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mardi 18 novembre 2008

L'UMP en crise, Sarkozy enlisé

✑ Une « démonstration d'unité face aux divisions du PS », telle se voulait l'Université d'été - pardon : le « campus » : chassez l'américanomanie, elle revient au galop - UMP, alors même que le ministre Xavier Bertrand brûle, en toute fraternité maçonnique bien sûr, de ravir le poste de secrétaire général à Patrick Devedjian et qu'une lutte au couteau oppose trois membres du gouvernement (Valérie Pécresse, Roger Karoutchi et Yves Jégo) pour l'obtention de la tête de liste UMP aux prochaines élections régionales dans l'Île-de-France, trois autres Excellences (Roselyne Bachelot, Christine Lagarde et Rachida Dati) se tenant de plus en embuscade pour tenter de conduire cette liste et ravir aux socialistes la région que le RPR leur avait offerte en 1998 puis en 2004 sur un plateau d'argent, par refus de s'allier au Front national. Les rivalités exacerbées entre caciques du mouvement n'épargnent d'ailleurs pas les « Jeunes populaires » dont plusieurs dirigeants avaient dénoncé au cours de l'été les «magouilles» et les «pressions» destinées à imposer à leur tête Benjamin Lancar, un familier de Jean Sarkozy. Lequel lorgne avec concupiscence sur la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine, le département le plus riche de France actuellement dirigé par Devedjian, décidément assiégé depuis que le président lui reproche de « ne pas savoir tenir ses troupes ». Mais est-ce la faute du seul député d'Antony si « les troupes », et leurs élus, se montrent déboussolés et parfois écœurés par les innovations et les reniements que, depuis l'« ouverture à gauche », ils ont été obligés d'avaler comme autant de couleuvres ? Ce qui s'est traduit par la fuite de près de la moitié des adhérents : selon Emmanuel Ratier, il ne resterait que 200 000 cotisants sur les 370 000 que comptait l'UMP en 2007, après la présidentielle.
✑ Malgré l'optimisme affiché, l'ambiance n'a donc pas été follement gaie les 5, 6 et 7 septembre à Royan, résultat d'un été riche en déceptions (croissance négative, explosion du déficit, accroissement des prélèvements et reprise du chômage frappant les jeunes, les femmes et les seniors... que l'on veut faire travailler plus longtemps !) et en faux pas de la part de l'Elysée. Que de bévues accumulées, en effet, de la préférence arbitraire accordée à l'affairiste Tapie à l'envoi de nouveaux renforts en Afghanistan (où 200 hommes du 38 RPIMA, que Sarkozy avait à Carcassonne traités d'« amateurs », viennent de partir) et de l'adoption du projet (socialiste) sur le Revenu de Solidarité active à la réforme des immatriculations ! Avec en apothéose, que n'auront pas réussi à faire oublier la grossesse surprise du garde des Sceaux et la « prestation » attendue de notre Première Dame en promo chez Drucker, l'ahurissante affaire de Porto-Vecchio : le préfet Dominique Rossi, patron des forces de sécurité en Corse, ayant été sèchement limogé pour ne pas avoir envoyé un escadron de CRS chasser dans l'instant une cinquantaine de nationalistes du jardin de la résidence de l'acteur Christian Clavier - membre il est vrai du premier cercle présidentiel - qu'ils ont très brièvement occupé le 30 août.
A l'envi, l'opposition a dénoncé le « fait du prince », ce qui est une sottise car même Louis XIV, au faîte de sa puissance, ne se débarrassait pas si aisément d'un grand commis qui lui avait déplu. Mais surtout, comment ne pas voir que le premier magistrat de France, qu'a tant indigné l'offense faite à son ami Clavier, tolère parfaitement, en revanche, l'occupation d'églises et de lieux publics par des immigrés clandestins et qu'il n'a pas jugé bon d'abolir les lois iniques protégeant les squateurs - eux aussi allogènes - de logements et privant de tout droit les légitimes propriétaires ou locataires - souvent modestes des biens ainsi spoliés ? Au demeurant, les mêmes « natios » avaient, entre autres actes de vandalisme gravissimes, incendié en janvier dernier le bureau du président du conseil exécutif de Corse. L'Elyséen n'avait pas réagi.
Ces destructions étaient-elles donc moins condamnables à ses yeux que l'invasion rigolarde de la villa Clavier, où aucun dégât ne fut commis ?
✑ Si encore les succès remportés sur le plan diplomatique compensaient ces errements... Avec la France de Sarkozy exerçant la présidence tournante de l'Union européenne, celle-ci allait, nous annonçait-on, parler d'une seule voix et s'ériger en Super-Grand. Or, après le sommet extraordinaire convoqué en urgence le 1er septembre à Bruxelles sur la situation dans le Caucase, c'est Moscou qui pouvait crier victoire : désunis, les Vingt-Sept avaient renoncé aux sanctions pourtant dûment annoncées par Kouchner, se contentant d'une « pause » dans les négociations sur leur « partenariat stratégique » avec la Russie. Et la visite de Sarkozy (accompagné de Barroso, président de la Commission européenne, et de Xavier Solana, le « ministre des Affaires étrangères » de l'Union, qui n'ont même pas eu droit à un pupitre dans la salle de presse) au président Dmitri Medvedev lundi dernier pour l'inciter à la « retenue » n'a guère été plus concluante : loin d'évacuer le port géorgien de Poti comme le lui demandait l'UE, le Kremlin avait le matin même de l'entrevue renforcé sa présence militaire... Toutefois, promis juré, les troupes russes évacueront la Géorgie dans un mois. Tel est l'engagement pris par Medvedev au grand soulagement de Sarkozy qui, « jouant sa crédibilité » (cf. L'Express), a estimé la rencontre « très fructueuse » bien que lui-même et Barroso aient tacitement entériné l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, ce qui importait au premier chef au Kremlin.
De même la visite de l'Elyséen à Damas les 3 et 4 septembre avait-elle été un échec. Certes, le président a raison de tenter d'accroître le poids de la France et de l'Europe au Proche-Orient mais en voulant absolument convaincre son homologue syrien de l'intrinsèque perversité de l'Iran et de la nécessité de rompre tout lien avec lui, ii s'est posé, consciemment ou non, en missus dominicus d'Israël et des Etats-Unis, et sa position, déjà fragilisée par son alignement sur Washington en Afghanistan, s'en est trouvée singulièrement affaiblie. Alors qu'était renforcée celle de la Turquie, conviée le 4 septembre à Damas, ainsi que le Qatar (dont l'influence ne cesse décidément de croître) à un sommet quadripartite, à l'issue duquel le Français a couvert de compliments le Premier ministre Recip Tayyip Erdogan, bien digne décidément d'intégrer l'Union européenne avec ses 70 millions de compatriotes - et le cortège de problèmes, ethniques notamment, légués par l'Empire ottoman.
✑ Selon le « principe de Peter », Jacques Chirac avait atteint son seuil d'incompétence en quittant la mairie de Paris pour l'Elysée. Tout indique que son successeur, formidable candidat mais lamentable chef d'Etat, a pris le même chemin si bien que le nombre de Français lui refusant leur confiance ne cesse d'augmenter (55 % selon le baromètre CSA/LeParisien du 5 septembre, soit 4 nouveaux points perdus en un mois). Est-ce pour éviter reproches, voire huées, qu'il a snobé le « campus » de l'UMP, se contentant d'y envoyer le rappeur Doc Gynéco comme « consultant »? Sans doute les inestimables Bernard Tapie et Christian Clavier n'étaient-ils pas libres.
✍ RIVAROL .

