions réelles d’existence, les envolées périodiques sur le thème de la « volonté » présidentielle finiront à la longue par lasser les Français, puis à devenir proprement ridicules, et enfin odieuses.

Tout nouveau pouvoir connaît, bien entendu, une période d’ajustement et de maladresses. La différence est que celles-ci n’ont pas l’air de se réduire avec le temps mais ont plutôt tendance à s’amplifier.
Les Français commencent à se demander si, dans le spectacle présidentiel qu’on leur présente depuis six mois, il n’y a pas une grave erreur de casting.
La question est donc de savoir si le pouvoir médiatique sera suffisant dans la durée pour garantir la pérennité d’une politique qui semble manifestement plus destinée à convaincre le Congrès américain que nos concitoyens.

Michel Geoffroy © Polémia 08/11/07

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mardi 10 mars 2009

C’est dur la crise : la montre de Sarkozy vaut …45 680 euros

Le journal Capital, réputé pour être fiable sur les chiffres, révèle que Nicolas Sarkozy porte à son poignet une montre d’une valeur à l’achat de 45 680 euros.

Une toquante de toqué, marquée «Patek Philippe - Genève» qui serait un cadeau de Carla et aurait remplacée les Rolex ou les Breitling qu’il aimait exhiber.

On comprend mieux pourquoi l’UMP a été la seule formation à défendre Julien Dray , autre célèbre représentant du peuple, amateur de montres.

Comme aurait pu dire un autre ami, Ségéla : « Même pendant la crise, il faut pouvoir lire l’heure ».
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mardi 10 février 2009

UE : l’intempérance de Sarkozy pourrait compromettre la ratification tchèque du traité de Lisbonne

Furieux de ne pas avoir pu conserver la présidence tournante de l’Union européenne (justement parce qu’elle était « tournante » et qu’il fallait laisser la place à la Tchéquie), Nicolas Sarkozy multiplie les provocations à l’égard des Tchèques.

Le chef de l’Etat a commencé par déclarer à propos des initiatives de la présidence tchèque relative à la crise économique : “Il ne faut pas leur en vouloir à eux spécialement, ils font ce qu’ils peuvent”.

Parallèlement à ce mépris affiché fort peu diplomatiquement, le président de la France n’a de cesse que de lancer des initiatives parasites avec sa nouvelle amie Angela Merkel.

Histoire d’en rajouter une couche, Nicolas Sarkozy a déclaré lors de son émission sur la crise avec une maladresse visiblement calculée: “Si on donne de l’argent aux industries automobiles pour se restructurer, ce n’est pas pour apprendre qu’une nouvelle usine va partir en Tchéquie ou ailleurs”. Le plan de sauvetage de l’industrie automobile française qui prévoit – à juste titre- une condition suspensive en cas de délocalisation des emplois est devenu un acte de défiance ciblé.

Les dirigeants tchèques sont arrivés à un point d’irritation qu’ils seraient tentés de ne pas de ratifier le traité institutionnel de Lisbonne.

Surtout que Nicolas Sarkozy ne se prive d’être aussi lourd si, à la clé, le torchon de Lisbonne doit être rangé dans un placard ou mieux déchiré.
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lundi 9 février 2009

OTAN: Sarkozy décide la “normalisation” de la France

En 1966, le général de Gaulle avait signifié aux Américains le retrait de la France des structures militaires intégrées de l’Otan, afin d’affirmer l’autonomie nationale en pleine guerre froide; il s’appuyait sur l’acquisition de l’arme nucléaire.

La réintégration voulue par Nico l’Américain et conçue comme une “normalisation” est en passe d’être scellée. On se souvient ce que ce terme de”normalisation” signifiait du temps des satellites de l’Urss. Cet acte de soumission à la vision unilatérale du monde se déroulera en avril à Strasbourg et Kehl, lors du sommet marquant les 60 ans de l’OTAN, auquel participera Barack Obama.

Concrètement, la réintégration pleine de la France devrait se traduire par l’envoi de quelque 900 militaires français dans l’appareil militaire intégré de l’OTAN. Ce qui entraînera un coût financier élevé.

La Turquie souhaite pouvoir obtenir de la France plus facilement une approbation complète son intégration européenne.

Sans que personne n’ose l’avouer ouvertement, il est vraisemblable que la question de la Turquie fait partie du paquet cadeau de ce que l’Elysée nomme la “normalisation”.


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mardi 3 février 2009

Chérèque accuse Sarkozy de jouer un jeu dangereux avec l’anarco-syndicalisme

Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, dénoncer le choix de Nicolas Sarkozy de “survaloriser médiatiquement Sud” pour affaiblir les autres syndicats. Il a jugé que ces petites manœuvres revenaient à jouer “un jeu dangereux”.

“On voit bien la tactique : on se créé un ennemi qui n’existe pas, qui fait moins de 4 % aux élections des prud’hommes, qui est présent dans quelques entreprises publiques et qu’on survalorise au niveau médiatique pour inévitablement affaiblir le syndicalisme, puisque l’image que donne Sud est une image négative pour le syndicalisme” a déclaré le leader de la CFDT.

Notons au passage que l’Elysée joue le même jeu en matière politique avec le trotskiste Besancenot.

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Budget 2009: Sarko et Fillon ne connaissent pas la crise!!!

Le socialiste René Dosière a décortiqué le projet de loi de finances. Conclusion : au moment où il est demandé à l’Etat et aux Français de se serrer la ceinture, ni l’Elysée ni Matignon ne le font !

La rémunération des 98 collaborateurs du président a grimpé de 20%. Les frais de réceptions ont été multipliés par deux. Le coût des voyages présidentiels atteint désormais 20 millions d’euros, contre 6 millions du temps de Chirac.

A matignon, ce n’est guère mieux. Ainsi, les crédits du premier ministre sont passés de 51 à 73 millions en raison, officiellement, du quadruplement du budget du Service d’information du gouvernement. Les effectifs non plus n’ont pas diminué, avec près de 300 personnes au cabinet de Fillon.

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vendredi 30 janvier 2009

L’affaire Battisti devient une affaire d’Etat: des agents secrets français l’auraient aidé à fuir au Brésil

La pratique des vrais faux passeports continue

Le terroriste italien d’extrême gauche, Cesare Battisti, condamné dans son pays pour de multiples assassinats et en fuite en Amérique du Sud, a affirmé au magazine brésilien Istoe que des membres des services secrets français l’ont aidé en 2004 à fuir la France pour trouver refuge au Brésil.

Il prétend que des fonctionnaires français auraient soutenu sa fuite et que les services français lui aurait même fourni un passeport.

Ces déclarations qui méritent une enquête, ne peuvent qu’accréditer la thèse d’un soutien en haut lieu ce qui constituerait une affaire d’Etat.

Les Sarko : un couple infernal

La presse italienne s’était scandalisée du rôle attribué à la “première dame de France” dans cette nauséabonde affaire lui prêtant une vraisemblable intervention directe auprès du Président Lulla lors de la visite touristique au Brésil. Les déclarations fanfaronnantes du criminel Battisti sur l’appui de l’appareil d’Etat semblent même indiquer un soutien actif du mari de Mme Bruni.

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mardi 20 janvier 2009

Selon un rapport sénatorial, Sarkozy tarde à rendre applicables les lois qu’il fait voter

Selon le rapport sénatorial annuel de contrôle de l’application des lois publié le 30 novembre 2008 et consultable sur le site du Sénat, seules 7 des 56 lois votées au cours de l’année parlementaire 2007-2008 sont totalement applicables à ce jour, les autres étant partiellement ou totalement inapplicables en raison de retards anormaux pris dans la publication des décrets d’application des textes concernés !

Le phénomène n’est certes pas nouveau, on se souvient que lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, la frénésie législative de Nicolas Sarkozy s’était déjà largement heurtée à cet écueil, la plupart des textes se trouvant sous les projecteurs des médias étant inapplicables en l’état. François Fillon avait pourtant imposé aux administrations “l’obligation” de publier les décrets “dans un délai de six mois” dans une circulaire en date du 29 Février 2008, déclarant alors : “faire en sorte que soient rapidement prises les mesures réglementaires nécessaires à l’application de la loi est une condition de la crédibilité politique des réformes engagées par le Gouvernement. Le vote de la loi n’est pas l’achèvement de la réforme”.

Y aurait-il négligence de la part de l’éxécutif dans l’achèvement des dites “réformes” ? Ce serait un comble à l’heure où ce dernier cherche à justifier la limitation du droit d’amendement au nom de la nécessité de légiférer vite et bien en luttant contre l’obstruction parlementaire !

Pierre Cheynet le 20 janvier 2009 http://www.nationspresse.info/

samedi 17 janvier 2009

« L’exemple vient d’en haut »

A l’occasion de ses vœux aux forces de sécurité mercredi à Orléans, le petit — par l’honneur et l’intégrité — Président de la République Nicolas Sarkozy a osé conseiller à l’assistance de gendarmes et de policiers : « Vous serez respectés parce que vous êtes irréprochables. Pas de tutoiement, pas de bavures. On ne lutte pas contre la délinquance avec des méthodes de délinquant. »

Mais on se souvient que quelques mois plus tôt, alors qu’un passant du salon de l’agriculture rejetait sa main tendue, « touche-moi pas, tu me salis », Sarkozy avait quelque peu failli à cette fonction présidentielle bien trop haute pour lui en répondant « alors casse-toi pauvre con » ! Pourtant Sarkozy n’était ni en danger, ni face à un délinquant, ni au terme d’un interrogatoire difficile et usant comme peuvent l’être parfois les forces de l’ordre — ce qui explique des tutoiements agacés, compréhensibles pour un être humain.

Certains diront que ce comportement est une exception. Il n’en est rien. Le tutoiement est quasi-systématique chez le petit président lorsqu’il se sent agressé, comme il l’avait fait par exemple en réponse à un marin-pêcheur en colère qui l’insultait en novembre 2006. Sarkozy avait bredouillé quelque chose comme : « Qui est-ce qu’a dit ça ? C’est toi qu’a dit ça ? Bah descends un peu le dire. Descends le dire. Si tu crois… Si tu crois que… Si tu crois que c’est en insultant que tu vas résoudre les problèmes des pêcheurs, eh ben permets-moi de te dire que…». Telle est la personnalité de Sarkozy. Un garçonnet instable et susceptible, sans hauteur d’esprit et sans épaisseur malgré sa fonction, qui se vexe, s’emballe et s’énerve dés que sa petite personne est attaquée.

Ainsi, après avoir envoyé les policiers et gendarmes au casse-pipe lors des émeutes de novembre 2005, leur interdisant de ne pas se défendre comme il se doit, au péril de leur vie — voir la disproportion entre les victimes du côté de la police (56 blessés et 1 mort) et celles du côté des émeutiers (aucune !) —, Sarkozy se permet de leur donner des leçons solennelles devant les caméras, alors que son exemple est pitoyable.

Nicolas Sarkozy est un tout petit président de la République, qui fait honte à la grandeur qui fut un jour celle de la France.

Olivier de Granvil

Source VFN

http://www.nationspresse.info/

vendredi 26 décembre 2008

Petit Nicolas divise pour mieux saigner

Exemplaire, la manœuvre de Nicolas Sarkozy sur la taxe professionnelle a agi comme un révélateur. Les petits patrons, les indépendants en général, savent maintenant à quoi s'en tenir au sujet de leurs "défenseurs".
Beaucoup de gens seraient tentés de se désintéresser du problème de la taxe professionnelle. En quoi un impôt touchant les entreprises peut-il les concerner ? En fait, la "TP" est une taxe sur l'emploi, profondément injuste, qui accentue les déséquilibres entre régions, départements et communes. Ainsi, sur le seul plan municipal, son taux moyen se situe-t-il à 19,29 % en Seine-Saint-Denis, et 9,52 % dans les Hauts-de-Seine, départements de la même région Ile-de-France.
L'actuel gouvernement avait fait de la baisse des charges des entreprises son credo, et les patrons, petits et grands, l'avaient cru. Puis, tout au long du printemps et de l'été 1994, s'était déroulée la confuse discussion autour du très tortueux « aménagement du territoire » concocté par Pasqua. La "réforme" de la TP annoncée par le ministre de l'Intérieur était progressivement apparue comme un gigantesque piège, dissimulant mal de futures hausses massives. Aussi, période électorale oblige, ce point essentiel du dispositif Pasqua avait-il été mis, à titre provisoire, entre parenthèses. Dans son coin, Petit Nicolas veillait cependant. Pour le ministre du Budget, il s'agissait de récupérer de l'argent, en mettant la gauche de son côté, et en isolant les ponctionnés. Sarkozy fit savoir alors qu'il envisageait l'augmentation du plafond de la TP, de 3,5 à 4 % de la TVA. Aussitôt, mobilisation générale de tous les patrons, choqués surtout par le revirement de principe du pouvoir. Là-dessus, Petit Nicolas déclare un beau dimanche que « seules les grandes entreprises » seront frappées, les PME ayant moins de 50 millions de francs de chiffre d'affaires seraient épargnées.
Des louanges empressées le saluent instantanément, en provenance de Lucien Rebuffel, pour la CGPME, et de Philippe Courtin, pour les débris de l'ex-SNPMI. Enfin, on établissait une distinction fiscale entre "petits" et "gros" : merci, Sarkozy ! La fausseté du raisonnement est ahurissante : les milliers de grandes entreprises concernées répercuteront à coup sûr leur manque à gagner sur leurs sous-traitants PME qui, de la sorte, paieront aussi la hausse Sarkozy. Quant aux 50 millions de chiffre d'affaires, ils ne signifient pas grand-chose, car ce qui compte dans une entreprise, c'est la "marge", et on peut faire 100 millions de CA et se trouver au bord de la liquidation.
Au passage, on relèvera que l'organe du PC, L'Humanité, a approuvé sur deux pages entières la hausse de la TP, et fait des propositions, ressemblant curieusement à celles de Pasqua. Le libéral-étatisme de Balladur aboutit à de remarquables rencontres.
René-Louis DUVAL National Hebdo du 29 septembre au 4 octobre 1994

lundi 22 décembre 2008

Sarkozy n'a pas besoin de savants !

EN 1794 lors du procès Lavoisier, le président du tribunal révolutionnaire Jean-Baptiste Coffinhal s'écria à l'adresse de l'accusé qui allait être guillotiné : « La République n'a pas besoin de savants ». Une sentence apparemment plus actuelle que jamais à en juger par les projets du gouvernement consistant à supprimer purement et simplement les épreuves de culture générale dans les concours de catégorie B et C de la fonction publique.
✑ LA CULTURE GÉNÉRALE AUX OUBLIETTES.
Le gouvernement Fillon, qui a signé le 2 décembre une charte avec la Haute autorité de lutte contre les discriminations (HALDE) de Louis Schweitzer, entend en effet promouvoir l'égalité dans la Fonction publique (Etat, collectivités, hôpitaux). A cette fin sont donc énoncés les engagements qui « doivent guider l'action des administrations et des agents qui les composent ».
Si 90 % des 5,2 millions d'agents de l'Etat sont embauchés grâce au système des concours qui « assure l'équité entre les candidats », celui-ci « n'en entraîne pas moins certaines disparités et doit être ajusté pour mieux refléter la diversité de la population », estime le ministère. Ainsi, les épreuves de culture générale vont être réduites en raison des « questions trop académiques » très souvent posées, a expliqué le 1er décembre le secrétaire d'Etat à la Fonction publique André Santini. Et dès 2009, une formation sur la question des discriminations sera dispensée aux jurys des concours. Autrement dit, l'antiracisme unilatéral et l'homophilie sont plus importants que la culture. D'ailleurs, le président de la République avait lui-même dit récemment son mépris pour La Princesse de Clèves, ne comprenant pas que l'on puisse poser une question dans un concours administratif sur cette œuvre de Madame de La Fayette, Or, comme l'écrit sur son blog le critique Pierre Assouline, la lecture de La Princesse de Clèves sert à « enrichir notre langue à tous dans les rapports quotidiens entre administrés. » Avec Sarkozy, c'est vraiment « la France d'après » promise pendant sa campagne présidentielle qui se dessine peu à peu sous nos yeux : une France métissée, déracinée, déculturée, composée de zombies.
On s'en était déjà pris aux grandes écoles en imposant à Sciences-Po des candidats issus des banlieues allogènes qui, au nom de la discrimination positive, étaient dispensés de passer le concours de recrutement. On impose aux entreprises et aux différents media de recruter des salariés correspondant à la "diversité" de la population, donc des immigrés extra-européens. On s'en prend aux concours d'enseignement, y compris au CAPES et à l'agrégation, en imposant dès 2010 des épreuves didactiques et citoyennes sur les "valeurs" de l'Education nationale et contre les discriminations. Et désormais, toujours dans la même logique, au nom du sacro-saint dogme de l'égalité, qui n'est qu'un nivellement par le bas et l'arasement de toute vraie culture, on anéantit celle-ci pour faciliter le recrutement des Néo-Français comme agents administratifs.
✑ UNE AUTRE CONSÉQUENCE DÉSASTREUSE DE L'IMMIGRATION
Car c'est bien là l'objectif de la réforme. A la question posée par Le Figaro, « Ces épreuves handicapent-elles spécialement les enfants d'immigrés ? », André Santini répond ainsi : « Elles éliminent tous ceux qui n'ont pas ces codes, souvent hérités du milieu familial. C'est une forme de discrimination invisible ». Autrement dit, puisque les immigrés n'ont pas le niveau, supprimons les épreuves cognitives. Il est tellement plus facile de les faire disserter sur les discriminations dont ils seraient victimes ! Depuis plusieurs décennies nous assistons à une abdication délibérée des pouvoirs publics devant l'invasion migratoire, ce qui entraîne des conséquences désastreuses dans tous les domaines : urbanistiques, écologiques, sanitaires, économiques, sociaux, ethniques, religieux, mais aussi culturels et intellectuels. L'on a transformé l'école en une vaste garderie, renonçant à enseigner l'orthographe, la grammaire, la grande littérature. Demandez à un enseignant comment il peut apprendre le français - ou d'ailleurs n'importe quelle autre discipline intellectuelle - dans des classes où beaucoup d'élèves ne parlent pas ou quasiment pas la langue de Molière. La transmission du savoir a été supplantée par celle, obligatoire, de l'idéologie dite antiraciste et antidiscriminatoire, qui détruit toutes nos défenses immunitaires.
Sans surprise, le président du CRAN (Conseil représentatif des associations noires de France) Patrick Lozès, membre du MoDem de l'agrégé Bayrou, félicite le gouvernement de s'attaquer à « l'élitisme contre-productif des concours administratifs, notamment ceux des catégories B (intermédiaires) et C (la moins qualifiée) » au bénéfice des « couches populaires au sein desquelles les minorités sont très nombreuses. » En revanche, le pourtant très sarkoziste et ultra-sioniste Yvan Rioufol, rédacteur en chef des informations générales du Figaro, déplore sur son blog qu'« au nom de la lutte contre les discriminations, un décervelage collectif se profile ». « Alors que la société accumule les trous de mémoire sur son histoire collective, que l'école ne sait plus transmettre un héritage commun et que le langage s'appauvrit, écrit-il, il est consternant d'observer le gouvernement vouloir accélérer cette mutation vers un monde indifférencié, réduit peu ou prou à la maîtrise de la technique. Cet éloge du clonage et de l'abandon illustre la constatation de Renaud Camus (La grande déculturation, Fayard) : Il n'y a pas de culture possible en régime hyperdémocratique dogmatiquement antiraciste, et, de fait, nous la voyons disparaître sous nos yeux. » Pour sa part, le président de la Nouvelle droite populaire, Robert Spieler, reprend, à l'endroit de Santini, la célèbre formule de Michel Audiard : « Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît. »
En réalité, le maire d'Issy-les-Moulineaux fait preuve de la démagogie la plus vile car il est lui-même docteur en droit (ce qui ne l'empêche pas de s'être livré en qualité d'élu à certaines fantaisies financières qui pourraient prochainement lui coûter son portefeuille ministériel), diplômé d'études supérieures de sciences politiques et de japonais. Tartufe, il feint de s'interroger : « A quoi nous sert d'avoir une épreuve d'histoire pour les pompiers ? Ou des gardiens de la paix à bac+4 ? Nous avons atteint les limites d'un élitisme stérile. »
✑ LA VOLONTÉ DE TUER L'ESPRIT CRITIQUE
Ce qui rejoint les propos récents de Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, qui jugeait aberrant d'exiger d'enseignants du primaire cinq ans d'études après le baccalauréat alors qu'ils devaient seulement « changer les couches des enfants » en maternelle. Mais outre que les écoliers sont censés être propres à trois ans quand ils entrent en classe, c'est là une vision bassement utilitariste et technicienne de la fonction publique. Ce qui a fait la gloire et l'honneur de la France pendant des siècles, c'est précisément la qualité, la rigueur, la compétence, la culture, la distinction, l'érudition de ses fonctionnaires. Et le rôle de l'école et la préparation à des concours de recrutement ne devraient-ils pas être précisément de former des gens cultivés et des élites ? Pourquoi avoir peur de ce mot ? Mieux vaut des élites fondées sur le savoir et l'intellect plutôt que sur l'argent, les relations, les connivences idéologiques, maçonniques ou sexuelles comme c'est le cas aujourd'hui.
Des pans entiers de la connaissance sont ainsi sacrifiés de manière systématique et sauvage. Résultat : une régression intellectuelle, morale et spirituelle sans précédent. L'intelligence est en péril de mort. Ce n'est pas un hasard si le Système se méfie du savoir : la culture favorise l'esprit critique, le doute, la contestation. Il est plus difficile de manipuler celui qui sait que celui qui ne sait pas, celui qui lit que celui qui ne lit pas, celui qui a appris à réfléchir, à poser et à se poser des questions que celui qui gobe tout ce que l'on lui dit. Et il est certain qu'en important par millions des immigrés qui n'ont pas nos codes culturels (ne parlons pas des codes civils !), il est beaucoup plus facile pour les puissants de régner sur une masse hétéroclite, déracinée, déculturée, abrutie. C'est la raison pour laquelle on s'en prend prioritairement à la race blanche, car comme le disait le militant syndical "Gracchus" que nous avions interrogé l'année dernière dans notre enquête sur l'avenir du mouvement national, les Blancs, qu'on le veuille ou non, sont depuis plusieurs millénaires les dépositaires de cet esprit critique, de cette capacité de résistance, de contestation et d'opposition que l'on veut absolument annihiler. La déchristianisation massive joue également un rôle considérable dans la réduction de l'esprit critique : l'on ne croit plus à l'enfer mais l'on croit à la Shoah et à l'horoscope !
✑ CRIME CONTRE L'INTELLIGENCE
La charte signée par le gouvernement Fillon n'oublie aucune des exigences du Politiquement et Moralement Correct puisqu'elle prévoit aussi de sensibiliser les agents aux discriminations et de diffuser les « bonnes pratiques » en la matière, c'est-à-dire de coloriser le personnel de manière coercitive. La Fonction publique « est par nature imprégnée de l'esprit d'égalité » mais « des progrès sont encore à accomplir », a reconnu le ministre du Budget et de la Fonction publique Eric Woerth lors de la signature de la Charte. Nous évoluons vraiment en plein communisme : plus l'on tend vers l'égalité, plus l'on développe une atmosphère irrespirable, un monde effrayant. L'égalité n'est pas la justice. Elle est même le contraire de la justice lorsqu'elle favorise les incapables, les médiocres ou les paresseux au détriment de ceux qui travaillent, qui apprennent, qui ont le savoir et la compétence. Mais l'objectif de ce texte est de « faire en sorte que le service public soit davantage à l'image de la population ». On promeut d'abord une immigration massive que l'on impose à notre peuple et après l'on a beau jeu de dire qu'il faut que les Français de souche laissent la place aux nouveaux arrivants. Ce procédé est un véritable crime contre l'esprit, contre la nation, contre le bon sens et devrait révolter tous les hommes libres.
Et naturellement l'on n'oublie pas les homosexuels : dans son enquête, la HALDE pointe du doigt le refus de renouveler l'engagement d'un (seul) maître auxiliaire en raison de son orientation sexuelle. Des invertis et des allogènes en pagaille à tous les niveaux, voilà le rêve de ceux qui nous dirigent et qui ne sont là que pour nous détruire. Un monde affreux se met en place ...
✍ Jérôme BOURBON, Rivarol du 28 novembre 2008
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dimanche 14 décembre 2008

Sarkozy effeuille la marguerite

Les horticulteurs lui en veulent, et pour cause : le trop malin ministre du Budget entend les rouler dans la farine de la manière la plus tordue qui soit. Nicolas Sarkozy s'est cru très astucieux en faisant semblant de céder à la légitime revendication des producteurs de fleurs, au sujet du taux de TVA abusif qui les frappe. En effet, Pierre Bérégovoy avait, en son temps, porté la TVA horticole de 5,5 % à 18,6 %. Ce coup de matraque fiscal a déjà mis en faillite de nombreux professionnels, entraîné des licenciements et, ô justice immanente, coûté cher au fisc, lequel a récolté beaucoup moins d'argent qu'au temps de la TVA à 5,5 %
✑ Le piège européen
Pendant plus d'une année entière, Sarkozy resta obstinément sourd aux appels angoissés des horticulteurs. Devant la menace d'une manifestation, le rusé politicien de Neuilly fit mine de céder au printemps 1994. Il annonçait, devant l'Assemblée nationale, que le taux de TVA sur les fleurs allait être ramené à 5,5 % le 1er janvier 1995. Toutefois, il y mettait une condition : si... tous les autres pays de l'Union européenne ne remontaient pas leur taux à 18,6 % ; la condition de Sarkozy s'avérait diabolique. En fait, elle revenait à demander à la Commission européenne de proclamer les 18,6 % comme taux obligatoire. Ainsi se trouverait dégagée la responsabilité du faux jeton Sarkozy. Les horticulteurs n'eurent pas besoin de dessin pour saisir la manœuvre et firent savoir qu'ils ne voulaient pas de la transformation de leur problème en problème européen.
Depuis, l'affaire est à l'étude à Bruxelles. Entre-temps, Sarkozy, prévoyant tout, y compris l'éventuel attentisme bruxellois, a enclenché une nouvelle rouerie. Sous prétexte de sauver un organisme étatique, le CNIH (Centre national interprofessionnel de l'horticulture), il a fait concocter une réforme visant à en assurer le fonctionnement grâce à une taxe prélevée, bien sûr, sur les producteurs de fleurs. L'Union nationale des intérêts professionnels horticoles a réagi en exigeant la dissolution du CNIH, et en avertissant qu'une épreuve de force serait inévitable si les pouvoirs publics persistaient dans leur volonté, allant contre celle de 95 % des professionnels. Que va bien pouvoir imaginer maintenant le cauteleux Sarkozy, afin de couper la croissance des fleurs de France ?
✍ National Hebdo du 1 au 7 septembre 1994

