mardi 11 septembre 2007

SARKOZY LE DESTRUCTEUR

(sujet datant de 2005)
Le soir du 21 avril 2002, Lionel Jospin avait déclaré qu'il quittait la scène politique. Or voilà qu'il publie un livre, et aussitôt on parle du retour de Jospin, et de sa possible candidature à la présidentielle 2007. Histoire d'ajouter encore à la confusion ambiante au PS, ou de mettre éventuellement fin au combat des chefs. Alain Juppé, quant à lui, condamné pour les emplois fictifs du RPR, n'avait pas dit qu'il abandonnait la politique. Mais il s'était exilé au Québec. Voici que la secrétaire nationale de l'UMP aux élections, qui plus est député de Gironde, annonce que cet autre ancien Premier ministre (et président de l'UMP) sera candidat aux législatives de 2007 à Bordeaux. S'il revient, il aura évidemment son mot à dire sur la présidentielle, et son retour ne peut qu'être planifié en accord avec l'Elysée ... pour mettre éventuellement hors jeu et Sarkozy et Villepin. Mais Juppé a vigoureusement démenti, sur son blog, qu'il ait annoncé son retour. Car il annoncera lui-même ce qu'il compte faire, le moment venu, or le moment n'est pas venu...
Voilà qui agite les commentateurs et les instituts de sondages. Pendant ce temps, Sarkozy continue de s'agiter tout seul, et de prôner la « rupture » dans tous les domaines (même l'écologie, lors de la convention de l'UMP sur ce sujet). La rupture tous azimuts avec la politique d'un gouvernement dont il est le super-numéro 2...

"Amender" la loi de 1905

Vendredi dernier, Nicolas Sarkozy a profité du centenaire de la Fédération protestante de France pour s'affirmer une fois de plus contre Chirac et Villepin à propos de la loi de 1905. Le matin même, La Croix annonçait que Sarkozy créait une « commission de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics », présidée par Jean-Pierre Machelon, professeur de droit public. Dans la lettre de mission qu'il envoyait à l'universitaire, Sarkozy se disait« convaincu de la nécessité d'apporter aujourd'hui un certain nombre d'amendements» à la loi de 1905, et lui demandait de formuler« des propositions opérationnelles ». En clair, Sarkozy poursuit son idée fixe d'une modification de la loi de 1905 au profit de l'islam.
Le fait d'annoncer cela le 21 octobre au matin était une provocation : dans la soirée, Villepin allait faire un discours et lire un message de Jacques Chirac devant les protestants. Naturellement, le président de la République et son Premier ministre ont solennellement réaffirmé leur attachement à la loi de 1905 telle qu'elle est, et Sarkozy a pu quitter le raout protestant pour se rendre à un repas de rupture du jeûne du Ramadan avec à son actif cette nouvelle affirmation de sa différence.
Les commentateurs ont relevé la pique de Jacques Chirac à l'adresse du ministre :« La Fédération protestante de France, avec sa sagesse coutumière, ne demande pas une modification en profondeur de cette loi », alors même qu'elle pose des problèmes aux protestants. Mais ce qui est plus important est la véritable mythologie laïque qui sous-tend les déclarations officielles à ce sujet. C'est Chirac vantant« un texte qui a si profondément contribué à la paix civile dans notre pays », et c'est Villepin proclamant que« la loi de 1905 est avant tout une loi de réconciliation »qui a« mis un terme à plusieurs siècles d'une histoire religieuse faite de violence et de crises».
Il s'agit là d'un révisionnisme grossier. La loi de 1905 était une loi de guerre civile, de guerre religieuse, visant à détruire l'Eglise catholique en France. Ses promoteurs ne s'en cachaient pas. Mais la loi de 1905 n'a pu être appliquée que partiellement, grâce à la résistance du pape saint Pie X. L'Etat a pu voler les biens de l'Eglise, mais n'a pas pu imposer les "associations cultuelles" , dont la création et le fonctionnement font l'objet de la plus grande partie des articles. L'Etat a dû par la suite accepter les "associations diocésaines" mises au point par le pape Pie XI, qui n'ont aucun rapport avec la loi de 1905. En dehors du principe de la séparation des Eglises et de l'Etat, ce qui reste de cette loi, en ce qui concerne l'Eglise catholique, c'est le fait que c'est à l'Etat de s'occuper de l'entretien des édifices dont il s'est attribué la propriété ...
Si Sarkozy veut« amender »la loi de 1905, c'est uniquement dans le but de financer l'islam en France. Cela est cohérent avec la création d'un Conseil français du culte musulman, et d'une Fondation pour les œuvres de l'islam. Le cardinal Lustiger avait montré que la création du CFCM faisait de l'islam une religion d'Etat, et Marine Le Pen, par un recours devant le Conseil d'Etat, a mis en évidence le fait que la Fondation violait la loi de 1905. A cela s'ajoutent les contorsions des collectivités locales, aux lisières de la loi, pour financer l'islam.

Le "ministre des Cultes"

En ce sens, Nicolas Sarkozy est cohérent avec lui-même, alors que la position de Chirac et de Villepin est hypocrite.
Mais la cohérence de Sarkozy porte atteinte à la fois à l'identité de la République (laïque) et à l'identité française (chrétienne). On n'a pas assez remarqué à quel point il se pose en "ministre des Cultes" (il le fait dans tous les discours où il aborde la question de la laïcité). Jusqu'à affirmer : « Je crois que jamais un ministre de l'Intérieur, avant moi, n'a autant revendiqué d'être ministre des Cultes. » En réalité, aucun ministre de l'Intérieur avant lui n'a revendiqué d'être ministre des Cultes, pour la bonne raison que cet intitulé n'existe pas. Et qu'il ne peut pas exister, précisément parce que, nous dit la loi de 1905, la République ne reconnaît aucun culte.
Sarkozy a indubitablement réussi à ce que, les médias parlent de lui comme du "ministre des Cultes", mais il ne l'est pas, et il ne peut pas l'être, comme l'a opportunément et fermement rappelé Mgr Vingt-Trois.
L'intitulé frauduleux est en outre inexact. Car par son action, Nicolas Sarkozy n'apparaît pas comme ministre des Cultes , mais comme ministre de l'Islamisation de la France. Ce qui n'est pas la même chose.
Là aussi, on verra une cohérence, avec la suppression de la prétendue "double-peine" , la mise en œuvre de la "discrimination positive" , la volonté de procéder à une immigration massive prétendument "choisie", et maintenant l'appel au droit de vote des étrangers. Cohérence de la préférence étrangère, comme du mépris de l'identité française et des principes de la République. Voilà un cumul bien plus extraordinaire que celui de ses mandats : aucun autre homme politique n'avait eu l'ambition jusqu'ici de saper en même temps tous les fondements de notre vie sociale.
Yves Daoudal, National Hebdo 2005.


dimanche 9 septembre 2007

Où Sarko n'aime ni les dimanches, ni les Bretons

• Où Sarko n'aime pas les dimanches en famille

Certains de nos lecteurs, paraît-il, font encore confiance à Nicolas Sarkozy. J'envie leur optimisme. Ce perpétuel agité a tout dit, me semble-t-il, en déclarant que l'essentiel pour lui est d'agir et d'avancer. Dans quel but ? il n'est pas sûr qu' il se pose la question. Seule compte l' apparence, ce qui est le propre du démagogue ; pour le reste, Sarko n'a pas plus de convictions que Chirac avant lui.Il vient de le montrer à propos de la Turquie, qui, jurait-il lors du débat qui l' opposa avant son élection à Ségolène Royal, ne fait pas partie de l' Europe et n'a donc pas vocation à entrer dans l'Union. Il semble pourtant admettre aujourd'hui qu'elle puisse y être admise. Pourquoi ce revirement, qui réjouit les eurocrates bruxellois? Faut-il le dater de la récente rencontre de notre président avec son homologue américain, chaud partisan de l' incorporation de la Turquie à l' Union européenne ? Le réchauffement climatique aurait-il si bien précipité la dérive des continents qu'en moins de quatre mois, la Turquie, sautant le Bosphore, serait passée de l' Asie à l' Europe ? Ou alors est-ce l' arrivée au pouvoir, à Ankara, d'un ancien islamiste, qui rapproche l' ancien royaume abbasside d'une France où l' islam est de plus en plus présent? Je laisse mes lecteurs cocher la bonne réponse. Solution du jeu lorsque Ankara sera officiellement répertoriée parmi les capitales européennes ...
En attendant, le laïc Sarko achève d'enterrer les racines chrétiennes de l' Europe avec les ultimes traditions qui leur sont attachées, comme la fermeture des magasins le dimanche. «Au nom de quoi, demande-t-il devant des chefs d'entreprise intéressés, interdire l'ouverture à tout le monde ? » Au nom, d'abord, d'un héritage chrétien qui fait du dimanche le jour du Seigneur. Ce n'est cependant pas ce qui pousse les syndicats à refuser, eux aussi, l' ouverture dominicale. On oublie que son interdiction, défendue en son temps par la droite sociale, représenta un immense progrès pour les salariés, qui purent se retrouver en famille le dimanche. Alors que tant de familles sont aujourd'hui éclatées et que la plupart du temps, même lorsqu'elles ne le sont pas, le père et la mère travaillent tous deux, je doute que le moment soit bien choisi pour supprimer cette règle du repos dominical.