mardi 11 novembre 2008

54 clandestins expulsés par charter : la fermeté selon Sarkozy ...

Pour la majorité chiraquienne, c'est la démonstration éclatante de la volonté du ministre de l'Intérieur de « lutter fermement contre l'immigration clandestine », Une goutte d'eau dans un océan migratoire quand il arrive chaque jour 70 clandestins à Roissy.
Nicolas Sarkozy fait ce qu'il dit mais quand ce qu'il dit relève de la gesticulation électoraliste aux effets insignifiants, sa « politique de fermeté » trouve toutes ses limites. L'expulsion très médiatisée de 54 Africains (dont celle de 30 Ivoiriens s'apparente à une mesure de représailles contre le régime du président Gbagbo jugé pas assez malléable au diktat chiraquien) renvoie à l'épisode du charter des 101 Maliens expulsés il y a quelques années par Charles Pasqua. Dans les deux cas, le gouvernement entendait démontrer son intention de tenir ses engagements électoraux. Dans les deux cas, cette politique de reconduite à la frontière n'a pas connu de suite. Intenable pour un président et un gouvernement qui savent à qui ils doivent leur élection, le retour groupé de clandestins se heurte à la réprobation hystérique des associations subversives, les mêmes qui ont soutenu Jacques Chirac à bout de bras entre les deux tours de l'élection présidentielle.
C'est ce « pacte républicain » liant le locataire de l'Élysée au lobby immigré qui interdit toute approche efficace de la question de l'immigration et qui doit passer par « des expulsions massives » (Bruno Gollnisch). Nicolas Sarkozy, qui au détour d'un commentaire sur l'immigration avouait récemment « on ne maîtrise plus rien », sait pertinemment que ses marges de manœuvre sont pour le moins réduites et que sa «fermeté» d'apparence ne résistera pas à la rhétorique de la « France pour tous ». On ne touche d'ailleurs pas aux milliers de clandestins qui défilent régulièrement en toute impunité dans les rues de France pour réclamer leur régularisation mais aux clandestins débarquant à Roissy. C'est-à-dire à l'infime surface émergée de l'iceberg. Et pour ne pas provoquer un peu plus les associations de défense des clandestins, le ministère de l'Intérieur prend la peine de préciser que cette opération vise à désengorger les zones d'attente de Roissy et ne s'inscrit pas dans le cadre d'une politique de reconduite à la frontière des dizaines de milliers de clandestins déboutés de leur demande et qui auraient dû depuis longtemps être expulsés.
Des clandestins qui, encouragés par la pusillanimité gouvernementale, refusent en grande majorité d'embarquer (un couple de Tchétchènes et un Marocain se sont opposés à leur expulsion à Roissy) rendant impossible et politiquement suicidaire (pour un gouvernement qui vient de durcir l'arsenal juridique «antiraciste») l'affrètement de charters. Resteront ces opérations médiatiques en forme de poudre aux yeux que le gouvernement mènera en catimini pour mieux gruger la « France d'en bas ». Signe illusoire de la «fermeté» selon Nicolas Sarkozy.
Éric Domard FDA avril 2003