mercredi 10 décembre 2008

SARKOZY ET SES TUYAUTERIES

Donc le président jogger a attrapé à Douai une nouvelle fois le micro pour proclamer un énième plan dénommé plan de relance et sorti tout droit d’un de ses multiples cerveaux, puisque, grâce à son épouse, nous savons qu'il a de multiples cerveaux, alors que nous avons tous tant de mal à nous débrouiller avec un seul cerveau.
Dans toutes les annonces, l'on retrouve son penchant naturel vers le socialisme c'est-à-dire l'intervention de l'État à tous les niveaux, à tous les instants et dans tous les détails de la vie courante.
D'abord on nous annonce une nouvelle giclée de lois. La loi n'a jamais créé la richesse et, au contraire, elle la détruit de diverses façons ; une loi ne s'accompagne que de décrets-lois et de circulaires qui mettent du temps à sortir et qui sont inévitablement contradictoires ; un tiers des lois votées depuis un an et demi ne sont pas en application aujourd'hui. La loi conduit à des coûts insupportables d’interprétation et de gestion pour les entreprises et les particuliers avec au bout du compte la perspective de contentieux multiples ; enfin la loi est indéfiniment incertaine car elle bouge sans cesse. Le nouveau plan de relance n'y échappe pas. Il prévoit dès maintenant des périodes transitoires puisque certaines des mesures envisagées ne doivent durer que pendant l'année 2009. Les entreprises et autres acteurs de l’économie ont un besoin urgent de stabilité et non pas de jogging permanent.
Le nouveau plan rajoute un étage supplémentaire à l'immense usine à gaz administrative dans laquelle la France se débat. J’ai montré dans plusieurs livres que l’effet de ruine, conséquence inévitable du dirigisme, venait, entre autres causes, de la création, la multiplication, l’enchevêtrement de ces innombrables usines à gaz administratives formant des galaxies et des galaxies de galaxies.
Cette horreur n’est pas un hasard mais une nécessité dès lors que le pouvoir actuellement en vigueur ne veut pas détruire le socialisme mais simplement le gérer, courant sans cesse après les calamités qu’il organise ou tolère lui-même et prétendant les corriger à chaque fois en mettant une nouvelle couche de réglementations, elles-mêmes nageant dans la brume d’incertitudes juridiques multiples.
Les usines à gaz du temps jadis étaient fort compliquées avec une foule de mannettes, de compteurs, de tuyauteries et les usines à gaz d’aujourd’hui ne doivent guère être plus simples. Dans ces usines à gaz, les robinets, les compteurs, les tuyauteries fonctionnaient correctement. Il était clair qu’elles ne pouvaient créer du gaz s’il n’y en avait pas.
Dans les usines à gaz administratives, on ne sait jamais si un robinet ou un compteur marche car il faut attendre non seulement des kilos de textes mais aussi des jurisprudences incertaines et les tuyauteries sont partout contradictoires. L’énarchie qui règne autour de Mme Christine Lagarde nous promet entre 80 et 110 000 emplois de plus et un supplément de croissance de 0,8 à 1% de PIB ; quel crédit accorder à une telle promesse ? Une prime à la casse pourrait soi-disant conduire à des achats d'automobiles ; au même moment et dans le même projet l’on bride l'industrie automobile en préconisant des voitures propres : que veut dire l'expression « voiture propre » ? Nous sommes frappés cruellement d'un impôt parce que nous achetons une voiture prétendue sale : sommes-nous devenus de sales conducteurs ? À force de se ramifier l'usine à gaz universelle devient contradictoire par nature.
Quelques mesures, de-ci de-là, donnent de la monnaie aux consommateurs comme si des millions de foyers déclencheraient des achats, qui enchanteraient les producteurs, qui embaucheraient davantage : bienvenue aux voitures indiennes et chinoises à bas prix qui arriveront justement à point nommé !
Il nous est promis de déclencher des investissements, mais ce sont des investissements publics. L'effet recherché ne peut être que fort loin dans le temps avec tous les gaspillages auxquels nous sommes habitués dans les investissements publics. Ces investissements, quels qu'ils soient, reposent sur des firmes dont une grande partie de l'activité se déroule à l'étranger : les sous-traitants dans des pays lointains peuvent se frotter les mains.
Il est décidé, en particulier, de construire quatre lignes de TGV supplémentaires ; les connaisseurs savent que les TGV jouent un rôle important dans la ruine de la SNCF, comme d'ailleurs la Cour des Comptes l’avait remarqué dans un chapitre d'un de ses rapports ; la ruine de la SNCF est une cause majeure dans la ruine générale de la France.
Chemin faisant, l'on va créer de nouveaux organismes comme un fonds de 300 millions d'euros destiné à la restructuration de la filière automobile alors que l'État dispose déjà de multiples organisations pour investir là où il veut investir.
Comme les Américains ont eu tort de le faire, le pouvoir va promouvoir des achats de logements par des publics qui ne devraient pas être encouragés dans ce sens : telle est la signification du doublement du prêt à taux zéro ; le socialisme se caractérise toujours par le mélange des objectifs et, ici, l'action sociale est mélangée avec une opération financière.
Évidemment, le robinet des dépenses est largement ouvert : 26 milliards. Il pleut des milliards comme « il pleut sur la ville ». La presse officielle se contorsionne pour faire croire que l'on trouvera ces milliards sans faire de tort à personne ; or, dès à présent, il est prévu que le déficit budgétaire frôle les 4 %. Que ces milliards se transforment en déficit budgétaire ou en emprunts cela ne change rien au problème fondamental.
Le chef-d'oeuvre absolu de gribouille au pouvoir est la nomination de Monsieur Patrick Devedjian au poste nouveau de « ministre de la relance », hochet de grâce et de faveur offert avec notre propre argent. S’il existait dans la presse un duc de Saint-Simon, il se serait étourdi dans les adjectifs : fantastique, féerique, magique… .
Il y a, déjà, sauf erreur ou omission, 38 ministres, secrétaires d'État ou sous-secrétaires d'État et il va s'ajouter un 39e personnage autour de la table. Parmi les 38 déjà existants il se compte un grand nombre de dignitaires intéressés aux affaires économiques dont justement la même Christine Lagarde : sont-ils tous des incapables pour que l'on ajoute un ministre spécial pour faire leur travail ? la cacophonie règne déjà entre eux puisqu’une foule de réunions interministérielles sont nécessaires pour régler les problèmes insolubles de frontières et les collisions permanentes.
Il existe aussi, paraît-il, un premier ministre qui a au moins un vrai travail pour tenter de concilier l’inconciliable. Le nouveau ministre de la relance va-t-il être un premier ministre de remplacement ? Bien entendu, il est à peine besoin d'évoquer la valse des millions d'euros nécessaires pour rémunérer son cabinet pléthorique et lui trouver un bureau prestigieux et digne de ces fonctions. Déjà Paris bruisse de rumeurs sur l’endroit où ce nouvel Auguste pourrait se poser… .
Rappelons également qu’il existe des petits déjeuners directionnels dont les heureux participants ne se gênent pas pour court-circuiter tous les autres. Quant au gouvernement bis logé à l’Elysée, il s’active sans cesse même quand l’hyper président vole vers des contrées lointaines.
Pour mémoire, nous rappelons que la Suisse qui se tire très honorablement de cette crise ne compte que sept ministres ; ces ministres n'ont chacun que trois membres du cabinet et n'ont pas de voitures de fonction.
Devant ce désastre, il est permis de s'interroger : que ferait en telle occurrence un gouvernement libérateur, car il faudra bien arriver à une véritable libération ? L’objectif serait de libérer sans délai aucun les forces productives du pays que le pouvoir bride par ses multiples carcans : libérer de créer, de travailler, de gagner, de s’enrichir, d’épargner. Pour ce faire il pourrait se limiter, par exemple, à quatre champs d'action parmi d’autres : investissements, code du travail, logement, impôts.
Dans chacun de ces domaines, il dispose d’un catalogue considérable de mesures à prendre pour débloquer le situation et sa marge de manoeuvre est immense contrairement aux mensonges officiels à ce sujet. Si les énarques ne connaissent pas le catalogue ou ne veulent pas le connaître, quelques appels téléphoniques aux bonnes adresses pourraient mettre le catalogue à leur disposition.
Il faudrait dans le catalogue choisir des mesures à effet absolument immédiat et massif : pas de lois nouvelles, mais abolition de paquets de lois.
Le Président dispose encore, c’est surprenant, d’une cote de popularité honorable et, à coup sûr, d’un talent oratoire évident sachant, à l’occasion, transformer les vessies en lanternes. Il saurait trouver les mots pour dire aux Français, enfin, la vérité en énonçant alors un véritable plan de relance.
Aujourd’hui hélas et comme dans la chanson, ce n’est qu’un rêve, ce n’est qu’un joli rêve….

Michel de Poncins

mercredi 3 décembre 2008

Les fourberies de Sarko

Conscient de l'appui total du gouvernement à son concurrent prévisible à la présidence du CNPF (Jean Gandois de Péchiney), Jean-Louis Giral n'y est pas allé avec le dos de la cuiller. Il a ainsi commenté les déclarations de Nicolas Sarkozy sur l'avenir de la pression fiscale : « C'est un débat indigne d'un gouvernement. Il est regrettable d'opposer les citoyens aux entreprises. La richesse des entreprises crée en effet la richesse des citoyens. »
Sans préjuger des motivations de Jean-Michel Giral : il faut reconnaître qu'il stigmatise avec raison le jeu malsain de Sarkozy. Celui-ci était placé devant un problème embarrassant : comment avouer que les baisses d'impôts promises pour 1995 ne seraient pas tenues ?
Pour s'en débarrasser, il a alors lancé le faux et dangereux débat du « choix fiscal » : ou l'on baisse les charges des entreprises, afin de faciliter l'embauche, et l'on renonce à diminuer l'impôt sur le revenu ; ou l'on tient les promesses concernant cet impôt sur les citoyens, et tant pis pour les entreprises. Résultat (voulu par Balladur et Sarkozy) : leur majorité se divise, l'UDF est plutôt pour l'allégement des charges des entreprises, le RPR plutôt pour le geste en faveur des ménages. De la sorte, en vertu du consensus obligatoire, le gouvernement se libère de toute obligation, et ne fait rien. Simple, mais il fallait y penser. Au passage, on peut relever que le libéral Sarkozy reprend tout bonnement l'argumentation communiste opposant les « cadeaux » (ou prétendus tels) aux entreprises et l'intérêt des salariés, piège mortel.
✍ National Hebdo du 26 mai au 1er juin 1994

dimanche 30 novembre 2008

Sarkozy : an II (La crise)

Le 11 novembre, on a vu «not» président parader pour commémorer le sacrifice de nos poilus. Cela fait bizarre, sans vouloir faire passéiste, de voir quelqu'un dont les ancêtres à l'époque dans l'armée austro-hongroise avaient tiré sur les Français, représenter cette geste héroïque qui fait que nous sommes restés nous-mêmes après cette guerre au prix d'un sacrifice inouï. Le Gaulois a physiquement repoussé l'envahisseur.

Il faut parait-il aller de l'avant mais on ne pouvait quand même s'empêcher d'y penser. Sarkozy : symbole de l'homme interchangeable, sans passé, sans racines.

Au passage, cela ne nous empêche pas de rendre hommage aux Hongrois qui ont combattu pour la France pendant la guerre d'Algérie. De tous façons le comportement de Sarkozy est d'une limpidité totale, guère difficile à décrypter : utiliser chaque enterrement, catastrophe, commémoration, crise pour s'y mettre au centre et jouir sans entrave (comme dirait Cohn-Bendit) à croire être le maître du monde.

Pendant la campagne électorale de 2007, Sarkozy voulait mettre la France au pas de l'ultra-libéralisme à l'américaine, celui des Etats-Unis qu'il a toujours admiré avec un goût douteux. On allait voir ce qu'on allait voir : privatiser à tout va, déréguler, licencier les fonctionnaires de l'armée, de la justice, ... bref mettre la France au pas de la mondialisation et du capitalisme financier.

Heureusement que ce programme n'a été qu'un tout petit peu appliqué car il aurait conduit à la même catastrophe qu'aux Etats-Unis.

La France est actuellement plus ou moins protégée par son inertie et sa résistance au libéralisme, tout ce que voulait combattre Sarkozy. Maintenant Sarkozy, tout honte bue, fait répéter à tous les lèche-bottes de l'UMP qu'il a sauvé l'économie française tout en disant exactement le contraire de ce qu'il avait toujours déclaré jusqu'à maintenant, et ce pourquoi il avait été élu. Bravo, non à Sarkozy, mais à ceux qui s'occupent de sa communication.

Sur l'Europe, il a voulu faire passer à tout prix le traité de Lisbonne, qui ne faisait qu'installer l'ultra-libéralisme en France via l'Europe de Bruxelles. Sarkozy pour arriver n'a toujours fait qu'obéir à l'idéologie dominante du FMI, de l'OMC et de la Banque Mondiale, c'est à dire ce que l'on appelle aussi le néo-libéralisme. Il continue la politique d'immigration imposée par les instances internationales liées aux dictats du consensus de Washington et de Davos.

La crise actuelle n'aura fait qu'écrouler cet édifice en fin de compte fragile.

Quant à Carla Bruni, elle prend de plus en plus de place dans l'espace politique et sur le plan culturel en faisant baigner notre pays dans une pensée gauchiste à trois francs (ou trois euros ou trois lires). On finit par se demander qui dans le couple présidentiel domine qui ! Carla se mêle de tout : la terroriste italienne, la discrimination positive, critique Berlusconi et parle même au nom de la France : « La France est ravie de l'élection de Barack Obama ».

Cette femme, née dans le luxe, qui au cours de sa vie n'a jamais travaillé, passé un diplôme ou un examen, joue aux maîtres-penseurs et aux autorités morales de la gauche, idées d'ailleurs à l'opposé de l'électorat de celui qu'on appelle son mari.

Le culte du fric prôné cyniquement par le couple présidentiel n'a abouti qu'à un désastre intellectuel et culturel et comble actuel aurait pu aboutir à un véritable désastre économique. Mais cela lui importe peu, l'essentiel étant d'avoir été élu président.

P. G-S

samedi 29 novembre 2008

Sarkozy pris en flagrant délit de mensonge !

Dans son discours au Conseil Constitutionnel, Nicolas Sarkozy s'est félicité que cette institution ait rappelé « que la supériorité du droit communautaire et international sur le droit français ne pouvait s'étendre à la Constitution ». Un mensonge de plus pour pour le locataire de l'Élysée.
En effet depuis l'arrêt Costa de 1964 qui établissait déjà la primauté de la législation européenne sur les législations nationales, la cour de justice européenne a édifié une jurisprudence du droit communautaire même sur les constitutions nationales. Cela a été reconnu par l'arrêt du Conseil d'État du 8 février 2007, que le journal Le Monde qualifia de Waterloo de la souveraineté française.
Le Conseil constitutionnel n'a même pas le pouvoir de se prononcer sur la conformité à la Constitution d'une directive européenne. Seule la Cour de Justice européenne peut décider de la validité d'une directive.
✍ Éric Domard Au Front novembre 2008

vendredi 28 novembre 2008

LA BOULIMIE LEGISLATIVE

Le système Sarkozyste revient à intervenir, d’urgence, dans tous les domaines dès il y a une nouvelle calamité en promettant en même temps une réforme législative pour corriger les dysfonctionnements observés. C'est ce qui vient d’arriver pour le drame de Grenoble : un déséquilibré a mortellement poignardé un étudiant le mercredi 12 novembre ; il était considéré par l’hôpital comme un patient « en voie de réinsertion » et c'est pour cela qu'il se promenait dans la nature.

Il n'en fallait pas plus pour que Nicolas Sarkozy se saisisse du micro : il a demandé aux ministres de la santé, de l'intérieur et de la justice de « préparer sans délai une réforme en profondeur des droits de l'hospitalisation psychiatrique ».

Puis ayant dit il s’est tourné pour ailleurs pour s’agiter sur d’autres problèmes.

Ces gens au pouvoir ne s'imaginent pas que la France s'écroule sous un déluge de lois. Ce que l’on demande simplement c’est que les lois soient bien appliquées et non pas que l'on pousse simplement des cris d’orfraie quand il y a des dysfonctionnements.

Trop de lois détruit la loi : c’est bien connu.

Parallèlement, l’inflation dans les cabinets ministériels continue.

Le Monde est le journal de la gauche élégante et plutôt caviar. Dans son numéro du 5 novembre, il ironise pourtant : « bonne nouvelle : au moment où le gouvernement mène une politique de réduction des dépenses publiques et de diminution des effectifs de la fonction publique, un secteur est épargné. On embauche dans les ministères et les primes ont explosé de 20 % en un an ».

Il ajoute que l'actuel gouvernement compte pas moins de 38 membres : 25 hommes et 13 femmes. Au début, il avait été établi une norme de vingt conseillers par ministre de pleines exercice et de quatre conseillers par secrétaire d'État. Toutes ces principes ont explosé, aussi, par des recrutements multiples. À signaler le pôle « santé » de Roselyne Bachelot qui a recruté 52 personnes dont 21 dans les cabinets.

Cette inflation est directement liée à la boulimie législative.

M .P.

http://www.libeco.net/magazine.htm

mardi 18 novembre 2008

L'UMP en crise, Sarkozy enlisé

Une « démonstration d'unité face aux divisions du PS », telle se voulait l'Université d'été - pardon : le « campus » : chassez l'américanomanie, elle revient au galop - UMP, alors même que le ministre Xavier Bertrand brûle, en toute fraternité maçonnique bien sûr, de ravir le poste de secrétaire général à Patrick Devedjian et qu'une lutte au couteau oppose trois membres du gouvernement (Valérie Pécresse, Roger Karoutchi et Yves Jégo) pour l'obtention de la tête de liste UMP aux prochaines élections régionales dans l'Île-de-France, trois autres Excellences (Roselyne Bachelot, Christine Lagarde et Rachida Dati) se tenant de plus en embuscade pour tenter de conduire cette liste et ravir aux socialistes la région que le RPR leur avait offerte en 1998 puis en 2004 sur un plateau d'argent, par refus de s'allier au Front national. Les rivalités exacerbées entre caciques du mouvement n'épargnent d'ailleurs pas les « Jeunes populaires » dont plusieurs dirigeants avaient dénoncé au cours de l'été les «magouilles» et les «pressions» destinées à imposer à leur tête Benjamin Lancar, un familier de Jean Sarkozy. Lequel lorgne avec concupiscence sur la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine, le département le plus riche de France actuellement dirigé par Devedjian, décidément assiégé depuis que le président lui reproche de « ne pas savoir tenir ses troupes ». Mais est-ce la faute du seul député d'Antony si « les troupes », et leurs élus, se montrent déboussolés et parfois écœurés par les innovations et les reniements que, depuis l'« ouverture à gauche », ils ont été obligés d'avaler comme autant de couleuvres ? Ce qui s'est traduit par la fuite de près de la moitié des adhérents : selon Emmanuel Ratier, il ne resterait que 200 000 cotisants sur les 370 000 que comptait l'UMP en 2007, après la présidentielle.
Malgré l'optimisme affiché, l'ambiance n'a donc pas été follement gaie les 5, 6 et 7 septembre à Royan, résultat d'un été riche en déceptions (croissance négative, explosion du déficit, accroissement des prélèvements et reprise du chômage frappant les jeunes, les femmes et les seniors... que l'on veut faire travailler plus longtemps !) et en faux pas de la part de l'Elysée. Que de bévues accumulées, en effet, de la préférence arbitraire accordée à l'affairiste Tapie à l'envoi de nouveaux renforts en Afghanistan (où 200 hommes du 38 RPIMA, que Sarkozy avait à Carcassonne traités d'« amateurs », viennent de partir) et de l'adoption du projet (socialiste) sur le Revenu de Solidarité active à la réforme des immatriculations ! Avec en apothéose, que n'auront pas réussi à faire oublier la grossesse surprise du garde des Sceaux et la « prestation » attendue de notre Première Dame en promo chez Drucker, l'ahurissante affaire de Porto-Vecchio : le préfet Dominique Rossi, patron des forces de sécurité en Corse, ayant été sèchement limogé pour ne pas avoir envoyé un escadron de CRS chasser dans l'instant une cinquantaine de nationalistes du jardin de la résidence de l'acteur Christian Clavier - membre il est vrai du premier cercle présidentiel - qu'ils ont très brièvement occupé le 30 août.
A l'envi, l'opposition a dénoncé le « fait du prince », ce qui est une sottise car même Louis XIV, au faîte de sa puissance, ne se débarrassait pas si aisément d'un grand commis qui lui avait déplu. Mais surtout, comment ne pas voir que le premier magistrat de France, qu'a tant indigné l'offense faite à son ami Clavier, tolère parfaitement, en revanche, l'occupation d'églises et de lieux publics par des immigrés clandestins et qu'il n'a pas jugé bon d'abolir les lois iniques protégeant les squateurs - eux aussi allogènes - de logements et privant de tout droit les légitimes propriétaires ou locataires - souvent modestes des biens ainsi spoliés ? Au demeurant, les mêmes « natios » avaient, entre autres actes de vandalisme gravissimes, incendié en janvier dernier le bureau du président du conseil exécutif de Corse. L'Elyséen n'avait pas réagi.
Ces destructions étaient-elles donc moins condamnables à ses yeux que l'invasion rigolarde de la villa Clavier, où aucun dégât ne fut commis ?
Si encore les succès remportés sur le plan diplomatique compensaient ces errements... Avec la France de Sarkozy exerçant la présidence tournante de l'Union européenne, celle-ci allait, nous annonçait-on, parler d'une seule voix et s'ériger en Super-Grand. Or, après le sommet extraordinaire convoqué en urgence le 1er septembre à Bruxelles sur la situation dans le Caucase, c'est Moscou qui pouvait crier victoire : désunis, les Vingt-Sept avaient renoncé aux sanctions pourtant dûment annoncées par Kouchner, se contentant d'une « pause » dans les négociations sur leur « partenariat stratégique » avec la Russie. Et la visite de Sarkozy (accompagné de Barroso, président de la Commission européenne, et de Xavier Solana, le « ministre des Affaires étrangères » de l'Union, qui n'ont même pas eu droit à un pupitre dans la salle de presse) au président Dmitri Medvedev lundi dernier pour l'inciter à la « retenue » n'a guère été plus concluante : loin d'évacuer le port géorgien de Poti comme le lui demandait l'UE, le Kremlin avait le matin même de l'entrevue renforcé sa présence militaire... Toutefois, promis juré, les troupes russes évacueront la Géorgie dans un mois. Tel est l'engagement pris par Medvedev au grand soulagement de Sarkozy qui, « jouant sa crédibilité » (cf. L'Express), a estimé la rencontre « très fructueuse » bien que lui-même et Barroso aient tacitement entériné l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, ce qui importait au premier chef au Kremlin.
De même la visite de l'Elyséen à Damas les 3 et 4 septembre avait-elle été un échec. Certes, le président a raison de tenter d'accroître le poids de la France et de l'Europe au Proche-Orient mais en voulant absolument convaincre son homologue syrien de l'intrinsèque perversité de l'Iran et de la nécessité de rompre tout lien avec lui, ii s'est posé, consciemment ou non, en missus dominicus d'Israël et des Etats-Unis, et sa position, déjà fragilisée par son alignement sur Washington en Afghanistan, s'en est trouvée singulièrement affaiblie. Alors qu'était renforcée celle de la Turquie, conviée le 4 septembre à Damas, ainsi que le Qatar (dont l'influence ne cesse décidément de croître) à un sommet quadripartite, à l'issue duquel le Français a couvert de compliments le Premier ministre Recip Tayyip Erdogan, bien digne décidément d'intégrer l'Union européenne avec ses 70 millions de compatriotes - et le cortège de problèmes, ethniques notamment, légués par l'Empire ottoman.
Selon le « principe de Peter », Jacques Chirac avait atteint son seuil d'incompétence en quittant la mairie de Paris pour l'Elysée. Tout indique que son successeur, formidable candidat mais lamentable chef d'Etat, a pris le même chemin si bien que le nombre de Français lui refusant leur confiance ne cesse d'augmenter (55 % selon le baromètre CSA/LeParisien du 5 septembre, soit 4 nouveaux points perdus en un mois). Est-ce pour éviter reproches, voire huées, qu'il a snobé le « campus » de l'UMP, se contentant d'y envoyer le rappeur Doc Gynéco comme « consultant »? Sans doute les inestimables Bernard Tapie et Christian Clavier n'étaient-ils pas libres.
✍ RIVAROL .

mardi 11 novembre 2008

54 clandestins expulsés par charter : la fermeté selon Sarkozy ...

Pour la majorité chiraquienne, c'est la démonstration éclatante de la volonté du ministre de l'Intérieur de « lutter fermement contre l'immigration clandestine », Une goutte d'eau dans un océan migratoire quand il arrive chaque jour 70 clandestins à Roissy.
Nicolas Sarkozy fait ce qu'il dit mais quand ce qu'il dit relève de la gesticulation électoraliste aux effets insignifiants, sa « politique de fermeté » trouve toutes ses limites. L'expulsion très médiatisée de 54 Africains (dont celle de 30 Ivoiriens s'apparente à une mesure de représailles contre le régime du président Gbagbo jugé pas assez malléable au diktat chiraquien) renvoie à l'épisode du charter des 101 Maliens expulsés il y a quelques années par Charles Pasqua. Dans les deux cas, le gouvernement entendait démontrer son intention de tenir ses engagements électoraux. Dans les deux cas, cette politique de reconduite à la frontière n'a pas connu de suite. Intenable pour un président et un gouvernement qui savent à qui ils doivent leur élection, le retour groupé de clandestins se heurte à la réprobation hystérique des associations subversives, les mêmes qui ont soutenu Jacques Chirac à bout de bras entre les deux tours de l'élection présidentielle.
C'est ce « pacte républicain » liant le locataire de l'Élysée au lobby immigré qui interdit toute approche efficace de la question de l'immigration et qui doit passer par « des expulsions massives » (Bruno Gollnisch). Nicolas Sarkozy, qui au détour d'un commentaire sur l'immigration avouait récemment « on ne maîtrise plus rien », sait pertinemment que ses marges de manœuvre sont pour le moins réduites et que sa «fermeté» d'apparence ne résistera pas à la rhétorique de la « France pour tous ». On ne touche d'ailleurs pas aux milliers de clandestins qui défilent régulièrement en toute impunité dans les rues de France pour réclamer leur régularisation mais aux clandestins débarquant à Roissy. C'est-à-dire à l'infime surface émergée de l'iceberg. Et pour ne pas provoquer un peu plus les associations de défense des clandestins, le ministère de l'Intérieur prend la peine de préciser que cette opération vise à désengorger les zones d'attente de Roissy et ne s'inscrit pas dans le cadre d'une politique de reconduite à la frontière des dizaines de milliers de clandestins déboutés de leur demande et qui auraient dû depuis longtemps être expulsés.
Des clandestins qui, encouragés par la pusillanimité gouvernementale, refusent en grande majorité d'embarquer (un couple de Tchétchènes et un Marocain se sont opposés à leur expulsion à Roissy) rendant impossible et politiquement suicidaire (pour un gouvernement qui vient de durcir l'arsenal juridique «antiraciste») l'affrètement de charters. Resteront ces opérations médiatiques en forme de poudre aux yeux que le gouvernement mènera en catimini pour mieux gruger la « France d'en bas ». Signe illusoire de la «fermeté» selon Nicolas Sarkozy.
Éric Domard FDA avril 2003

vendredi 7 novembre 2008

Mali : Quand Sarkozy se renie

La venue en France, il y a quelques mois, du président malien, Amadou Toumani Touré, avait été l'occasion pour Nicolas Sarkozy de soulever le problème posé par l'immigration clandestine originaire de ce pays et de s'engager à mieux la maîtriser. Le récent déplacement du ministre de l'Intérieur à Bamako, la capitale malienne, pour évoquer ce dossier a tourné au fiasco.
Montreuil en Seine-Saint-Denis restera bien la première ville malienne de France. Les milliers de Maliens clandestins qui viennent y rejoindre leurs compatriotes déjà sur place avaient craint un instant que les discours de Nicolas Sarkozy sur la « nécessité de lutter contre l'immigration clandestine » seraient suivis d'effet. Face au président malien en visite en France, le ministre de l'Intérieur avait déjà essuyé un camouflet, affirmant précipitamment que ce dernier s'était engagé à aborder la question. Propos immédiatement démentis par l'intéressé, qui avait peu apprécié qu' on lui force la main et l'avait sèchement fait savoir à Nicolas Sarkozy. Les Maliens comme tous les autres étrangers sont chez nous chez eux pour reprendre la formule mitterrandienne et dans la « France pour tous » de Jacques Chirac, il ne saurait être question d'envisager une quelconque politique d'inversion des flux migratoires ni même espérer traiter d'un sujet déclaré tabou.
Sarkozy échoue
Ce que n'ont pas manqué de rappeler les autorités maliennes à Sarkozy en déplacement à Bamako. « Nous n'avons pas parlé d'immigration », a lâché laconiquement Souleymane Didibé, le ministre de l'Intérieur malien aux journalistes avant que son homologue français, concède « ce qui compte, c'est d'avancer concrètement, pas de faire des déclarations intempestives » ni même d'engager des mesures coercitives que la nébuleuse immigrationniste qui a massivement soutenu Jacques Chirac au deuxième tour de l'élection présidentielle n'accepterait pas.
Les Maliens clandestins (qui ont doublement violé la loi en entrant illégalement sur le territoire et en y vivant clandestinement) ne seront donc pas reconduits à la frontière comme la loi le stipule mais simplement invités à quitter le territoire français. Avec à la clé une importante somme d'argent (3600 à 7000 euros octroyés au titre de l'aide au retour) qui ferait rêver le personnel de la compagnie Air Lib, placée en liquidation judiciaire ou les salariés de Metaleurop récemment licenciés !
Un compromis satisfaisant pleinement le ministre de l'Intérieur qui estime possible d'arriver à « 500 retours volontaires ou aidés ». Quand on sait qu'il entre sur le territoire quelque 100 000 clandestins tous les ans, on mesure le caractère dérisoire d'une telle mesure. Sans compter que, selon l'Office des migrations internationales, depuis 1998, seuls 321 Maliens (dont 46 en 2002) ont souhaité bénéficier d'un programme au retour. En 2002, sur les 650 reconduites à la frontière frappant des Maliens, à peine 213 ont été exécutées. Des chiffres qui traduisent s'il en était besoin le manque de volonté de Nicolas Sarkozy de juguler l'immigration malienne qu'elle soit légale ou clandestine.
Éric Domard FDA mars 2003

jeudi 6 novembre 2008

SARKO-SOCIALO

L’observateur le plus attentif, et même s’il est par nature sympathique à Monsieur Sarkozy, est obligé de constater que toute sa vie publique le président actuellement provisoirement en vigueur a servi la gauche et quelquefois la gauche extrême.

L'habileté suprême fut d’adresser des clins d'oeil appuyés vers la droite et de faire croire le contraire, en prétendant que la fatalité l’empêchait de suivre son électorat. C'est la raison pour laquelle les espoirs fabuleux que la France pouvait nourrir après son élection son partis complètement en fumée.

Pour illustrer le propos, on peut citer la consolidation et l'extension des droits opposables, cette machine tout à fait redoutable qui conduit à une obligation du socialisme, puisque l'État se condamne juridiquement à intervenir dans une foule de domaines qui devraient être laissés au marché. Le droit au logement opposable en vertu de la loi Dalo entrée en application le 1er janvier 2008 est l’un d’entre eux. L'on parle déjà de nouveaux droits opposables à créer comme le droit opposable aux crèches et tout récemment le droit opposable a l’économie numérique annoncé en fanfare.