• Où Sarko se fout des Bretons, et réciproquement

J'ai tôt douté de la sincérité des sentiments patriotiques de l' actuel hôte de l 'Elysée et, sur ce point, le discours qu'il a tenu le soir de son élection, jurant la larme à l' œil et la main sur le cœur que la France lui avait tout donné et s'engageant à le lui rendre, ne m'a pas convaincu. il n'est pas anodin que le président de la République française s'exprime davantage comme un Français d'adoption, que comme un héritier légitime d'un patrimoine commun.
Mon attachement viscéral à ce patrimoine se renforce d'un attachement parallèle à l'une des petites patries » qui composent la grande et dont seuls les jacobins, de droite comme de gauche, sont assez sots pour croire qu'elles en menacent l' intégrité. A cet égard, Sarko ne me choque pas lorsqu'il envisage de « décentraliser » le conseil des ministres en Corse - patrie de sa première épouse (et de la mienne). Je le soupçonne bien de vouloir prolonger ses vacances, mais après tout, pourquoi ne pas joindre l' utile à l'agréable?
Ma petite patrie à moi, c'est la Bretagne ... Peut-être pensez-vous déjà, ami lecteur : « On te voit venir, Couteil, tu vas nous servir la bourde sarkozyenne sur le Cross Corsen de Plouarzel » ... Si tel est le cas, vous pensez juste.
Dans L'aube le soir ou la nuit (Flammarion), le livre qu'elle a consacré à la campagne électorale de Sarkozy, Yasmina Reza rapporte ces propos qu'il aurait prononcés en se rendant dans le Finistère pour visiter ce fameux Cross Corsen :« Qu'est-ce qu'on va foutre dans un centre opérationnel sinistre à regarder des radars? Je me fous des Bretons. Je vais être au milieu de dix connards en train de regarder une carte ! »
Ces propos-là sont publiés au moment le plus mal choisi, juste après que le président de la République a assisté aux obsèques du patron du Sokalique, le bateau naufragé au nord d'Ouessant par un cargo ... turc. Le Cross Corsen de Plouarzel surveille précisément la mer autour des îles d'Ouessant et de Molène - l'on connaît les dictons fameux : « Qui voit Molène voit sa peine, qui voit Ouessant voit son sang ». Derrière les dix connards du Cross Corsen et leur carte, veillent, au long de ces parages redoutables, ce que les peuples de la mer ont fourni de plus noble : les gars de la Société nationale de sauvetage en mer. Ces bénévoles, anciens marins pour la plupart et connaissant leur côte sur le bout des écueils, sont susceptibles d'être alertés à tout moment, fût-ce pendant les nuits de Noël ou du jour de l'An, et par n'importe quel temps, pour partir, à bord de vedettes fournies par l'Etat, secourir des vies au péril de la leur. Pas très loin de Plouarzel, à l'Aber-Wrach, une nuit, les hommes d'une équipe de la SNSM ont ainsi quitté la chaleur des lits où dormaient leurs femmes ; ils ne sont jamais revenus.
Avec ces gens simples et héroïques, les petits bonshommes de notre politichiennerie supportent bien mal la comparaison, même lorsque leurs capacités manœuvrières et leur ambition les amènent jusqu'à l'Elysée. Sarkozy nie avoir prononcé ces mots qui font scandale. Reza aurait-elle tout inventé? Le président eût, en tout cas, été bien inspiré de lire son livre avant parution. En mettant les choses au mieux et au bénéfice du doute, on le taxera d'inconséquence.
François Couteille, Minute


samedi 8 septembre 2007

De la méthode sarkozyste en communication politique

De la méthode sarkozyste en communication politique

Avec la présidentielle 2007, la communication politique a pris un tournant sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, et s’inspire autant de la communication lepéniste que des méthodes de marketing direct. Plus incisive, plus agressive, plus manipulatrice, elle a même surpris les journalistes qui n’ont su poser les bonnes questions. Si Nicolas Sarkozy devient président de tous les Français, il devra son élection avant tout aux spin doctors, d’autant que son programme n’a pas enthousiasmé l’économiste Elie Cohen dans le dernier «Ripostes» sur France 5. Ce billet propose donc de décrypter quelques moments clefs de la Sarkocom.


1. Le copié-collé de la méthode Le Pen

La méthode Sarkozy, c’est avant tout un copié-collé de la méthode Le Pen, ce qui explique en partie que son jumeau en communication soit arrivé 4e au premier tour, avec - il faut le souligner - un nombre important de voix. Une méthode efficace puisqu’elle en appelle à l’affect, non à l’intellect. Le cœur de cible est la personne qui exprime un mal-être et une frustration, accompagnées d’un fort désir de revanche.

Nicolas Sarkozy ne cesse donc de fustiger les élites parisiennes dans chaque passage télévisé, dans chacun de ses discours, et parvient à faire oublier que son entourage et lui-même appartiennent à cette élite de longue date. Nicolas Sarkozy n’a certes pas intégré l’ENA, mais comme il n’a que très peu exercé son métier d’avocat parisien, il ne connaît pas mieux le milieu du travail qu’un énarque « pur jus » et se trouve aussi déconnecté de la réalité qu’eux. Pas plus que Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy ne peut comprendre les préoccupations des ouvriers, employés, cadres, chômeurs, étudiants, petits patrons ou encore Rmistes puisque les théories ne remplacent pas la pratique.

Cette revanche contre les élites parisiennes s’accompagne d’un populisme exacerbé, et le peuple est mis à contribution à travers toutes ses composantes, de l’ouvrier au grand patron. Nicolas Sarkozy prétend incarner le peuple en se positionnant comme le candidat de la France et des Français, non des partis. Cette posture gaullienne ne fera pourtant pas oublier que Nicolas Sarkozy est le président d’un parti de droite quand le Général était président du RPF, un parti qui entendait dépasser les clivages gauche-droite. Dans le discours de Rouen, le peuple est cité 38 fois, la France 112 fois, l’adjectif français 57 fois, la République 34 fois et la démocratie 6 fois seulement. Cet appel systématique au peuple entraîne un rassemblement identitaire autour d’un candidat et relègue le programme au second plan. Une stratégie qui flatte le peuple est d’autant plus efficace en période de crise identitaire, et répond à une réelle attente de toutes les couches sociales, soit la consécration de son slogan « ensemble ».

Si Jean-Marie Le Pen s’est approprié le symbole de Jeanne d’Arc, Nicolas Sarkozy s’en est également réclamé. Mais le candidat de l’UMP est allé plus loin puisqu’il en a appelé à Blum, Jaurès et de Gaulle, en les inscrivant dans une histoire commune de la France. Ce serait pourtant oublier deux faits importants. D’abord, l’Histoire de France ne s’enseigne plus par les personnages historiques. Cette Histoire à papa est heureusement révolue puisqu’elle n’offrait qu’un champ d’exploration très limité à l’historien, et simplifiait l’enseignement de l’Histoire. Il s’agit donc d’une vision passéiste de l’Histoire de France. Ensuite, si Blum, Jaurès, Jeanne d’Arc et de Gaulle appartiennent bien au patrimoine commun de la France et des Français, le programme et la politique de Nicolas Sarkozy en sont très éloignés. Et si « la pucelle d’Orléans » voulait libérer la France du roi, Blum et Jaurès voulaient fonder une France socialiste. Ces deux derniers personnages ont été les candidats d’un parti, d’une certaine vision de la France, non de toute la France. De même, de Gaulle était le candidat d’une droite sociale, une singulière alchimie que l’on ne retrouve pas dans le programme de Nicolas Sarkozy. Monsieur Jean-Marcel Jeanneney, ancien ministre de de Gaulle ne s’y est pas trompé, qui a écrit une lettre (publiée dans le Nouvel Observateur) où il annonçait voter pour Ségolène Royal en laquelle il trouvait un peu du Général.

Autre stratégie empruntée directement au leader du Front national : la stratégie du martyr. Nicolas Sarkozy, attaqué de tous côtés par le Front TSS (Tout sauf Sarkozy) se construit une image de victime comme l’a fait Le Pen, et prétend qu’on attaque sa personne, non son programme. Le candidat au second tour se construit donc une virginité qui va de facto décrédibiliser les attaques ad hominem. Ce serait pourtant oublier trois faits importants. D’abord, Jean-Marie Le Pen et Ségolène Royal ont essuyé de la part de leurs adversaires des propos aussi virulents, sans susciter une désapprobation aussi vive. Ensuite, la Ve République s’assimile à une monarchie républicaine où la personnalité du président compte autant que son programme. Enfin, la majorité des Français n’a pas lu les programmes, et le suffrage exprime plus l’adhésion (ou le rejet) d’une personnalité que d’un programme. Une voix étant égale à une autre, et la France ne comptant que peu de spécialistes dans les domaines socio-économiques, ce qui importe, c’est trouver le cœur des Français.

Cœur des Français exalté dans un renouveau nationaliste qui s’appuie sur des racines chrétiennes, des auteurs classiques (pourtant les milieux parisiens soulignent la pauvreté culturelle de Sarkozy), une lecture singulière du passé. La religion tient une place importante dans la communication sarkozyste, non pas parce qu’il est lui-même pieux, mais parce que la religion (du latin religere qui signifie relier) est un refuge en situation de crise. L’appel aux auteurs classiques (au sens commun, non au sens de courant littéraire) comme Corneille, Flaubert ou encore Malraux sont de nature à rassembler les Français autour d’un passé culturel glorieux, et porte un message rassurant : le souvenir en guise d’avenir. Le plus étonnant, et peut-être le plus dangereux, est la lecture singulière du passé. En effet, le discours de Rouen aborde le rôle positif de la colonisation, auquel Diderot (parmi d’autres auteurs) avait répondu par la négative en 1772 (date d’écriture) dans Supplément au Voyage de Bougainville. Diderot fait en effet dire par l’intermédiaire d’un chef tahitien qui s’adresse à Bougainville : « Laisse-nous nos mœurs ; elles sont plus sages et plus honnêtes que les tiennes ; nous ne voulons point troquer ce que tu appelles ignorance contre tes inutiles lumières. Tout ce qui nous est nécessaire et bon, nous le possédons. ». Cette référence au passé colonial de la France cadre assez mal avec le programme du candidat de l’UMP qui annonce ne pas traiter avec des gouvernements corrompus ni avec ceux qui attentent aux droits de l’homme, d’autant plus qu’il est proche d’Omar Bongo (le Nouvel Observateur), de Bouteflika ou encore de Sassou N’Guesso, réputés pour être de "grands démocrates".