vendredi 7 novembre 2008

Mali : Quand Sarkozy se renie

La venue en France, il y a quelques mois, du président malien, Amadou Toumani Touré, avait été l'occasion pour Nicolas Sarkozy de soulever le problème posé par l'immigration clandestine originaire de ce pays et de s'engager à mieux la maîtriser. Le récent déplacement du ministre de l'Intérieur à Bamako, la capitale malienne, pour évoquer ce dossier a tourné au fiasco.
Montreuil en Seine-Saint-Denis restera bien la première ville malienne de France. Les milliers de Maliens clandestins qui viennent y rejoindre leurs compatriotes déjà sur place avaient craint un instant que les discours de Nicolas Sarkozy sur la « nécessité de lutter contre l'immigration clandestine » seraient suivis d'effet. Face au président malien en visite en France, le ministre de l'Intérieur avait déjà essuyé un camouflet, affirmant précipitamment que ce dernier s'était engagé à aborder la question. Propos immédiatement démentis par l'intéressé, qui avait peu apprécié qu' on lui force la main et l'avait sèchement fait savoir à Nicolas Sarkozy. Les Maliens comme tous les autres étrangers sont chez nous chez eux pour reprendre la formule mitterrandienne et dans la « France pour tous » de Jacques Chirac, il ne saurait être question d'envisager une quelconque politique d'inversion des flux migratoires ni même espérer traiter d'un sujet déclaré tabou.
Sarkozy échoue
Ce que n'ont pas manqué de rappeler les autorités maliennes à Sarkozy en déplacement à Bamako. « Nous n'avons pas parlé d'immigration », a lâché laconiquement Souleymane Didibé, le ministre de l'Intérieur malien aux journalistes avant que son homologue français, concède « ce qui compte, c'est d'avancer concrètement, pas de faire des déclarations intempestives » ni même d'engager des mesures coercitives que la nébuleuse immigrationniste qui a massivement soutenu Jacques Chirac au deuxième tour de l'élection présidentielle n'accepterait pas.
Les Maliens clandestins (qui ont doublement violé la loi en entrant illégalement sur le territoire et en y vivant clandestinement) ne seront donc pas reconduits à la frontière comme la loi le stipule mais simplement invités à quitter le territoire français. Avec à la clé une importante somme d'argent (3600 à 7000 euros octroyés au titre de l'aide au retour) qui ferait rêver le personnel de la compagnie Air Lib, placée en liquidation judiciaire ou les salariés de Metaleurop récemment licenciés !
Un compromis satisfaisant pleinement le ministre de l'Intérieur qui estime possible d'arriver à « 500 retours volontaires ou aidés ». Quand on sait qu'il entre sur le territoire quelque 100 000 clandestins tous les ans, on mesure le caractère dérisoire d'une telle mesure. Sans compter que, selon l'Office des migrations internationales, depuis 1998, seuls 321 Maliens (dont 46 en 2002) ont souhaité bénéficier d'un programme au retour. En 2002, sur les 650 reconduites à la frontière frappant des Maliens, à peine 213 ont été exécutées. Des chiffres qui traduisent s'il en était besoin le manque de volonté de Nicolas Sarkozy de juguler l'immigration malienne qu'elle soit légale ou clandestine.
Éric Domard FDA mars 2003

jeudi 30 octobre 2008

LA FRANCE DE DEMAIN : MOSAÏQUE DES COMMUNAUTÉS OU CREUSET NATIONAL ?

Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a estimé que la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat « peut supporter un toilettage », en ouvrant un colloque sur le centenaire de cette loi à l'Académie des sciences politiques et morales à Paris.
Parallèlement il ajoutait : « Il y a un siècle, la France était celle des campagnes, il y avait les instituteurs et le curé, on allait à la communale et après au catéchisme, aujourd'hui, c'est celle des banlieues, il y a toujours l'instituteur, mais il est souvent seul. »
Enfin, il a conclu : « Il faut aller encore plus loin et cesser l'hypocrisie » pour « séparer l'islam de France des influences étrangères : donnons-leur (aux musulmans) les moyens d'avoir leur indépendance. »
Sous les assauts répétés des islamistes, les principes républicains reculent et la société française se crispe. L'islam divise, inquiète. A l'école, dans les usines, dans les hôpitaux et dans la vie publique, nos lois sont confrontées qu'on le veuille ou non, aux lois coraniques. Se sentant soutenu par le pouvoir, Thami Breze, président de L'Union des organisations islamiques de France, n'avait-il pas déclaré : « Le Coran est notre Constitution » ? Ce monsieur s'est même dit pressé de discuter avec l'Education nationale de la révision de l'image de l'islam contenue dans les manuels scolaires et avec les chaînes de télévision, de la transformation des émissions religieuses pour qu'elles favorisent la transmission de la foi.
Face à cette confrontation de plus en plus problématique, Jacques Chirac allait créer une Commission sur l'application du principe de laïcité dans la République présidée par Bernard Stasi, qui accoucha d'une souris. Deux écoles se sont alors affrontées au sommet de l'Etat sur la question de la laïcité. D'un côté Jean-Pierre Raffarin et quelques autres se prononçant pour une loi interdisant le voile et le maintien de la Loi de 1905. De l'autre Nicolas Sarkozy et ses amis, s'y opposant, le ministre de l'Intérieur disant vouloir « débarrasser la laïcité des relents sectaires du passé » et ne voyant dans le voile qu'un « choix : respectable qui doit être respecté ».
Mais que souhaite donc Nicolas Sarkozy ? Avec la mise en place du Conseil Français du Culte Musulman et son opposition à une loi sur le voile, celui-ci a engagé des relations de confiance avec la principale organisation musulmane, l'UOIF, qui avait appelé à voter socialiste aux législatives de 2002. L'enjeu est donc avant tout politique. Ils sont prêts à sacrifier les intérêts supérieurs de la France pour assouvir leur soif de pouvoir. Le parti socialiste par exemple, pour ne pas heurter l'électorat d'origine maghrébine, a changé son fusil d'épaule et s'engage petit à petit dans le schéma d'une France communautarisée avec dans son sillon les antiracistes professionnels, obsessionnels et subventionnés.
Dans ce combat contre l'installation de l'islam radical, le thème de la laïcité au sens de 1905 s'entend, originairement de gauche, glisse petit à petit dans la sphère des valeurs nationales et patriotiques. La laïcité devient une véritable norme d'autodéfense nationale. il faut relever à ce propos la position de l'Eglise catholique qui par l'intermédiaire du cardinal Lustiger a ouvertement défendu la Loi en s'inquiétant de la dérive concordataire de Nicolas Sarkozy installant l'islam en "religion d'Etat". Les sociétés démocratiques libérales se révèlent être pratiques pour la diffusion des idées fondamentalistes que bien des pays musulmans leur interdisent. Belle illustration de ce paradoxe expliquant la faiblesse de notre système face à des minorités qui contestent leurs règles en s'en servant. Le cheval de Troie est là et les intellectuels islamiques travaillent à sa consolidation à l'image d'un Tariq Ramadan qui estime que la laïcité était une simple étape de la tradition française vers une autre conception de la république, de la laïcité et de la Nation. Nicolas Sarkozy a mis le doigt dans l'engrenage au risque de précipiter les conflits communautaires et ethniques dans une France, qui deviendra par la force des choses, une mosaïque de communautés et non plus un creuset national.
Louis Aliot National Hebdo du 22 au 28 septembre 2005