Dans un autre domaine, citons la politique industrielle qui se déploie avec l'intervention de l'État dans des affaires purement privées comme les problèmes d’Arcelor Mittal en Lorraine ou ceux de Michelin. Au titre de la marche forcée vers le socialisme, il faut ajouter le blocage des loyers, alors que la France sort péniblement de la loi de 1948.

Mentionnons un nouveau droit de préemption accordé aux maires ; jusqu'à présent les maires avaient un droit de préemption à exercer lors des achats immobiliers, ce qui est très déjà une anomalie destructrice du marché du logement. Maintenant, sous prétexte de leur donner le droit de veiller sur les changements de fonds de commerce, ils ont un droit de préemption sur les baux commerciaux : c'est une nouvelle atteinte grave aux droits de propriété.

L'État dans le désordre coutumier continue, comme avant, à dépenser à tout va et dans le monde entier avec en conséquence le dérapage de l’endettement et la création d’une multitude de nouveaux impôts.

La crise financière et économique dans laquelle nous nous enfonçons et dont le président est pour une grande part responsable lui donne l'occasion nouvelle et unique de montrer sa préférence pour le socialisme. Les commentateurs de la presse « officielle », dont on connaît l’hostilité à l'économie de marché, le poussent dans ce sens ainsi que les énarques qui forment sa cour et les socialistes qu'il a mis aux commandes d'un certain nombre de ministères.

Citons simplement quelques faits.

Par exemple, il affirme ces temps-ci que tous les espoirs pour l’emploi reposent sur la croissance. Tout récemment, on a entendu sur la radio gauchiste connue, France-info, qu'en dessous de 1,5 % de croissance rien ne pouvait être espéré et que l'économie et donc l’emploi s'amélioreraient à partir de 3 % de croissance. C'est un raisonnement tout à fait faux. La croissance ne crée pas forcément d'emplois et, même, l'on peut affirmer qu'elle risque de ne pas en créer du tout : elle permettra encore plus aux industriels et aux commerçants de se délocaliser si jamais il trouvent un peu d'argent pour payer le prix d’une délocalisation. La seule façon de lutter contre le chômage et de développer l’économie est de libérer la France du poids insupportable des impôts et règlementations, sans oublier un certain nombre de dispositions meurtrières du code du travail : la croissance serait un effet et non une cause.

Le 30 octobre 2008 au matin, les députés, malgré les protestations de certains d'entre eux et sur instruction de l’Elysée, ont décidé le rétablissement de la prime transport que les sénateurs voulaient supprimer. C'est une prime qui oblige les chefs d'entreprise à s'occuper des transports de leurs employés en y contribuant ; le raisonnement mensonger est que de cette façon les employés trouveraient des formules du type covoiturage, ou transports en commun, alors que ces employés doivent être libres de choisir le moyen de transport qui leur convient. Pour ajouter au comique, il sera inclus dans la prime transport l'abonnement au vélolib : cela ne s'invente pas. Personne ne parle du flot de contentieux qui va déferler si un accident se produit grâce au vélolib sur le trajet du travail, comme malheureusement il s’en produit beaucoup.

Autre invention tout à fait récente : 200 000 hauts fonctionnaires seraient payés au mérite. C'est en fait le signal d'une nouvelle augmentation de ces fonctionnaires ; pour que ce ne soit pas le cas, il faudrait que les bénéficiaires voient leur salaire fixe réduit au moins en proportion de l'espoir de la prime au mérite. En outre, dans cette troupe immense de hauts fonctionnaires, il en est beaucoup qui sont occupés à des tâches tout à fait inutiles quand elles ne sont pas négatives et destructrices de l'économie. Il faut, non pas les conduire à mieux travailler mais supprimer purement les tâches auxquelles ils se consacrent abusivement.

Chemin faisant la perspective de nouveaux impôts se confirme, comme la taxe sur les revenus du capital qui, à due concurrence, va de nouveau chasser des capitaux hors de France.

Le désordre dans les contrats de travail va se poursuivre. Qui peut dire aujourd’hui le nombre exact de contrats de travail possibles, tous pièges à réglementations diverses, contradictoires et coûteuses ?

Essayons d’en énumérer quelques uns sauf erreur et omission : Travaux d'utilité collective, contrat de réinsertion en alternance, contrat de retour à l'emploi, contrat emploi-solidarité, contrat emploi consolidé, contrat initiative-emploi, contrats emploi ville, emploi jeune, contrat d'avenir, civis-association, civis-accompagnement vers l'emploi ou civis régional, civis-création d'entreprise, contrat accompagnement emploi, contrat soutien emploi jeune en entreprise, stages d'insertion et de formation à l'emploi individuel, stages d'insertion et de formation à l'emploi collectif, service militaire adapté, contrat d'apprentissage, contrat de qualification, contrat d'adaptation, contrat d'orientation, contrat de professionnalisation… .

Une nouvelle promotion des contrats aidés va prendre place ; or ce ne sont que de faux emplois publics ou quasi publics. Est prévue aussi l’extension du contrat de transition professionnelle (CTP). La jungle s’épaissit.

Terminons par la cérémonie plutôt ridicule qui a eu lieu à l'Élysée le 30 octobre 2008. Le président a invité préfets, trésoriers payeurs généraux et banquiers pour l'écouter sur les mauvaises chaises de la salle des fêtes du « château ».

Les deux premières catégories d'auditeurs étaient conviées pour mettre en tutelle la troisième catégorie.

Il n'avait pas été demandé aux préfets de revêtir leur bel uniforme ; cette omission doit être due aux services de communication abusifs de l'Élysée qui ruinent l’économie par leur existence même. Ils ont, sans doute, estimé que la vue des uniformes pourrait provoquer des états d'âme chez les banquiers déjà malmenés ! En effet, les préfets furent chargés officiellement par le président de donner des coup de fouet aux banquiers récalcitrants. Tout le monde sait que rien ne va se passer ; on ne voit pas le préfet agir vis-à-vis des agents d’une banque nationale alors que ces agents sont tenus par leur contrat de travail de respecter la politique de leur direction générale. Il faudra donc des sortes de super-préfets pour fouetter les directions générales des banques à succursales.

Le président, d'ailleurs, a avoué tout de suite l'inutilité de la réunion puisqu'il a annoncé la création d'un poste central de surveillance des banques sous forme d'un médiateur du nom de René Ricol. Il devra sans doute s’armer d’un fouet dans le quartier de la défense. C’est juste le contraire de ce qu'il faut faire puisque c'est l'amorce d'une grosse administration : on ne voit pas un seul médiateur avec une gentille secrétaire surveiller des utilisations de milliards d'euros. L’on annonce déjà dix collaborateurs !

La deuxième catégorie de personnages était représentée par les trésoriers payeurs généraux. Ils devaient bien rire sous cape, car ces TPG avec d'autres catégories comme les conservateurs des hypothèques sont célèbres dans le monde entier pour la richesse indue récoltée dans leurs fonctions. Ainsi que beaucoup d'autres, ils sont directement responsables de l'écroulement de l'économie française ; il est facile pour un économiste de montrer que cet écroulement est relié à cette richesse indue par de multiples fils aussi solides et invisibles que des fils de soie.

Restaient les banquiers, qui ont dû écouter bouche bée et sagement assis ce qui les menaçait avant même le péché éventuel que peut-être ils ne commettront pas.

Le président toujours fidèle à son orientation gauchiste avait devant lui la vue du magnifique parc de l'Élysée. Il n'a pas ouvert la fenêtre, la seule fenêtre qui pourrait guérir à grande vitesse l'économie française en faisant bondir les investissements et les emplois : la fenêtre de la liberté.

Michel de Poncins

Sarkozy, ministre capitulard...

Nommé pour calmer les électeurs de droite effrayés par l'explosion de deux phénomènes intrinsèquement liés, l'insécurité et l'immigration, Nicolas Sarkozy n'aura réussi jusqu'à présent qu'à rassurer les officines immigrationnistes et autres lobbies antinationaux. En six mois, « le premier flic de France » se sera débarrassé de cette spécieuse réputation droitière qui lui collait à la peau, cédant sur toutes les exigences, allant plus loin que ses prédécesseurs socialistes dans la politique de renoncement. De la capitulation à la collaboration, tour d'horizon des petites trahisons sarkoziennes.
✐ Clandestins
« Je crois qu'il ne veut surtout pas passer pour le Pasqua de sa génération.» Le propos est d'un habitué des réunions organisées par la place Beauvau, interlocuteur incontournable du pouvoir, Malek Boutih, président de SOS Racisme. L'ancien ministre de l'Intérieur avait au moins réussi à expulser 101 Maliens avant de rentrer dans le rang et réclamer, une fois dans l'opposition, la régularisation de tous les clandestins. On ne peut pas en dire autant d'un Nicolas Sarkozy qui distribue à tour de bras les cartes de séjour, concrétisant les promesses socialistes d'une régularisation de tous les clandestins qui n'ont jamais été expulsés. Jamais un ministre de l'Intérieur n'avait autant fait l'unanimité autour de lui dans une nébuleuse immigrationniste qui multiplie à son égard les commentaires élogieux. Il faut dire que l'ancien maire de Neuilly cède sur tout, sur les exigences toujours plus extrémistes des coordinations de clandestins cornaquées par les pétitionnaires d'extrême-gauche, accepte sans broncher l'occupation des églises, ne s'offusque pas quand deux municipalités font voter en toute illégalité leurs ressortissants étrangers. Les agitateurs, porte-parole d'étrangers entrés illégalement sur le territoire et qui violent doublement la loi en s'y maintenant, ont leur entrée place Beauvau pendant que les préfets, dépassés par la marée humaine de clandestins venant déposer une demande de régularisation, sont priés par leur ministre, de tutelle de réexaminer, au cas par cas, des situations qui seront à moyen terme soit régularisées soit maintenues dans le statut quo de la clandestinité. Mais comme si cette immigrationnite aiguë ne suffisait pas, le ministre de l'Intérieur enjoint ces mêmes préfets à désigner un «correspondant» dans chaque département « pour faciliter le dialogue avec les associations ». Associations qui pour la plupart réclament une régularisation sans condition de tous les étrangers et un assouplissement des textes législatifs déjà vidés de toute leur substance coercitive et qui, en portant assistance aux clandestins, bafouent la loi que le ministre de l'Intérieur est censé faire respecter !
✐ Réfugiés
Programmée en avril, la fermeture du centre de Sangatte ne règle pas la question de ses occupants. Que faire de ces milliers de pseudos réfugiés politiques en transit sur notre sol mais qui y resteront si l'Angleterre ne les accueille pas parce que la législation sociale française est autant incitatrice que son homologue britannique ? Les expulser comme l'ont fait sans état d'âme les autorités australiennes, il y a un an dans l'affaire du Tampa ? Politiquement inconcevable pour un gouvernement aux ordres du lobby immigrationniste et un ministre de l'Intérieur qui clame son opposition à « l'immigration zéro », affirmant que la France « a besoin d'immigrés » quand le chômage a augmenté pour le 14e mois consécutif en août et que près de 2,5 millions de personnes sont sans emploi. Reste la sempiternelle politique d'aide au retour, mise en place entre 1991 et 1999 qui s'est conclue par un échec flagrant (422 volontaires sur 10 000 bénéficiaires potentiels dont la plupart ont regagné la France une fois le pécule dépensé).
Aujourd'hui ce sont 2000 euros que le ministre de l'Intérieur propose d'accorder à chaque clandestin afghan dans le cadre « d'un retour volontaire ». Outre que cette échappatoire gouvernementale n'offre aucune garantie sur le rapatriement de ces hors-la-loi (quand bien même en apporterait-il, pourquoi l'État devrait payer et donc le contribuable mettre la main à la poche pour prier des étrangers en situation irrégulière de respecter les lois), il n'assure pas d'alternative coercitive à l'échec d'une telle politique. Le ministre de l'Intérieur s'est en effet empressé de préciser qu'après le 1er mars 2003 « tous ceux qui seront interpellés en situation irrégulière seront reconduits à la frontière à l'exception des personnes dont le retour sera jugé préjudiciable par le HCR ». Le Haut Commissariat aux réfugiés qui, rappelons-le, dénonce les politiques trop restrictives du droit d'asile des pays européens et réclame son assouplissement. Un vœu en partie exaucé par le gouvernement qui dans sa réforme de la politique d'asile entend améliorer le niveau de protection accordée aux personnes persécutées en étendant le statut de réfugié aux « personnes menacées de persécution par des acteurs non étatiques, et non plus seulement par des États ». Ce qui dans l'Afghanistan tribalisé s'applique à tout le monde. Une générosité du ministre de l'Intérieur politiquement irresponsable et moralement scandaleuse quand dans le même temps, en Normandie, un chômeur de 59 ans a été contraint de creuser lui-même la tombe de sa femme faute de moyens suffisants et aux refus des pouvoirs publics de prendre en charge l'enterrement de son épouse.
✐ Corse
Il aura fallu un «message» des terroristes du FLNC dont les élus «nationalistes» ne sont que les porte-parole politiques (une tentative d'attentat contre la trésorerie générale des Alpes-Maritimes à Nice) pour que le ministre de l'Intérieur satisfasse une revendication « centrale et prioritaire dans l'ordre chronologique » du processus d'indépendance de la Corse : le regroupement des terroristes dans un centre pénitentiaire insulaire. Une mesure préconisée par le gouvernement Jospin en 2001, qui avait provoqué la fureur d'une droite toujours de droite quand elle se trouve dans l'opposition. Sauf qu'à l'époque Daniel Vaillant, titulaire du poste avait parlé de «rapprochement» et non de «regroupement» qui plus est dans des prisons corses qui offrent toutes les garanties... d'insécurité. C'est en effet dans ces centres de rétention ouverts aux quatre vents que nombre d'assassinats ayant frappé à la fin des années 90 la mouvance indépendantiste ont été commandités par des hommes de factions rivales se trouvant derrière les barreaux ! Or si l'on peut planifier des meurtres à distance d'une prison, l'on peut tout aussi facilement s'en évader. Après avoir cédé sur l'enseignement obligatoire de la langue corse, le transfert de compétences législatives, l'État capitule sur un nouvel oukase d'organisations terroristes qui à coup d'attentats ou de simples menaces se rapprochent de leur dessein : l'indépendance à moyen terme de l'île de Beauté.
✐ L'islam
C'est au moment où s'est ouvert à Paris le procès des auteurs présumés de l'attentat de 1995 à Paris, que le ministre de l'Intérieur a réaffirmé son souhait de mener à bien la consultation sur l'organisation de l'islam en France. Sujet sensible qui avait embarrassé son prédécesseur socialiste et provoqué des remous dans la mouvance islamiste partagée entre modérés et radicaux. Dans un contexte international délicat où un embrasement en Irak pourrait susciter une explosion des banlieues et raviver les réseaux islamistes dormant, Nicolas Sarkozy se dit convaincu que « l'islam saurait comme les autres religions passer les compromis entre ses convictions religieuses et le respect des principes fondamentaux de la République ». Des principes que la très radicale Union des organisations islamiques de France (UOIF) très implantée dans les banlieues, conteste ouvertement en réclamant notamment le port du voile à l'école et l'interdiction pour les jeunes musulmanes d'aller à la piscine. Cette organisation est également très proche de la Ligue islamique mondiale dont le secrétaire général Abdallah Turkia a récemment entamé une visite en France et a été reçu par le ministre de l'Intérieur. Financés par l'Arabie Saoudite, prônant un islam rigoriste, plusieurs des cadres et imams de cette nébuleuse sont formés par l'organisation égyptienne, les Frères musulmans, cataloguée comme terroriste par les autorités du Caire et dont la connexion avec El Qaida a été maintes fois prouvée. Ce qui n'inquiète guère le ministre de l'Intérieur pas plus que l'implication croissante de l'organisation dans le financement de la construction de mosquées (ce qui est déjà le cas de celles de Mantes-la-Jolie et d'Évry en banlieue parisienne) et pourrait concerner les futurs lieux de culte mahométans de Strasbourg et Marseille.
✍ Éric Domard Français d'Abord ! novembre 2002

lundi 3 novembre 2008

Sarkozy pas mieux que Chevènement !

Dans le domaine crucial de la maîtrise des flux migratoires, le ministre de l'Intérieur marche servilement dans les pas de son prédécesseur.
Même duplicité dans le discours et même impuissance à juguler une substitution de peuplement dont la majorité présidentielle partage avec les socialistes la co-responsabilité.
Nicolas Sarkozy est indéniablement devenu le Docteur Jekill et M. Hyde de la politique française. Il y a le ministre qui semble perpétuellement en campagne électorale, pontifiant devant des commissaires de police au mois de juin sa détermination à s'attaquer à bras le corps au problème de l'insécurité, à l'immigration clandestine, promettant aux élus de légiférer sur le droit d'asile et les centres d'accueil des réfugiés et puis il y a le ministre de l'Intérieur, pusillanime, adepte d'une rhétorique biaisée et à la politique ambivalente.
Les dizaines de milliers de clandestins qui bafouent quotidiennement l'autorité de l'État n'ont pas eu besoin de hausser le ton pour faire plier le tigre de papier de la place Beauvau. Manifestations à Paris, occupation scandaleuse de la basilique de Saint-Denis, grèves de la faim à répétition ... les méthodes illicites n'ont pas changé depuis 1997 et produisent leurs mêmes effets dévastateurs : une capitulation de l'État devant la stratégie du chantage. Reçue le 27 août au ministère de l'Intérieur, une coordination de clandestins en est repartie après avoir déposé une liste de 1 150 étrangers en situation irrégulière à régulariser sans condition ! Appuyée par le maire stalinien (et grand ami de Jacques Chirac) de Saint-Denis, Patrick Braouezec, la démarche est d'abord un avertissement adressé par la nébuleuse immigrationniste au gouvernement Raffarin. Saluant ce « nouveau sursaut », Michel Tubiana, président de la Ligue des droits de l'Homme, ne cache pas que l'objectif de cette opération est d'obtenir comme en 1997 une « opération générale de régularisation. On aura besoin de cette mobilisation pour lutter contre les projets qui se préparent sur le droit d'asile et d'immigration ».
Frilosité de rigueur !
Nicolas Sarkozy a semble-t-il parfaitement entendu le message comminatoire. À la détermination des premiers jours dont le ministre avait accoutumé les électeurs, a succédé une frilosité de mauvais aloi.
La fermeture du centre de Sangatte est aujourd'hui au point mort. Londres rechigne à réformer sa législation sur l'accueil des réfugiés, et le sort des 1 300 clandestins présents n'est toujours pas réglé. Aux élus de Basse-Normandie paniqués devant l'afflux de demandeurs d'asile qui sont dans leur immense majorité des réfugiés économiques (dans le Calvados les demandes d'asile politique triplent chaque année et sont passées de 80 en 1999, à 220 en 2000 avant d'atteindre le chiffre de 634 en 2001), le ministre de l'Intérieur, dos au mur, s'est empressé de plagier la phraséologie de ses prédécesseurs, s'engageant à renforcer la présence policière et à prendre des mesures contre les passeurs.
Sur les questions de fond et notamment l'indispensable refonte du droit d'asile, le gouvernement qui en a fait pendant la campagne électorale la pierre angulaire de sa politique d'immigration est aujourd'hui contraint à faire de la figuration ne pouvant rien entreprendre sans l'aval de Bruxelles qui fixe les conditions pour le moins laxistes d'accueil des réfugiés dans l'Union européenne. Reste, derrière cet écran de fumée, les discours péremptoires d'un ministre sans pouvoirs, condamné à agir en apparence.
E D Français d'Abord! septembre 2002

dimanche 2 novembre 2008

La faillite du capitalisme financier

Il existe en économie comme ailleurs une grande part de métaphysique puisque certains croient à la régulation du marché comme d'autres croient en Dieu. L'économie définit aussi le bien et le mal, le mal étant pour les libéraux l'intervention de l'Etat, le bien étant sa non intervention. Pour les keynésiens et les marxistes c'est l'inverse. La différence entre les marxistes et les keynésiens étant que les premiers souhaitent que le capitalisme meure alors que les seconds font intervenir l'état pour justement qu'il ne meure pas.
En tout cas, on peut dire que cette crise est une victoire pour les keynésiens qui n'ont jamais cru à l'auto régulation du capitalisme ou du marché.
La finance est devenue complètement folle et déconnectée de la sphère réelle. Les traders et les spéculateurs ne songent qu'à créer de la monnaie à partir de la monnaie pour eux-mêmes sans créer le moindre bien ou service. Il faut arrêter d'admirer béatement les traders et les spéculateurs et les prendre pour ce qu'ils sont: des parasites du système économique. La société paie des écoles prestigieuses pour leur formation et cela ne sert qu'à leur enrichissement personnel sans contrepartie.
Le capitalisme financier où pratiquement tout va aux actionnaires et aux dirigeants a montré ses limites.
La finance n'est agissante sur la sphère réelle que pour produire des délocalisations et des licenciements. Les salariés qui sont de très loin les agents économiques les plus nombreux vont fatalement demander aux politiques un changement du cadre institutionnel du capitalisme actuel.
Les propositions de Ségolène Royal qui veut interdire les délocalisations et les licenciements montrent que la gauche ne veut pas se laisser déborder par l'extrême gauche. On assiste à une surenchère électorale venant de ces deux courants.
Sarkozy comme à ses habitudes joue une partition cynique absolue. Après avoir été le chantre du néo-libéralisme le plus achevé, il trouve maintenant des vertus à l'état. Sa carrière politique n'a été jalonnée que de courbettes aux représentants du capitalisme financier. En bon démagogue, il a claironné qu'il fallait sanctionner les coupables alors que la crise n'est que l'aboutissement ultime de la logique du capitalisme financier dont il a été un des acteurs politiques. Enfin, passons.
Il faut complètement redéfinir les règles financières. Sortir des 15% (ROE) de retour sur les capitaux propres.
L'Etat doit contrôler les institutions financières. Revenir à cette définition hégélienne de l'état au service de l'intérêt collectif. Les propositions de Ségolène Royal (interdiction des délocalisations et des licenciements) qui semblent de nos jours excessives finiront par s'imposer si la masse des salariés exclus de l'économie devient trop importante.
Toute crise économique a des répercussions électorales. L'Europe de Bruxelles qui avait accepté les normes comptables d'inspiration anglo-saxonne montre à quel point la construction européenne n'a servi qu'à accélérer la mondialisation et à mettre en place le néolibéralisme et toutes ses dérives.
Il faut redéfinir le partage actionnaires-salariés-investissement.
Le protectionnisme qui fait tant peur à certains (surtout les financiers) peut s'envisager à condition qu'il soit intelligent (comme en Chine). Le nationalisme économique a ses vertus pour le développement d'un pays, la Chine et la Russie en étant les parfaits exemples. Cela peut être le moteur d'une réelle politique industrielle qui stoppera la désindustrialisation de notre pays. L'économie doit être au service de l'ensemble d'un peuple et non au service de quelques-uns. On assiste à une paupérisation des classes moyennes qui sont pourtant le socle d'un pays.
La crise financière n'est que la conséquence des délocalisations industrielles et autres. Lorsque la croissance devient faible ou quasi-nulle, les ménages ont de grandes difficultés à rembourser leurs emprunts. La crise financière est une crise de la mondialisation. Les fanatiques du libéralisme voulaient faire inscrire dans la constitution l'interdiction des déficits budgétaires (c'était la première fois qu'on voulait mettre dans la constitution une théorie économique parmi d'autres).
Les libéraux au pouvoir sont maintenant les premiers à organiser un déficit public gigantesque pour sauver le libéralisme! La question qui se pose à certains, la France a-t-elle intérêt à sortir de l'Europe et de ses règles non libérales. On le fait déjà en partie lorsqu'on met actuellement de côté les critères de Maastricht. Il est amusant de constater que Sarkozy qui voulait à tout prix faire passer le traité d'Amsterdam remet en question le traité de Maastricht.
Entre le communisme et le néo-libéralisme, il n'y a pas rien, le néo-libéralisme n'étant que la dictature des financiers.
Patrice GROS-SUAUDEAU STATISTICIEN-ECONOMISTE

jeudi 30 octobre 2008

LA FRANCE DE DEMAIN : MOSAÏQUE DES COMMUNAUTÉS OU CREUSET NATIONAL ?

Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a estimé que la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat « peut supporter un toilettage », en ouvrant un colloque sur le centenaire de cette loi à l'Académie des sciences politiques et morales à Paris.
Parallèlement il ajoutait : « Il y a un siècle, la France était celle des campagnes, il y avait les instituteurs et le curé, on allait à la communale et après au catéchisme, aujourd'hui, c'est celle des banlieues, il y a toujours l'instituteur, mais il est souvent seul. »
Enfin, il a conclu : « Il faut aller encore plus loin et cesser l'hypocrisie » pour « séparer l'islam de France des influences étrangères : donnons-leur (aux musulmans) les moyens d'avoir leur indépendance. »
Sous les assauts répétés des islamistes, les principes républicains reculent et la société française se crispe. L'islam divise, inquiète. A l'école, dans les usines, dans les hôpitaux et dans la vie publique, nos lois sont confrontées qu'on le veuille ou non, aux lois coraniques. Se sentant soutenu par le pouvoir, Thami Breze, président de L'Union des organisations islamiques de France, n'avait-il pas déclaré : « Le Coran est notre Constitution » ? Ce monsieur s'est même dit pressé de discuter avec l'Education nationale de la révision de l'image de l'islam contenue dans les manuels scolaires et avec les chaînes de télévision, de la transformation des émissions religieuses pour qu'elles favorisent la transmission de la foi.
Face à cette confrontation de plus en plus problématique, Jacques Chirac allait créer une Commission sur l'application du principe de laïcité dans la République présidée par Bernard Stasi, qui accoucha d'une souris. Deux écoles se sont alors affrontées au sommet de l'Etat sur la question de la laïcité. D'un côté Jean-Pierre Raffarin et quelques autres se prononçant pour une loi interdisant le voile et le maintien de la Loi de 1905. De l'autre Nicolas Sarkozy et ses amis, s'y opposant, le ministre de l'Intérieur disant vouloir « débarrasser la laïcité des relents sectaires du passé » et ne voyant dans le voile qu'un « choix : respectable qui doit être respecté ».
Mais que souhaite donc Nicolas Sarkozy ? Avec la mise en place du Conseil Français du Culte Musulman et son opposition à une loi sur le voile, celui-ci a engagé des relations de confiance avec la principale organisation musulmane, l'UOIF, qui avait appelé à voter socialiste aux législatives de 2002. L'enjeu est donc avant tout politique. Ils sont prêts à sacrifier les intérêts supérieurs de la France pour assouvir leur soif de pouvoir. Le parti socialiste par exemple, pour ne pas heurter l'électorat d'origine maghrébine, a changé son fusil d'épaule et s'engage petit à petit dans le schéma d'une France communautarisée avec dans son sillon les antiracistes professionnels, obsessionnels et subventionnés.
Dans ce combat contre l'installation de l'islam radical, le thème de la laïcité au sens de 1905 s'entend, originairement de gauche, glisse petit à petit dans la sphère des valeurs nationales et patriotiques. La laïcité devient une véritable norme d'autodéfense nationale. il faut relever à ce propos la position de l'Eglise catholique qui par l'intermédiaire du cardinal Lustiger a ouvertement défendu la Loi en s'inquiétant de la dérive concordataire de Nicolas Sarkozy installant l'islam en "religion d'Etat". Les sociétés démocratiques libérales se révèlent être pratiques pour la diffusion des idées fondamentalistes que bien des pays musulmans leur interdisent. Belle illustration de ce paradoxe expliquant la faiblesse de notre système face à des minorités qui contestent leurs règles en s'en servant. Le cheval de Troie est là et les intellectuels islamiques travaillent à sa consolidation à l'image d'un Tariq Ramadan qui estime que la laïcité était une simple étape de la tradition française vers une autre conception de la république, de la laïcité et de la Nation. Nicolas Sarkozy a mis le doigt dans l'engrenage au risque de précipiter les conflits communautaires et ethniques dans une France, qui deviendra par la force des choses, une mosaïque de communautés et non plus un creuset national.
Louis Aliot National Hebdo du 22 au 28 septembre 2005

dimanche 26 octobre 2008

SARKOZY UN HOMME DE CONVICTIONS •••

Le mot « convictions a été mis au pluriel non par faute ou par une fantaisie d'impression, mais il s'agit bien de montrer les fluctuations de pensée de notre nouveau ministre du Budget.
Lorsque les socialistes ont proposé d'instituer le nouvel impôt Qu'est la « Contribution sociale généralisée », ou CSG, on a vu le petit coq « gaulois » Sarkozy se dresser sur ses ergots pour clamer son indignation dans son bulletin municipal de Neuilly, en décembre 1990 (voir NH n° 460).
La justice sociale ne trouve son compte en aucun cas dans la création de cet impôt. Cette contribution alourdira notre fiscalité, alors, qu'au contraire, il faudrait l'alléger. Le gouvernement aggrave encore le poids de notre fiscalité par cette CSG, alors que les Français sont déjà les plus taxés des contribuables des pays industrialisés.
A cette proposition, je me suis opposé et la motion de censure, je l'ai votée.
Toutes ces belles phrases, toutes ces pensées définitives et sensées, les voilà abandonnées. Monsieur Sarkozy de convictions a changé, et c'est lui qui propose non pas de supprimer ce « cancer socialiste généralisé », mais de l'aggraver.
Pourtant, il avait bien noté, dans son article susvisé, la nocivité de l'imposition proposée. Une partie des chômeurs et 55 % des retraités vont la payer. Les indemnités journalières de maladie seront elles-mêmes frappées. J'ai condamné un texte que les Français, principalement les plus modestes, rejettent avec bon sens.
Si les Français, dans leur grande majorité, rejetaient cette CSG fixée à 1,1 %, que diront-ils demain de celle portée à 2,4 % (2,2 fois plus, ou 120 % de majoration) ?
Monsieur Sarkozy va-t-il se censurer?
Pour tenter de faire passer la pilule, amère comme le RPR, on parle de la déductibilité de la CSG de l'impôt sur le revenu.
... et de promesses
Pour les contribuables les plus modestes, non imposés, cette déduction est sans effet et, donc, c'est à plein taux qu'ils seront frappés. 55 % des retraités et les chômeurs pourront ainsi remercier Sarkozy et ses amis du gouvernement Balladur, surtout madame Veil, défenseur attitré de la CSG, de les avoir surimposés. Quant aux contribuables, la déduction ne sera que cautère sur jambe de bois.
Dans le cas d'un taux d'impôt moyen de 20 % (cas le plus fréquent), la déductibilité aura pour effet de réduire cet impôt moyen de 1,3, soit 0,26 %.
Il restera, de ce fait, un accroissement global des impositions de : 1,3 - 0,26 = 1,04%
Nous faire apparaître comme une faveur une augmentation de 100 % du taux net de la CSG, il fallait être Sarkozy pour le proposer.
Lors des élections législatives de 1993, j'avais mis en garde les électeurs en disant de se méfier des promesses des candidats UPF. J'avais, en effet, observé que lorsqu'ils étaient dans l'opposition, ils promettaient de réduire les impositions et que, lorsqu'ils étaient majoritaires, ils les augmentaient.
J'avais donné alors les statistiques des accroissements des impositions locales décidées par les Conseils régionaux UPF dans leur budget pour 1993 (de 25 à 70 %).
Le message n'ayant pas été entendu, les électeurs devront payer, du moins tant qu'ils pourront le faire. J'espère qu'ainsi, pour l'élection présidentielle, ils auront compris.
Pierre DESCAVES National Hebdo Semaine du 20 au 26 mai 1993