Régner sur la peur est le dernier volet emprunté à Jean-Marie Le Pen. La peur de l’immigré, de l’autre, de l’insécurité, de la mondialisation et des trotskistes sont autant de facteurs qui poussent les Français à céder à la bile plus qu’à l’esprit ; à cette mauvaise partie de nous-mêmes qu’il est facile d’éveiller. Or, régner sur la peur, c’est asseoir une domination efficace sur autrui qui trouve alors refuge dans l’image d’un chef fort et s’apprête à abandonner ses libertés publiques en échange d’une illusion de sécurité. Parce que Nicolas Sarkozy est moins une menace pour la démocratie (les institutions ne sont pas en danger) que pour nos libertés publiques, comme l’est Bush pour celles de son pays. Les menaces, intimidations et pressions dénoncées par tant d’acteurs de la vie politique et sociale le disputent aux lois liberticides déjà adoptées ou en cours d’adoption (cf. les nombreux articles consacrés à ce sujet sur Agoravox ou ailleurs).

2. Les méthodes du marketing direct au secours d’un programme incertain

Dans un précédent billet (Le Guide du votard), j’avais souligné combien le programme économique de Nicolas Sarkozy manquait d’ambition, relevait plus de mesurettes, et s’attachait seulement à effacer les effets des 35 heures. J’avais conclu que ce programme relevait avant tout d’un pari. Il semble donc que l’économiste Elie Cohen, dans le Ripostes du 29 avril (qui vit s’opposer François Hollande et Jean-Pierre Raffarin) en soit arrivé aux mêmes conclusions, et l’ancien Premier ministre eut toutes les peines à éluder les questions de fond. Malgré tout, le programme économique du candidat de l’UMP soulève davantage l’adhésion des Français que celui de Ségolène Royal, non parce qu’il est meilleur sur le fond, mais parce qu’il emploie les techniques du marketing direct.

Le meilleur dirigeant peut être propriétaire de la meilleure idée, du meilleur service ou du meilleur produit, s’il ne sait pas comment les vendre, cette propriété est vaine. L’important n’est plus la rose mais la communication faite autour d’elle. Je ne vais prendre qu’un seul exemple, tiré d’une expérience personnelle. Il y a longtemps maintenant, l’un de mes anciens étudiants qui avait créé une société de prestation à domicile, vint me demander conseil puisqu’il ne parvenait pas à faire décoller son activité, malgré ses connaissances du business, ses moyens financiers, et sa force de travail. Il tarifait sa prestation à l’heure, pour un coût élevé vu la spécificité de son métier et affichait ce tarif dans sa communication. Je lui ai demandé quelle était la durée moyenne de son intervention - à peu-près 20 minutes -, et lui ai conseillé de vendre son service sur la base de 16 minutes (pour éviter que l’on calcule mentalement le coût horaire) auquel il fallait ajouter les frais de déplacement. Le tarif horaire se trouvait virtuellement divisé par sept (en reportant les frais de déplacement hors tarif de la prestation), et les clients ont commencé à affluer puisqu’ils considéraient la prestation bon marché !

Quand Nicolas Sarkozy annonce qu’en travaillant cinquante minutes de plus par jour, on verrait son salaire augmenter de 15%, il ne procède pas autrement. Cinquante minutes paraissent beaucoup moins qu’une heure, et personne ne fera l’effort de calculer mentalement le nombre d’heures travaillées sur un mois. Le prospect a donc l’impression d’un effort limité. En plus, les 15% de salaire en sus ne correspondent à rien de concret puisque dans la réalité, cela ne se passera pas ainsi. En effet, de nombreux salariés font des heures supplémentaires non payées, et la détaxation de ces dernières ne conduira pas les entreprises à faire l’effort financier nécessaire : ce qui est gratuit est toujours moins cher que ce qui est payant. D’autre part, de nombreuses catégories de travailleurs ne rentreront pas dans cette revalorisation du travail : les cadres, ceux qui travaillent à la commission, les professions libérales (même lorsqu’elles externalisent certains services comme l’accueil téléphonique), une grande partie des commerçants et des artisans, sans compter les chômeurs (...). Au final, cette mesurette ne concernera qu’une minorité de travailleurs. Quand bien même, cette détaxation des heures supplémentaires ne prend pas en compte les coûts liés au monde du travail quand on sait qu’en l’état actuel (suicides, dépressions, usage de stimulants...), celui-ci est déjà important.

Le fameux « travailler plus pour gagner plus » est une excellente trouvaille, un slogan publicitaire que nous retenons tous facilement, mais que nous n’analysons ni sur la forme, ni sur le fond. Le témoignage d’un collègue enseignant en ZEP m’a alerté, lorsqu’il m’a affirmé que des parents Rmistes avaient voté Sarkozy parce qu’ils pensaient gagner plus. Ces derniers, Rmistes depuis longtemps, assimilent leur revenu à une rémunération et retiennent du message le « gagner plus ». En effet, « gagner plus en travaillant plus » a le même sens que « travailler plus pour gagner plus », mais ne produit pas le même effet. Il n’est d’ailleurs pas sans rappeler le slogan de la banque LCL, et agit dans le cortex comme un message subliminal qui associe l’adverbe « plus » au travail et au gain, un peu comme à la loterie, alors qu’en situation de concurrence internationale, le lien cause-conséquence ne peut se satisfaire d’une telle simplification. Pour autant, « travailler plus pour gagner plus » n’est pas « travailler plus pour vivre mieux ». En effet, ne sont pas envisagées les conséquences sociales et économiques d’une présence supplémentaire au travail. Parce que travailler plus, c’est avoir moins de temps et moins de savoir-faire pour se trouver une compagne (ou un compagnon), pour s’occuper de ses enfants ou tout simplement pour s’occuper de soi. Dans un cas, comme dans l’autre, l’appel à des prestataires externes (coach en séduction ou sites internet pour les rencontres ; nounous et soutien scolaire pour les enfants ; hommes toutes mains pour le bricolage...) vont venir grever le budget supplémentaire dégagé par un surcroît de travail. Mieux encore, cette marge budgétaire dégagée par les heures supplémentaires pourrait être compensée par une augmentation du prix des biens et services essentiels. En effet, la fixation du prix d’un produit ou d’un service se fait au moyen de l’évaluation de trois paramètres principaux : le prix de la concurrence, la marge sectorielle, et une étude de marché qui comprend le calcul d’un prix d’acceptabilité, c’est-à-dire que le nombre d’acheteurs est déterminé en fonction d’un ratio entre la perception du coût d’un produit (ou service), et la perception de sa qualité. Aujourd’hui, le consommateur paye davantage le conditionnement d’un produit et sa marque que le produit lui-même, et dans ces conditions, un pouvoir d’achat légèrement plus fort pourrait être absorbé par le coût d’un conditionnement plus élevé ou une réévaluation de la marque. Autrement dit, le consommateur ne pourrait acheter guère plus de produits ou de services qu’aujourd’hui à moins de travailler nettement plus.

Le plan de communication de Nicolas Sarkozy pourrait être davantage disséqué, mais le lecteur trouvera dans ce billet matière à réflexion. Et si l’on peut déplorer que la communication remplace progressivement la réflexion chez tous les candidats, Nicolas Sarkozy est le premier à être allé aussi loin dans cette approche.

Source : Tristan Valmour, Agora Vox, le jeudi 3 mai 2007. (Voir les commentaires)

vendredi 7 septembre 2007

Bruxelles se mêle de l'ISF

Le plafond de la réduction de l'ISF pour l'investissement dans les PME, mesure phare du candidat Sarkozy, a été fixé par...la Commission européenne.
Au-delà de 200 000 euros tous les trois ans, la défiscalisation aurait été assimilée par Bruxelles à une aide de l'État.
Exaspérés plusieurs parlementaires UMP sont prêts à rédiger une proposition de loi supprimant purement et simplement l'ISF.
Challenges

dimanche 2 septembre 2007

AUTOPSIE D'UNE PROMESSE

Vendredi dernier, les médias nous ont tous annoncé en chœur les nouvelles dispositions décidées par le gouvernement concernant la déduction des intérêts d'emprunts immobiliers. On nous a annoncé tout cela en détail, comme si c'était fait. Or rien n'est fait. Il ne s'agissait en fait que du nouvel épisode d'une comédie politicienne bien connue : celle des promesses électorales. Souvent, les promesses sont oubliées dès qu'elles ont été formulées. Celle-ci donne lieu à un véritable feuilleton. Il est utile d'en retracer les principaux chapitres, pour montrer comment on roule. les électeurs dans la farine.
Le premier épisode, c'est le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy. On y lit ceci : « Je veux permettre à chaque ménage d'être propriétaire, parce que la propriété est le rêve de chacun d'entre nous. Je vous permettrai notamment de déduire de votre impôt sur le revenu les intérêts de votre emprunt immobilier. » Promesse qu'il rappelait dans ses discours.
Le 6 mai, Nicolas Sarkozy était élu à la présidence de la République. On attendait alors d'en savoir plus sur cette promesse, dont les modalités n'étaient pas définies. Il paraissait seulement clair qu'elle s'appliquait à tous les emprunts en cours ou à venir.