jeudi 13 décembre 2007

Les nouveaux fournisseurs de l'Elysée

Adieu Corona et tête de veau, chères à Chirac. Le nouveau président se nourrit de yaourts et de chocolats. Mais se rattrape sur le shopping de luxe. Et dans les bureaux, Internet et écrans plats fleurissent.
La dernière fois que Nicolas Sarkozy a passé la porte de Hilditch & Key, sous les arcades de la rue de Rivoli, c'était deux jours avant son investiture. Il y a acheté une dizaine de chemises. A rayures rouges, imprimées de petits carreaux, bleu clair sans motif ... Comme Karl Lagerfeld, Michel David-Weill et trois générations de Rothschild, le président apprécie le tissu souple, découpé à la main, et les boutons de nacre, vendus dans cette boutique anglaise. Prix à l'unité: 129 euros, à quoi il faut ajouter 30 euros, car le chef de l'Etat se toque de faire broder ses initiales sous la poche, à la manière des gens bien nés.
Le nouveau locataire de l'Elysée aime le luxe et ne s'en cache pas. Alors que son prédécesseur se complaisait sous les dorures du «château», appréciant la bonne chère, le service au cordeau et la tranquillité des jardins, le quinquagénaire tout juste divorcé préfère sa collection de Rolex et l'écran plat de 132 centimètres installé dans son bureau. Autre style de vie, autre ambiance. Depuis que Nicolas Sarkozy s'est installé rue du Faubourg-Saint-Honoré, le palais a pris des airs de start-up. Sa directrice de cabinet se déplace en trottinette électrique sous les lambris, ses conseillers sont vissés à leurs smartphones et les plateaux-repas ont remplacé les copieux déjeuners servis dans de la porcelaine de Sèvres. «On bosse!», se rengorge Franck Louvrier, le conseiller en communication. En apparence, cette frénésie coûte cher: le mois dernier, l'Elysée a annoncé à la commission des Finances de l'Assemblée nationale que son budget s'élèverait à 100 millions d'euros en 2008, contre une trentaine les années précédentes. Mais ce triplement s'explique par l'intégration de dépenses qui étaient jusqu'à présent prises en charge par plusieurs ministères. En particulier les salaires des nombreux fonctionnaires détachés.

Coupe de cheveux à 500 euros et costumes Dior à 1 500
L'Elysée a-t-il profité de cette remise à plat _longtemps réclamée au nom de la transparence par René Dosière, député apparenté PS et auteur de «L'Argent caché de l'Elysée» (Editions du Seuil) - pour augmenter discrètement ses dépenses? «Non, répond Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy. Sous Chirac, elles étaient en réalité supérieures à 90 millions d'euros. Mais, comme il n'y avait pas de logiciel de gestion, les comptes n'étaient pas précis.» Incroyable, mais vrai.
Il faut dire aussi que l'ex-maire de Neuilly-sur -Seine vient de bénéficier d'une augmentation dont aucun cadre n'oserait rêver. Son salaire, on le sait, est passé de 7084 à 19331 euros net par mois, soit un bond de 172% très exactement. «Maintenant, le président paie les charges de son appartement de l'Elysée, sa garde-robe, ses vacances et ses sorties privées», jure Emmanuelle Mignon. Elle ne précise pas s'il règle rubis sur l'ongle dentifrices antigingivite et brushings parfaits, réalisés deux fois par mois par Salima, sa coiffeuse depuis dix ans. Salariée chez Alexandre Zouari (qui compte Deneuve et Adjani dans sa clientèle), elle se déplace à l'Elysée pour 300 euros en semaine, 500 le week-end. Si le président paie vraiment avec sa carte Gold ou son chéquier, alors ce sera une nouveauté dans la maison. Ses prédécesseurs, eux, étaient plutôt adeptes du liquide.
Le renflouement de sa fiche de paie devrait permettre à notre homme d'assouvir son goût pour le shopping. Comme son ex-épouse, qui prisait les virées au Bon Marché, les robes Prada et la Crème de la mer à 500 euros les 100 ml, Nicolas apprécie les meilleurs couturiers. Il n'est pas rare que sa secrétaire personnelle appelle Dior, avenue Montaigne, pour «privatiser» la boutique sur les coups de 20-21 heures. C'est là qu'il choisit ses costumes à environ 1500 euros pièce. Mais le chef de l'Etat n'est pas toujours fidèle à cette marque de LVMH puisqu'il se procure aussi des complets sur mesure auprès des frères Boglioli, tailleurs italiens distribués par les boutiques Victoire, très appréciés par Bill Clinton et Mick Jagger.