Pendant que Sarkozy pérore, la délinquance augmente

Six jours après la conférence de presse où le Premier ministre a détaillé son catalogue de mesures censées promouvoir une « croissance sociale », Nicolas Sarkozy a présenté son propre catalogue, en tant que président de l'UMP, lors de la convention économique de son parti, intitulée Le nouveau modèle français, un travail pour chacun, du pouvoir d'achat pour tous (en résumé : demain on rase gratis). C'est précisément la perspective de cette convention qui avait poussé Dominique de Villepin à formuler tout un train de nouvelles mesures, afin de couper l'herbe sous le pied de son rival.
Sarkozy était donc contraint à la surenchère. Et l'on n'a pas été déçu. Il a expliqué qu'en dix ans (ses deux quinquennats ?) il pouvait « ramener le taux de chômage à moins de 5 % de la population, c'est-à-dire revenir au plein emploi ». Il a déclaré qu'il fallait aller « plus loin » que la simplification de l'impôt sur le revenu annoncée par Villepin, « en mettant notre système fiscal au service de la croissance ». Aucun Français ne doit payer en impôt plus de 50 % des revenus de son travail, l'ISF doit être réformée « dès cet automne », etc.
On a pu remarquer le soutien explicite, voire tonitruant, d'Edouard Balladur à son ancien conseiller et porte-parole, et aussi la présence du Premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen. Car la France doit s'inspirer d'autres pays européens, dit Sarkozy, et son « nouveau modèle français » est explicitement le modèle danois.
Au moment même où Nicolas Sarkozy, avec sa casquette de président de l'UMP, expliquait comment il pouvait annihiler le chômage et faire baisser les impôts, le ministère de l'Intérieur, celui dont le ministre est Nicolas Sarkozy, faisait savoir que la délinquance avait officiellement augmenté de près de 2 % en août par rapport au même mois de l'année dernière, la délinquance de voie publique ayant à elle seule augmenté de près de 2,5 %.
Le ministre qui veut mettre « tous les voyous en prison » devrait logiquement commencer par cela, avant de se livrer à sa démagogie présidentielle.
Dans un communiqué, Jean-Marie Le Pen relève cette coïncidence significative, et ajoute : « Qui peut croire aux promesses de M. Sarkozy ? Les Français attendent que le ministre de l'Intérieur, s' occupe de faire baisser la délinquance, dans les faits et non en paroles, avant de leur expliquer ce qu'il peut faire dans d'autres domaines. »
✍ Y.D. National Hebdo du 15 au 21 septembre 2005

dimanche 19 octobre 2008

Sarkozy a obtenu son "FBI à la française"

SARKOZY ministre de l'Intérieur y pensait depuis quelques années (voir RIV. du 9/2/07). Sarkozy président de la République l'a fait. Au nom de l'efficacité et du contrôle des services (RIV. du 13/6/08). C'est donc le 1er juillet, le jour même où Paris prenait la présidence tournante de l'Union européenne, ce qui a quelque peu éclipsé l'événement, qu'est née officiellement la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI), résultant de la fusion de la DST et des Renseignements généraux (RG). Le 2 juillet, le Conseil des ministres a nommé son patron : Bernard Squarcini, un homme d'expérience (ancien DST et RG), appartenant en outre au sérail sarkoziste.
PASSE-MURAILLE
Bien avant cette date, les agents de la DCRI avaient pris leurs fonctions dans un immeuble rénové (coût : 360 millions d'euros, facture qui a fait tiquer la Cour des Comptes) et hautement sécurisé de Levallois-Perret. Chez l'ami Balkany, comme par hasard. Le Figaro leur a consacré le 30 juin un reportage flatteur commençant ainsi: « 9 heures du matin. Une cohorte d'hommes et de femmes aux allures de passe-muraille (sic) s'engouffre dans un immeuble caparaçonné de verre opaque. Sans desserrer la mâchoire (resic), ils pénètrent dans un hall tout droit sorti d'un décor de science-fiction version années 70. » Brrr ...
Le reste du reportage, plus sérieux et bénéficiant sans doute d'informations contrôlées, nous apprend que la DCRI comprend 4 000 fonctionnaires venant des services disparus qui en totalisaient 6 000. Ils ont été consultés et ont eu le choix. Tout en étant l'objet d'enquêtes sévères. Car ils bénéficieront désormais du « secret défense ». Seules 1 800 personnes seront basées à Levallois-Perret, les autres formeront des cellules dispersées à travers le territoire. Installées dans des commissariats ou des logements indépendants. Dans les commissariats, elles cohabiteront avec leurs anciens, désormais chargés de l'« Information générale » (IG) rattachée à la Sécurité publique.
LA TRADITION AU PANIER
Sous le titre" Avec la fin des RG, un métier disparaît », Le Monde a procédé à une enquête auprès des ex-RG d'Agen en charge du Lot-et- Garonne. Ces "traditionnels" ont exprimé leur refus de rejoindre la DCRI. Ils veulent rester fidèles au milieu local qu'ils connaissent bien grâce à leurs contacts dans les milieux les plus divers. Même si les RG ont pu être mêlés à des affaires douteuses (voir les fameuses notes blanches anonymes), ils étaient, dans le passé, souvent très bien informés du climat politique et leurs prévisions électorales étaient plus fiables que celles des meilleurs instituts de sondages. Ils avaient prévu par exemple la mise en ballottage de De Gaulle lors de la présidentielle de 1965 mais le ministre de l'intérieur de l'époque, Roger Frey, avait hésité à prévenir le général.
Si la politique leur est désormais interdite, il leur reste d'autres terrains d'action sur le plan social, encore que très sensibles, à manier avec précautions. A noter qu'à Agen, une cloison (à bâtir !) séparera les anciens et les nouveaux. Ce qui ne garantit pas la confidentialité. Et n'empêchera pas les frictions. La crainte des agents de l'Information générale, c'est de ne plus servir à grand chose. Ils se sentent dévalorisés. Pour la surveillance des milieux islamiques, la DCRI aura ainsi la priorité. Le Lot-et-Garonne ne compte pas moins de 13 mosquées, 15 salafistes, 70 prédicateurs tabligh et même des extrémistes turcs.
DANS LE MOULE DE L'OTAN
Toutes les informations sur ces sujets relèveront du « secret défense », le terrorisme islamiste étant devenu « urgence absolue ». Ne l'était-il donc pas avant? Des moyens de plus en plus "sophistiqués" seront utilisés pour les enquêtes. En ce qui concerne les suspects, rien n'échappera à la DCRI qui vérifiera lignes téléphoniques, coordonnées bancaires, sites Internet, forums de discussion, courriels, etc. Ce qui permettra de savoir « à tout moment qui a contacté qui, où et quand ». C'est Big Brother ! Pour la bonne cause bien sûr. Le citoyen ordinaire n'a rien à craindre. On n'est pas en régime totalitaire que diable! Mais pour l'instant on ne parle plus d'un contrôle parlementaire et du projet de loi qui devait l'organiser comme nous le disions dans l'article précité de 2007 ..
Existe aussi le risque d'une autre dérive. Comme on le sait, la volonté présidentielle est de nous intégrer le plus possible dans les organismes de l'Otan (dont, d'ailleurs, nous ne sommes jamais complètement sortis). Mais à la tête de l'Otan, il y a les Etats-Unis. Le Figaro a qualifié la DCRI de « FBI à la française ». Et même, en première page, de « véritable CIA », toujours « à la française » bien sûr. Des comparaisons fort inquiétantes quand on songe aux privations de droits élémentaires (y compris au détriment des « citoyens ordinaires ») qu'a engendrées l'instauration du Patriot Act imposé par George W. Bush au Congrès des Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001. Faut-il vous faire un dessin ?
Jean PARLANGE. Rivarol du 11 juillet 2008

jeudi 16 octobre 2008

Immigration : le fiasco (volontaire ?) du duo Hortefeux-Sarkozy

RIVAROL le dit depuis l'origine : la prétendue fermeté Nicolas Sarkozy et de son ministre de l'Immigration en matière de maîtrise des flux migratoires n'est que de la poudre aux yeux. Et les quelques mesures d'apparente restriction de la déferlante allogène que nous subissons à jets continus depuis des décennies sont même écartées, ici par une commission de "sages", là par les autres pays de l'Union européenne. Qu'on en juge.
LE TRIPLE AFFRONT DE LA COMMISSION MAZEAUD
La commission Mazeaud, dans le rapport qu'elle a remis au gouvernement le 11 juillet, a purement et simplement désavoué la politique de quotas défendue par le chef de l'Etat. Mais n'était-ce pas le but de la manœuvre ?
Le 30 janvier, Brice Hortefeux avait en effet confié au gaulliste de gauche Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel et homme d'une haine militante à l'égard de la droite nationale (on se souvient de ses insultes publiques contre Le Pen il y a quelques années), la présidence d'un groupe de 13 prétendus sages - parlementaires, juristes, démographes, économistes - pour réfléchir au cadre constitutionnel de la nouvelle politique d'immigration "choisie" développée par Sarkozy.
Or, la commission a répondu « trois fois non » aux interrogations gouvernementales - pas de quotas, pas de réforme des juridictions et pas de révision de la Constitution - et conclu qu'« une politique de contingents migratoires limitatifs serait sans utilité réelle en matière d'immigration de travail, inefficace contre l'immigration irrégulière ».
« Voilà une formule qui semble enterrer définitivement un dispositif de quotas en France », commente Le Figaro pourtant peu suspect d'hostilité à l'égard de l'actuel gouvernement. La commission relève aussi qu'une politique de quota migratoire global ou par grand type d'immigration « n'est pratiquée nulle part en Europe », alors que Sarkozy, en septembre 2007 sur France 2, avait affirmé que « tous les pays démocratiques le font ». Le Parti socialiste se réjouit évidemment de cette situation : « La commission Mazeaud vient de désavouer la politique des quotas chère au tandem Sarkozy-Hortefeux », affirme ainsi dans un communiqué le Beur Faouzi Lamdaoui, secrétaire national du PS à l'égalité, la diversité et la promotion sociale. « C'est un grand coup pied de l'âne donné par la commission Mazeaud », surenchérit Pierre Henry, directeur général de France Terre d'asile, favorable à une immigration totalement libre.
Jean-Marie Le Pen ironise quant à lui sur les « plus de cinq mois qu'il a fallu à la commission Mazeaud pour aboutir à la conclusion que pour atteindre l'objectif d'une immigration à 50 % économique il faudrait "décupler" les arrivées ». Or, observe le président du FN, « cette multiplication par dix de l'immigration était bien l'objectif caché de l'immigrationniste Nicolas Sarkozy ». Le Pen se réjouit aussi du rejet par la commission Mazeaud des trois projets que Nicolas Sarkozy lui avait soumis. Mais naturellement pas pour les mêmes raisons que le Parti socialiste. Le Front national étant favorable à l'immigration zéro, tant légale qu'illégale, il s'est toujours déclaré hostile au principe des quotas qui ajoute simplement l'immigration choisie à l'immigration subie.
LA POLITIQUE DES QUOTAS EPINGLEE
Reste que les recommandations de la commission qui juge que « des quotas migratoires contraignants seraient irréalisables ou sans intérêt » portent incontestablement un coup sévère au dispositif soutenu par le chef de l'Etat. Depuis son élection à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a plaidé à plusieurs reprises en faveur des quotas. Ainsi en janvier dernier, lorsqu'il avait demandé à Brice Hortefeux « d'aller jusqu'au bout d'une politique fondée sur des quotas », en affirmant : « tout le monde sait que c'est la seule solution », Mais cette notion a été jugée par deux fois par le Conseil constitutionnel contraire au fameux principe d'égalité qui concerne aussi bien les Français que les étrangers vivant en France.
Dans son rapport, la commission "unanime" invite les pouvoirs publics « à ne pas s'engager dans cette voie » d'une réforme constitutionnelle, qui au « plan politique sur un sujet aussi sensible diviserait profondément et inutilement la société française ». Dans le domaine de la politique d'immigration « plus encore qu'ailleurs, écrivent les membres de la commission Mazeaud, l'action patiente, résolue et respectueuse de la complexité des choses doit être préférée aux remèdes spectaculaires mais illusoires ». Bien que tout cela soit dit en termes diplomatiques, il est difficile de davantage prendre ses distances avec le projet sarkozien. Il est possible que le gaullo-chiraquien Mazeaud ne soit pas mécontent de courroucer Sarkozy qu'un autre chiraquien, Jean-Louis Debré, à la tête du Conseil constitutionnel, se fait fort de tancer régulièrement. Mais il n'est pas exclu non plus que, s'attendant à un tel dénouement, l'Elyséen ait favorisé la création de la commission à seule fin de justifier son immobilisme.
UN SEMBLABLE LAXISME
Officiellement, l'entourage d'Hortefeux n'a évidemment retenu que les quelques satisfecit donnés par ladite commission, notamment l'approche du ministre en faveur « d'une immigration professionnelle concertée avec les pays d'origine ». Pour Mazeaud et ses compères, ces accords, tels ceux signés avec le Sénégal, le Gabon, le Bénin, le Congo et la Tunisie, sont « appelés à devenir des outils tout à fait essentiels de la nouvelle politique migratoire de la France » et devraient être "généralisés" d'ici "2012". , Ce qui est une façon là encore d'accroître le nombre des immigrés présents en France.
En matière de reconduites à la frontière, si difficiles à exécuter, la commission propose aussi carrément la suppression de l'obligation de quitter le territoire français (Oqtf). Seuls feraient l'objet de mesures d'éloignement les étrangers appréhendés, sur notre territoire, en situation irrégulière et sous main de police. Autre mesure suggérée qui va toujours dans le sens des droits exorbitants des migrants : l'institution d'un recours administratif obligatoire avant tout recours contentieux contre un refus de séjour opposé à un étranger résident. Ce recours serait examiné par une commission placée au niveau départemental et composée de façon à se prononcer avec l'autorité suffisante, après avoir entendu l'intéressé, au vu de l'ensemble de sa situation et en particulier de son insertion dans la société française. Bref, ce n'est pas demain la veille que l'on procédera au départ massif des immigrés du Tiers Monde !
FEU VERT DE L'UNION AUX RÉGULARISATIONS MASSIVES
Si la commission Mazeaud tue dans l'œuf la politique des quotas - de toute façon très critiquable -, Paris a également dû en rabattre à l'échelle européenne sur ses projets affichés. Réunis le 7 juillet à Cannes, les Vingt-Sept ont certes adopté la dernière mouture du « Pacte de l'immigration » proposé par Brice Hortefeux mais l'ont vidé de sa (déjà maigre) substance. En dehors de quelques mesures bien faiblardes de lutte contre l'immigration clandestine - et dont rien ne prouve du reste qu'elles seront rigoureusement appliquées (renforcement du contrôle européen des frontières (Frontex) avec la création d'un état-major commun, reconnaissance par tous les pays des décisions d'expulsion, adoption du passeport biométrique) -, ce texte est d'un effrayant laxisme.
Il n'impose pas aux immigrants légaux l'apprentissage de la langue et de la culture du pays d'accueil, comme s'y était engagé Sarkozy tout au long de sa campagne présidentielle. Le texte adopté stipule simplement que les Etats membres mettront en place « selon les procédures et les moyens qui leur paraîtront adaptés des politiques ambitieuses d'intégration ». Le pacte final ne prévoit pas non plus de politique d'immigration choisie commune. Le texte approuvé est on ne peut plus clair. « Il revient à chaque Etat membre de décider des conditions d'admission sur son territoire des migrants légaux et de fixer le cas échéant leur nombre ». Que chaque Etat puisse décider souverainement est en soi une bonne chose mais cette disposition est largement théorique puisqu'il n'y a pas de frontières internes à l'Union européenne et que chaque immigré entré dans l'un des pays de l'UE peut se déplacer librement dans les autres. Il suffit qu'un pays se montre laxiste pour que tout le monde pâtisse des conséquences. « L'accès au territoire de l'un des Etats membres peut être suivi de l'accès au territoire d'autres Etats membres. Aussi est-il impératif que [chacun] prenne en compte les intérêts de ses partenaires dans [ ... ] ses politiques d'immigration, d'intégration et d'asile » note d'ailleurs le Pacte, qui en reste au domaine du vœu pieux.
Enfin et surtout, le document adopté par les Vingt-Sept ne désavoue pas les politiques de régularisation massive et collective. Le ministre de l'Immigration, qui présidait le 7 juillet à Cannes une réunion informelle avec ses vingt-six partenaires, s'est heurté au gouvernement socialiste de José Luis Zapatero : celui-ci craignait qu'un tel engagement ne fût interprété sur la scène politique espagnole comme une condamnation de la vague de régularisations qu'il a décidée en 2007 et dont près d'un million de "sans-papiers" ont bénéficié. Dans sa première version, le Pacte d'Hortefeux constatait que « les régularisations massives et collectives produisent un appel d'air important », ce qui apparaissait comme une condamnation des régularisations espagnoles, mais aussi italiennes de 2003 (plus de 600 000) et de 2006 (plus de 500 000). Il faut, proclamait cette version, « à l'avenir y renoncer. La régularisation devra [relever] d'un examen au cas par cas, dans des conditions exceptionnelles, notamment humanitaires, répondant à des objectifs précis ».
LE DEFERLEMENT CONTINUE, LES FAUX SEMBLANTS AUSSI ...
Madrid ayant donc manifesté son opposition, l'engagement est complètement dilué : les Vingt-Sept sont en effet convenus « de se limiter à des régularisations au cas par cas, et non générales, dans le cadre des législations nationales, pour des motifs humanitaires ». Ce qui. de l'avis des diplomates espagnols présents à Cannes, note Libération, couvre très précisément la régularisation de ... 2007, « véritable vague de cas par cas ». De fait, comme nous l'avons souvent écrit, cette notion de « régularisation au cas par cas » est une véritable imposture destinée à rassurer l'électorat rétif à un surcroît d'immigration. Car comme l'avouait un syndicaliste CGT - cité par Le Pen dans son discours du 1er mai - et qui luttait pour la régularisation des clandestins travaillant dans la restauration et l'hôtellerie, « Nicolas Sarkozy parle de régularisations au cas par cas mais en fait il s'agit bien de régularisations massives ».
C'est dire à quel point nous sommes pieds et poings liés. Dépossédés, trahis, submergés.
Jérôme BOURBON, Rivarol du 18 juillet 2008
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lundi 13 octobre 2008

La fausse victoire de Sarkozy

UN CINGLANT échec à Dublin où il a dû rengainer son intention de « faire revoter l'Irlande », un demi-succès à Versailles où la réforme constitutionnelle a été acquise d'une seule voix, comme l'avait été en 1793 la condamnation à mort de Louis XVI.
Décidément, la « magie sarkozienne » n'opère plus et moins encore l'autorité qu'était censée donner au chef de l'Etat français la présidence tournante de l'Union européenne. Accueilli à Dublin lundi par des pancartes portant les mots « Casse-toi, pauvre con ! », cruelle référence à l'injure que lui-même avait lancée au Salon de l'Agriculture à un quidam qui refusait sa main tendue, Nicolas Sarkozy a dû rabattre de sa superbe. Le cosmopolite qui prétendait « régler le problème irlandais » avant les élections européennes de juin 2009 a dû s'incliner devant la détermination celte. Rien ne bougera avant le 31 décembre, quand il passera la main à son homologue tchèque, et le communiqué commun diffusé à l'issue de ses entretiens avec le Premier ministre Brian Cowen est peu encourageant puisqu'il signale simplement que les deux hommes « se sont engagés à agir en étroite concertation afin de trouver le moyen de faire progresser l'Union ». Difficile de trouver formule plus vague.

L 'ELYSEEN allait-il se revancher avec le vote du Parlement réuni en Congrès sur la révision de près de la moitié des articles de la Constitution ? Il l'espérait bien, le Premier ministre et lui-même (de Marrakech où il villégiaturait en compagnie, assurent les initiés, du couple Strauss-Kahn/Sinclair qui possède dans la Ville rouge un somptueux riad) ayant multiplié les interventions et surtout les pressions pour faire basculer les plus réfractaires des élus UMP. Ces derniers menacés, comme l'ont avoué certains d'entre eux, de perdre l'investiture du parti, voire d'être lésés dans le redécoupage de leur circonscription s'ils n'émettaient pas l'avis conforme. Quant aux "flottants" tels les Radicaux de Gauche de Jean-Michel Baylet, ils ont été l'objet d'une cour effrénée, avec promesses de décorations et même de « missions rémunérées » ... sans oublier l'heureux et si opportun dénouement, quelques jours avant le vote, du litige opposant le "parrain" Tapie au Crédit lyonnais. Et tout cela a pourtant bien failli ne pas suffire puisque six députés et un sénateur UMP (honneur à ces résistants !) ont voté contre.
Les groupes UMP et Nouveau Centre réunissent 58,5 % des parlementaires, la majorité des trois-cinquièmes des suffrages exprimés (896) était requise, soit 538 voix. Or, 539 parlementaires seulement ont émis un vote favorable. Sans la trahison du socialiste Jack Lang, prêt à toutes les compromissions pour jouer un rôle officiel, et la manœuvre du président du Congrès Bernard Accoyer qui s'est assis sur la tradition observée depuis 1958 pour glisser son bulletin dans l'urne, la partie était perdue. Un résultat peu glorieux pour le pouvoir après tant de manipulations et de tentatives d'intimidation et qui traduit un profond rejet du premier magistrat de France et de tout ce qu'il incarne, plus encore que de sa réforme.
Comble de cynisme, celle-ci avait été présentée comme devant accroître les pouvoirs du Parlement alors qu'elle accentuera encore davantage la présidentialisation du régime transformé en une "monocratie".
Il est en effet patent que le prétendu référendum d'initiative populaire, soigneusement encadré, ne sera autorisé que s'il est prétexte à plébiscite. Et qu'en s'arrogeant le droit de s'adresser directement au Parlement, mais sans que son discours donne lieu à débat ou à vote, le chef de l'Etat officialise la confusion entre Exécutif et Législatif.
Cet emprunt servile à la Constitution états-unienne aurait été à la rigueur admissible si avaient été également adoptés ses corollaires : la suppression du poste de Premier ministre (mais pas question de se passer bien sûr de ce fusible) et une procédure de destitution du président en cas de forfaiture. Mais là encore Sarkozy s'est bien gardé de toucher au principe chiraquien de totale immunité, ce qui rend impossible tout "impeachment". En revanche il a fait, toujours à l'américaine, réduire à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs. Ce qui, escompte-t-il, lui permettra d'être plus facilement reconduit en 2012 : après tout, un quinquennat est vite passé ...
Quant au référendum maintenu - pour toute nouvelle adhésion à l'Union européenne en commençant par celle de la Turquie, ne nous faisons pas trop d'illusions : l'Elysée peut parfaitement choisir la voie parlementaire si les trois-cinquièmes du Parlement lui donnent le feu vert. Au contraire du référendum d'initiative dite par antiphrase populaire, qui doit être appuyé par 4 millions de citoyens et 200 parlementaires, cette autorisation sera une simple formalité quand on sait que la Gauche, tous partis confondus, brûle d'accueillir Ankara dans l'ex-"Club chrétien".
Cette vingt-quatrième révision constitutionnelle - en moins de cinquante ans ! - aurait eu un sens si elle avait abouti à l'introduction d'une dose au moins de proportionnelle et mis fin à « l'inepte système de parrainage pour l'élection du Président de la République ». Mais, comme l'a aussitôt déploré Bruno Gollnisch, faute de ces indispensables modifications, « des millions de Français resteront sans une seule voix pour porter l'écho de leurs souffrances et de leurs espoirs dans ce que l'on ose encore appeler la représentation nationale » et « les traitements discriminatoires tel que celui que subit le Front National » se poursuivront.
Du point de vue de Sarkozy, qui s'estime débarrassé de tout danger sur sa droite, c'est évidemment une réussite. Mais sa non-réforme aura été adoptée de si extrême justesse, dans des conditions si déshonnêtes et si déshonorantes pour un homme porté triomphalement au pouvoir il y a moins de quinze mois, que ce calamiteux 21 juillet pourrait bien être le symbole de sa présidence.
RIVAROL du 25 juillet 2008

samedi 11 octobre 2008

Communication sarkozyste : l’oxymore, une rhétorique d’ahurissement Le président, la carpe et le lapin

A la tribune des Nations unies, le président Sarkozy a appelé le 23 septembre dernier, face à la crise financière, pour ne pas dire la crise économique mondiale, à « reconstruire un capitalisme régulé ». La formule n’est, à vrai dire, pas très originale et empruntée à la gauche. Elle correspond en tout cas à un remarquable oxymore, artifice rhétorique consistant à accoler deux termes de signification contraire pour en renforcer le sens.

Explications :

Le président réclame donc un « capitalisme régulé ».

Mais il semble ignorer, justement, que le propre du capitalisme est d’être un système économique qui repose sur sa seule autorégulation, celle de la main invisible du marché censée produire les meilleurs effets et garantir la prospérité de tous. En tout cas supérieur à ceux de la régulation politique ou administrative de l’économie. La régulation du capitalisme par autre chose que lui-même est donc une contradiction, sinon une imposture. Soit c’est une pseudo-régulation, genre réunion du G8, que le président préconise d’ailleurs, soit on sort de l’économie capitaliste pour entrer dans l’économie administrée ou la social-démocratie.

Ce discours contredit, au demeurant, totalement la pratique des pays occidentaux et européens depuis 20 ans consistant à « déréguler » (on dit « libéraliser ») en permanence des pans entiers de l’économie et de l’organisation sociale des Etats, perçus comme autant d’obstacles à l’efficience de la libre concurrence et des marchés. Le président a-t-il l’intention d’arrêter ce mouvement ? En a-t-il seulement les moyens ? La crise lui aurait donc ouvert les yeux sur la vraie nature du capitalisme ? Poser la question c’est y répondre. La vérité est que Nicolas Sarkozy est surtout un excellent communicant et qu’il connaît depuis longtemps la vertu soporifique de l’oxymore en politique.

Il nous a, en effet, habitués à bien d’autres oxymores politiques, qui semblent constituer l’horizon indépassable de sa réflexion politique. On rappellera les principaux.

D’abord il y a eu « l’islam à la française », préconisé déjà par Nicolas Sarkozy lorsqu’il était ministre de l’Intérieur. Cet « islam à la française » est un oxymore, car comme toutes les religions universelles il ne peut être nationalisé. Il n’est pas en phase, en outre, avec les racines chrétiennes de l’Europe. Mais cet oxymore sert à nous faire croire que l’islam serait soluble dans l’identité française et à cacher que c’est bien l’inverse qui semble se produire.

Ensuite il y a eu « l’immigration choisie ». Car s’il y a bien un phénomène qui n’a pas été soumis au choix et à la décision des peuples européens c’est bien l’immigration, qui leur a été imposée par la superclasse dirigeante (l’hyperclasse mondiale) et accessoirement par le patronat. « Choisir » l’immigration suppose en outre des capacités de régulation des flux migratoires dont sont justement démunis les gouvernements européens, empêtrés dans l’idéologie mondialiste et droit-de-l’hommesque. Cet oxymore sert à masquer que la vraie solution n’est pas l’immigration choisie mais l’inversion des flux migratoires : c’est-à-dire la migration inverse des immigrants.