Remontage de bretelles

Le 24 mai, le ministre du Budget, Eric Woerth, expliquait au contraire que cette exonération fiscale s'appliquerait seulement aux acquisitions réalisées à partir du 7 mai. Deux jours plus tard, Christine Boutin, ministre du Logement, affirmait de même que s'il y avait encore des arbitrages à faire sur cette mesure, «ce qui est certain, c'est qu'elle sera applicable à partir de l'élection du président de la République».
Mais le 29 mai, lors de son meeting du Havre, Nicolas Sarkozy tonnait qu'il remplirait la promesse qu'il avait faite:
« La pensée unique s'oppose à la déduction du revenu imposable des intérêts des emprunts contractés pour l'achat de sa résidence principale. Cette déduction, je l'ai promise et je la ferai. Parce que je veux une France de propriétaires. Les intérêts seront déductibles à partir du jour où la loi sera votée et cette déduction, comme je m ' y suis engagé, s'appliquera à tous les emprunts en cours, comme il est naturel, normal et juste. »
Ce qui s'appelle du remontage de bretelles ...
Le gouvernement (dont Eric Woerth et Christine Boutin) inclut donc dans le « paquet fiscal» la mesure telle que la voulait le président de la République : un crédit d'impôt pour les intérêts payés au titre des cinq premières années de remboursement des prêts immobiliers contractés pour l'achat d'une résidence principale. Quelle que soit la date de l'emprunt. Le «paquet fiscal» fut définitivement adopté par le Parlement le 1er août.
Les parlementaires socialistes saisirent alors le Conseil constitutionnel, lui demandant de censurer les articles 1 (heures supplémentaires), 11 (bouclier fiscal) et 16 (exonérations d'ISF pour investissements dans les PME). Le 16 août, le Conseil constitutionnel rendait sa décision : il rejetait les demandes socialistes, mais s'était autosaisi de l' article 5, celui qui correspond à la promesse de Sarkozy, et le censurait.
On aurait pu penser que le Conseil constitutionnel n'admettait pas la rétroactivité de la loi. Curieusement, ce n'est pas ce motif qu'il avance. Si cet avantage, dit-il,« répond pour les prêts futurs à un objectif d'intérêt général qui est de favoriser l'accession à la propriété, il n'en va pas de même pour les prêts déjà accordés, car, par définition, pour ceux-ci, le contribuable est déjà propriétaire de son habitation principale ».« Il s'agit alors d'un soutien au pouvoir d'achat au bénéfice des seuls contribuables propriétaires de leur habitation principale », ce qui constitue une« rupture d'égalité entre contribuables ».
En outre, le Conseil constitutionnel juge que le coût de la mesure, 7,7 milliards d'euros, est « hors de proportion avec l'effet incitatif attendu ».
François Fillon affirmait alors aussitôt que le gouvernement allait proposer les jours suivants « un nouveau dispositif » permettant à ceux qui ont souscrit un emprunt de pouvoir bénéficier néanmoins du crédit d'impôt.
Puis Christine Lagarde, ministre de l'Economie, admettait que, vu la décision du Conseil constitutionnel, c'est seulement à compter de l'entrée en vigueur de la loi que les intérêts seront déductibles. Le gouvernement, précisait-elle, va mettre en place un« mécanisme » devant permettre de déduire les intérêts « au moins à tous ceux qui ont signé des promesses d'achat ou commencé à souscrire des emprunts depuis l'élection du président de la République». Et en ce qui concerne les emprunts souscrits avant le 6 mai,« on est en train de travailler sur un texte qui sera proposé ultérieurement à l'automne » ...
Et voici donc que le 24 août, on nous annonçait en fanfare la nouvelle disposition arrêtée en conseil des ministres. « Nous doublons la mise! », s'exclamait Christine Lagarde, confirmant ce qu'avait annoncé Nicolas Sarkozy à la presse régionale :« Je transforme un ennui en opportunité : les déductions d'intérêts seront plus importantes pour les nouveaux propriétaires. »Le crédit d'impôt sera donc de 40 % la première année (et ensuite de 20 % les quatre années suivantes comme dans le précédent dispositif). La mesure sera applicable à toutes les acquisitions signées à partir du 6 mai. Christine Lagarde reconnaissait qu'elle comporte une part de rétroactivité« entre le 6 mai et le 22 août », mais qu'elle est néanmoins « compatible avec les décisions du Conseil constitutionnel ».


Prochain épisode le budget 2008

Voilà ce qu'on nous annonce comme si c'était fait. Et la date du« 22 août » est là pour le souligner. Mais cette date ne correspond à rien. Pour prendre effet, la mesure doit être votée par le Parlement: elle sera incluse dans la loi de finance 2008, qui sera examinée cet automne. Laquelle loi de finance sera sans aucun doute déférée devant le Conseil constitutionnel...
Or le Conseil constitutionnel n'avait pas censuré la rétroactivité, mais la« rupture d'égalité entre contribuables ». C'est toujours le cas avec le nouveau dispositif, même si cela concerne moins de propriétaires, ce qui n'entre pas en ligne de compte. En outre, le Conseil constitutionnel avait jugé démesuré le coût de la mesure. Quel est le coût de la nouvelle mesure ? Mme Lagarde considère qu'il est« très difficile »de le comparer avec le coût de la mesure initiale ...
Et pour ceux qui avaient souscrit avant le 6 mai ? On n'en parle plus ... Mais Sarkozy a déjà évoqué la question avec la presse régionale : « A ceux qui me reprocheront de n'avoir pas tenu ma promesse, je répondrai : adressez-vous au Conseil constitutionnel. »
En conclusion d'un communiqué où il démontait la palinodie gouvernementale, Jean-Marie Le Pen soulignait: « Devant cette comédie en trois actes (en attendant la suite), on ne peut pas exclure que le Conseil constitutionnel ne soit chargé de fournir un alibi à ceux qui ne veulent pas tenir leurs promesses ... »
YD. daoudal@fr.oleane.com





vendredi 24 août 2007

Sarkozy aboie, la BCE passe et casse

Nicolas Sarkozy sera-t-il capable de défier la BCE?

La vitalité économique d'une nation dépend de plusieurs ingrédients : la politique budgétaire de l'État, l'importance des prélèvements obligatoires, la dynamique de la consommation, le coût de la main d'œuvre, l'évolution de la valeur de la monnaie par rapport aux autres devises (qui conditionne les exportations et les importations) et le niveau des taux d'intérêts auxquels les entreprises empruntent pour investir, et les ménages pour s'équiper. Un savant dosage permet de réaliser une forte croissance ou bien de s'enfoncer dans la crise.

Hypocrisie

Au cours de la campagne présidentielle, le futur vainqueur avait promis qu'une fois élu, il reviendrait sur les pouvoirs de la Banque centrale européenne (BCE). En fait, il s'agissait d'une promesse très hypocrite (pléonasme ?). Elle consistait, d'une part, à reconnaître implicitement la pertinence des critiques souverainistes sur les risques d'un euro fort, pour mieux récupérer cet électorat qui, contrairement aux apparences, ne s'est pas évaporé, et, d'autre part, à flatter les sensibilités européistes, en défendant l'idée qu'une simple réforme pouvait assurer un avenir à nos entreprises exportatrices. Mais l'hypocrisie suprême est apparue en pleine lumière lorsque la BCE, dirigée par Jean-Claude Trichet, ex-protagoniste des affaires du Crédit lyonnais, nommé par Jacques Chirac, a décidé de relever son taux directeur pour la huitième fois consécutive depuis 2005!
Ce taux sert à fixer le montants des intérêts auxquels les banques centrales des États membres de l'UEM (la zone euro) empruntent à Francfort pour ensuite prêter aux banques commerciales, qui à leur tour distribuent des crédits aux particuliers, aux entreprises et aux services publics.
Les hausses de taux directeurs vont donc se répandre dans l'ensemble du circuit économique et rendre la consommation et l'investissement plus onéreux. Avec des taux directeurs qui atteignent aujourd'hui 4 % et atteindront vraisemblablement plus dans les mois qui viennent, les banques seront contraintes de porter leurs propres taux à 6 ou 7 %, ce qui alourdira le niveau d'endettement de tous les emprunteurs.

Souveraineté limitée

L'État français, confronté aux dépenses consécutives aux promesses électorales (bouclier fiscal plafonné à 50 % des revenus imposables, défiscalisation et exonération des charges sociàles des heures supplémentaires, déduction fiscale d'une partie des intérêts des emprunts pour les acquéreurs d'une résidence principale, etc.), ne pourra plus respecter les critères du pacte de stabilité européen, qui interdisent au déficit des comptes publics de dépasser la limite de 3 % du PIB. Pour éviter une amende que les instances bruxelloises ne manqueront pas d'imposer à la France, le gouvernement de M. Sarkozy sera alors contraint, comme celui de M. Mauroy en 1983, ou celui de M. Juppé en 1995, de renoncer à ses propres choix politiques.
Dans un régime de souveraineté limitée, les candidats aboient pendant la campagne électorale, mais un mois jour pour jour après l'élection du meilleur aboyeur public, la BCE rappelle que le pouvoir ne se trouve plus sur les bords de la Seine, mais sur celui du Main à Francfort ; elle "passe" et reprend la main !
Au-delà de la démonstration de l'hypocrisie politique de notre "matrice républicaine", la décision de la BCE est en fait beaucoup plus dommageable qu'un simple surcoût du crédit pour les futurs emprunteurs. Non contente de priver nos entreprises d'un crédit bon marché, elle vient aussi de renforcer la valeur de l'euro. Le prix d'une monnaie est en effet étroitement lié au niveau des taux d'intérêts. Plus ils grimpent, plus les spéculateurs misent sur cette devise puisque les capitaux qu'ils vont prêter rapporteront plus que dans une devise concurrente. Or, la Réserve fédérale américaine a renoncé à accroître ses propres taux directeurs pour relancer l'économie des États-Unis, si bien que le dollar devrait continuer à perdre de sa valeur par rapport à l'euro. Nos exportations seront de plus plus compromises alors que les importations deviendront de plus en plus compétitives.
Pendant que les spéculateurs de Francfort et d'ailleurs se frottent les mains, à Saint-Hyppolyte-du-Port, dans le Gard, les employés de Jallatte se frottent les pieds pour manifester leur désarroi. Leur entreprise, leader européen des fabricants de chaussures de sécurité, sera bientôt délocalisée, et près de 300 emplois seront supprimés. La BCE "passe" et casse toute notre industrie en annihilant les ingrédients du dynamisme économique national.
Henri Letigre: Action Française 2000 juillet 2007

mercredi 22 août 2007

Réfutations

Réfutations un film de Thomas Lacoste Seize chercheurs et militants, seize regards acérés sur le monde que nous prépare Nicolas Sarkozy. Ni haine, ni diabolisation, mais la réalité d'une droite décomplexée en passe d'accéder au pouvoir. Une déconstruction implacable de la rhétorique sarkozyste.