Cinquante smartphones ont été distribués aux principaux collaborateurs
Avec son nouvel et bel argent, Nicolas Sarkozy pourra aussi continuer à collectionner les stylos Montblanc et les montres de luxe qu'il porte parfois, façon «racaille», par-dessus le tissu de sa chemise. Il en possède déjà de fort jolies: Rolex Daytona en acier sur fond noir à 6 300 euros, Breitling Navitimer à 3 640 euros, Réveil du tsar de Breguet à 28 000 euros ...
En plus de ces petites folies, le patron est gourmand en personnel 341 cerbères veillent nuit et jour sur sa sécurité. C'est huit de plus que sous Chirac. «Mais Sarkozy se déplace quatre fois plus. En six mois, il a déjà fait 47 "voyages", justifie sa directrice de cabinet. Comme le nouveau président reçoit 1800 missives par jour, soit deux fois plus que son prédécesseur, il a fallu affecter douze agents supplémentaires au service de la correspondance qui en comptait déjà 107, rien que pour décacheter, trier et répondre sur papier à en-tête de la présidence. Le site Internet diffusant en boucle ses discours et les interventions de son porte-parole mobilise quatre temps pleins. Enfin, le chef de l'Etat s'est entouré de 49 conseillers, contre 45 auparavant, épaulés par pas moins de 128 secrétaires particulières. «Certains viennent du privé ... Il a fallu se donner les moyens de les attirer au palais», remarque un député UMP. Sans doute est-ce la raison pour laquelle l'enveloppe salariale des 98 contractuels est passée de 3,2 à 4,18 millions d'euros. De même, le montant des primes distribuées chaque année a bondi de 6,9 à 7,7 millions d'euros. Ainsi, l'an prochain, les charges de personnel augmenteront-elles de 13,5%, selon l'annexe au projet de loi de finances pour 2008.
Ce n'est pas tout. Il a aussi fallu dépoussiérer les bureaux. Deux semaines après l'investiture, un conseiller sur deux n'était pas encore connecté à Internet: un prestataire extérieur a effectué fissa les branchements sur Numericable et installé le logiciel de mails Outlook, jusqu'alors inexistant. Un ingénieur polytechnicien a été débauché du ministère de la Défense pour diriger le service informatique et assurer la sécurité des communications. Dans la foulée, cinquante smartphones de la marque HTC ont été distribués au cabinet et aux chefs des différents services. Coût de l'opération, selon nos calculs: près de 20000 euros. Une dizaine d'écrans plats Philips et Toshiba ont aussi été installés dans certains bureaux. Le porte-parole David Martinon, l'expert en culture Georges-Marc Benamou ou encore la directrice de cabinet en ont bénéficié. «Ce sont des prêts à des fins promotionnelles. L'Elysée n'a rien déboursé», plaide cette dernière.

On lui commande ses chocolats par boîtes de 500 grammes
Une chose est sûre: contrairement à Chirac, qui se délectait d'escargots à l'ail et d'agneau rosé aux fines herbes, Sarkozy ne coûte pas cher en bonne chère. «Le président n'aime pas manger: il grignote», regrette Hugo Desnoyer, l'un des bouchers qui fournissent le «château». Fromage blanc à l'aspartame, yaourts, copeaux de mimolette, oeufs à la coque ... Nicolas n'a qu'un péché mignon: le cacao. Aussi craque-t-il pour les ganaches de La Maison du chocolat, que ses intendants lui achètent par boîtes de 500 grammes. Quant aux sommeliers, ils dépriment dans la cave élyséenne. Leur boss carbure à l'Evian et ne s'autorise même pas une petite goutte pour s'endormir. Les temps ont bien changé...
Olivia Elkaim Capital dec 2007

vendredi 12 octobre 2007

Sarkozy veut supprimer le référendum sur la Turquie !

SI SARKOZY a feint pendant sa campagne présidentielle d'endosser certaines thématiques du Front national, adoptant quelques slogans et formules lepénistes, il s'est en revanche bien gardé de reprendre à son compte la proposition frontiste de développer l'usage du référendum et d'en étendre le champ d'application. Pour un homme qui fait volontiers dans le populisme, mélange de Tapie et de Berlusconi, cette omission est tout sauf l'effet du hasard. En valet du mondialisme, Sarkozy sait bien qu'il est beaucoup plus prudent de faire entériner les réformes par la voie parlementaire, avec des godillots votant comme un seul homme selon la consigne du parti, que par la voie référendaire.