Il y a eu aussi la « discrimination positive », comme remède aux difficultés évidentes de « l’intégration ». Cet oxymore a été importé, il est vrai, des Etats-Unis puisque le président s’est borné à reprendre un discours sur « l’affirmative action » vieux de 30 ans. La discrimination n’est en effet positive pour personne : ni pour les minorités, dont la progression sociale est artificiellement liée non à leurs talents mais à leur ethnie ; ni, bien sûr, pour le reste de la population, qui se trouve systématiquement brimée. L’oxymore sert en réalité à masquer la volonté de mettre en place un système de préférences ethniques à l’encontre des Français de souche, dans l’espoir naïf de se constituer une clientèle électorale alors que la majorité des électeurs issus de l’immigration votent à gauche.

Il y a maintenant la « laïcité positive », ressortie lors de la venue du pape Benoît XVI en France, après avoir été vendue aux représentants du culte musulman, tout en étant vivement appréciée du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). La laïcité reposait en effet sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat et donc l’abstention de ce dernier dans les affaires religieuses, mais l’oxymore politique prétend désormais qu’il conviendrait, au contraire, d’aider tous les cultes : c’est en cela que la laïcité serait « positive », comme lorsque les communes donnent systématiquement des facilités aux musulmans pour construire des mosquées. Mais si elle était « positive » hélas, elle ne serait plus laïque. Bien entendu, on a compris que cet oxymore vise un seul objectif : encourager l’islam dans le vain espoir de fonder ce fameux « islam à la française ». L’oxymore appelle donc l’oxymore comme le vide appelle le néant.

Gageons que notre président et ses conseillers en communication vont nous présenter encore bien d’autres oxymores en guise de politique. Tous assenés avec force gesticulations médiatiques, comme il sait si bien le faire. Hélas, la politique ne se réduit pas à la rhétorique, elle reste du domaine des faits et des rapports de force !

Dans le monde concret, les oxymores sont des sortes de PACS idéologiques : comme le mariage de la carpe et du lapin, ils ne débouchent que sur des unions fragiles et infécondes.

Michel Geoffroy http://www.polemia.com/

mercredi 8 octobre 2008

L'armée fusillée par Sarkozy

Chaque fois que les pouvoirs publics évoquent la modernisation ou l'adaptation d'une structure, d'une entreprise ou d'un secteur, on peut craindre le pire. Et en effet, présentant le 17 juin le Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale Porte de Versailles à Paris devant quelque 3 000 militaires, gendarmes, policiers et responsables de la sécurité civile au garde-à-vous, Sarkozy s'est voulu rassurant, se disant « garant de la défense des intérêts vitaux et stratégiques de notre pays » et affirmant avoir pour objectif que « notre pays reste une puissance militaire et diplomatique majeure, prête à relever les défis que nous confèrent nos obligations internationales, et celui que l'Etat assure l'indépendance de la France et la protection de tous les Français ».
SAIGNÉE DANS LES EFFECTIFS
Pourtant ce discours présidentiel est à marquer d'une pierre noire pour l'armée française. En effet, le chef de l'Etat a annoncé une réduction de 54 000 postes civils et militaires de la Défense, soit une baisse de plus de 16 % étalée sur « six ou sept ans ». Les effectifs de l'armée de terre vont diminuer de 17 %, ceux de l'armée de l'air de 25 % et ceux de la marine de 11%. Quant à la gendarmerie, elle sera rattachée au ministère de l'Intérieur dès le 1e janvier 2009.
Cette décrue sans précédent des effectifs - que nous avions prévue dans l'éditorial du 25 janvier titré : « Avec Sarko la Défense à la casse » - se traduira par la dissolution de dizaines de régiments et de bases aériennes tandis qu'une cinquantaine de communes pourront voir disparaître toute présence militaire sur le sol. Certes, la liste définitive ne doit être connue que jeudi prochain, lorsque le ministre de la Défense, l'ectoplasme Hervé Morin, la présentera à ses troupes, mais d'ores et déjà la fermeture des bases aériennes de Cambrai, de Reims et de Colmar semble acquise même si le ministère n'a pas encore tranché entre l'abandon de Dijon ou de Luxeuil.
S'agissant de la marine, la décision de construire un second porte-avions est renvoyée aux calendes grecques, l'Elysée promettant de choisir d'ici à la fin du quinquennat, probablement pas avant 2011.
LA DÉFENSE, LA MAL AIMÉE DE LA Ve RÉPUBLIQUE
Cela fait longtemps que l'armée est le parent pauvre des gouvernements successifs. La Grande Muette est la mal aimée de la Ve République. De Gaulle l'a trahie de manière éhontée en 1958 en lui donnant l'assurance que la France resterait en Algérie tout en négociant secrètement avec le FLN. L'armée française ne s'est jamais vraiment remise de cette trahison initiale, les traditions militaires mettant l'honneur, la loyauté et le respect de la parole donnée au-dessus de toutes les vertus. Les successeurs de l'homme de Colombey ne manifestèrent guère plus d'égards envers les militaires. C'est sous François Mitterrand, Rocard étant à Matignon et Jospin rue de Grenelle, que pour la première fois dans l'histoire de la République le budget de la Défense ne représentait plus le premier poste de dépenses de la nation, l'Education nationale l'ayant détrôné. Ce déséquilibre n'a depuis cessé de croître et d'embellir.
En décidant en 1996 l'abandon de la conscription et la professionnalisation des années, Jacques Chirac avait drastiquement réduit les dépenses militaires tout en promettant à la Grande Muette que les réductions d'effectifs seraient largement compensées par le perfectionnement de leur équipement et la sophistication de leur armement. Mais jamais l'on n'avait démantelé à ce point notre outil de défense.
L'AUXILIAIRE DU NOUVEL ORDRE MONDIAL
Il est vrai que dans la logique mondialiste il ne s'agit plus de protéger la patrie mais de défendre les droits de l'homme selon les critères de l'OTAN et de l'ONU. Sarkozy a d'ailleurs achevé son discours Porte de Versailles en évoquant une France qui « jouera tout son rôle pour la défense de la paix et de ses valeurs », Déjà, dans ses vœux à la nation le 31 décembre dernier, il avait remercié les soldats français défendant dans le monde « nos valeurs ». Il n'est nullement question de la patrie. Il ne s'agit plus de défendre un territoire concret, charnel, ni une souveraineté - bradée à Bruxelles. Il s'agit de transformer nos soldats en bras armé de la nouvelle gouvernance mondiale, de mettre l'armée française au service de valeurs abstraites qui sont le cache-sexe de l'impérialisme américano-sioniste.
LE RETOUR DANS L'OTAN
Car, et c'est sans doute l'essentiel du discours sarkozien, l'alignement sur les Etats-Unis est total : Alors même que la Cour des comptes américaine (GAO) dénonçait le contrat de 35 milliards de dollars signé par le Pentagone avec Airbus-EADS pour la livraison d'avions ravitailleurs - et qu'avait contesté Boeing -, le chef de l'Etat a en effet confirmé sa volonté de réintégrer les structures du commandement intégré de l'OTAN que la France avait quitté sous De Gaulle en 1966. Le Livre blanc appelle en effet à une « relation transatlantique rénovée » et à une « pleine participation » de la France à l'OTAN. L'on voit bien que l'Union européenne n'est qu'un appendice de l'Oncle Sam, son serviteur zélé, la fameuse défense européenne dont on nous tympanise depuis des années n'étant là que pour masquer la totale inféodation à l'OTAN comme l'avait si souvent prédit Jean Deni-pierre dans nos colonnes.
Dans cette logique de soumission à l'Amérique, la France abandonne sans remords ses zones d'influence traditionnelles. En Afrique, la présence militaire sera ainsi allégée, voire supprimée comme en Côte d'Ivoire. Les Américains qui font tout pour nous écarter du continent africain peuvent triompher ! Le document préconise en effet une révision "radicale", pas moins, des accords de défense sur ce continent. Or, il ne faut pas oublier que la constante dans la géopolitique de la Maison-Blanche est de réduire le rôle mondial de notre pays, de détruire ses zones de force et d'influence, de contrecarrer ses intérêts économiques et géostratégiques. C'est ainsi que les Etats-Unis se sont acharnés à ce que nous perdions nos colonies, envoyant même des armes au FLN via la Tunisie en 1957.
La défense revue et corrigée par Sarkozy est appelée désormais à « se concentrer sur un axe géographique prioritaire », de la Méditerranée au nord de l'océan Indien. Ce qui justifie comme par hasard de nouvelles bases permanentes dans le Golfe. Comme si l'on se préparait à une guerre contre l'Iran ! Il est vrai que Sarkozy s'est déjà engagé en Angleterre, puis devant George Bush lors de sa récente visite à Paris, à augmenter fortement la présence militaire de la France aux côtés des Américains en Afghanistan.
Sans surprise la Maison-Blanche a « salué la nouvelle » de ce retour dans l'OTAN. Sarkozy a certes pris soin de préciser dans son discours que « nos forces armées resteront nationales » et que « la France ne placera aucun contingent militaire sous commandement permanent de l'OTAN en temps de paix », mais cela ne trompe personne. Le Front national et les souverainistes ont condamné cette inféodation aux Etats-Unis. Le Parti socialiste également. Son premier secrétaire François Hollande a ainsi jugé sur RTL « extrêmement grave » la décision du chef de l'Etat tandis que l'ex-ministre de la Défense Alain Richard estime, lui, que les conclusions du Livre blanc « sont définies non par une vision stratégique, mais par une logique budgétaire ». Mais de la part de la gauche il s'agit de réactions de tartufes car, comme l'écrivait Libération du 18 mai, « sur le fond du dossier les socialistes sont embarrassés. Ils reconnaissent que si Ségolène Royal avait été élue, ils auraient confié la direction de leur Livre blanc au même Jean-Claude Mallet, le conseiller d'Etat qui l'a dirigé pour le compte de Sarkozy. Confidence d'un socialiste : " Au final, notre document n'aurait pas été très différent. Sauf sur l'OTAN, où l'on aurait fait de l'idéologie et sur quelques aspects de sécurité intérieure." »
Ce qui prouve une nouvelle fois que l'UMP et le PS c'est bonnet rose et rose bonnet !
QUID DE L'IMMIGRATION ?
Par ailleurs, le Livre blanc fixe les « contrats opérationnels » des armées, c'est-à-dire ce que l'Etat attend des militaires en termes de capacités. Pour l'année de terre, il s'agit de pouvoir projeter 30 000 hommes à 7 000 ou 8 000 kilomètres de la France, en cas de coalition internationale (évidemment dans le cadre de l'OTAN). Dans le même temps, elle devrait garder, nous assure-t-on, une capacité de 5 000 hommes pour une autre opération extérieure et de 10 000 sur le théâtre national. Ce qui est bien peu lorsque l'on constate la multiplication des émeutes urbaines, de Villiers-le-Bel à Vitry-le-François, et l'explosion des zones dites de non-droit - plus d'une centaine en France. Hervé Morin a expliqué sur France 2 le 17 juin que la disparition de la menace soviétique justifiait une réduction des effectifs et du budget de la Défense. Mais c'est faire fi du caractère très instable et dangereux du monde actuel et surtout c'est nier la gravité de la situation à l'intérieur même du territoire national. Car les experts savent très bien que les émeutes de l'automne 2005 peuvent se reproduire, en bien pire, à tout moment sur l'ensemble du territoire. Aurait-on alors les moyens d'y faire face ? Sans oublier le fait que nos unités sont désormais très métissées, y compris chez les parachutistes dont plus d'un cinquième des effectifs sont allogènes. Au reste, il y a quelques mois, était paru dans Le Figaro un article très alarmiste évoquant le refus grandissant de soldats mahométans de se soumettre à la discipline militaire, de saluer le drapeau, leur propension à exiger des repas spéciaux et toute une série de dérogations, leur insistance à manifester au grand jour leur exécration de la France et des Français.
Preuve de la volonté sarkozienne de créer une année « de moitié », le Livre blanc qui, précisons-le, n'est pas un rapport d'experts mais l'expression de la volonté du chef de l'Etat - fixe le cadre budgétaire pour les douze prochaines années (2009-2020), à hauteur de 377 milliards d'euros. Un chiffre en très nette baisse si on le rapporte au Produit intérieur brut. « Pensions comprises, nous sommes aujourd'hui à 2,3 % du PIB. Au terme du processus, nous serons à 2 % » explique-t-on à l'Elysée. Comme quoi si l'on se soumet aux Etats-Unis, en revanche on ne les imite pas dans l'importance qu'ils accordent à la Défense, le budget américain des armées dépassant largement 3 % du PIB. En revanche, on adopte leur vocabulaire. Le Livre blanc comprend ainsi un volet « sécurité nationale », concept d'importation américaine qui n'existait pas dans les deux précédents Livres blancs de 1972 et de 1994.
ATTENTION A LA COLÈRE DES LÉGIONS ?
Même si elle est tenue à un devoir de réserve, l'armée s'inquiète beaucoup des desseins du chef de l'Etat. Fait exceptionnel, un groupe d'officiers généraux et supérieurs des trois armées terre, air, mer, tenu à l'anonymat, critique fortement dans Le Figaro du 19 juin le Livre blanc en pointant notamment quatre incohérences majeures. La première, c'est que « l'Europe en général et la France en particulier diminuent leur effort de défense au moment même où chacun les augmente (les dépenses militaires mondiales ont progressé de 45 % en dix ans) », La seconde, c'est de ne pas tenir compte de « l'évolution de la conflictualité, le paradigme de la "guerre industrielle" (entre arsenaux étatiques) ayant été remplacé par celui de la "guerre bâtarde ", le plus souvent "au sein des populations", ce qui exige à la fois des forces terrestres plus nombreuses, une capacité de projection aérienne et navale plus affirmée, une réorientation des programmes en conséquence ». Troisième incohérence : « Nous revenons dans l'OTAN, avec une capacité militaire affaiblie, et tout en y revendiquant des postes de commandement. Nous prétendons faire de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) un dossier majeur du renforcement de la défense européenne sous présidence française, et nous baissons la garde au moment où nous souhaitons entraîner nos partenaires vers un renforcement de la défense européenne. Mais surtout, nous abandonnons aux Britanniques le leadership militaire européen, alors que nous connaissons la nature particulière de leurs relations avec les Etats-Unis. La France jouera désormais dans la division de l'Italie. Il est inutile de se payer de mots. » Quatrième incohérence : alors que nous avons « la certitude de nous engager vingt fois en Afrique dans les années qui viennent, pour y éviter des catastrophes humanitaires ou assurer l'évacuation de nos ressortissants ( ... ), nous affaiblissons de manière définitive notre positionnement, avec ce paradoxe que nos abandons vont conduire mécaniquement à un accroissement du nombre de crises que nous ne pourrons plus prévenir et dans lesquelles nous ne pourrons intervenir qu'à un coût incomparablement plus élevé. »
Difficile d'être plus sévère. Mais Sarkozy, qui se moque éperdument de la France, ne s'inquiète nullement de l'avenir de son armée. Dans le schéma mondialiste, les fonctions régaliennes de l'Etat (la police, l'armée, la justice) deviennent caduques ou à tout le moins subsidiaires.
A quoi en effet sert une armée s'il n'y a plus de patrie à défendre, de sol à protéger, de frontières à contrôler, si l'on ne sait plus ce qu'est la France et si l'Europe que l'on prétend construire n'est en réalité que le laboratoire et l'antichambre d'une gouvernance planétaire dirigée par Israël, ses alliés et ses zélotes ?
Jérôme BOURBON, Rivarol du 27 juin 2008

jeudi 2 octobre 2008

La réforme de l'audiovisuel public : salut les copains !

M. JEAN-FRANÇOIS COPÉ, président du groupe UMP à l'Assemblée, a reçu de Nicolas Sarkozy la mission de diriger les travaux de la Commission sur la nouvelle télévision publique. Le 7 mai, il a informé la presse des grandes lignes de la réforme en cours, laquelle poursuivra l'objectif assigné par le président : supprimer la publicité sur les chaînes publiques.
Mais laissons-le nous expliquer son projet : « La commission réfléchit à une organisation matricienne, avec du point de vue horizontal les contenus qui fonctionneraient en synergie avec le vertical, les supports. C'est une organisation très moderne clarifiée, plus efficace, qui permettrait des synergies et faciliterait la création. » Dans son élan, il poursuit : « On aurait d'un côté, un pôle horizontal, avec les contenus et une répartition des unités éditoriales par genre (information, sport, fictions, savoir et connaissance, jeunesse, divertissement, culture, cinéma). Et sur le vertical, tous les supports seront pris en compte ... »
Fichtre !
Quand on lit des fumisteries du genre « organisation matricienne, avec du point de vue horizontal les contenus qui fonctionneraient en synergie avec le vertical, les supports », il est urgent de s'interroger sur ce qui se manigance. Alors on se demande pourquoi le président de la République en personne veut supprimer la publicité, c'est-à-dire les recettes publicitaires, sur les chaînes publiques. De prime abord, on pourrait penser que l'idée n'est pas mauvaise. Mais voyons quelles sont les implications d'une telle réforme.
Aujourd'hui, les chaînes hertziennes de grande audience (TF1, France 2, France 3 et M6) se partagent l'essentiel de la manne de 3,6 milliards d'euros que constituent les budgets publicitaires des géants économiques (agro-alimentaire, industrie automobile, banques et assurances, grande distribution ... ) A titre d'exemple, les recettes publicitaires de France 2 en 2007 représentent 40 % des ressources de la chaîne pour 800 millions d'euros ! La réforme voulue par Sarkozy aurait donc pour conséquence immédiate de permettre le report de ces fonds sur les deux chaînes privées restant en lice, celles-ci étant providentiellement débarrassées de la concurrence. Etrange de la part d'une mouvance politique qui vante justement la concurrence comme régulatrice des marchés. En toute logique, TF1 et M6 pourront ainsi augmenter les tarifs de leurs espaces publicitaires de manière considérable.
Voyons maintenant à qui profite le crime.
TF1 est la propriété du groupe Bouygues, dont le président est Martin Bouygues, ami intime de Nicolas Sarkozy. Tiens, tiens, tiens ... Quant à M6, ou Métropole Télévision, son directeur n'est autre que Nicolas de Tavernost. Ce dernier connaît aussi très bien M. Sarkozy : le siège de Métropole Télévision est installé à ... Neuilly ! Coïncidence ? En fait, Tavernost fait aussi partie depuis 1985 du « Club Neuilly Communication », officine créée par Sarkozy lui-même, alors qu'il était encore maire de la commune la plus riche de France !
Le brouillard soulevé par la logorrhée de Copé se dissipe peu à peu.
Poursuivons l'enquête... La fameuse et non moins fumeuse « organisation matricienne » (et non pas matricielle comme les réfractaires au progrès orthographique pourraient le prétendre), en quoi consistera-t-elle ? La « synergie entre les supports et les contenus » n'est-elle pas le nom d'emprunt de la spécialisation des chaînes publiques ? Ainsi, ces dernières pourraient être cantonnées dans la diffusion de programmes thématiques dans des domaines inoffensifs : émissions prétendument civiques, programmes de divertissement. .. Exeunt les émissions critiques, de débat, d'analyse politique ... Ainsi ringardisées et financièrement asséchées, les chaînes publiques seraient rapidement mûres pour la privatisation ... et les autres amis de M. Sarkozy, les Lagardère, Dassault, Pinault, Arnauld et Rothschild, qui règnent déjà sur les media écrits, pourront racheter à bas prix les restes de France Télévision et faire main basse sur le grisbi !
Au bilan, la suppression de la publicité sur les chaînes publiques permettra au gang Sarkozy de faire d'une pierre trois coups : donner aux copains le monopole des recettes publicitaires, parachever la prise de contrôle de l'information par les mafias financières, et préparer la grande braderie de la télévision publique. Elémentaire mon cher Copé !
Pierre DAMIENS, Rivarol du 16 mai 2008

Blair a-t-il coulé Sarkozy ?

LE premier ministre britannique Gordon Brown parle de "déception", la presse de "déroute", voire de "massacre" : aux élections locales du 1er mai, en Angleterre et au Pays de Galles, les travaillistes au pouvoir depuis 1997 n'ont obtenu que 24 % des suffrages, devancés de très loin par les conservateurs (44 %) et même, humiliation suprême, par les libéraux-démocrates (25 %). S'il s'était agi des législatives, prévues pour 2010, les Tories auraient été hégémoniques à la Chambre des Communes.
Commentant ce résultat, nos média l'attribuent à quelques mesures fiscales récentes et, surtout, au « manque de charisme » de Brown. Mais celui-ci ne paie-t-il pas les années d'erreurs et de mauvais choix du flamboyant Tony Blair, qu'il n'a remplacé qu'en juin dernier ? Or, jusqu'à son départ du 10 Downing Street, toute notre classe politique avait les yeux de Chimène pour Tony Blair dont Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy se disputèrent les faveurs et le parrainage pendant toute la campagne présidentielle. A peine arrivé à l'Elysée, le second avait d'ailleurs rompu avec la tradition selon laquelle la première visite du chef de l'Etat français est réservée au chancelier allemand pour rencontrer le 16 mai 2007 le Premier ministre britannique, affirmant devant les caméras : « J'ai une très grande amitié depuis longtemps pour Tony Blair, qui n'est pas simplement une question de proximité politique. Tony Blair est un homme que j'apprécie humainement parlant. Je peux dire que c'est un ami. » Au point d'en faire en janvier 2008 l'invité d'honneur du congrès de l'UMP où à la tribune, l"'ami" se fit le chantre de la mondialisation, proclamant que s'opposer à cette évolution irréversible était « aussi vain que de demander aux provinciaux d'aimer les Parisiens ». Et le Britannique de féliciter le Français de s'être montré « très énergétique » dans sa manière de mener les "changements" et "ruptures" que, bon gré mal gré, doit subir notre pays pour entrer dans l'ère glorieuse du « village global ». Ravi du compliment, Sarkozy assurait en retour Tony Blair que la France et l'Europe avaient « besoin de lui ». Pourquoi pas comme futur et premier président de l'Union européenne, poste prestigieux prévu par le traité de Lisbonne ?
Traité dont les bases avaient justement été discutées lors de la rencontre du 16 mai, à l'issue de laquelle Sarkozy avait célébré en Blair l'homme politique modèle, celui qui « a montré que l'on pouvait obtenir le plein emploi et qui a profondément modernisé son pays, qui a su rassembler des majorités au-delà de sa propre famille politique pour obtenir des résultats importants ».
Moins d'un an plus tard, au vu des résultats non pas "importants" mais calamiteux du New Labour, l'Elyséen qui a lui-même été humilié lors des élections locales et qui le reste semaine après semaine dans les sondages est-il toujours persuadé d'avoir choisi le bon modèle ? Car si le Royaume-Uni a longtemps fait figure de premier de la classe en matière économique (au prix d'ailleurs du sacrifice de son industrie, la Grande-Bretagne n'étant plus qu'une société de services), son inféodation politique et financière aux Etats-Unis a fini par lui être fatale : le chômage et les prix repartent à la hausse et le pouvoir d'achat à la baisse, les transports et le système de santé victimes du libéralisme sauvage ( « la liberté du renard dans le poulailler ») font toujours plus de mécontents parmi une population paupérisée qui, en outre, ne pardonne toujours pas au « caniche de Bush » de l'avoir précipitée dans le guêpier irakien en en rajoutant sur les mensonges éhontés répandus par la Maison Blanche pour légitimer l'invasion de 2003. Plutôt que d'en découdre avec les chiites à Bassorah, les boys n'auraient-ils pas été plus utiles dans le "Londonistan" livré aux islamistes les plus radicaux, ce que les travaillistes ont payé très cher le 1er mai ? Et à quoi sert de se battre contre les Taliban en Afghanistan quand, dans le nord de l'Angleterre, des municipalités dirigées par des Pakistanais intégristes favorisent un fondamentalisme dont l'avocate Cherie Blair a défendu les "droits" devant les tribunaux ?
Certains s'étonnaient que le fringant Tony cède finalement la place à Brown après avoir si longtemps résisté. Peut-être sentait-il monter l'orage et se doutait-il que les prochaines élections seraient désastreuses pour son parti. Mieux valait donc prendre du champ, multiplier les conférences payées 250 000 dollars cash et accepter en juillet 2007 la présidence du "Quartette" chargé d'« arriver à la paix et à la stabilité au Proche-Orient en aidant les Palestiniens à bâtir un Etat ou aller au-delà en facilitant un large dialogue entre les parties ». Beau programme dont, soit dit en passant, nul ne parle plus. Ce qui laisse songeur sur les capacités de Blair à présider l'Europe comme le voulait absolument Sarkozy.
Celui-ci a fêté mardi sa première année à la tête de la France. Année perdue en coups de cœur, coups de pub et coups de gueule, les seules réformes adoptées, les seules initiatives prises ayant été des mauvais coups contre la France, qu'il s'agisse de l'ouverture à gauche, de la ratification du traité de Lisbonne, de la loi Hortefeux ou de l'alignement atlantiste. Les prochains scrutins seront-ils aussi catastrophiques pour l'UMP qu'ils l'ont été le 1er mai pour le New Labour ? En guise de gâteau d'anniversaire, le chef de l'Etat a eu en tout cas son content de soupe à la grimace, entre la fronde et la grogne de ses députés de plus en plus hostiles à ses réformes institutionnelles, et le sondage CSA pour Marianne selon lequel 29 % seulement des Français souhaitent le voir briguer un second mandat. 55 % brûlant au contraire de le voir débarrasser le plancher.
RIVAROL, du 9 mai 2008
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mardi 30 septembre 2008