Films en 4 Parties :









Ce film est libre de droit. Nous vous invitons à en assurer la diffusion la plus large (le faire connaître, circuler, projeter, etc.). Il peut aussi être publié sur des sites internet. Nous vous demandons cependant une seule mention obligatoire : « Pour soutenir cette action, qui en appelle de nouvelles, vous pouvez acheter le DVD du film Réfutations sur le site www.lautrecampagne.org ou par chèque (10 euros) à l’ordre de l’Autre association, 3 rue des Petites Ecuries, 75010 Paris. »

lundi 20 août 2007

FACE À NICOLAS SARKOZY

POURQUOI CE SILENCE DE L'EXTRÊME GAUCHE ?

Elle l'avait diabolisé encore plus que Jean-Marie Le Pen. Se proposait quasiment de prendre le maquis, de lui livrer une lutte à mort, si d'aventure il parvenait à l'Elysée. On a vu ce que l'on a vu; c'est à dire rien, ou à peu près rien. Comme tétanisée, et pas seulement par la relative chaleur estivale, l'extrême gauche s'est tue.
" Sarko facho!" ; "Doc Gyneco collabo!", telle aura été, pour l'instant, la seule manifestation tangible de la gauche de la gauche à l'égard du nouveau Président. Et encore, cela se passait en Suisse, à Genève, lorsque quelques dizaines d'excités ont réussir à interrompre un concert de notre zigoto à bonnet. On est loin du Vercors. Et l'on est surtout en droit de se poser cette question: dans le fond, ce qui divise la néo-droite sarkozyste de l'extrême gauche n'est finalement que petite monnaie par rapport à ce qui peut la rassembler, malgré de trompeuses apparences. Nicolas Sarkozy est fortement influencé par la seconde vague des théoriciens néo-conservateurs, les proches conseillers de George W.,.Bush, alors que la première s'est contentée d'influencer un Ronald Reagan et un George Bush père. Ceux-là entendaient avant tout redonner à l'Amérique sa puissance et son lustre perdus; leurs successeurs ont été plus loin, entendant faire des USA une Rome nouvelle, Un empire à vocation mondiale, une« hyper-puissance », pour reprendre la belle expression de notre ancien ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine. Ces théoriciens ont ceci de commun, le même passé, la même culture trotskiste et, pour reprendre leurs propres termes, ces « néo-conservateurs ne sont jamais que d'anciens gauchistes braqués par la réalité ... » Et, pour ce faire, se servent du paravent religieux, au même titre qu'un Joseph Staline en appela à la Sainte Russie durant la Seconde guerre mondiale, ou une Ligue communiste révolutionnaire, toujours prompte à se dissimuler derrière la soutane de l'abbé Pierre. Bref, si la première génération néo-conservatrice voulait relever la nation américaine, la seconde, elle, entend édifier un monde américain ce qui n'est pas tout à fait la même chose.

Nicolas Sarkozy n'a évidemment rien d'un théoricien et on pourrait emplir des bibliothèques entières avec les livres qu'il n'a pas lus ; il existe avant tout dans l'action, rarement dans la pensée et la réflexion, l'énergie et la ruse lui tenant généralement lieu. Nonobstant, c'est assez naturellement qu'il se reconnaît dans le monde tel que vu par ces néo-conservateurs': libre circulation des capitaux et des hommes; effacement des frontières et des nations. Certes, il parle plus souvent de la France que ne le faisait son prédécesseur. Mais pour en dire quoi ? Christine Lagarde, son ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi, donne la réponse dans Marianne du 11 août dernier: « Il faut miser sur la " luxéfaction" de l'économie française : dans une consommation de signes, l'industrie du luxe nous permet de produire français et de vendre cher, partout et sans concurrence. Regardez Vuitton !» Une nation de maroquiniers, de parfumeurs et d'hôteliers, est-ce cela, la France? Quand Jean-Marie Le Pen évoque la France, on comprend que l'extrême-gauche puisse s'en étrangler, elle pour qui notre nation est seulement née en 1789 et à laquelle il est interminablement reproché de ne pas avoir emboîté le pas d'Octobre 1917. Là, elle ne moufte pas. Mais il est vrai que pour ces marxistes-léninistes, l'argent explique tout; alors que pour Nicolas Sarkozy, c'est juste un tout petit poil différent: il permet tout. Il est mondialiste, ils sont internationalistes, ou alter-mondialistes, militant en faveur d'une autre forme de mondialisation, somme toute ; donc, pour l'un comme pour les autres, il convient de faire table rase des nations. Il est fasciné par l'Amérique ? Eux-aussi, même si ce n'est pas toujours de la même manière et par les mêmes choses. Il entend développer son "immigration choisie"; eux veulent ouvrir nos frontières à tous les vents. Là encore, ce n'est que sur les proportions qu'ils divergent: sur le principe, ils sont d'accord. D'ailleurs, Brice Hortefeux ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Co-développement a déjà rassuré les rois du CAC 40, les puissants amis du Président, ceux qui n'ont pas qu'un peu contribué à le faire élire: ils pourront continuer d'importer des immigrés à foison, évitant ainsi de correctement payer leurs employés français, quitte à ce que l'on continue à s'entasser dans des banlieues inhumaines. Ces trotskistes vomissent la famille traditionnelle ? Lui a passé en pertes et profit le secrétariat d'Etat à la famille, ce que ni Lionel Jospin ni moins encore François Mitterrand n'auraient osé faire, ni même envisagé de faire.

En ce sens, c'est précisément parce qu'elle est un des chiens de garde les plus efficaces du Système, que cette extrême gauche se tait, peut-être finalement consciente de ses insurmontables contradictions.
En effet, si on se veut un tant soit peu sérieux, comment ne pas voir que si elle menaçait, ne serait-ce que de loin, ce Système, il lui serait illico appliqué les méthodes inquisitoriales dont le Front national est la victime perpétuelle depuis plus de trente ans. La Ligue communiste révolutionnaire d'Olivier Besancenot a-t-elle un jour fait l'objet d'une enquête sérieuse, menée par ce qu'il est convenu de nommer la grande presse ? Quasiment jamais,à la notoire exception de notre confrère Claude Askolovitch, dans Le Nouvel Observateur, qui, trois longues pages durant, montra ce qu'est le véritable visage du trotskisme, sa haine historique de la démocratie, cette déviance bourgeoise, sa passion de la violence, sa fascination du coup d'Etat et de la guerre civile. Et ce fut tout. Il est vrai qu'il faut bien que le mouvement fondé par Alain Krivine soit récompensé pour ses bons et loyaux services. Près d'un demi siècle qu'il fourvoie la jeunesse dans des rebellions stériles : cannabis en vente libre (quel meilleur moyen d' enfumer la jeunesse ?), défense des immigrés clandestins, (le MEDEF applaudit en coulisses, encore des esclaves en perspective à faire marner gratis pour le BTP !), luttes sociétales avec l'adoption d'enfants pour les couples homosexuels (le bizness "gay friendly" , celui qui ne voit chez les homosexuels que de nouveaux pigeons à plumer exulte ... ) Récemment, le sociologue Alain Soral, lepéniste de l'espèce marxisante, devait débattre sur France 5, tout d'abord avec Olivier Besancenot, puis avec Alain Krivine ; il a été les deux fois décommandé. CQFD. Léon Trotski aimait à dire que « seule la vérité est révolutionnaire. » La fin de cette citation est généralement oubliée : « à condition toutefois de dire toute la vérité ... » Il est manifestement des vérités les concernant que les trotskistes refusent d' entendre. Et qui expliquent mieux leur silence, depuis l'accession de celui qui, d'une certaine façon, est aussi leur candidat.
Nicolas GAUTHIER National Hebdo

mardi 14 août 2007

SARKOZYTE AIGÜE!

Dans son dernier numéro, Le Figaro Magazine nous livrait « en exclusivité » le « plan Clément » contre la "multirécidive". Dans les grandes lignes, il n'y a là rien de plus que ce que Sarkozy répète à longueur de temps. Logique: les deux ministres, nous dit-on, « se sont entendus sur la marche à suivre ». En réalité, c'est Sarkozy qui a pris en main les affaires de la justice, sans rien demander à personne, et sans que le titulaire du portefeuille trouve rien à redire.

L'article se termine par cette phrase hallucinante de Pascal Clément à propos du ministre de l'Intérieur qui s'occupe de tout :« Il est président de l'UMP, il est en campagne, il piétine les plates-bandes de tout le monde. C'est normal. Je ne vais pas me battre avec lui. Mais c'est moi, le Garde, qui mettrai toutes ces mesures en œuvre. »Auparavant avait été cité ce propos de Sarkozy à Clément:« Moi, je fais de la politique, toi, tu me donnes les idées. »

Voilà qui explique l'absence de réactions de Pascal Clément aux empiétements de Sarkozy sur ce qui est censé être son territoire. En fait, le ministre de la Justice accepte d'être d'abord un simple conseiller du super-ministre, puis le secrétaire d'Etat chargé de mettre en œuvre les lois que le super-ministre, chef de la majorité, a fait voter.