VERS L'ABROGATION DE L'ARTICLE VOULU PAR CHIRAC

Déjà, le 20 novembre 2003, dans l'émission de France 2 Cent minutes pour convaincre, Sarkozy s'était d'ailleurs prononcé en faveur de la ratification parlementaire du traité constitutionnel européen de Giscard au motif que c'était un texte compliqué pour le grand public ! De même, dès qu'il a présenté son projet de mini-traité, puis de traité simplifié, il a expliqué qu'il soumettrait ce nouveau document à l'approbation des députés et sénateurs réunis en Congrès et non aux électeurs.
Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que le chef de l'État soit favorable à la suppression de l'article 88-5 de la Constitution qui prévoit que toute nouvelle adhésion d'un État à l'Union européenne doit être soumise à référendum. On se souvient que Jacques Chirac avait employé cette astuce en 2005 pour mieux faire passer la pilule des négociations entre Ankara et Bruxelles et faire accroire au peuple que l'adhésion de la Turquie à l'U.E serait soumise, « dans dix ou douze ans », à sa souveraine appréciation.
En faisant voter cet amendement à la Constitution, Chirac savait qu'il ne prenait aucun risque, son successeur pouvant aisément obtenir l'abrogation de cette disposition.
Or, il ne fait plus aucun doute que Sarkozy supprimera l'obligation du référendum pour toute nouvelle adhésion à l'UE. Le socialiste Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'État chargé des Affaires européennes après avoir été l'un des intimes du couple Hollande-Royal, s'est ainsi déclaré favorable à son abrogation pure et simple le 14 septembre alors qu'il était auditionné par la commission Balladur chargée de la réforme des institutions. Quelques jours plus tard, Bernard Kouchner allait dans le même sens, ajoutant que « le président souhaite aussi » la disparition de l'article 88-5. Enfin, Edouard Balladur, pourtant d'origine arménienne (Baladurian), ami très proche de Sarkozy, tient un langage identique dans Le Monde du 25 septembre: « A titre personnel, je serais assez partisan d'assimiler un élargissement de l'Union à une modification des institutions européennes, puisqu'il conduirait à une répartition nouvelle des droits de vote. Dès lors, pourquoi ne pas retenir la même procédure que pour un changement de la Constitution ? Le président aurait le choix pour ratifier le traité d'élargissement entre un référendum ou le vote du Congrès. Le comité en débattra. »
Difficile de voir dans ce tir croisé le simple effet du hasard. Interrogé sur la question, le président de la République s'est prudemment rangé derrière l'avis de l' ex-Premier ministre: « Quand Edouard Balladur aura rendu son rapport, j'aurai l'occasion de prendre position moi-même. »

IMPOSER L'ADHÉSION A UNE OPINION RÉCALCITRANTE

Billevesée, son choix étant déjà fait. La suppression du référendum obligatoire sert d'évidence à imposer à une opinion réticente l'entrée de la Turquie dans l'UE puisque Sarkozy, contrairement à son engagement pendant la campagne, ne refuse plus cette perspective. « La France ne s'opposera pas à ce que de nouveaux chapitres de la négociation entre l'Union et la Turquie soient ouverts dans les mois et les années qui viennent, à condition que ces chapitres soient compatibles avec les deux visions possibles de l'avenir de leurs relations: soit l'adhésion, soit une association aussi étroite que possible sans aller jusqu'à l'adhésion » avait déclaré Sarkozy le 27 août dans son adresse aux ambassadeurs, rompant par là avec ce qu'il avait clairement dit dans son débat d'entre-deux tours avec Ségolène Royal. Matamore, il avait alors assuré que jamais, au grand jamais il n'accepterait l'intégration du pays d'Erdogan à l'Union Européenne.
Comme le note le Front national dans un communiqué intitulé « Turquie: Sarko le candidat a promis - Nico l'Américain a menti », « L'intention de Nicolas Sarkozy de supprimer la procédure du référendum pour tout élargissement européen confirme le reniement cynique du Président de la République sur la Turquie. Après les manifestations d'intention de renforcer la présence française en Afghanistan ou de réintégrer totalement l'OTAN, ce projet de réforme constitutionnelle, absolument injustifié et antidémocratique, confirme la servilité atlantiste du locataire de l'Elysée. » « Un tour en bateau estival et un mauvais hamburger lors d'un pique-nique chez le président Bush, ajoute le mouvement de JeanMarie Le Pen, auront donc suffit à enterrer les déclarations vibrantes du candidat Sarkozy sur la Turquie "pays asiatique" et son fameux serment préélectoral "je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas, je ne vous décevrai pas" ».
Las, il n'est même pas sûr que la suppression du référendum, qui prouve l'insondable mépris du peuple qui l'a pourtant plébiscité, suffira à ouvrir les yeux des sarkocus.
Fabienne BALLARIN. RIVAROL 5 oct 2007

samedi 29 septembre 2007

TURQUIE : SARKOZY A MENTI

Les reniements de Nicolas Sarkozy sont déjà nombreux. Mais il s'agit souvent de demi-reniements, de reculs par rapport à ce qu'il avait promis. Plus exactement, on cherche à préserver la forme, en évacuant le fond (par exemple on édicte une peine plancher, mais en laissant aux juges le soin de ne pas l'appliquer). En ce qui concerne la Turquie, le reniement est évident, massif, cynique. De ce fait il peut jouer le rôle de révélateur concernant les autres reniements.
C'est en substance ce qu'a expliqué Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse, en présentant la campagne que lance le Front national sur ce sujet. Avec une affiche au slogan aussi simple qu'explicite :« Turquie: Sarkozy a menti. »Et une pétition nationale, qui s'accompagne d'un texte rappelant les engagements solennels du candidat Sarkozy, et les événements qui viennent les contredire.