Bilan globalement négatif

CE n'est pas tous les jours qu'on se sent rajeunir. Il faut donc remercier Nicolas Sarkozy pour son numéro télévisé du 24 avril. On attendait l'hyperprésident mûri par l'exercice du pouvoir et les épreuves (il a reconnu quelques "erreurs" pour assurer tout aussitôt qu'elles étaient vénielles au regard de ses prodigieuses réussites), on eut le candidat - apôtre de la " valeur travail ", chantre de l'identité nationale, terreur de la voyoucratie et des clandestins allogènes - qui semblait invincible et en effet le fut. Le député UMP Lionnel Luca souhaitait que le chef de l'Etat « retrouve l'esprit de la campagne présidentielle : l'enthousiasme, le volontarisme et l'humilité ». Il a été entendu, au moins par éclipses, mais nous ne sommes plus en campagne, et la magie s'est dissipée, tout comme la fiction du couple idéal que Nicolas formait l'an dernier avec Cécilia - au fait, qu'est devenu le petit Louis, élément essentiel du plan marketing de 2007 ? Vit-il à Dubaï avec sa mère et le nouveau mari d'icelle ou à Paris avec son père ? Questions intéressantes mais que les journalistes se sont poliment abstenus de poser, se contentant de l'assurance donnée par le président que, dans sa « vie privée », « tout était rentré en ordre ».
L'émission s'intitulait « En direct de l'Elysée ». « 100 minutes pour convaincre » eût été un titre plus adapté, à ceci près que Sarkozy n'a convaincu que ceux qui, telle Nadine Morano tout heureuse d'avoir reçu un maroquin, avaient envie de l'être. Car dans ce bilan, les impasses ont alterné avec les mensonges, voire les énormités comme cet interminable développement sur l'impossible naturalisation des clandestins alors qu'on l'interrogeait sur leur régularisation. L'ancien avocat ignore-t-il à ce point le droit, ou s'est-il simplement projeté dans un avenir proche, les régularisés de demain étant les naturalisés (et donc les électeurs) d'après-demain ?
QU'IL y ait de la déception, qu'il y « ait des attentes, qu'il y ait des problèmes, qu'il y ait des difficultés, non seulement je le sais, je l'entends mais je m'y étais préparé », a notamment déclaré le chef de l'Etat. Mais, alors, pourquoi dit-il avoir été surpris en août par l'envolée du prix des hydrocarbures et la crise américaine des subprimes, qu'il accuse d'avoir, ainsi que la cherté de l'euro par rapport au dollar, torpillé sa politique de relance économique alors qu'il s'était voulu « le président du pouvoir d'achat » ? Outre qu'on n'a pas le souvenir que le très européiste Nicolas Sarkozy ait jamais été hostile à la monnaie unique, l'épuisement des énergies fossiles est un fait avéré : le 26 janvier 2001, le n° du 50° anniversaire de RIVAROL contenait un cri d'alarme à ce sujet, et il est du reste bien dommage que le candidat vedette de 2007 n'ait pas été un lecteur assidu de notre hebdomadaire car il aurait su depuis deux ans au moins à quoi s'en tenir sur l'inéluctable éclatement de la bulle immobilière états-unienne. A qui fera-t-il croire d'ailleurs qu'ayant pris pour conseillère puis ministre des Finances l'une des avocates d'affaires les plus réputées d'outre-Atlantique en la personne de Christine Lagarde, il ait tout ignoré des turbulences qui, au-delà de l'Hyper-puissance, allaient ébranler le monde et plomber durablement la croissance ? Si le parler-vrai s'imposait, c'était bien dans ce domaine au lieu de persuader les Français qu'il leur suffirait d'élire Nico l'Enchanteur pour entrer dans une ère de prospérité.
ET bien sûr de sécurité. Sur l'immigration, remise au premier plan de l'actualité par l'affaire des sans-papiers cuistots ou serveurs et dont l'expulsion « tuerait le tourisme » si l'on en croit les syndicats patronaux de l'hôtellerie curieusement alliés de la CGT, le président était très attendu et il a retrouvé les accents du candidat pour rappeler avec bon sens que la France entretenait déjà 22 % de chômeurs immigrés susceptibles d'accomplir les besognes dont les Français sont censés ne plus vouloir, et marteler que, voulant éviter « un appel d'air », le gouvernement ne procéderait pas à une régularisation massive mais agirait « dans le respect de la loi ». Dont ,il se garda bien de préciser qu'elle donne depuis novembre 2007 aux préfets une très large latitude pour régulariser « au cas par cas ». L'ennui étant que chaque "cas" s'ajoutant aux autres dans une parfaite opacité, on aboutit à une régularisation globale.
Nicolas Sarkozy peut bien s'enorgueillir des 22 000 expulsions réalisées selon lui pendant l'année écoulée, cela ne règle en rien le problème lancinant du demi-million de clandestins allogènes, véritable armée d'occupation renforcée bon an mal an par 30 à 100 000 supplétifs. Qui ne contribuent pas peu au climat de violence. Or, sur ce point aussi les journalistes interrogeant le chef de l'Etat se sont montrés d'un tact exquis, n'abordant pas une fois ce sujet dont le traitement volontariste fut pourtant l'une des clés de la victoire du candidat UMP. Or, l'échec en la matière est patent : le jour précédent sa prestation télévisée, une sexagénaire avait été poignardée à mort par un clandestin asiatique (normal : elle avait refusé de lâcher son sac) près des Buttes-Chaumont et, au moment même où il parlait, une vingtaine de Jeunes encagoulés lapidaient - et blessaient trois policiers patrouillant à Villepinte, dans cette Seine-Saint-Denis toujours aussi explosive un an après l'élection du Rambo à Kârcher. Qui, incapable d'assurer une sécurité minimale à ses sujets, envoie en revanche un bataillon supplémentaire en Afghanistan, pour montrer de quel bois il se chauffe aux Taliban, coupables d'attenter aux droits de l'humanité en obligeant les femmes à porter la burqa et en privant les petites filles d'une scolarité normale. Mais, à ce compte-là, il faudrait envoyer paras et légionnaires guerroyer aussi dans les Emirats, en Arabie saoudite et surtout dans l'Irak "libéré" où le deuxième sexe, privilégié sous le "tyran" Saddam Hussein qui lui avait ouvert toutes les portes (université, justice, diplomatie, Parlement), est retombé en servitude.
ENCORE une fois, on admirera la complaisance des journalistes, étonnamment discrets sur le virage atlantiste du chef de l'Etat - dont cela constitue la seule véritable "rupture" avec ses prédécesseurs - pourtant aussi spectaculaire que lourd de conséquences.
De même ont-ils avalé sans broncher la tirade antiturque de Sarkozy, lequel a répété que s'il ne voyait pas la nécessité de consulter les Français sur l'entrée de la Croatie dans l'Union européenne, il organiserait au contraire un référendum sur l'adhésion d'Ankara. Mais les négociations avec l'ex-Empire ottoman ne seront finalisées que dans une dizaine d'années, autrement dit quand Sarko aura cédé la place. Sa solennelle promesse ne l'engage donc nullement ! En revanche, sa révision constitutionnelle donnant au chef de l'Etat le choix entre un vote du Congrès et un référendum pour l'élargissement de l'Europe laissera la voie libre à son successeur pour la solution la plus scélérate.
Comment expliquer que pas un de nos confrères n'ait soulevé ce point essentiel ? Que pas un ne se soit étonné quand l'Elyséen a souligné que l'une des principales raisons de courtiser éhontément la Chine est que ce « grand pays » siège au Conseil de sécurité de l'ONU où il peut empêcher d'accéder à la maîtrise nucléaire l'odieux Iran, « qui menace l'existence de l'Etat d'Israël » ?
LE 6 mai 2007, les Français avaient cru élire un président qui les protégerait de la "racaille" et des prédateurs industriels, qui défendrait bec et ongles leur gagne-pain et qui, pour préserver l'avenir de leurs enfants et celui du pays, irait « chercher avec les dents le point de croissance » dont on attendait miracles. Ils se sont donné un apparatchik du Nouvel Ordre mondial dont « l'existence de l'Etat d'Israël » et le réalignement sur l'Oncle Sam sont les priorités en politique étrangère, la « discrimination positive » en matière raciale étant le mot d'ordre sur le plan intérieur, avec l'inféodation à la Pensée dominante, incarnée par Jacques Attali, et l'acceptation de la dislocation de pans entiers de notre économie, que va aggraver, sous prétexte d'amélioration du fameux pouvoir d'achat, la multiplication des supermarchés, gros consommateurs d'importations en tout genre.
« Sarko pire que Jacquot ? » s'interrogeait RIVAROL le 13 avril 2007. Un an, pas mal de sondages de plus en plus négatifs et autant de couacs gouvernementaux plus tard, la cause est entendue. Par quelle malédiction - ou plutôt par quelle dégénérescence sommes-nous condamnés sous cette Ve République, dont on célébrera fin septembre le cinquantenaire, à aller depuis Georges Pompidou de président-Charybde en président-Scylla ?
RIVAROL. . du 2 mai 2008

lundi 29 septembre 2008

Face à la crise et à la récession, réduire le train de vie de l'Etat

Au lendemain de la faillite le 15 septembre de l'une des principales banques d'affaires américaines, Lehman Brothers, la troisième en six mois, qui a vu Wall Street et les différentes bourses européennes accuser le coup, le directeur du Fonds monétaire international s'est montré alarmiste. Parlant d'une crise financière «jamais vue» car elle est partie du « cœur du système », les Etats-Unis, et a touché le monde entier, Dominique Strauss-Kahn prévoit un ralentissement de « toute l'économie mondiale d'un demi-point à deux points » de croissance, y compris en Chine et dans les pays européens.
C'est dire à quel point paraissent dérisoires désormais les promesses de campagne de Sarkozy : avec lui, plastronnait-il, la croissance de l'économie française redémarrerait. A peine élu à l'Elysée, il se rendait d'ailleurs à l'université d'été du MEDEF, une première pour un chef de l'Etat, proclamant qu'il irait « chercher avec les dents » le point de croissance qui manquait au dynamisme et à la compétitivité de notre économie. Nous en sommes bien loin et, avant même la faillite de Lehman Brothers, le Premier ministre avait reconnu qu'il n'était même pas sûr que le Produit intérieur brut progresse de 1 % cette année, car « nous sommes frappés par une décélération de l'économie mondiale qui est très, très sérieuse ». En effet, selon une première estimation de l'Insee, le PIB de la France a reculé de 0,3 % au deuxième trimestre 2008. A ce stade, l'acquis de croissance - la progression que l'économie française est sûre d'atteindre si la croissance est nulle pour le reste de l'année - est de 0,9%.
UNE CROISSANCE QUASIMENT NULLE
De la même manière, compte tenu de la crise mondiale, l'Organisation pour la coopération et le développement économiques a fortement revu à la baisse sa prévision de croissance 2008 pour la France, à 1 % contre 1,8 % auparavant, dans ses perspectives économiques intérimaires. Pis encore, l'OCDE ne prévoit pas de « rebond faramineux » dès le troisième trimestre, et s'attend à ce que la France « croisse très peu pendant les deux prochains trimestres ».
Une situation évidemment désastreuse pour les finances publiques, le budget 2008 ayant été bâti voici près d'un an sur une hypothèse de croissance de 2,25 %. La croissance en berne rejaillit en effet sur les rentrées fiscales. Le ministre du Budget, Eric Woerth, avait déjà prévenu que le ralentissement économique entraînerait une perte de 3 à 5 milliards d'euros par rapport aux recettes escomptées. Le chiffre sera certainement beaucoup plus élevé. Or le gouvernement a cruellement besoin de ces recettes fiscales pour contenir le déficit public (Etat, Sécurité sociale et collectivités locales) qu'il s'est engagé à ramener à 2,5 % du PIB cette année. « Nous faisons tout ce que nous pouvons ( ... ) Je ne peux pas imaginer que la France dépasse à nouveau la barre des 3 % du PIB » autorisée par Bruxelles, confesse de manière assez peu rassurante Christine Lagarde dans un entretien à La Tribune. Quant au rapporteur de la commission des Finances du Sénat, l'UMP Philippe Marini, il n'exclut pas qu'en cas de croissance inférieure à 1,7 %, ce qui est d'ores et déjà acquis, « le déficit public atteigne, voire dépasse spontanément le seuil des 3 points de PIB », ce qui entraînerait des sanctions automatiques de la part de la commission de Bruxelles pour non-respect des critères de Maastricht. Un comble alors même que la France préside ce semestre l'Union européenne et que Sarkozy n'aime rien tant que se pavaner en faisant volontiers la leçon à tout un chacun et en étant souvent goujat avec les dirigeants étrangers.
UNE SÉRIEUSE CRISE ECONOMIQUE ET SOCIALE
Un minimum d'humilité et de discrétion serait bienvenu alors même que la récession menace la France et l'Europe. Selon l'OCDE, malgré la crise financière née outre-Atlantique, le Vieux Continent est plus proche de la récession que les Etats-Unis qui ont bénéficié des bons chiffres de leur commerce extérieur stimulé par l'abaissement du dollar alors que la zone euro était handicapée par le haut niveau de sa monnaie. Dans l'ensemble, le G7 (Allemagne, Italie, France, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Japon, Canada) va continuer à traverser une « phase de faiblesse de l'activité jusqu'à la fin de cette année », pronostique l'OCDE qui considère que « la tempête sur les marchés de capitaux, le repli des marchés immobiliers et la cherté des matières premières continuent de peser sur la croissance mondiale ».
En France tous les voyants sont au rouge : les chefs d'entreprise sont inquiets, les ménages désertent les magasins ; les exportations ralentissent, le marché de l'immobilier accuse un sérieux coup de frein, la dette est officiellement proche de 1 250 milliards d'euros (en réalité plus de 2 000 milliards avec les retraites des secteurs publics et semi-publics) et, en partie indexée, ne cesse de s'accroître, les déficits annuels sont proches des 50 milliards tandis que la confiance des Français dans la solidité de leur banque tend à s'étioler. Pour BNP Paribas, l'économie française paraît être « clairement entrée dans une phase de récession, conséquence logique non seulement d'une crise économique profonde au plan international, mais aussi de handicaps structurels spécifiquement nationaux ». Au reste, les experts sont encore plus pessimistes pour l'année 2009. Le Centre de prévision de L'Expansion anticipe ainsi une progression du PIB de seulement 0,5 %.
DE NOUVELLES PONCTIONS DES MÉNAGES
Pendant sa campagne présidentielle Sarkozy s'était engagé à redonner de l'oxygène à l'économie française en baissant notamment les prélèvements. Or rien de tel n'a été engagé. Le fameux bouclier fiscal voté à l'été 2007 ne change pas substantiellement la situation des contribuables et, contrairement au socialiste Zapatero en Espagne, Sarkozy s'est bien gardé de supprimer l'ISF qui fait fuir les investisseurs et appauvrit les Français qui ont encore quelque bien. Dès que Christine Lagarde a proposé d'alléger l'ISF, François Fillon a aussitôt refermé le débat en disant que ce n'était pas à l'ordre du jour. Or du fait de la flambée de l'immobilier (même si aujourd'hui les prix des terrains, maisons et appartements commencent à se stabiliser voire à baisser très légèrement mais pas partout, tant s'en faut), beaucoup de Français se retrouvent assujettis à l'ISF alors qu'ils n'ont aucune fortune personnelle. Et la décision de Sarkozy d'augmenter l'imposition des revenus dits du capital (assurance-vie, loyers, intérêts, dividendes d'actions) pour financer le revenu de solidarité active (RSA) de Martin Hirsch, une mesure démagogique empruntée à la gauche et qui favorisera d'abord les immigrés , va encore appauvrir les classes moyennes qui toute leur vie avaient fait l'effort d'épargner.
Soit dit en passant, cette création du RSA, mesure plus politique que sociale, prouve que Sarkozy est bien décidé à briguer un second mandat en cherchant à séduire la gauche après avoir siphonné l'électorat du Front national. « L'objectif était clairement de brouiller les pistes, de poursuivre la logique d'ouverture, même si cela doit se faire au prix d'une déstabilisation de sa propre majorité et du patronat », confie d'ailleurs au Monde l'un des ministres du "G7" élyséen.
Ce qui est sûr, c'est que le financement de ce gadget va ponctionner encore davantage les Français dont le pouvoir d'achat ne cesse de baisser. Si l'on veut dire les choses plus crûment, nos compatriotes s'appauvrissent, leur niveau de vie diminue. La situation présente peut se résumer en une seule phrase : les salaires et pensions stagnent alors que tout augmente : l'essence, le prix de l'alimentation, des fruits et légumes en passant par le pain, les viennoiseries, les produits laitiers et toute autre denrée. Lorsque l'on fait ses courses au supermarché, là où naguère avec 400 francs l'on faisait le plein du chariot, 150 euros (1 000 francs) y suffisent à peine. Et chacun sait qu'aller au restaurant, partir en vacances, même pour un court séjour et une destination proche, représentent un coût de plus en plus exorbitant.
A QUAND L'ETAT AU PAIN SEC ?
Or il est faux de dire qu'il n'y a rien à faire pour améliorer la situation des gens. La première urgence serait de réduire le train de vie de l'Etat en faisant une chasse impitoyable à tous les gaspillages. Hervé Novelli, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie, assure « impossible de compresser davantage les dépenses », ce qui est ahurissant. Comme nous l'avons souvent dit, il y a bien sûr les sommes colossales induites par, la politique dite de la Ville, l'Aide médicale d'Etat (AME) réservée aux clandestins, une politique d'immigration laxiste. Mais au delà il y a toutes les dépenses faramineuses faites par les princes qui nous gouvernent. Le mensuel Capital (n° 202) a consacré cet été un très intéressant dossier aux innombrables gaspillages au sommet de l'Etat, dans les collectivités locales et les organismes sociaux. La conclusion est accablante : « Maintenant que se lève un coin du voile (la Cour des comptes va désormais ausculter le budget de l'Elysée et celui de l'Assemblée), on constate à quel point nos élus sont adeptes du "faites ce que je dis, mais pas ce que je fais", L'administration est sommée de se réorganiser pour économiser 8 milliards d'euros avant la fin du quinquennat, mais ceux qui lancent ces réformes et les votent semblent s'exclure de l'effort collectif. La gestion pour le moins dilettante du budget de l'Elysée comme les privilèges des députés (retraites en béton et distribution discrétionnaire de subventions) contredisent la rigueur affichée. »
Quelques exemples parmi tant d'autres des privilèges exorbitants de leur République : dans sa lutte contre les régimes spéciaux de retraite, la majorité parlementaire s'est bien gardée de toucher au sien. Au contraire, elle l'a rendu encore plus avantageux. Désormais, un seul mandat de député de cinq ans ouvre droit à une pension de 1550 euros par mois, l'équivalent de ce que perçoit en moyenne un salarié du privé au terme d'une carrière complète. Et, avec 22,5 ans de cotisations, un élu s'assure 6 200 euros par mois, soit 89 % de son indemnité parlementaire ! Un taux de recouvrement à faire mourir de jalousie les cadres du privé qui perçoivent 50 % de leur dernier salaire après quarante ans d'effort. Et que dire de la présidence du Sénat qui dépense chaque année 2,5 millions d'euros ? De quoi employer une vingtaine de domestiques dans deux appartements de fonction somptueux, mais aussi garnir sa cave de grands crus (8 500 bouteilles), financer moult réceptions, dîners et cocktails (600 000 euros de frais de bouche par an) et visiter le pays (350 000 euros de voyages). Les contribuables prennent en charge les 25 conseillers et 17 secrétaires du frère Christian Poncelet, les 15 Peugeot 607 de fonction et l'indemnité présidentielle de 180 000 euros par an.
LA FRANCE IMPLOSE, LE BUDGET DE L'ELYSEE EXPLOSE
Le budget de l'Elysée suit la même courbe : Chirac l'avait déjà fortement augmenté, il a explosé sous Sarkozy. Le budget 2008 va ainsi dépasser les 100 millions d'euros contre 35 en 2007. Par ailleurs, l'Elysée et Matignon vont voler dans des jets flambant neuf puisque la flotte aérienne gouvernementale va être totalement renouvelée avec des Airbus 330 dont l'un sera aussi bien équipé que le fameux Air Force One du président des Etats-Unis. Et comme si cela ne suffisait pas, le chef de l'Etat s'offre une "Sarkomobile" blindée de 150 000 euros avec sièges en cuir, ordinateur et équipement de communication dernier cri. Alors même que Chirac avait fait acheter il y a seulement trois ans une Citroën C6 blindée toujours en parfait état. Pour Sarkozy et ses amis, les efforts et la rigueur, c'est bon pour les autres ...
Peut-on être plus cynique ?
Jérôme BOURBON. Rivarol du 19 septembre 2008

samedi 27 septembre 2008

Un camelot à l’Élysée

Nicolas Sarkozy continue de se présenter en homme nouveau, prêt à toutes les actions et les réformes possibles, imaginables, nécessaires, urgentes, innovantes, jeunes, modernes, dynamiques, on en passe et on en oublie sûrement… et personne ne vient lui rappeler que si rien n’a été fait à temps pour prévenir les difficultés du présent sans compter celles à venir, il n’y est tout de même pas totalement étranger : ancien ministre et même ministre d’État, outre ses nombreuses responsabilités communales, départementales ou régionales, qu’a-t-il jamais fait de concret en près d’un quart de siècle au service de l’État ?

Rares sont désormais les médias assez libres pour dénoncer l’imposture du personnage.

Certes, le spectacle de Nicolas Sarkozy est le seul à l’affiche, l’opposition politique est inexistante. Aussi, aurait-il bien tord de se gêner à occuper le terrain social par de fracassantes déclarations, de celles, de préférences, qu’on n’attendait pas dans sa bouche. Par exemple, hier à Toulon, devant 4000 de ses partisans, il a savamment discouru une heure durant pour expliquer comment va le Monde… ou plutôt comment il ne va pas, car nous avons frôlé le précipice et l’avons échappé belle quand le boulet de la catastrophe économique nous a frôlé. Et « la crise actuelle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d’achat… ». S’il le dit ! Rien n’est terminé et pour beaucoup le pire est à venir car tout est encore à faire, mais il est là pour cela, n’est-ce pas et on va voir ce qu’on va voir. Pourquoi pas ! Mieux vaut tard que jamais…

Cette crise venue d’outre-Atlantique, c’est tout bénéfice pour l’actuel hôte de l’Élysée qui peut continuer à arborer le costume de l’homme providentiel. Pour cela, il martèle quelques vérités et sonne le tocsin. On ne pourra pas lui reprocher de ne pas avoir prévenu les Français. Pour cela, il souhaite leur « dire la vérité ». Ce qui semble être la moindre chose de la part du Premier d’entre eux.

Mais c’est aussi la fausse note qui fait craquer le vernis et rompt l’enchantement !

Car en répétant une fois de plus qu’il dit la vérité aux Français, comme si cela ne coulait pas de source, Nicolas Sarkozy est semblable à ces personnages qui se croient obligés de clamer leur honnêteté. Ces individus qui jurent qu’ils ne vous trahiront jamais. Ces êtres qui vous martèlent qu’ils sont vos amis. Ces interlocuteurs qui promettent de ne jamais vous mentir… Toutes choses dont l’évidence devrait se suffire à elle-même pour qu’il soit aussi outrageant de les mettre en doute qu’inquiétant de s’en vanter !

C’est pour cela sans doute que le long discours du Chef de l’État sur la politique économique, souvent frappé au coin du bon sens, des bonnes intentions, des promesses merveilleuses et des engagements de bon aloi, laisse quelque peu dubitatif.

On l’écoute parce que le numéro est bien fait, bien huilé, que l’artiste a du rythme et du métier. Un peu comme ces camelots dans les foires qui vous vantent à merveille le dernier robot multifonctions dont vous ne pouviez déjà pas vous passer avant même qu’il n’ait été imaginé.

C’est presque automatiquement, quasi-inconsciemment, que vous vous apprêtez à l’acheter, quand brusquement retentit en vous un petite sonnette d’alarme…

C’est que vous en avez déjà acheté tant et tant, de ces merveilleuses machines qui finalement se ressemblent toutes… et que vous avez soigneusement rangées au fond d’un placard, faute d’avoir jamais trouvé l’occasion de les utiliser.

Un discours de Nicolas Sarkozy, c’est un peu la même chose : c’est merveilleux, c’est excitant, c’est tentant, mais c’est finalement bien inutile !

Et puis, à force, on n’a plus vraiment beaucoup de place dans les placards !

Philippe Randa http://www.no-media.info/

vendredi 26 septembre 2008

Sarkozy aligné... jusqu'au «cataclysme»?

C'EST entendu : après avoir massivement publié, parfois à la une, la photo (prise en 1993 et mise aux enchères par Christie's) d'une Carla pas encore Sarkozy aussi nue que la Vénus de Botticelli, la presse britannique s'est enflammée pour notre première dame dont l'élégance, la classe et les bonnes manières auraient séduit aussi bien les Windsor que les badauds, lesquels - mauvais présage pour le couple ! - verraient en elle, au choix, une « nouvelle Jacqueline Kennedy » ou une « nouvelle princesse Diana » . Mais au-delà des atours arborés par l'épouse du chef de l'Etat, c'est le discours de celui-ci à Westminster qu'on retiendra de cette visite d'Etat outre-Manche. Avec la confirmation, devenue engagement au sommet de l'OTAN qui s'achève aujourd'hui à Bucarest, de l'envoi de nouvelles troupes françaises en Afghanistan où, avec 2 200 hommes, notre contingent est déjà l'un des plus nombreux de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF).
Ce "renforcement" portera-t-il sur 1 000 soldats (placés sous commandement américain), ou 3 000 comme le prévoient certains experts ? Question subalterne, eût dit de Gaulle (auquel Sarkozy a bien entendu rendu hommage lors de son séjour londonien), l'essentiel étant de « permettre au peuple afghan et à son gouvernement légitime de construire un avenir de paix » car « nous ne pouvons pas accepter un retour des Taliban et d'AI Qaïda à Kaboul. La défaite nous est interdite, même si la victoire est difficile », a martialement déclaré l'Elyséen devant les membres des Communes et de la Chambre des Lords réunis pour l'entendre. Et le président de préciser que la France et le Royaume-Uni, - que devraient lier selon Sarkozy une entente non plus cordiale mais "amicale" et même une «nouvelle fraternité», et pas seulement d'armes - « sont déterminés à rester engagés, côte à côte, avec tous nos alliés, en Afghanistan ». Un guêpier où, avait-il déjà promis en novembre dernier devant le Congrès américain puisque c'est décidément aux parlementaires étrangers, et non à la représentation nationale - à laquelle a été octroyé mardi un débat sans vote, comme on jette un os à un chien - que le président réserve la primeur de nos engagements militaires (1), « la France restera engagée militairement aux côtés des Etats-Unis aussi longtemps qu'il le faudra ».

COMMENT, « aussi longtemps qu'il le faudra », mènera-t-on cette sainte croisade alors que « les caisses sont vides », et au détriment de quels autres postes sera-t-elle financée alors que les Armées crient misère ? La même question se posant d'ailleurs pour la Grande-Bretagne qui, le jour même où elle recevait royalement le couple Sarkozy, apprenait que deux anciens joyaux de son industrie, les firmes automobiles Jaguar et Land Rover, cédées à Ford en 1989, avaient été revendues par l'Américain au groupe indien Tata, une sacrée revanche des ex-colonisés sur l'Empire des Indes, et une insupportable humiliation pour John Bull. Qui dit en effet que Tata ne délocalisera pas à Bombay, privant ainsi d'emplois les 19 000 Anglais travaillant encore sur les sites, tout comme 600 métallos du site lorrain de Gandrange racheté avec Arcelor par l'Indien Lakshmi Mittal vont se retrouver sur le sable malgré la promesse solennelle que leur avait faite en février le chef de l'Etat de mettre tout en œuvre pour leur éviter cette issue fatale ? Le moment était en tout cas mal choisi pour Sarkozy d'exalter la réussite économique du Royaume-Uni qui, a-t-il jugé bon de dire à Westminster, « est devenu un modèle, une référence dont nous devons nous inspirer ».

OUTRE le coût de l'aventure afghane se pose la question de sa pertinence que le candidat à la succession de Chirac avait d'ailleurs formellement contestée entre les deux tours de l'élection présidentielle, laissant ainsi prévoir un retrait de nos troupes... qu'il entend aujourd'hui «renforcer». En arguant de l'indispensable « guerre contre le terrorisme ». Mais, depuis la défaite du régime taliban et son remplacement par un gouvernement et un président «démocratiques», l'Afghanistan est redevenu le premier producteur mondial d'opium avec 165 000 hectares cultivés, contre 100 000 en 2005, et 6 100 tonnes d'opium brut exportées l'an dernier. Des attentats ou des overdoses d'héroïne (135 000 usagers réguliers en France), lesquel(le)s causent le plus de victimes ou de lésions irréversibles et déstabilisent le plus les sociétés occidentales ?
Si, de l'aveu même du site < www.armees.com >, sont dérisoires les efforts de l'ISAF pour simplement enrayer une culture aussi dévastatrice, on voit mal comment cette Force, qui agit d'ailleurs sans mandat de l'ONU, pourrait refaire un Eden de l'ancienne Transoxiane - qui, du reste, n'a jamais connu que rébellions et guerres civiles - et de la débarrasser des factieux et des fanatiques.
Et puis, est-il vraiment judicieux de se mettre à la remorque de l'Hyperpuissance alors que celle-ci, mise en échec en Irak comme en Afghanistan, risque d'entraîner la planète dans une crise financière et donc économique sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale ?
Le 20 mars dernier, constatant qu'aux Etats-Unis, malades d'une monnaie et d'un système bancaire pourris mais aussi de la guerre d'Irak qui, selon un rapport de la Commission économique du Congrès, a déjà coûté 526 milliards de dollars, l'économie « stagne et se contracte peut-être déjà », l'Organisation pour la coopération et le développement économiques révisait nettement à la baisse ses prévisions de croissance américaines qu'elle n'évalue plus qu'entre 0,1 % et 0,0 %. Et si l'OCDE estimait que, dans la zone euro, le ralentissement a été « moins brutal » qu'aux Etats-Unis, elle n'excluait pas une nette récession aggravée par une montée de l'inflation, cependant qu'encore plus catastrophistes, les experts indépendants _ du LEAP/2000 (qui avaient prévu en janvier 2007 la crise "systémique" des subprimes) annoncent, en provenance des USA, un « cataclysme boursier fatal » évidemment appelé à « frapper l'Europe de plein fouet » dès novembre prochain.
Le 26 mars, notre grande argentière Christine Lagarde a d'ailleurs rengainé tout optimisme pour admettre que le taux de croissance français serait très inférieur à 2 % cette année en raison des « envolées récentes du prix du baril et de l'euro » mais surtout de l'« aggravation des turbulences sur les marchés financiers ». Ce qui alourdira évidemment le déficit public, déjà supérieur en 2007 aux 2,4 % initialement prévus ... Et rendra illusoire l'objectif affiché d'assainir les finances publiques avant la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy.
N'importe, fasciné par l'Amérique comme tant de ses semblables, le chef de l'Etat persiste et signe dans son alignement sur un pays infiniment plus dangereux que la nébuleuse Al Qaïda pour la stabilité du monde. Jusqu'où nous entraînera sa fascination, celle que ressent le serin devant le serpent ?
<>. Rivarol du 4 avril 2008
(1) Le 27 mars, Jean-Marie Le Pen s'est d'ailleurs indigné de l'attitude de Nicolas Sarkozy annonçant « au Parlement britannique que la France va encore renforcer sa présence militaire en Afghanistan ». « Cette désinvolture dans l'empressement à jouer les supplétifs des Anglo-américains est une offense à la Nation », estime le président du Front national qui ajoute que « nos soldats n'ont pas à risquer leur vie pour les manèges géopolitiques de l'Oncle Sam ».

jeudi 25 septembre 2008

Sarkozy maintient le cap... vers l'abîme !