Le vrai problème de l'application des peines

Il y a là une nouveauté de taille, qui aboutit à une subversion des institutions. Dans la hiérarchie des fonctions régaliennes, le garde des Sceaux est au-dessus du ministre de l'Intérieur. Mais Jacques Chirac a fait du président de l'UMP un "ministre d'Etat", le plaçant ainsi au-dessus du garde des Sceaux.

Chirac avait dit que si le chef du, parti au pouvoir était ministre, il n'y avait plus de Premier ministre. En effet il n'y a plus de Premier ministre, comme on l'a constaté lorsque Villepin, répliquant à Sarkozy sur l'affaire Crémel, a déclaré que les juges avaient appliqué la loi et que« rien ne saurait mettre en cause l'indépendance de la justice » : c'était une ferme condamnation du propos de Sarkozy sur le juge qui devait « payer» pour avoir remis l'assassin en liberté. Mais ce fut un flop total.

Et l'on voit que non seulement il n'y a plus de Premier ministre, mais qu'il n'y a même plus de ministre de la Justice.

En faisant de Sarkozy un ministre d'Etat (avant même la formation du
gouvernement, donc en violation de la Constitution), Jacques Chirac est l'unique responsable de cette subversion, et des dégâts qu'elle a déjà commencé, à provoquer.

Des dégâts qui, fatalement, affectent aussi le sommet de l'Etat. Ainsi Chirac, saisi sur cette même affaire par le Conseil supérieur de la magistrature, a cru pouvoir s'en tirer par une pirouette. Dans un premier temps, il donne raison aux magistrats inquiets de voir remise en cause l' autorité de la justice, et souligne que l'assassin de Mme Crémel a été remis en liberté« dans le respect de la loi » : donc il condamne Sarkozy. Dans un second temps, il souligne la nécessité d'une réforme de la libération conditionnelle et du traitement de la récidive : donc il donne raison à Sarkozy ... Et le tout, là aussi, fait flop.

Par sa saillie démagogique sur le juge qui« doit payer », Nicolas Sarkozy n'a pas seulement piétiné des plates-bandes, il a fait la preuve de son incompétence. Il y avait trois magistrats,et le parquet n'a pas fait appel : cela fait beaucoup de juges qui devraient "payer", et qu'on ne peut pas faire payer, puisqu'ils ont appliqué la loi.

Comme le souligne Marine Le Pen, Sarkozy est hors sujet : ce n'est pas tel ou tel magistrat qu'il faut condamner, mais la politique d'application des peines,« un système en faillite qui permet à des juges de défaire ce que d'autres ont fait, d'abolir de fait la perpétuité et qui contribue à ce titre à la mise en danger de nos compatriotes ».

La justice est publique, rendue au nom du peuple français, et aux assises par un jury populaire. Mais sa décision n'est pas respectée. Les médias nous apprennent que tel assassin est condamné à la prison à perpétuité. C'est déjà un mensonge. La perpétuité ne durera pas plus de 22 ans. Ensuite, des magistrats vont s'employer, dans l'ombre, à réduire la peine, et sans que personne ne le sache, vont finir par libérer le criminel au bout de 15 ans (préventive comprise). Sans aucun "suivi", par manque de moyens.

Tel est le scandale. Et ce n'est pas en adjoignant aux magistrats, dans leur cabinet feutré, un représentant d'une association de victimes, comme le propose Sarkozy, qu'on y mettra fin. Dans les affaires d'assises, toute éventuelle remise de peine doit être décidée en public par des jurés, car seul le peuple français peut revenir sur ce qui a été décidé par le peuple français. Et ensuite aucune libération conditionnelle ne devrait avoir lieu sans des garanties précises d'un suivi effectif.

Et, même si ce n'est pas politiquement correct, on ne peut passer sous silence que la peine de mort était un moyen efficace d'empêcher la récidive, et que la suppression de cette clef de voûte de la hiérarchie des peines a gravement perturbé tout le dispositif judiciaire.

La vraie politique de Sarkozy

Ce qui est le plus grave est que Nicolas Sarkozy n'a aucunement l'intention d'agir dans le sens qu'il prétend. Sa stratégie est purement politicienne, elle est d'occuper le terrain avec des provocations démagogiques' soigneusement étudiées, ne reculant devant aucune caricature "sécuritaire" pour tenter de récupérer les électeurs du Front national.

On l'a vu à Perpignan comme à La Courneuve. Lors de son premier passage Place Beauvau, il nous avait déjà fait le coup des voyous qu'il allait mettre en prison, des quartiers qu'il allait nettoyer et des médiatiques opérations de CRS dans les caves. Souvenez-vous de l'Ousse-des-Bois, à Pau, le 30 septembre 2003. Rien n'a changé depuis lors.

La vraie politique de Sarkozy, c'est, au profit des délinquants étrangers, la suppression de la prétendue double peine, c'est un nombre de reconduites à la frontière sans rapport avec ce qu'il annonce, c'est l'appel à une forte immigration "légale" , c'est la "discrimination positive", c'est la promotion de l'islam dont il se fait le chef en tirant personnellement les ficelles des élections au CFCM, et c'est l'Europe de la Constitution qui efface la France.

Derrière ses mises en scène "populistes" , Sarkozy dynamite les institutions de la République et promeut une politique profondément antinationale.
Source:
Y. daoudal@fr.oleane.com dans National Hebdo

jeudi 9 août 2007

Sarkozy n'avait rien réglé

ALSTOM: DANS LE COLLIMATEUR DE BRUXELLES

En mai 2004, Sarkozy, alors ministre de l'Economie, avait joué les météores du dossier ALSTOM. Le sauveur autoproclamé avait, par la suite, passé des accords plus discrets avec le Commissaire européen Mario Monti, cédant sur un dossier industriel important, en contrepartie de l'acceptation par Bruxelles de la recapitalisation d'ALSTOM. Début 2005, la poudre aux yeux de Sarko se dissipe, rien n'est réglé, Bruxelles menace de tout annuler et de faire condamner la France devant la Cour européenne de justice.

Neelie Kroes, la Commissaire européenne à la Concurrence, a carrément menacé la France de la poursuivre, avec d'énormes sanctions fmancières à la clé, dans l'affaire ALSTOM. Aussitôt, Hervé Gaymard, le successeur de Sarkozy à Bercy, a obtempéré, et expédié à Bruxelles une équipe de négociateurs à l'échine souple. Tout ce qu'exige Mme Kroes est accepté par avance. Sarkozy avait tout simplement "oublié" les engagements pris avec Mario Monti, sans doute parce qu'il n'avait pas envie, pour le temps qu'il lui restait à passer au ministère, que l'on constate l'ampleur des contreparties concédées pour avoir eu l'autorisation d'injecter 2,3 milliards d'euros dans le capital d'ALSTOM. La France n'est plus un pays souverain, elle doit se plier à une règle du jeu imposée par un organisme supranational. Et dans des délais très contraignants.

Sarkozy avait dit oui à une révolution concernant le matériel ferroviaire. Dès le 1er janvier 2005 - délai aujourd'hui dépassé - l' obligation de consulter la SNCF pour la certification de sécurité par les constructeurs de leur matériel était abolie. Pour Bruxelles, la SNCF, acheteur essentiel de ce type de matériel, ne pouvait être juge et partie. Il fallait donc créer une agence indépendante (disposition exigée par Bruxelles depuis 2002). Sarkozy a négligé de s'en préoccuper. Une autre concession faite par Sarkozy était applicable depuis le 1er novembre 2004 (sur les marchés publics de la voie ferrée, obligeant en fait la SNCF à lancer des appels d'offres internationaux). Celle-là aussi,Sarkozy l'a négligée. Résultat, à tout moment, l'eurocratie peut remettre èn cause les aides versées à ALSTOM.

Un amateurisme qui coûte cher

En négligeant les devoirs de sa fonction, Sarkozy rend la Commission de Bruxelles très suspicieuse sur d'autres obligations qu'il a endossées par rapport à ALSTOM. Il y a la cession des actifs de la société (pour 1,5 milliard d'euros) , les partenariats industriels imposés dans plusieurs domaines à ALSTOM, dans un délai de quatre ans, l'interdiction d'acquérir quoi que ce soit dans les transports pendant ces mêmes quatre ans, ainsi que l'interdiction de faire à ses clients des prix trop intéressants, et l'obligation pour l'Etat français de quitter le capital d'ALSTOM au bout de ces fameux quatre ans. Une prolongation de cette période aurait peut-être été possible. A partir du moment où des stipulations beaucoup moins importantes ont été totalement ignorées, ALSTOM n'aura droit à aucun délai, aucune tolérance.

L'amateurisme de Sarkozy va coûter très cher à ALSTOM, et donc aux contribuables. Ces négligences ne pouvaient tomber plus mal, au moment où le problème du fret ferroviaire est toujours en suspens à Bruxelles. Si Sarkozy gère l'UMP comme il a veillé aux intérêts d'ALSTOM, Chirac peut dormir tranquille.

Sources : Alexandre Martin. National Hebdo 2005

mercredi 8 août 2007

Sarkozy fait du vent contre le terrorisme

Nicolas Sarkozy était lundi dernier la vedette de France 3. Il était venu parler de son projet de loi contre le terrorisme.

En réalité, il n'y aura de projet de loi contre le terrorisme que le 19 octobre, lorsqu'il aura été examiné et adopté en conseil des ministres. Mais, foin des procédures. Et peu importent les collègues, peu importe surtout le Premier ministre. Sarkozy a fait un projet de loi, la France tout entière doit en profiter sans attendre.