Poursuite des négociations et suppression du référendum

Le reniement est en deux parties. La première est la poursuite des négociations d'adhésion. En juin, la France a voté comme les autres Etats membres de l'Union européenne l'ouverture de nouveaux chapitres de négociation, alors que le candidat Sarkozy avait affirmé à plusieurs reprises que s'il était élu il suspendrait toute négociation.
Le 27 août, devant la conférence des ambassadeurs, il a déclaré qu'il souhaitait l'institution d'un « comité des sages », qui réfléchisse à l'avenir et aux frontières de l'Union, et que si cette réflexion est menée,« la France ne s'opposera pas »à ce que les négociations se poursuivent entre l'Union européenne et la Turquie, à condition que les chapitres ouverts« soient compatibles avec les deux visions possibles de l'avenir de leurs relations: soit l'adhésion, soit une association aussi étroite que possible sans aller jusqu'à l'adhésion. » Il admet donc qu'on puisse aller jusqu'à l'adhésion.
Le 20 septembre, à la télévision, il paraît retrouver ses accents de campagne :« Je ne crois pas que la Turquie ait sa place en Europe », etc. Il faut être très au courant de l'affaire pour porter attention à ce qu'il ajoute : il rappelle qu'il a proposé la mise en place d'un« comité des sages »qui serait chargé de réfléchir, etc. Il ne précise pas que la mise en place de ce comité des sages est justement la prétendue condition pour que se poursuivent les négociations, dont un avenir possible est l'adhésion. Dont le seul avenir, de fait, est l'adhésion, comme on l' a toujours souligné tant à Bruxelles qu'à Ankara.
La deuxième partie du reniement est le processus de révision constitutionnelle, qui a priori n'a aucun rapport avec ce sujet, mais va permettre de supprimer l'article par lequel Jacques Chirac avait rendu obligatoire un référendum pour tout nouvel élargissement.
Marine Le Pen rappelle opportunément la déclaration que Nicolas Sarkozy avait faite à l'époque :« Nous devons être reconnaissants à Jacques Chirac d'avoir proposé dans la réforme constitutionnelle que le référendum soit la règle pour décider si oui ou non la Turquie sera intégrée ou associée. Le président de la République a fait un choix républicain et démocratique. »
Quand on se souvient de ce qu' étaient les rapports entre Sarkozy et Chirac, le compliment était de taille ...
Or voici que Jean-Pierre Jouyet, auditionné par le comité Balladur de réflexion sur les institutions, a suggéré « à titre personnel »la suppression de l'article sur le référendum. Jean-Pierre Jouyet est secrétaire d'Etat aux Affaires européennes. Même quand il prétend s'exprimer à titre personnel, devant une commission créée par le président de la République, il ne prend évidemment pas le contre-pied de ce que pense le Président.
Interrogé sur ce point, Nicolas Sarkozy est resté évasif. Mais Bernard Kouchner a authentifié le message : « Je ne crains pas de révéler ce secret. Je pense que le Président souhaite aussi ça. »
Et lundi, c'est Edouard Balladur lui-même, le président du comité, qui s'est prononcé pour la suppression de l'obligation d'un référendum.
Ce processus de reniement sur la Turquie s'inscrit dans un processus plus vaste, qui est un reniement de ce qui restait de l'indépendance de la politique étrangère de la France.
On sait que les Etats-Unis sont fanatiquement partisans de l'entrée dans l'Union européenne de la Turquie, bastion de l'OTAN au Proche Orient. On a noté la dérive atlantiste de Nicolas Sarkozy, par petites touches. Mais, à l'occasion de son voyage à New York, pour les réunions de l'ONU, ce n'est pas une petite touche qu'il a ajoutée, il a lancé le pavé que l' on craignait et que l'on voyait venir : il veut que la France retourne dans les structures militaires intégrées de l'OTAN, et il y «travaille».
Il le dit pour la première fois clairement, même s'il fait semblant de mettre en avant "deux conditions" présentées comme des obstacles, alors qu'elles sont remplies d'office.
Le retour de la France, dit-il dans une interview au New York Times,« est une éventualité qui, pour être positivement envisagée, passe par deux préalables qui doivent être levés » .
En premier lieu,« je conditionnerai un mouvement dans les structures intégrées par une avancée de l'Europe de la défense ». Cette« avancée », que Nicolas Sarkozy ne cesse d'appeler de ses vœux, est en fait un objectif de plus en plus appuyé des traités européens, jusqu'au« traité simplifié» qui, dans son quatrième protocole, stipule que les Etats membres s'engagent dans cette voie sous la houlette de l'Agence européenne de défense - et ce même protocole affirme en outre que l'OTAN est le fondement de la défense des Etats membres ...

L'alignement sur les Etats-Unis

La deuxième condition est que ce mouvement« ne pourrait avoir lieu que dans la mesure où une place serait faite dans les instances de direction, au plus haut niveau, pour des représentants de la France ».
Mais il est évident que si la France rejoint les structures militaires intégrées de l'OTAN, les Américains ne seront que trop contents de remercier Sarkozy en faisant nommer dans les instances de direction un général français ... à leur botte.
« C'est sur ces deux axes que nous travaillons », ajoute Sarkozy. Autrement dit : c'est déjà en train de se faire.
On le voyait venir, maintenant c'est certain : Sarkozy a programmé l'alignement de la France sur les Etats-Unis. Dans un communiqué, Jean-Marie Le Pen souligne :« Après les renforts envoyés en Afghanistan, les propos sur l'Iran, et le spectaculaire reniement sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, Nicolas Sarkozy s'affirme ouvertement comme le vassal de George Bush. Et pour enfoncer le clou, il fait cette déclaration aux Etats-Unis. Telle est la seule rupture qu'opère Nicolas Sarkozy : une rupture avec la tradition de la Ve République, avec un principe clef de notre politique étrangère, avec l'indépendance de la France.»
YD.National Hebdo daoudal@fr.oleane.com