Les pouvoirs publics ont toujours le plus grand mal à reconnaître une défaite et à en tirer les conséquences. Depuis François Mitterrand, tous les présidents de la République qui ont perdu la majorité à l'Assemblée nationale ont refusé de se retirer. Et on se souvient qu'après l'échec du référendum sur la Constitution européenne le 29 mai 2005, Jacques Chirac avait nommé un gouvernement encore plus européiste que le précédent, où ne figuraient que des personnalités ayant voté oui et l'Elyséen avait même confié le ministère des Affaires étrangères à l'eurolâtre Philippe Douste-Blazy ! Manifestement Sarkozy a retenu les leçons de ses prédécesseurs dans sa façon de nier le vote des Français.
LA NÉGATION DU VERDICT DES URNES
Certes, il ne s'agit que d'une défaite à des élections locales (encore que les cantonales aient une conséquence directe sur la composition du Sénat, donc sur le pouvoir législatif) mais l'analyse des résultats qu'a faite le chef de l'Etat lors du conseil des ministres du 19 mars est typique de la langue de bois des politicards refusant de voir la vérité en face. Les municipales, a affirmé l'oracle élyséen, « ont exprimé une attente, une impatience, une interrogation aussi sur la possibilité que les engagements de la campagne présidentielle puissent être tenus dans une conjoncture que chacun perçoit comme plus difficile. » Et Sarkozy d'ajouter : « Il n'y aura pas de changement de cap. » Ce qui est une manière d'occulter, de mépriser le verdict des urnes, les électeurs ayant dit avec assez de force qu'ils étaient mécontents du cap actuel.
Devant ses ministres, le président a promis qu'il n'y aurait « ni ralentissement des réformes, ni plan de rigueur » et a fixé au gouvernement. quatre priorités : « Remettre le travail au cœur dès politiques publiques. renforcer la compétitivité de notre économie, continuer à gérer avec sérieux (sic !) les finances du pays et concilier solidarité et responsabilité en matière de retraites, de prise en charge de la dépendance et de santé ». Une réforme des retraites étant annoncée pour le second trimestre 2008.
Concernant ce dernier point, on nous avait pourtant dit que la réforme entreprise en 2003 par François Fillon, alors ministre des Affaires sociales dans le gouvernement Raffarin, avait résolu pour vingt ans le problème du financement des pensions et garanti leur maintien. Et voilà que cinq ans plus tard, on remet le couvert, ce qui prouve que les réformes proclamées ne sont jamais que des réformettes qui ne résolvent jamais dans la durée une difficulté mais cherchent seulement à temporiser. Il faut donc s'attendre dans les mois qui viennent à un nouvel allongement des annuités, à une augmentation des cotisations et à une réduction des retraites. Ce qui est un véritable vol. Plus les Français cotisent, moins ils touchent !
Quant aux finances publiques, paraît-il, gérées « avec sérieux », cela prêterait à rire, le montant de la dette et des déficits n'ayant jamais été aussi élevé. L'on nous parle d'ailleurs d'un assainissement des finances pour 2012. Comme par hasard l'année de l'élection présidentielle! Et tout à coup il n'est plus question de réduction d'impôts alors que le candidat Sarkozy s'était engagé à faire baisser de quatre points le taux de prélèvements obligatoires au terme de son quinquennat.
Les autres chantiers au programme, sont l'éducation avec la énième réforme de l'école primaire et du lycée (que va mener Xavier Darcos, mais avec quelle légitimité ? Lequel Darcos est d'ailleurs l'invité d'honneur le 12 avril de la Grande Loge de France pour un colloque sur les progrès scientifiques et leurs conséquences éthiques), la rénovation des campus universitaires, la réforme de la recherche, la sécurité avec la loi de programmation militaire, la loi d'orientation et de programmation de la sécurité intérieure. Et l'immigration avec la mise en œuvre de la politique des quotas et la suppression de la double compétence juridictionnelle. Si, entre les deux tours des municipales, Sarkozy s'est rendu à Toulon (dont le maire Hubert Falco est promu secrétaire d'Etat chargé de l'Aménagement du territoire) pour parler d'immigration, c'est parce qu'il sait bien que c'est là son va-tout électoral et qu'il peut ainsi séduire l' électorat populaire. Le drame, c'est que plus il parle d'immigration, plus il la favorise par sa politique.
UN IMMIGRATIONNISTE ET UNE FÉMINISTE
Par ailleurs, le remaniement ministériel tel qu'il a été annoncé deux jours après un scrutin qui a vu la déroute de la majorité montre que le locataire de l'Elysée entend minimiser la défaite de son camp. Les électeurs ayant à leur tour pratiqué l'ouverture à gauche, en boudant l'UMP, Sarkozy s'adresse maintenant en priorité à ses fidèles. La nouvelle équipe compte six nouveaux venus, nommés à des postes de secrétaire d'Etat : Christian Blanc, Hubert Falco, Anne-Marie Idrac, Nadine Morano, Yves Jégo et Alain Joyandet, ces trois derniers étant des très proches du chef de l'Etal. Ce qui dilate un gouvernement que Sarkozy avait voulu resserré : 38 membres en tout, dont désormais une nette majorité d'hommes (25 contre 13 femmes). Juppé avait abandonné en cours de route ses "juppettes", Sarkozy prend à son tour des libertés avec la sacro-sainte parité.
A l'exception de l'ex-rocardien et ex-bayrouiste Christian Blanc, ancien président de la RATP et d'Air France qui devient secrétaire d'Etat chargé du développement de la région capitale, autrement dit du « Grand Paris », projet de regroupement de la capitale avec quelque 80 communes alentour (ce qui ne plaira pas forcément à Delanoë !) il n'y a pas de nouveau débauchage de personnalités de gauche. La lourde défaite de la majorité a manifestement mis un point final à la volonté de Sarkozy de promouvoir Jack Lang et Claude Allègre - que son combat contre le dogme du réchauffement climatique rendait d'ailleurs difficilement acceptable par un président ayant, à peine élu, organisé un « Grenelle de l'Environnement ». Seul clin d'œil au centre, la nomination de l'ex "juppette" et ancienne présidente de la SNCF Anne-Marie Idrac qui devient secrétaire d'Etat chargée du Commerce extérieur.
Mais pour autant il n'y a aucune droitisation du gouvernement. Le très sarkoziste Yves Jégo, promu secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer en remplacement de Christian Estrosi, lequel a préféré se consacrer à son nouveau mandat de maire de Nice, est connu pour être un immigrationniste forcené. Sous la précédente législature, il avait été un des rares députés UMP à militer en faveur du vote des étrangers aux élections locales, suivant en cela les vues de son mentor et il est un farouche partisan du droit du sol.
De même, le secrétariat d'Etat à la Famille confiée à Nadine Morano montre à quel point Sarkozy est un libéral-libertaire. « On aimerait se réjouir de voir la famille faire enfin son apparition dans l'organigramme gouvernemental, note Jean-Marie Le Pen dans un communiqué, mais confier le poste à Nadine Morano relève de la provocation. Cette personne, qui vient d'être sévèrement rejetée par les électeurs de Toul, n'est pas connue pour défendre la famille, mais pour militer en faveur du mariage homosexuel, de l'adoption par les couples homosexuels, de la procréation assistée pour les homosexuels, et de l'euthanasie » constate le président du Front national.
UNE SŒUR AU GOUVERNEMENT
Nadine Morano a tout pour plaire puisqu'elle est affiliée à la Grande Loge Féminine de France. Après le frère Xavier Bertrand chargé du Travail et membre du Grand Orient de France, voici la sœur Morano. Sarkozy en rajoute une couche dans son syncrétisme philosophique et religieux ! Morano avait d'ailleurs fermement condamné les quelques propos pourtant anodins sur l'homosexualité tenus par le député UMP Christian Vanneste et qui lui ont valu une sévère condamnation en première instance et en appel et elle s'est prononcée, « à titre personnel, pour une exception d'euthanasie » à l'occasion de l'affaire Chantal Sébire. Aussi l'association Laissez-les-Vivre renouvelle-t-elle avec raison ses « mises en garde contre cette discrète mais efficace militante de l'euthanasie, qui ne considère la loi Léonetti (encore un frère!) de 2005, légalisant l'euthanasie "passive", que comme une simple étape vers la légalisation de l'euthanasie "active ", et dont les familles ont tout à craindre »
En tout cas, on se demande comment la "très catholique" Christine Boutin, dont une autre secrétaire d'Etat, Fadela Amara, vient de donner au magazine homosexuel Têtu une interview très « gay friendly », va pouvoir cohabiter de plus avec une Nadine Morano, sauf à aller encore plus loin dans la mise entre parenthèse et le reniement de ses convictions. On notera aussi que, finalement et contrairement à une rumeur savamment instillée par l'Elysée, Philippe de Villiers n'a pas été intégré au nouveau gouvernement. Il est vrai que Jean-Marie Boekel - qui devient secrétaire d'Etat à la Défense et aux Anciens Combattants, son ancien titulaire Alain Marleix étant nommé à l'Intérieur et aux Collectivités territoriales pour préparer un nouveau charcutage des circonscriptions - avait, paraît-il, fait de la venue du vicomte un casus belli. Si le Vendéen n'est pas retenu, en tout cas pas cette fois-ci, ce n'est pourtant pas faute d'avoir fait tout ce qu'il pouvait pour redevenir ministre : soutien explicite à Sarkozy, mise en veilleuse de son opposition au traité de Lisbonne, complet silence radio depuis des mois.
Pour faire accroire qu'il y a quand même un changement, l'intitulé de nombreux ministères est modifié, avec l'accent mis sur de nouveaux secteurs : emploi, économie numérique, aménagement du territoire, famille, associations.
« Les changements d'appellations ne sont pas toujours des changements d'attribution », précise-t-on à l'Elysée. Ainsi Christine Lagarde devient ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi. La mention "finances" disparaît « mais elle garde ce domaine », a expliqué sans craindre le ridicule un conseiller de l'Elysée pour lequel « on voulait insister sur l'industrie ». De même Jean-Louis Borloo est ministre de l'Ecologie, du Développement durable, de l'Aménagement du territoire et, nouveauté, de l'Energie. Le nouvel intitulé du portefeuille de Brice Hortefeux est : ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire. La mention "codéveloppement" disparaît. En revanche, le portefeuille du secrétaire d'Etat aux Sports Bernard Laporte est complété. L'ancien entraîneur du Quinze de France retrouve la Jeunesse et est chargé en outre de la Vie associative. Les secrétaires d'Etat Luc Chatel, Laurent Wauquiez et Hervé Novelli voient également leur portefeuille modifié et complété.
Peut-on davantage se moquer du monde? Alors que la crise économique (la croissance ne sera que de 1,8 % a admis Lagarde, alors que tous les calculs tablaient sur 2 % au moins), financière, morale est d'une gravité inouïe, on s'amuse à ce jeu de chaises musicales et de changement de dénomination des postes ministériels ! Déjà, en mai 2007, Sarkozy avait voulu innover en présentant un gouvernement avec de nouveaux portefeuilles, des attributions grotesques comme ce secrétariat d'Etat chargé de la Prospective, de l'évaluation des politiques publiques et du développement confié à l'ex-socialiste Eric Besson qui aura désormais en sus la responsabilité de l'Economie numérique.
LA PROMOTION DES VAINCUS
C'est en vain qu'on chercherait dans toutes ces combinaisons politiciennes la moindre cohérence. Ainsi, avant les législatives, Sarkozy avait édicté la règle que tous ses ministres battus devraient aussitôt démissionner, ce qui fut le cas, on s'en souvient, d'Alain Juppé, alors ministre de l'Ecologie et numéro deux du gouvernement et qui, depuis, a pris sa revanche aux municipales. Mais Juppé écarté, curieusement, les ministres étrillés quelques mois plus tard aux municipales conservent leur maroquin comme Darcos à l'Education, Albanel à la Culture, Lagarde - dont Sarkozy avait dit le plus grand bien lors de sa nomination au printemps 2007, précisant : « Si elle suit mes conseils, elle explosera à Bercy » - à l'Economie, Rama Yadé aux Droits de l' homme. Et le plus fort, c'est qu'une candidate UMP battue, Nadine Morano, fait même son entrée au gouvernement. Une promotion à la suite d'un échec, voilà ce qui augure bien mal de la suite de l'aventure, ou plutôt de l'historiette sarkozienne.
Jérôme BOURBON, Rivarol du 28 mars 2008

jeudi 11 septembre 2008

Dépénalisation du droit des affaires

Un cadeau fait aux banksters ?
SCANDALE de la Société Générale, délits d'initiés autour d'EADS, centaines de millions d'euros en liquide transitant par les caisses du MEDEF...
Quelle était l'urgence, face à la multiplication de ces comportements délictueux qui franchissent allègrement les frontières de toute décence, à l' heure où le Premier ministre reconnaît l'« état de faillite » de la France, tandis que le président admet que « les caisses sont vides » et où l'on s'apprête à demander au bon peuple de nouveaux efforts de "rigueur" et de "solidarité" (comprendre : moins de pouvoir d'achat et plus d'impôts... )?
Dépénaliser le droit des affaires bien sûr ! C'est-à-dire lutter contre « une pénalisation excessive de la vie économique qui produit des effets pervers et pèse sur l'attractivité économique de la France » comme le précise la lettre de mission confiée par la gouvernance Sarkozy à un aréopage de magistrats et de personnalités du big business (dont le directeur juridique de la Société générale et son avocat pénaliste, prière de ne pas sourire... ) chargé de plancher sur cette cruciale et urgente question.
Difficile de ne pas voir dans l'existence de ce « groupe de travail », qui a rendu son rapport le mercredi 20 février, la satisfaction de l'une des exigences du lobby des affaires qui cornaque notre coruscant président et se montre avec lui d'une très grande générosité en matière de prêts d'avions privés et de résidences luxueuses.
En effet, quelles réalités dissimule-t-on derrière la rassurante phraséologie administrative et les prétendues « exigences d'efficacité » ?
Tout d'abord la remise en cause des règles de prescription en matière d'abus de biens sociaux, prétendu « cauchemar des chefs d'entreprise » (à condition qu'ils soient malhonnêtes oublie-t-on de préciser... ) car il est, dans les faits, quasiment imprescriptible. En effet, comme la plupart des autres délits financiers, il est théoriquement prescrit au bout de trois ans mais à cette différence près : le départ de la prescription démarre non pas au moment où le délit est commis, mais lors de sa découverte, qui peut intervenir bien des années plus tard.
Le groupe de travail propose donc de porter le délai de prescription de l'ABS à sept ans mais de fixer le point de départ de cette prescription à la date de la commission des faits délictueux, nonobstant les tentatives de dissimulation.
Voilà une mesure qui, sans aucun doute, « améliorerait sensiblement l'attractivité de notre économie », surtout auprès des entrepreneurs indélicats et des investisseurs peu regardants sur la légalité ou la moralité des méthodes employées pour assurer leurs bénéfices.
Deuxième point clef du rapport : le passage des poursuites pénales aux poursuites civiles, beaucoup plus onéreuses, car à la charge du plaignant, ce qui ne manquera pas de freiner le nombre de mises en cause, les plaignants n'ayant souvent pas les mêmes moyens financiers que ceux qu'ils attaquent. Par ailleurs la procédure civile est surtout « gage de discrétion », une discrétion dont semblent très avides les éventuels futurs poursuivis.
Bref, le rapport du groupe de travail, qui dépend des attributions de la surchargée Mme Rachida Dati (garde des Sceaux, candidate aux municipales à Paris, conviée au moindre déplacement à l'étranger de Nicolas Sarkozy), est un catalogue d'assouplissements et d'affadissements de notre législation qui semble prendre en compte exclusivement la position et les desiderata du mis en examen sans jamais se soucier du désir de transparence et de justice qu' exprime pourtant un peuple français de plus en plus écœuré par les dérives affairistes d'un pouvoir qui semble avoir remplacé la traditionnelle devise républicaine par « Argent, Rendement, Productivité ».
Comment, en effet, expliquer aux Français la nécessité d'un "allégement" de l'encadrement juridique des pratiques affairistes alors que les infractions financières ne sont déjà sanctionnées que par de très théoriques peines de prison (généralement du sursis), des amendes ridicules (plafonnées à 375 000 euros quand certains détournements peuvent atteindre le milliard) et que les « délits d'initiés » ne sont quasiment jamais condamnés, bien que souvent poursuivis pénalement, faute de preuves tangibles en amont ?
Exemple récent : on semble se diriger vers un abandon total des charges et poursuites à l'encontre des cadres d'EADS qui avaient opportunément revendu pour plusieurs millions d'euros d'actions juste avant l'annonce des mauvais résultats de leur entreprise.
Ainsi, les ouvriers licenciés à la suite du gigantesque gâchis causé par une gestion désastreuse qui, abjecte paradoxe, a rapporté des bénéfices colossaux à ses responsables, apprécieront sans doute à sa juste valeur l'impératif sarkoziste d'assurer toujours plus d'impunité à ces voyous en col blanc.
Mais le « président rolex » a semble-t-il besoin d'une justice à sa mesure... laxiste et complaisante envers les requins jamais rassasiés de la finance internationale.
Xavier EMAN. RIVAROL du 29 février 2008

mardi 9 septembre 2008

Commerce extérieur : les fiascos de Sarko

Le gouvernement tablait sur un déficit de 31,7 milliards d'euros seulement dans nos échanges commerciaux l'an dernier (contre 28,238 milliards en 2006) mais la réalité est plus sinistre encore puisque le déficit commercial a battu eu 2007 un nouveau record : plus de 39 milliards d'euros ! Résultat, allègue-t-on en haut lieu, de l'euro fort et du ralentissement des exportations industrielles, notamment automobiles. Certes, mais pourquoi l'Allemagne, membre elle aussi de la zone euro, s'attend-elle au contraire à un excédent record, proche de 200 milliards d'euros ? Et pourquoi l'Italie, autre pays de l'Euroland , a-t-elle réussi sur un an, malgré son instabilité politique, à réduire son déficit de 28 à 10 milliards d'euros seulement ?
DES VOYAGES SABOTÉS
Evidemment en cause : le « problème de compétitivité » de la France et son manque de dynamisme comme le secrétaire d'Etat chargé du Commerce extérieur, Hervé Novelli, a été obligé de le reconnaître le 7 février, encore qu'en usant de périphrases: « C'est la dégradation du solde industriel hors énergie qui explique pour une large part la dégradation du déficit commercial ... Sur la dizaine de milliards d'euros de dégradation entre 2006 et 2007, plus de neuf viennent de l'automobile et des biens intermédiaires. » Seul, en effet, le secteur agro-alimentaire tire son épingle du jeu, avec un excédent record de l'ordre de 9 milliards d'euros.
Depuis des années, le candidat Sarkozy - ministre des Finances en 2004 - critiquait la pusillanimité et le caractère brouillon des initiatives en matière de commerce extérieur et annonçait que, lui élu, on verrait le changement. Certes, dans un tel domaine, un changement de politique se constate à long terme mais les sept mois de présidence Sarkozy n'auront nullement amélioré la situation en 2007. Année pendant laquelle la France, jusque-là troisième fournisseur de la Hongrie, par exemple, est passée à la cinquième place. Comment expliquer un tel recul alors que l'actuel président de la République est, à l'époque contemporaine, le premier Magyar porté au pouvoir hors de ses frontières ?
A l'évidence, Sarkozy de Nagy-Bocza n'a pas su exploiter cet avantage inestimable (mais il lui aurait fallu pour cela passer ses vacances sur les bords du lac Balaton au lieu de filer aux States pour y parader avec la jet-set de Wolfeboro), de même qu'il a littéralement saboté ses déplacements en Inde puis en Roumanie.
Réduit de quatre jours à 37 heures, son voyage à New Delhi - où le programme préparé de longue date a été sabré par le visiteur - a ainsi profondément déçu et surtout vexé les Indiens, qui, par représailles, n'ont signé aucun contrat, préférant s'adresser à Berlin et à Rome pour la modernisation de ce pays continent, peuplé de 1,2 milliard d'habitants et où tant reste à faire. Et Sarkozy a osé imputer à notre ambassadeur en Inde, M. Bonnefond, la responsabilité de cet échec !
PAS DE MINISTRE MAIS LE PÈRE DE LA MARIÉE
Même fiasco à Bucarest où le président. qui devait rester deux jours, a passé quatre heures à peine, au motif qu'il était très pris par la préparation de la présidence française de l'Union européenne ... au second semestre ! Un prétexte qui n'a évidemment trompé personne. Et qui a été d'autant plus mal pris par les Roumains, naturellement susceptibles, qu'une méfiance séculaire les dresse contre les Hongrois - ce qu'est pour eux Sarkôzy, au moins par le nom.
Preuve d'ailleurs qu'il n'attachait aucune importance à cette escale, il ne s'était fait accompagner que de six personnes, dont un seul ministre ou plutôt un simple secrétaire d'Etat (aux Affaires européennes), Jean-Pierre Jouyet.
En revanche, et cela a plongé dans la stupéfaction aussi bien les dirigeants roumains que les journalistes français, le président était escorté de l'Italo-Brésilien Maurizio Rommert, le père biologique de sa nouvelle épouse Carla Bruni Tedeschi, dont il a exigé la présence lors des cérémonies et sur les photos officielles.
Le Turinois Rommert aurait-il des racines roumano-bessarabiennes comme Aron Chouganov alias Ciganer, le défunt père de Cécilia ? Ce magnat du BTP carioca avait-il convaincu son gendre de l' introduire auprès des décideurs économiques roumains ?
Si tel était le cas, on aurait préféré que le chef de l'Etat roulât pour la France plutôt que pour son beau-père. Et l'on espère surtout que la prochaine fois qu'il se déplacera à l'étranger, il mettra plus de cœur à défendre le pays qui l'a élu après avoir accueilli et naturalisé ses parents.
Jacques LANGLOIS. Rivarol du 15 février 2008

samedi 6 septembre 2008

Sarkozy, valet de la Maison-Blanche


L'installation d'une base militaire française permanente aux Émirats arabes unis traduit l'alignement de la diplomatie française sur la « pax americana » imposée par la Maison-Blanche au Proche-Orient.
Officiellement et selon le ministre de la Défense Hervé Morin, l'accord conclu par Nicolas Sarkozy et les autorités émiraties va offrir à la France une position stratégique sur le détroit d'Ormuz à quelques kilomètres des côtes iraniennes.
Dans la chasse gardée américaine qu'est devenue cette région du monde, tout accord à vocation militaire ne peut être obtenu sans l'aval de la Maison-Blanche. La base interarmées permanente, qui devrait compter 400 à 500 hommes et être opérationnelle courant 2009, servira avant tout les intérêts géostratégiques américains et notamment la surveillance du détroit d'Ormuz, par lequel transite la majeure partie du trafic pétrolier mondial.
C'est une implication supplémentaire et dangereuse de la diplomatie française dans la stratégie de tension menée par les États-Unis à l'encontre de l'Iran.
L'accord signé par Nicolas Sarkozy s'inscrit dans une politique plus large d'alignement désormais systématique de la politique étrangère française sur la diplomatie américaine. Il fait en effet suite au déplacement, fin août 2007, du ministre socialiste des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, à Bagdad, chaudement salué par Washington, aux velléités de rapprochement avec l'Otan, et au revirement du président français sur le dossier afghan. En effet, alors candidat, Nicolas Sarkozy avait déclaré que les soldats français n'avaient pas vocation à rester indéfiniment en Afghanistan, avant de se raviser une fois élu, en avalisant le redéploiement des avions militaires français dans le Sud afghan, en renforçant la présence militaire française sur le terrain, et en affirmant mi-novembre que la France « restera engagée militairement en Afghanistan aussi longtemps qu'il le faudra ».
Mais c'est bien sur le dossier iranien que la diplomatie française a définitivement abandonné toute indépendance de vue. Fin septembre, Bernard Kouchner évoquait la possibilité d'un conflit avec la puissance persane alors même que le directeur général de l'énergie atomique (AIEA), Mohammed Elbaradei, réaffirmait que la menace nucléaire iranienne était surévaluée et qu'il n'y avait pas de « danger clair concernant le programme nucléaire iranien ».
Des propos ignorés par Nicolas Sarkozy qui, emboîtant le pas à Washington et à Israël, appelait en octobre à l'adoption de « sanctions croissantes contre l'Iran ».
Si la menace n'est pas réelle, comme l'a confirmé le 3 décembre un rapport des services de renseignements américains relevant (tout comme ce fut le cas en Irak) « l'absence de preuves concrètes d'un programme de fabrication d'armes nucléaires, sur la base des inspections », la marche vers la guerre n'en continue pas moins. Avec la complicité de la diplomatie sarkozienne.
Éric Domard Français d'Abord ! janvier 2008

lundi 1 septembre 2008

Sarko, la tactique et la stratégie

On ne peut rester que confondu devant le contraste entre l’habileté tactique brillante de Sarkozy et son vide stratégique abyssal, presque par refus de la pensée stratégique. Cela correspond à l’air du temps, privilégiant, jusqu’à l’éradication complète, le « people » sur l’homme politique et l’action sur la pensée. Le cas Sarkozy est encore éclairé lors de la visite de G.W. Bush à Paris, vendredi dernier, à la lumière notamment d’un commentaire du « Times », du 14 juin. Le commentaire, qui ne manque ni de lucidité ni d’une certaine amertume, constate par conséquent la perte d’influence des Britanniques auprès des USA.
Quelques mots du « Times »…
« Le Président Bush a annoncé une “nouvelle ère d’unité transatlantique” à son arrivée en France hier, le lieu de son discours étant tout aussi significatif que son contenu. En choisissant Paris pour ce que les fonctionnaires de la Maison-Blanche ont appelé « la pièce maîtresse » pour faire ses adieux à l’issue de sa longue semaine de visite en Europe, M. Bush a cherché à sceller une spectaculaire transformation intervenue dans les relations avec la France depuis que le président Sarkozy a été élu l’année dernière. »
« La Grande-Bretagne qui, pendant si longtemps, a fait office de pont, parfois branlant, au-dessus de l’Atlantique, n’a plus une telle importance stratégique et diplomatique. Le président Bush passe deux nuits à Paris, mais seulement une à Londres demain – où il dînera en privé avec Gordon Brown après avoir vu la Reine. Une grande partie de son passage en Grande-Bretagne sera consacré à la question relativement locale de l’Irlande du Nord avant de regagner Washington. »
Alors que le premier ministre a tenu à prendre ses distances avec le président américain – l’ambassade britannique à Washington, par exemple, fonctionnant selon des strictes consignes de maintien de profil bas – le président français a délibérément revêtu le manteau porté autrefois par Tony Blair, avec une attitude de défi – même triomphante – ne retenant pas ses mots pour dire son engouement pour tout ce qui est américain. Hier, un diplomate américain a qualifié M. Sarkozy « d’axe autour duquel tourneront nos relations avec l’Europe », ajoutant que son « penchant pour l’action plutôt que pour la réflexion » convenait au caractère propre de M. Bush ».
Le reste du commentaire est une longue ballade admirative sur le brio de Sarkozy, réussissant à se placer et à s’imposer comme « meilleur ami de Washington », évidemment au détriment des Britanniques. Tom Baldwin et Charles Bremner, les deux auteurs de l’article, vont jusqu’à mettre en évidence l’aisance avec laquelle Sarkozy parle avec dureté aux Américains sur certains sujets, sans s’attirer la moindre rebuffade :
« En effet, M. Sarkozy a dit sans ménagement à M. Bush qu'il devait s’engager davantage sur la question du changement climatique, tout comme il a été sévèrement critique à l’égard de la politique commerciale américaine et de ce qu'il considère comme une dévaluation délibérée du dollar de la part de Washington. Le lien entre les deux leaders est si fort que la Maison-Blanche considèrent de telles attitudes comme des défis plutôt qu'une source de division. »
Tout cela décrit une tactique remarquablement conduite de la part du président français, une tactique basée sur des méthodes que comprennent les experts américanistes. Beaucoup d’exclamations, d’affirmations éclatantes, concernant des choses simples exposées par des appréciations en forme de slogans. Les deux auteurs citent un diplomate américain qui leur a confié que Sarkozy va devenir « l’axe autour duquel tourneront nos relations avec l’Europe », qui explique que son « penchant pour l’action plutôt que pour la réflexion » se marie parfaitement avec le caractère de M. Bush. Certes, et l’on peut aussi observer, pendant qu’on y est, qu’il y a parfois des compliments dont on se passerait bien…
Pas Sarkozy, sans nul doute. La description de son entregent et de son habileté dans ses relations avec l’actuel président des Etats-Unis rend compte d’un sens tactique aigu et d’une grande capacité d’exploitation de la technique des communications, de la technique « people » de préférence aux arguments politiques, de l’exclamation à défaut d’explication. La nuance ne l’embarrasse pas. Lorsqu’il s’exclame, à propos de l’Afghanistan, qu’il faut se battre jusqu’à la victoire finale car on ne doit pas céder aux « tortionnaires » (« We cannot give in to torturers »), on ne peut qu’approuver tout en se demandant de qui il parle – puisque certaines bonnes âmes pourraient aussitôt penser à Guantanamo, aux vols de la CIA et à quelques prisons fameuses d’Afghanistan. Parvenir à se faire passer pour le grand « meilleur allié » de Washington en Afghanistan alors que les Britanniques portent, aux côtés des forces américaines, la charge principale de cette guerre désastreuse, a de quoi rendre bien amers les susdits Britanniques.
Reste la question principale : où mène tout ce brio tactique ? La politique française semble réduite à des visions stratégiques complètement enfermées dans des soucis tactiques adaptés au court terme, aux moyens plutôt qu’aux fins. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de pensée, chose encombrante et inutile dans ces temps qui filent vite, donc il n'y a pas de stratégie originelle. Le retour de la France dans l’OTAN, qui semble maintenant inéluctable, est un bon exemple d’une stratégie guidée par une tactique et enfantée par la tactique (sinon l'effet), sans autre substance que l’exclamation de la chose en soi présentée comme une idée féconde. La seule explication de substance est que la décision tactique porte en elle sa vertu stratégique, ce qui laisse rêveur lorsqu’on voit l’état de l’OTAN alors que la dialectique française présente l’Organisation comme une sorte de Saint-Graal. Annoncer qu’on restera en Afghanistan jusqu’à la victoire finale n’explique pas pour autant dans quel but l’on s’y trouve et comment se fera cette victoire finale. L’enfermement dans un maximalisme anti-iranien permet de beaux discours et de belles formules mais fait s’interroger sur l’intérêt de la chose, surtout si Obama arrive à la présidence bien décidé à entamer un dialogue constructif avec Téhéran (le sénateur républicain Hagel, qui pourrait tenir une place importante dans l’équipe Obama, a affiché récemment en public et sans crainte d’être démenti sa certitude que « si Obama est élu, c’est la voie qu’il suivra avec les Iraniens »). Les Européens, et les Français en premier parmi eux, vont se retrouver marginalisés dans leur maximalisme, le jeu se déroulant alors à trois : l’Iran, les Etats-Unis et la Russie, qui s’imposeront comme les partenaires nécessaires en raison de leur poids auprès de l’Iran. (La Russie exactement dans le rôle qu'auraient dû tenir les Européens s'ils avaient suivi leur politique naturelle.)
Tout est à l’avenant dans la politique française vis-à-vis des Etats-Unis, comme dans la politique française générale d’ailleurs. L’absence de nuances renvoie sans doute à l’humeur indiscutablement pro-américaniste du président français, y compris lorsqu’il critique la position américaine (« Qui aime bien châtie bien »). On ne peut tout de même écarter le fait que cette efficacité et ce brio s’exercent à l’égard d’un président (des Etats-Unis) qui n’existe plus, et qui ne peut que bondir de joie lorsqu’il rencontre enfin, en Europe, un chef d’Etat qui le prend encore au sérieux ; et à propos d’une politique américaine qui n’est qu’un résidu catastrophique des sept années épuisantes depuis 9/11, dont plus personne ne sait que faire. Que Sarkozy prenne ceci et cela tant au sérieux est habile pour le (très) court terme, mais au-delà ?
Finalement, Sarkozy agit comme s’il était son propre premier ministre – ce qui est d’ailleurs sa marque de fabrique dans toutes les affaires depuis qu’il est président – occupé à traiter avec brio, toujours ce brio de circonstance, des affaires courantes et immédiates, tandis que, derrière lui et un peu au-dessus de lui, le vrai président penserait aux choses sérieuses, notamment pour le cas qui nous occupe, à l’après-GW, à une éventuelle nouvelle grande politique, avec les Etats-Unis ou pas, et ainsi de suite. La grande question est donc : Y a-t-il un président qui pense derrière et un peu au-dessus du premier ministre Sarkozy ?
L’intérêt de cette affaire, on le trouvera effectivement lorsque le premier ministre Sarkozy se tournera pour consulter le président. Cela aura lieu dans six mois, dans un an, cela aura lieu lorsque le partenaire américaniste, s’il n’est pas emporté dans quelque tourmente et lorsqu’il se sera débarrassé de G.W. Bush, de ses ors et de ses séquelles, se dira qu’un « meilleur ami » du calibre de la France mérite qu’on lui demande des services précis, des engagements et toute cette sorte de choses – comme il avait l’habitude de le demander aux Britanniques.
Rubrique : Bloc-Notes
http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=5202 17/06/08
Traduction des extraits de l’article du « Times » par RS
Correspondance Polémia 25/06/08

mercredi 27 août 2008

L'élection perpétuelle ...