C'est urgent. Car la menace terroriste est à un « niveau très élevé » dans notre pays, explique-t-il longuement. Heureusement que Sarkozy est là.

Le jour même où il informe les Français des mesures qu'il veut faire voter par le Parlement, la police démantèle une «cellule» terroriste. Les caméras de télévision sont là pour filmer l'évènement. Bien sûr. Sept personnes devaient être arrêtées. Neuf vont se retrouver en garde à vue. Superbe coup de filet. Dans la lutte anti-terroriste, il n' y a pas plus efficace que Sarkozy. Vu le niveau de la menace terroriste, heureusement qu'on a Sarkozy.

Si l'on va y voir de plus près, on s'aperçoit que l'une des personnes arrêtées est un ancien copain de Khaled Kelkal, Safé Bourrada, sorti de prison en 2003. Les autres sont inconnus des services de police, mais Safé Bourrada « dispose d'un charisme suffisant pour fédérer d'autres personnes autour de lui et les convertir à ses thèses ». Les perquisitions n'ont permis de retrouver ni armes ni explosifs. Comme grande opération anti-terroriste, c'est un peu juste ... Mais il faut avoir mauvais esprit pour penser que c'était une pure opération médiatique destinée à appuyer le propos du ministre ...

Quant au fameux projet de loi qui n'existe pas mais que tout le monde connaît désormais, c'est du Sarkozy, autrement dit c'est du vent. Multiplier les caméras de surveillance, c'est certainement une bonne chose, mais si cela a permis aux Anglais de retrouver des terroristes, cela n'a pas permis d'éviter les attentats. Et les kamikazes, par définition, se moquent des caméras. Le traçage sur internet dans les cybercafés, c'est tout simplement irréalisable. A moins de mettre en place des moyens colossaux, et d'abord de supprimer l'anonymat des utilisateurs ... ce qui ne figure pas dans le projet de loi.

Mais Sarkozy a fait parler de lui. C'est tout ce qui compte ...

Sources: Yves Daoudal National Hebdo octobre 2005

Sarkozy, mufti de la république

Plusieurs fois reportées pour cause de graves dissensions internes, les élections du Conseil français du culte musulman ont eu lieu le 19 juin. Ça tombait bien: Nicolas Sarkozy, qui avait créé le machin lors de son premier séjour ppace Beauvau, était revenu à l'Intérieur.

En créant le CFCM, et en nommant à sa tête Dalil Boubakeur sans même attendre les premières élections, Sarkozy faisait de l'islam une religion d'Etat, comme l'avait noté le cardinal Lustiger. La seule religion d'Etat en France, république laïque qui « ne reconnaît aucun culte ».

On aurait pu penser que, pour la nouvelle élection, il se serait tenu à l'écart. Mais non. Sarkozy, qui a pourtant tant à faire à l'Intérieur et tant de plates-bandes à piétiner ailleurs (comme dit son collègue Clément qui en sait quelque chose) était là de nouveau, au premier plan.

D'abord, il s'est hautement félicité de la participation, qui montrait une «forte implication» des musulmans dans le scrutin. On remarquera seulement que les électeurs étaient des délégués des mosquées, désignés précisément et uniquement pour participer à ce scrutin. Une participation de 85 % n'a donc rien de remarquable.

Puis c'est lui qui s'est fortement impliqué dans l'élection du bureau. L'UOIF avait décidé de présenter une liste contre la liste officielle de Boubakeur. Alors, samedi, Nicolas Sarkozy s'est rendu au siège de l'UOIF pour parlementer avec les mutins. Et il a réussi à arracher le ralliement de l'UOIF à la liste unique, en donnant à l'organisation islamiste le siège de trésorier (en plus de la vice-présidence confiée comme avant à son secrétaire général Fouad Alaoui).

Le lendemain avait lieu l'élection du bureau, à savoir de la liste unique. Nicolas Sarkozy a tenu à participer à la réunion, pour être sûr que tout se déroulerait comme il l' avait prévu. Et il en a profité pour faire un nouveau discours sur« l'islam de France » ...
Bref, Sarkozy est plus que jamais le vrai président du CFCM : le mufti de la République, comme on dit dans les pays arabo-musulmans.

Sources: Yves DAOUDAL National Hebdo - semaine du 30 juin au 6 juillet 2005

lundi 6 août 2007

Des vacances de rêve

Nicolas Sarkozy est arrivé à Wolfeboro, aux Etats-Unis, pour des vacances de luxe

Par Paola MESSANA
AFP - Vendredi 3 août, 19h56

WOLFEBORO (AFP) - Le président français Nicolas Sarkozy est arrivé jeudi soir dans la station estivale de Wolfeboro, dans le nord-est des Etats-Unis, où il doit passer des vacances de luxe dans une villa appartenant à un ancien haut dirigeant de Microsoft.



Dans la bourgade située en bordure du lac Winnipesaukee, écrasée de soleil et pavoisée aux couleurs américaines, les estivants semblaient peu au courant et peu préoccupés par la présence du président français. "Ah bon ? Je comprends maintenant pourquoi j'ai vu autant de policiers et les services de sécurité dans la ville et autour !", dit Scott Frazer, la trentaine.

"Je peux confirmer qu'il est arrivé jeudi soir", a dit à l'AFP George Hutchinson, le responsable de l'agence immobilière Yankee Pedlar, qui gère la villa. "Mais nous respectons la vie privée de nos clients, et nous en avons d'aussi importants que votre chef de l'Etat", a-t-il dit.

Un porte-parole de la présidence française n'a souhaité confirmer ni la date du départ ni le lieu exact ou la durée du séjour. Toutefois, il a indiqué à l'AFP que M. Sarkozy et son épouse Cécilia étaient "en vacances à l'invitation d'amis" près de Boston, où ils se sont rendus "en famille par vol régulier".

M. Hutchinson a affirmé que son agence avait bien loué une villa aux Sarkozy, refusant de donner des détails sur le prix ou l'emplacement.

Mais une responsable de location de bateaux de tourisme, Penny Smiley, a assuré qu'il s'agissait de la résidence d'un ancien collaborateur de Bill Gates, Mike Appe, située sur le lac, "à Springfield Point", un peu en dehors de la ville.

"Nous y avons organisé des visites payantes il y a quelques semaines pour lever des fonds en faveur de l'hôpital de la ville. Les riches propriétaires de la région le font de temps en temps mais depuis quelques jours, les services de sécurité empêchent d'approcher", dit-elle.

La police de la localité a refusé de confirmer la présence de M. Sarkozy, en renvoyant sur le département d'Etat à Washington.

Wolfeboro est une station estivale aux grandes maisons blanches en bois, noyée dans les forêts de pins et d'érables. Sa population de 6.000 habitants triple en été. "Je passe toutes mes vacances ici depuis mon enfance", dit une jeune Bostonienne blonde aux lunettes noires, dont l'ami vient de garer une cadillac décapotable. "Le président français ? Non, je n'en savais rien. Et de toutes les façons, beaucoup de célébrités passent leurs vacances dans le coin..."

Définie comme "la plus ancienne station estivale des Etats-Unis", à l'architecture typique de la Nouvelle-Angleterre, elle est habituée aux personnalités --Grace et Rainier de Monaco y séjournèrent, ainsi que le romancier Kurt Vonnegut.

Elle se situe à une centaine de kilomètres de Kennebunkport, une résidence d'été appartenant à la famille Bush où, début juillet, le président George W. Bush avait reçu son homologue russe Vladimir Poutine.

En France, le député de l'Aisne René Dosière (app. PS) a demandé "qui" payait les vacances de M. Sarkozy aux Etats-Unis, estimant leur coût supérieur à sa rémunération annuelle.

"Officiellement, la rémunération du président, qu'il fixe lui-même, est en gros de 6.000 euros par mois", a rappelé l'élu, alors que selon des organes de presse la villa serait louée près de 22.000 euros par semaine.

A l'agence Yankee Pedlar, les prix affichés sont de plusieurs milliers de dollars par semaine. "Springfield Point est une demeure magnifique, de plus de 1.000 m2, qu'on ne peut en aucun cas comparer avec les maisons qui sont louées d'ordinaire", assure Penny Smiley.

Source : http://fr.news.yahoo.com

dimanche 5 août 2007

Sarközy trahit les handicapés

A plusieurs reprises, Nicolas Sarközy a fait des promesses très importantes aux personnes handicapées, mais aujourd'hui les handicapés doivent constater la triste réalité. Le Président ne tiendra pas les promesses du candidat.

Extrait du discours du 9 juin 2007 : "Au nom de la solidarité, je me suis engagé à revaloriser le montant de l'Allocation Adulte Handicapé".

Extrait de l'interview faire face et à part entière d'avril 2007 : "Il n'est évidemment pas acceptable que le montant de l'allocation pour adulte handicapé soit inférieur au seuil de pauvreté. C'est pourquoi je souhaite que le montant de cette allocation soit porté à 800 euros au moins."

Extrait de l'interview Le Parisien du 23 mars 2007 : "Les personnes handicapées doivent pouvoir vivre décemment, ce qui est actuellemnt impossible avec l'Allocation Adulte Handicapée (AAH) de 621 Euros. Il n'est pas acceptable que le montant de l'AAH n'atteigne même pas le seuil de pauvreté de 788 euros. Plus de 800.000 personnes sont concernés. Afin de remédier à cette situation, je propose de revaloriser l'AAH de 25%.

Voilà les promesses faites à plus de 800.000 Français. Certes, comme disait Charles Pasqua, "les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent". Mais Sarközy disait aussi : "Je tiendrai toutes mes promesses..."

En 2005, un complément d'aide a été crée, qui permet d'atteindre 80% du SMIC, mais pour moins de 20% des bénéficiaires de l'AAH. Depuis deux ans, la garantie de ressources des personnes handicapées créée par la loi de février 2005 est revalorisée au 1èr juillet, en plus de l'augmentation de l'AAH au 1er janvier (chaque année) et cela pour suivre l'indexation du SMIC. Cette année il n'y aura pas même cette indexation !

Honte à celui qui a trahi des milliers de blessés de la vie. Car l'AAH n'est pas une aide aux profiteurs du Système, aux protégés des clans et des castes, c'est un symbole de la Solidarité nationale envers ceux qui ne peuvent plus travailler, ou se réinserer professionnellement, non pas du fait de leur volonté mais tout simplement du fait des blessures physiques de la vie. Nicolas Sarközy montre ainsi son mépris des plus vulnérables.

La grande phrase de Sarközy a été "Travailler plus, pour gagner plus". Cela voulait-il dire que ceux qui ne peuvent plus travailler, du fait de leur santé défaillante, doivent être laissés sur le bord de la route ?

Source : Rivarol.

samedi 4 août 2007

En domestiquant les éléphants, Sarközy aide le PS à se rénover

Jean Rouxel - mercredi 18 juillet 2007

C’est avec jubilation que Nicolas Sarkozy pratique l’enlèvement des Sabines : les caciques du PS. Il a nommé six ministres ou secrétaires d’État de gauche.
Ainsi, il a attribué l’important ministère des Affaires étrangères au sémillant Bernard Kouchner. Il a redonné vie à Dominique Strauss-Kahn, ex-ministre de l’Économie et des Finances débouté de la campagne présidentielle, en en faisant le candidat de la France à la tête du FMI. Il a réanimé un autre éléphant, l’ex-ministre de la Culture Jack Lang, en lui proposant de participer à une commission sur la réforme des institutions, ce que ce dernier ne refusera sans doute pas. Il a confié à l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine, la direction d’une mission d’étude sur la mondialisation.

Des députés UMP récriminent. Frustrés des postes confiés à des socialistes, ils reprochent à Sarkozy une ouverture à gauche pour laquelle il leur semble qu’il n’a pas été élu.

Au PS aussi, l’émoi est grand. Strauss-Kahn, Lang et Fabius quittent le Bureau national. Celui-ci a prévenu que toute personnalité qui choisira de participer à une commission le fera à titre personnel, et sera suspendue des instances du Parti.

Certains socialistes résistent. Sarkozy sollicita en vain Manuel Valls, député d’Évry : aux fastes du pouvoir, il préfère les chemins caillouteux, mais prometteurs, des luttes internes au PS, dont il brigue officieusement la direction. En offrant des postes prestigieux à des éléphants désespérés par la perspective d’une longue traversée du désert, Sarkozy les discrédite aux yeux des militants socialistes qui se sentent abandonnés, et aussi des électeurs. En les ramenant à la lumière du pouvoir, il les grille politiquement. Cela ouvre les hautes sphères du parti à de nouveaux talents jusque-là masqués par les éléphants qui occupaient l’avant-scène depuis les années soixante-dix. La sclérose menace tout parti, comme toute institution. À cela, un remède souverain : la rotation des élites. Plus que jamais, la politique est un spectacle. L’apparition de nouveaux visages ravivera l’intérêt du public.

En siphonnant la génération des dirigeants socialistes « inventée » par Mitterrand, Sarkozy rend service aux jeunes loups du PS. En obligeant celui-ci à se doter d’une nouvelle équipe dirigeante, il le revigore. Il fait comme ces agriculteurs qui incendient une prairie pour qu’elle reverdisse mieux. Pourtant, Sarkozy ne veut pas la résurrection du PS, mais son agonie…

Source : www.les4verites.com

La rupture promise par Sarkozy

Rouxel Jean - vendredi 13 juillet 2007

Au plan économique, il y a des différences entre la politique menée par l’équipe emmenée par Nicolas Sarkozy et celle de son prédécesseur, mais pas vraiment de rupture.

Le fiscalisme, qui amène les Français à travailler pour l’État et autres collectivités publiques jusqu’au 15 juillet, ne peinant pour leur propre compte, en moyenne, qu’à partir du 16 juillet, se manifeste en premier lieu dans un niveau de dépenses publiques beaucoup trop élevé, de l’ordre de 53 % du produit intérieur brut.

Le gouvernement promet de les stabiliser en volume. Ce qui ne serait pas si mal : le poids de la dépense publique baissera en termes relatifs parallèlement à la croissance. Si un tel engagement avait été pris, et tenu, depuis 20 ans, nous serions à 45 % de dépenses publiques, et donc « libérés » un mois plus tôt.

Une telle promesse – avec un retour à l’équilibre budgétaire en 2012 seulement – n’est pas à la hauteur de la situation. Car tandis que nous avançons à petits pas, nos concurrents développés sont au trot, et ceux des pays émergents au galop ! Chez nous la croissance est entre 2 et 2,5 %. Elle est entre 5 et 6 % au niveau mondial…

Ne voulant pas affronter les forces du statu quo, le président limite ses réformes à ce à quoi les syndicats ne peuvent pas s’opposer. Mais toujours, chez nous, après un délai de décence, ou « état de grâce », la rue prétend défaire ce que les urnes avaient choisi.

Ce moment viendra, inévitablement. Et peut-être plus tôt qu’on ne le croit. C’est là qu’intervient la stratégie politique du chef de l’État. En débauchant au PS, il ébranle aussi toute la classe parlante.
Difficile, dans un tel contexte, d’appeler à la grève générale.
Pour l’instant…

Les commentateurs saluent l’artiste qui invite tour à tour les hiérarques socialistes à l’Élysée. Sans doute n’a-t-il rien à craindre de ce côté-là, avant quelque temps.

Mais, en politique, ce n’est pas tant de ses adversaires qu’on a le plus à redouter, mais plutôt de ses propres électeurs, qui vous lâchent quand ils se sentent bernés. Voir Madame Christine Boutin inviter l’association « Droit au logement », spécialisée dans les occupations violentes de bâtiments publics ou privés - et donc grand contempteur du droit de propriété - à participer à une commission sur le suivi du nouveau « droit opposable au logement », dont Nicolas Sarkozy est un farouche partisan, a dû causer un certain malaise chez beaucoup d’électeurs de ce dernier…

Source : www.les4verites.com

vendredi 27 juillet 2007

Nicolas Sarkozy, profession jeune

Déjà en 92, l'homme des médias.
Il y a des hommes politiques qui doivent leur notoriété à leur talent, leur éloquence ou leurs relations. Nicolas Sarkozy, lui, doit la sienne à la télévision. « C'est vrai, nous avons largement contribué à le fabriquer. Mais c'est aussi parcequ'il passe très bien à l'écran », avouait récemment le directeur de l'information d'une grande chaîne privée.
Là où il passe malheureusement moins bien, c'est au RPR.
Plus gênant, Philippe Séguin et Charles Pasqua le détestent encore plus qu' Édouard Balladur, c'est dire.
L'homme est curieusement aussi creux qu'agaçant.
Surtout depuis avril 1992, date à laquelle il a été promu secrétaire général adjoint aux fédérations, antichambre du fauteuil occupé par son meilleur ennemi, Alain Juppé.
Nul doute que l'homme ferait un ministre tout à fait présentable. Même s'il est un des seuls à le penser.
Ses atouts: sa jeunesse et le soutien que lui apportent les médias. Ses handicaps: une aussi rapide ascension lui a valu nombre d'ennemis dans l'appareil gaulliste, surtout à la base et chez les proches de Pasqua qui ne manqueront pas de le faire chuter à la première occasion.
Nicolas Gauthier, Minute- La France 1992

lundi 23 juillet 2007

Sarközy ne défendra jamais l’identité nationale

Le nouveau préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'azur (PACA) (donc nommé par Sarközy , note UdP), Michel Sappin , a estimé mardi que les critiques contre le projet de grande mosquée défendu par la ville de Marseille avaient « des relents racistes », lors d'une rencontre avec la presse.

Le conseil municipal de Marseille a adopté lundi une délibération remaniée pour implanter une grande mosquée et améliorer les conditions d'exercice du culte musulman sur son territoire.

Un premier projet avait été annulé par le tribunal administratif saisi par le Mouvement national républicain (MNR) de Bruno Mégret, le Mouvement pour la France (MPF) et le Front national (FN). Le MNR a d'ores et déjà annoncé qu'il déposera un recours contre le nouveau projet.

« Il est scandaleux de ne pas vouloir accepter que les pratiquants d'un culte aussi important que le culte musulman puissent pratiquer dans des conditions de dignité », a insisté M. Sappin en réaffirmant sa solidarité avec le projet de grande mosquée défendu par le maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin .

« Il n'y a rien de honteux à ce que la collectivité s'engage à aider la communauté » pour la construction de cet édifice, a-t-il ajouté.

Selon la délibération adoptée lundi, la ville va consentir un bail emphytéotique de 50 ans à l'association La Mosquée de Marseille , moyennant un loyer annuel de 24 000 euros, pour une parcelle de 8 616 m2 dans le quartier Saint-Louis (15e arrondissement) qui a abrité des abattoirs avant de servir au stockage des décors de l'Opéra.

Marseille dont un quart de la population est musulmane - pratiquante ou non - compte 62 lieux de cultes d'une capacité d'environ 13 140 places, souvent insuffisante pour accueillir l'ensemble des fidèles.

D'autres villes de France comme Paris ou Strasbourg ont déjà leur « grande mosquée ».

Note UdP : décidément, la très républicaine laïcité ne pèse pas lourd face au clientélisme électoral communautaire… Et Sarkö serait censé appliquer le programme de la droite nationale, sous prétexte que les électeurs du camp national ont voté pour lui ?

Source : AFP