Nicolas Sarkozy a inventé une nouvelle manière de faire de la politique et par là même engage la Cinquième République sur le chemin du régime présidentiel, appliqué aux États-Unis et qui jusqu'à présent n'a fonctionné correctement qu'outre-Atlantique.
Beaucoup de pays ont tenté de l'imiter et beaucoup ont échoué, provoquant une personnalisation excessive du pouvoir, des crises à répétition, une corruption chronique avec à la clef, et pour quelques-uns, des événements graves.
On peut évidemment beaucoup reprocher au nouveau président de la République sa nouvelle vision du pouvoir, mais pour autant, il ne fait que tirer opportunément les leçons de l' élection présidentielle qui, depuis 1965, a changé fondamentalement de nature sous la pression de la révolution technologico-médiatique.
L'électeur consommateur
La campagne électorale sert à annoncer la couleur et à formaliser un programme. La légitimité du suffrage universel assoit le pouvoir personnel du candidat victorieux. Le texte constitutionnel est suffisamment souple pour permettre toutes les interprétations, et donc toutes les combinaisons. Les médias, que dis-je, le pouvoir médiatique a désormais tous les moyens à sa disposition pour irriguer de son information ou de sa désinformation toutes les strates de la société française. On peut s'en offusquer, le contester, le déplorer ... La révolution technologique, celle des communications, d'internet et de l'image, a lieu sous nos yeux et la pratique politique s'en imprègne totalement, les électeurs consommant de la politique comme des consommateurs d'idées.
Le pire est à venir
Nicolas Sarkozy utilise au mieux cette révolution en s'appuyant sur le consommateur-électeur, les énormes moyens à sa disposition ainsi que les lobbies divers et variés, toujours à l'affût pour faire prospérer leurs affaires. Ses conseillers ne s'en cachent même pas. Ils utilisent deux techniques : la technique de la carte postale : un jour, une image, une idée, c'est le Président omniprésent. L'ouverture d'un ou deux débats hebdomadaires lui permet de paralyser l'action des oppositions qui ne peuvent être présentes sur tous les fronts en même temps. Sans parler de l'ouverture à gauche qui a semé la zizanie et de la poudre de perlimpinpin nationale qui a, pour un temps, siphonné notre électorat et permis à quelques idiots utiles du camp national d'appeler à voter pour lui sous le slogan : « Tout sauf la gauche ! ».
Immigration, insécurité, pouvoir d'achat, croissance, tutelle européenne : rien n'a changé ! Le pire est à venir. Le Front doit réagir tout de suite en ouvrant les yeux des Français hypnotisés par les promesses et fascinés par l'agitation perpétuelle du président-candidat ou-du candidat-président.
par Louis Aliot FDA septembre 2007

jeudi 21 août 2008

Traité simplifié européen : Le crime contre les les peuples

Il n'y aura pas de Constitution européenne mais un traité simplifié débarrassé des signes extérieurs de fédéralisme trop visibles. Mais pour ses partisans, l'objectif reste le même, la construction par étapes et sans l'aval des peuples, d'une Europe supranationale.
A l'arraché. Au bout de la nuit, l'Allemagne a fini par mettre d'accord ses 26 partenaires avant de passer le flambeau de la présidence européenne au Portugal. Le 22 juin 2007, l'Europe des gouvernants s'est offert un nouveau traité sur le dos des peuples.
Exit la Constitution rejetée en 2005 par deux pays majeurs de l'Union européenne, remplacée par un traité simplifié ou mini traité, qui est en définitive « un petit manuel de tromperie des électeurs, puisqu'on y réintroduit la totalité de la Constitution » (Bruno Gollnisch).
Tout aura été parfaitement planifié dans les moindres détails. De cette réunion à Madrid en janvier 2007, des pays partisans de la Constitution (sans que cela ne choque à l'époque le candidat Sarkozy) au Conseil européen du 21 et 22 juin qui s'est emparé du sujet au motif que « si les quatre cinquièmes des États membres ont ratifié ledit traité et qu'un ou plusieurs États membres ont rencontré des difficultés pour procéder à leur ratification, le Conseil européen se saisit de la question ». Or le refus d'autoriser la ratification par deux peuples souverains ne peut être considéré comme une "difficulté". C'est l'expression de la souveraineté du peuple définie par la Constitution française comme étant exclusive.
Contrairement à ce qui a été affirmé depuis le printemps 2005, les Non français et néerlandais n'ont pas ouvert une "crise en Europe", ni empêché l'Europe de fonctionner ou d'adopter des textes législatifs d'une importance capitale comme la directive "Services", le règlement "Reach", les perspectives financières 2007-2013 ou encore la réforme de la réglementation sur les marchés publics.
Contre les peuples
Mais pour la premlere fois, l'Europe fédérale qui se veut démocratique aura délibérément tourné le dos aux peuples et ignoré leur souveraineté.
L'escroquerie politique que constitue le traité simplifié est une marche en avant sans l'aval des nations, vers une Europe supranationale. Pour preuve, comme le souligne Bruno Gollnisch, « cette recommandation écrite de la chancelière allemande, Angela Merkel, aux chefs d'État et de gouvernement qui stipulait: gardons sa substance et changeons le vocabulaire ».
Et, de fait, le texte adopté par le Conseil européen est un succédané de la Constitution rejetée par la France et les Pays-Bas en 2005.
On y retrouve les mesures tant décriées par les peuples : un président élu pour deux ans et demi qui remplacera la présidence tournante de six mois confiée à chaque nation et affirmera un peu plus la fédéralisation du pouvoir, la nomination au Conseil européen d'un « Haut représentant pour les Affaires étrangères et la Sécurité », appelé à devenir un super ministre des Affaires étrangères et qui aura vocation, comme le souhaite l'Allemagne, d'occuper le siège détenu par la France au Conseil de sécurité des Nations unies.
La Charte des droits fondamentaux (regroupant 54 articles sur les droits politiques et sociaux) conservera son caractère juridiquement contraignant et le champ des décisions prises à la majorité qualifiée sera étendu à une quarantaine de nouveaux domaines à l'instar de la coopération judiciaire et policière (porte ouverte à une police fédérale), relevant jusqu'à présent des pouvoirs régaliens de chaque État. Enfin, si le texte renforce en apparence les pouvoirs des Parlements nationaux (ces derniers disposeront désormais de huit semaines pour s'opposer à des actes européens empiétant sur leurs compétences), le traité simplifié réaffirme la supériorité de la législation européenne sur les législations nationales, consacrant la voie fédérale choisie par les dirigeants européens, Nicolas Sarkozy en tête.
FDA août 2007

jeudi 24 juillet 2008

Opération Sarkozy »: comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française

Nicolas Sarkozy doit être jugé à son action et non pas d´après sa personnalité. Mais lorsque son action surprend jusqu´à ses propres électeurs, il est légitime de se pencher en détail sur sa biographie et de s´interroger sur les alliances qui l´ont conduit au pouvoir. Thierry Meyssan a décidé d´écrire la vérité sur les origines du président de la République française. Toutes les informations contenues dans cet article sont vérifiables, à l´exception de deux imputations, signalées par l´auteur qui en assume seul la responsabilité.

Les Français, lassés des trop longues présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac, ont élu Nicolas Sarkozy en comptant sur son énergie pour revitaliser leur pays. Ils espéraient une rupture avec des années d´immobilisme et des idéologies surannées. Ils ont eu une rupture avec les principes qui fondent la nation française. Ils ont été stupéfaits par cet hyper-président », se saisissant chaque jour d´un nouveau dossier, aspirant à lui la droite et la gauche, bousculant tous les repères jusqu´à créer une complète confusion.
Comme des enfants qui viennent de faire une grosse bêtise, les Françaissont trop occupés à se trouver des excuses pour admettre l´ampleur des dégâts et leur naïveté. Ils refusent d´autant plus de voir qui est vraiment Nicolas Sarkozy, qu´ils auraient dû s´en rendre compte depuis longtemps.
C´est que l´homme est habile. Comme un illusionniste, il a détourné leur attention en offrant sa vie privée en spectacle et en posant dans les magazines people, jusqu´à leur faire oublier son parcours politique.
Que l´on comprenne bien le sens de cet article : il ne s´agit pas de reprocher à M. Sarkozy ses liens familiaux, amicaux et professionnels, mais de lui reprocher d´avoir caché ses attaches aux Français qui ont cru, à tort, élire un homme libre.
Pour comprendre comment un homme en qui tous s´accordent aujourd´hui à voir l´agent des États-Unis et d´Israël a pu devenir le chef du parti gaulliste, puis le président de la République française, il nous faut revenir en arrière. Très en arrière. Il nous faut emprunter une longue digression au cours de laquelle nous présenterons les protagonistes qui trouvent aujourd´hui leur revanche.
Secrets de famille
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les services secrets états-uniens s´appuient sur le parrain italo-US Lucky Luciano pour contrôler la sécurité des ports américains et pour préparer le débarquement allié en Sicile. Les contacts de Luciano avec les services US passent notamment par Frank Wisner Sr. puis, lorsque le « parrain » est libéré et s´exile en talie, par son « ambassadeur » corse, Étienne Léandri.
En 1958, les États-Unis, inquiets d´une possible victoire du FLN en Algérie qui ouvrirait l´Afrique du Nord à l´influence soviétique, décident de susciter un coup d´État militaire en France. L´opération est organisée conjointement par la Direction de la planification de la CIA -théoriquement dirigée part Frank Wisner Sr.- et par l´OTAN. Mais Wisner a déjà sombré dans la démence de sorte que c´est son successeur, Allan Dulles, qui supervise le coup. Depuis Alger, des généraux français créent un Comité de salut public qui exerce une pression sur le pouvoir civil parisien et le contraint à voter les pleins pouvoirs au général De Gaulle sans avoir besoin de recourir la force [1].
Or, Charles De Gaulle n´est pas le pion que les Anglo-Saxons croient pouvoir manipuler. Dans un premier temps, il tente de sortir de la contradiction coloniale en accordant une large autonomie aux territoires d´outre-mer au sein d´une Union française. Mais il est déjà trop tard pour sauver l´Empire français car les peuples colonisés ne croient plus aux promesses de la métropole et exigent leur indépendance. Après avoir conduit victorieusement de féroces campagnes de répression contre les indépendantistes, De Gaulle se rend à l´évidence. Faisant preuve d´une rare sagesse politique, il décide d´accorder à chaque colonie son indépendance.
Cette volte-face est vécue comme une trahison par la plupart de ceux qui l´ont porté au pouvoir. La CIA et l´OTAN soutiennent alors toutes sortes de complots pour l´éliminer, dont un putsch manqué et une quarantaine de tentatives d´assassinat [2]. Toutefois, certains de ses partisans approuvent son évolution politique. Autour de Charles Pasqua, ils créent le SAC, une milice pour le protéger.
Pasqua est à la fois un truand corse et un ancien résistant. Il a épousé la fille d´un bootlegger canadien qui fit fortune durant la prohibition. Il dirige la société Ricard qui, après avoir commercialisé de l´absinthe, un alcool prohibé, se respectabilise en vendant de l´anisette. Cependant, la société continue à servir de couverture pour toutes sortes de trafics en relation avec la famille italo-new-yorkaise des Genovese, celle de Lucky Luciano. Il n´est donc pas étonnant que Pasqua fasse appel à Étienne Léandri («l´ambassadeur » de Luciano) pour recruter des gros bras et constituer la milice gaulliste [3]. Un troisième homme joue un grand rôle dans la formation du SAC, l´ancien garde du corps de De Gaulle, Achille Peretti -un Corse lui aussi-.
Ainsi défendu, De Gaulle dessine avec panache une politiqued´indépendance nationale. Tout en affirmant son appartenance au camp atlantique, il remet en cause le leadership anglo-saxon. Il s´oppose à l´entrée du Royaume-Uni dans le Marché commun européen (1961 et 1967); Il refuse le déploiement des casques de l´ONU au Congo (1961) ; il encourage les États latino-américains à s´affranchir de l´impérialisme US (discours de Mexico, 1964) ; Il expulse l´OTAN de France et se retire du Commandement intégré de l´Alliance atlantique (1966) ; Il dénonce la Guerre du Viêt-nam (discours de Phnon Penh, 1966) ; Il condamne l´expansionnisme israélien lors de la Guerre des Six jours (1967) ; Il soutient l´indépendance du Québec (discours de Montréal 1967) ; etc.
Simultanément, De Gaulle consolide la puissance de la France en la dotant d´un complexe militaro-industriel incluant la force de dissuasion nucléaire, et en garantissant son approvisionnement énergétique. Il éloigne utilement les encombrants Corses de son entourage en leur confiant des missions à étranger. Ainsi Étienne Léandri devient-il le trader du groupe Elf (aujourd´hui Total) [4], tandis que Charles Pasqua devient l´homme de confiance des chefs d´États d´Afrique francophone.
Conscient qu´il ne peut défier les Anglo-Saxons sur tous les terrains à la fois, De Gaulle s´allie à la famille Rothschild. Il choisit comme Premier ministre le fondé de pouvoir de la Banque, Georges Pompidou.
Les deux hommes forment un tandem efficace. L´audace politique du premier ne perd jamais de vue le réalisme économique du second.
Lorsque De Gaulle démissionne, en 1969, Georges Pompidou lui succède brièvement à la présidence avant d´être emporté par un cancer. Les gaullistes historiques n´admettent pas son leadership et s´inquiètent de son tropisme anglophile. Ils hurlent à la trahison lorsque Pompidou, secondé par le secrétaire général de l´Élysée Edouard Balladur, fait entrer « la perfide Albion » dans le Marché commun européen.
La fabrication de Nicolas Sarkozy
Ce décor étant planté, revenons-en à notre personnage principal, Nicolas Sarkozy. Né en 1955, il est le fils d´un noble catholique hongrois, Pal Sarkösy de Nagy-Bocsa, réfugié en France après avoir fuit l´Armée rouge, et d´Andrée Mallah, une roturière juive originaire de Thessalonique.
Après avoir eu trois enfants (Guillaume, Nicolas et François), le couple divorce. Pal Sarkosy de Nagy-Bocsa se remarie avec une aristocrate, Christine de Ganay, dont il aura deux enfants (Pierre-Olivier et Caroline). Nicolas ne sera pas élevé par ses seuls parents, mais balloté dans cette famille recomposée.
Sa mère est devenue la secrétaire d´Achille Peretti. Après avoir co-fondé le SAC, le garde du corps de De Gaulle avait poursuivi une brillante carrière politique. Il avait été élu député et maire de Neuilly-sur-Seine, la plus riche banlieue résidentielle de la capitale, puis président de l´Assemblée nationale.
Malheureusement, en 1972, Achille Peretti est gravement mis en cause. Aux États-Unis, le magazine Time révèle l´existence d´une organisation criminelle secrète « l´Union corse » qui contrôlerait une grande partie du trafic de stupéfiants entre l´Europe et l´Amérique, la fameuse « French connexion » qu´Hollywwod devait porter à l´écran. S´appuyant sur des auditions parlementaires et sur ses propres investigations, Time cite le nom d´un chef mafieux, Jean Venturi, arrêté quelques années plus tôt au Canada, et qui n´est autre que le délégué commercial de Charles Pasqua pour la société d´alcool Ricard. On évoque le nom de plusieurs familles qui dirigeraient « l´Union corse », dont les Peretti. Achille nie, mais doit renoncer à la présidence de l´Assemblée nationale et échappe même à un « suicide ».
En 1977, Pal Sarkozy se sépare de sa seconde épouse, Christine de Ganay, laquelle se lie alors avec le n°2 de l´administration centrale du département d´État des États-Unis. Elle l´épouse et s´installe avec lui en Amérique. Le monde étant petit, c´est bien connu, son mari n´est autre que Frank Wisner Jr., fils du précédent. Les fonctions de Junior à la CIA ne sont pas connues, mais il clair qu´il y joue un rôle important. Nicolas, qui reste proche de sa belle-mère, de son demi-frère et de sa demi-soeur, commence à se tourner vers les États-Unis où il « bénéficie » des programmes de formation du département d´État.
À la même période, Nicolas Sarkozy adhère au parti gaulliste. Il y fréquente d´autant plus rapidement Charles Pasqua que celui-ci n´est pas seulement un leader national, mais aussi le responsable de la section départementale des Hauts-de-Seine.
En 1982, Nicolas Sarkozy, ayant terminé ses études de droit et s´étant inscrit au barreau, épouse la nièce d´Achille Peretti. Son témoin de mariage est Charles Pasqua. En tant qu´avocat, Me Sarkozy défend les intérêts des amis corses de ses mentors. Il acquiert une propriété sur l´île de beauté, à Vico, et imagine de corsiser son nom en remplaçant le « y » par un « i » : Sarkozi.
L´année suivante, il est élu maire de Neuilly-sur-Seine en remplacement de son bel-oncle, Achille Peretti, terrassé par une crise cardiaque.
Cependant, Nicolas ne tarde pas à trahir sa femme et, dès 1984, il poursuit une liaison cachée avec Cécilia, l´épouse du plus célèbre animateur de télévision français de l´époque, Jacques Martin, dont il a fait la connaissance en célébrant leur mariage en qualité de maire de Neuilly.
Cette double vie dure cinq ans, avant que les amants ne quittent leurs conjoints respectifs pour construire un nouveau foyer.
Nicolas est le témoin de mariage, en 1992, de la fille de Jacques Chirac, Claude, avec un éditorialiste du Figaro. Il ne peut s´empêcher de séduire Claude et de mener une brève relation avec elle, tandis qu´il vit officiellement avec Cécilia. Le mari trompé se suicide en absorbant des drogues. La rupture est brutale et sans retour entre les Chirac et Nicolas Sarkozy.
En 1993, la gauche perd les élections législatives. Le président François Mitterrand refuse de démissionner et entre en cohabitation avec un Premier ministre de droite. Jacques Chirac, qui ambitionne la présidence et pense alors former avec Edouard Balladur un tandem comparable à celui de De Gaulle et Pompidou, refuse d´être à nouveau Premier ministre et laisse la place à son « ami de trente ans », Edouard Balladur. Malgré son passé sulfureux, Charles Pasqua devient ministre de l´Intérieur. S´il conserve la haute main sur la marijuana marocaine, il profite de sa situation pour légaliser ses autres activités en prenant le contrôle des casinos, jeux et courses en Afrique francophone. Il tisse aussi des liens en Arabie saoudite et en Israël et devient officier d´honneur du Mossad. Nicolas Sarkozy, quant à lui, est ministre du Budget et porte-parole du gouvernement.
À Washington, Frank Wisner Jr. a pris la succession de Paul Wolfowitz comme responsable de la planification politique au département de la Défense. Personne ne remarque les liens qui l´unissent au porte-parole du gouvernement français.
C´est alors que reprend au sein du parti gaulliste la tension que l´on avait connu trente ans plus tôt entre les gaullistes historiques et la droite financière, incarnée par Balladur. La nouveauté, c´est que Charles Pasqua et avec lui le jeune Nicolas Sarkozy trahissent Jacques Chirac pour se rapprocher du courant Rothschild. Tout dérape. Le conflit atteindra son apogée en 1995 lorsque Édouard Balladur se présentera contre son ex-ami Jacques Chirac à l´élection présidentielle, et sera battu. Surtout, suivant les instructions de Londres et de Washington, le gouvernement Balladur ouvre les négociations d´adhésion à l´Union européenne et à l´OTAN des États d´Europe centrale et orientale, affranchis de la tutelle soviétique.
Rien ne va plus dans le parti gaulliste où les amis d´hier sont près de s´entre-tuer. Pour financer sa campagne électorale, Edouard Balladur tente de faire main basse sur la caisse noire du parti gaulliste, cachée dans la double comptabilité du pétrolier Elf. À peine le vieux Étienne Léandri mort, les juges perquisitionnent la société et ses dirigeants sont incarcérés. Mais Balladur, Pasqua et Sarkozy ne parviendront jamais à récupérer le magot.
La traversée du désert
Tout au long de son premier mandat, Jacques Chirac tient Nicolas Sarkozy à distance. L´homme se fait discret durant cette longue traversée du désert. Discrètement, il continue à nouer des relations dans les cercles financiers.
En 1996, Nicolas Sarkozy ayant enfin réussi à clore une procédure de divorce qui n´en finissait pas se marie avec Cécilia. Ils ont pour témoins les deux milliardaires Martin Bouygues et Bernard Arnaud (l´homme le plus riche du pays).
Dernier acte
Bien avant la crise irakienne, Frank Wisner Jr. et ses collègues de la CIA planifient la destruction du courant gaulliste et la montée en puissance de Nicolas Sarkozy. Ils agissent en trois temps : d´abord l´élimination de la direction du parti gaulliste et la prise de contrôle de cet appareil, puis l´élimination du principal rival de droite et l´investiture du parti gaulliste à l´élection présidentielle, enfin l´élimination de tout challenger sérieux à gauche de manière à être certain d´emporter l´élection présidentielle.
Pendant des années, les médias sont tenus en haleine par les révélations posthumes d´un promoteur immobilier. Avant de décéder d´une grave maladie, il a enregistré pour une raison jamais élucidée une confession en vidéo. Pour une raison encore plus obscure, la « cassette » échoue dans les mains d´un hiérarque du Parti socialiste, Dominique Strauss-Khan, qui la fait parvenir indirectement à la presse.
Si les aveux du promoteur ne débouchent sur aucune sanction judiciaire, ils ouvrent une boîte de Pandore. La principale victime des affaires successives sera le Premier ministre Alain Juppé. Pour protéger Chirac, il assume seul toutes les infractions pénales. La mise à l´écart de Juppé laisse la voie libre à Nicolas Sarkozy pour prendre la direction du parti gaulliste.
Sarkozy exploite alors sa position pour contraindre Jacques Chirac à le reprendre au gouvernement, malgré leur haine réciproque. Il sera en définitive, ministre de l´Intérieur. Erreur ! À ce poste, il contrôle les préfets et de le renseignement intérieur qu´il utilise pour noyauter les grandes administrations.
Il s´occupe aussi des affaires corses. Le préfet Claude Érignac a été assassiné. Bien qu´il n´ait pas été revendiqué, le meurtre a immédiatement été interprété comme un défi lancé par les indépendantistes à la République. Après une longue traque, la police parvient à arrêter un suspect en fuite, Yvan Colonna, fils d´un député socialiste. Faisant fi de la présomption d´innocence, Nicolas Sarkozy annonce cette interpellation en accusant le suspect d´être l´assassin.
C´est que la nouvelle est trop belle à deux jours du référendum que le ministre de l´Intérieur organise en Corse pour modifier le statut de l´île. Quoi qu´il en soit, les électeurs rejettent le projet Sarkozy qui, selon certains, favorise les intérêts mafieux.
Bien qu´Yvan Colonna ait ultérieurement été reconnu coupable, il a toujours clamé son innocence et aucune preuve matérielle n´a été trouvée contre lui. Étrangement, l´homme s´est muré dans le silence, préférant être condamné que de révéler ce qu´il sait. Nous révélons ici que le préfet Érignac n´a pas été tué par des nationalistes, mais abattu par un tueur à gage, Igor Pecatte, immédiatement exfiltré vers l´Angola où il a été engagé à la sécurité du groupe Elf. Le mobile du crime était précisément lié aux fonctions antérieures d´Érignac, responsable des réseaux africains de Charles Pasqua au ministère de la Coopération. Quand à Yvan Colonna, c´est un ami personnel de Nicolas Sarkozy depuis des décennies et leurs enfants se sont fréquentés.
Une nouvelle affaire éclate : de faux listings circulent qui accusent mensongèrement plusieurs personnalités de cacher des comptes bancaires au Luxembourg, chez Clearstream. Parmi les personnalités diffamées :Nicolas Sarkozy. Il porte plainte et sous-entend que son rival de droite à l´élection présidentielle, le Premier ministre Dominique de Villepin, a organisé cette machination. Il ne cache pas son intention de le faire jeter en prison.
En réalité, les faux listings ont été mis en circulation par des membres de la Fondation franco-américaine [5], dont John Negroponte était président et dont Frank Wisner Jr. est administrateur. Ce que les juges ignorent et que nous révélons ici, c´est que les listings ont été fabriqués à Londres par une officine commune de la CIA et du MI6, Hakluyt & Co, dont Frank Wisner Jr. est également administrateur. Villepin se défend de ce dont on l´accuse, mais il est mis en examen, assigné à résidence et, de facto, écarté provisoirement de la vie politique.
La voie est libre à droite pour Nicolas Sarkozy.
Reste à neutraliser les candidatures d´opposition. Les cotisations d´adhésion au parti socialistes sont réduites à un niveau symbolique pour attirer de nouveaux militants. Soudainement des milliers de jeunes prennent leur carte. Parmi eux, au moins dix mille nouveaux adhérents sont en réalité des militants du Parti trotskiste « lambertiste » (du nom de son fondateur Pierre Lambert). Cette petite formation d´extrême gauche s´est historiquement mise au service de la CIA contre les communistes staliniens durant la Guerre froide (Elle est l´équivalent du SD/USA de Max Shatchman, qui a formé les néoconservateurs aux USA [6]). Ce n´est pas la première fois que les « lambertistes » infiltrent le Parti socialiste. Ils y ont notamment placé deux célèbres agents de la CIA :
Lionel Jospin (qui est devenu Premier ministre) et Jean-Christophe Cambadélis, le principal conseiller de Dominique Strauss-Kahn [7].
Des primaires sont organisées au sein du Parti socialiste pour désigner son candidat à l´élection présidentielle. Deux personnalités sont en concurrence: Laurent Fabius et Ségolène Royal. Seul le premier représente un danger pour Sarkozy. Dominique Strauss-Kahn entre dans la course avec pour mission d´éliminer Fabius au dernier moment. Ce qu´il sera en mesure de faire grâce aux votes des militants « lambertistes » infiltrés, qui portent leur suffrages non pas sur son nom, mais sur celui de Royal.
L´opération est possible parce que Strauss-Kahn est depuis longtemps sur le payroll des États-Unis. Les Français ignorent qu´il donne des cours à Stanford, où il a été embauché par le prévot de l´université, Condoleezza Rice [8]. Dès sa prise de fonction, Nicolas Sarkozy et Condoleezza Rice remercieront Strauss-Kahn en le faisant élire à la direction du Fonds monétaire international.
Premiers jours à l´Élysée
Le soir du se