mardi 11 septembre 2007

SARKOZY LE DESTRUCTEUR

(sujet datant de 2005)
Le soir du 21 avril 2002, Lionel Jospin avait déclaré qu'il quittait la scène politique. Or voilà qu'il publie un livre, et aussitôt on parle du retour de Jospin, et de sa possible candidature à la présidentielle 2007. Histoire d'ajouter encore à la confusion ambiante au PS, ou de mettre éventuellement fin au combat des chefs. Alain Juppé, quant à lui, condamné pour les emplois fictifs du RPR, n'avait pas dit qu'il abandonnait la politique. Mais il s'était exilé au Québec. Voici que la secrétaire nationale de l'UMP aux élections, qui plus est député de Gironde, annonce que cet autre ancien Premier ministre (et président de l'UMP) sera candidat aux législatives de 2007 à Bordeaux. S'il revient, il aura évidemment son mot à dire sur la présidentielle, et son retour ne peut qu'être planifié en accord avec l'Elysée ... pour mettre éventuellement hors jeu et Sarkozy et Villepin. Mais Juppé a vigoureusement démenti, sur son blog, qu'il ait annoncé son retour. Car il annoncera lui-même ce qu'il compte faire, le moment venu, or le moment n'est pas venu...
Voilà qui agite les commentateurs et les instituts de sondages. Pendant ce temps, Sarkozy continue de s'agiter tout seul, et de prôner la « rupture » dans tous les domaines (même l'écologie, lors de la convention de l'UMP sur ce sujet). La rupture tous azimuts avec la politique d'un gouvernement dont il est le super-numéro 2...

"Amender" la loi de 1905

Vendredi dernier, Nicolas Sarkozy a profité du centenaire de la Fédération protestante de France pour s'affirmer une fois de plus contre Chirac et Villepin à propos de la loi de 1905. Le matin même, La Croix annonçait que Sarkozy créait une « commission de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics », présidée par Jean-Pierre Machelon, professeur de droit public. Dans la lettre de mission qu'il envoyait à l'universitaire, Sarkozy se disait« convaincu de la nécessité d'apporter aujourd'hui un certain nombre d'amendements» à la loi de 1905, et lui demandait de formuler« des propositions opérationnelles ». En clair, Sarkozy poursuit son idée fixe d'une modification de la loi de 1905 au profit de l'islam.
Le fait d'annoncer cela le 21 octobre au matin était une provocation : dans la soirée, Villepin allait faire un discours et lire un message de Jacques Chirac devant les protestants. Naturellement, le président de la République et son Premier ministre ont solennellement réaffirmé leur attachement à la loi de 1905 telle qu'elle est, et Sarkozy a pu quitter le raout protestant pour se rendre à un repas de rupture du jeûne du Ramadan avec à son actif cette nouvelle affirmation de sa différence.
Les commentateurs ont relevé la pique de Jacques Chirac à l'adresse du ministre :« La Fédération protestante de France, avec sa sagesse coutumière, ne demande pas une modification en profondeur de cette loi », alors même qu'elle pose des problèmes aux protestants. Mais ce qui est plus important est la véritable mythologie laïque qui sous-tend les déclarations officielles à ce sujet. C'est Chirac vantant« un texte qui a si profondément contribué à la paix civile dans notre pays », et c'est Villepin proclamant que« la loi de 1905 est avant tout une loi de réconciliation »qui a« mis un terme à plusieurs siècles d'une histoire religieuse faite de violence et de crises».
Il s'agit là d'un révisionnisme grossier. La loi de 1905 était une loi de guerre civile, de guerre religieuse, visant à détruire l'Eglise catholique en France. Ses promoteurs ne s'en cachaient pas. Mais la loi de 1905 n'a pu être appliquée que partiellement, grâce à la résistance du pape saint Pie X. L'Etat a pu voler les biens de l'Eglise, mais n'a pas pu imposer les "associations cultuelles" , dont la création et le fonctionnement font l'objet de la plus grande partie des articles. L'Etat a dû par la suite accepter les "associations diocésaines" mises au point par le pape Pie XI, qui n'ont aucun rapport avec la loi de 1905. En dehors du principe de la séparation des Eglises et de l'Etat, ce qui reste de cette loi, en ce qui concerne l'Eglise catholique, c'est le fait que c'est à l'Etat de s'occuper de l'entretien des édifices dont il s'est attribué la propriété ...
Si Sarkozy veut« amender »la loi de 1905, c'est uniquement dans le but de financer l'islam en France. Cela est cohérent avec la création d'un Conseil français du culte musulman, et d'une Fondation pour les œuvres de l'islam. Le cardinal Lustiger avait montré que la création du CFCM faisait de l'islam une religion d'Etat, et Marine Le Pen, par un recours devant le Conseil d'Etat, a mis en évidence le fait que la Fondation violait la loi de 1905. A cela s'ajoutent les contorsions des collectivités locales, aux lisières de la loi, pour financer l'islam.

Le "ministre des Cultes"

En ce sens, Nicolas Sarkozy est cohérent avec lui-même, alors que la position de Chirac et de Villepin est hypocrite.
Mais la cohérence de Sarkozy porte atteinte à la fois à l'identité de la République (laïque) et à l'identité française (chrétienne). On n'a pas assez remarqué à quel point il se pose en "ministre des Cultes" (il le fait dans tous les discours où il aborde la question de la laïcité). Jusqu'à affirmer : « Je crois que jamais un ministre de l'Intérieur, avant moi, n'a autant revendiqué d'être ministre des Cultes. » En réalité, aucun ministre de l'Intérieur avant lui n'a revendiqué d'être ministre des Cultes, pour la bonne raison que cet intitulé n'existe pas. Et qu'il ne peut pas exister, précisément parce que, nous dit la loi de 1905, la République ne reconnaît aucun culte.
Sarkozy a indubitablement réussi à ce que, les médias parlent de lui comme du "ministre des Cultes", mais il ne l'est pas, et il ne peut pas l'être, comme l'a opportunément et fermement rappelé Mgr Vingt-Trois.
L'intitulé frauduleux est en outre inexact. Car par son action, Nicolas Sarkozy n'apparaît pas comme ministre des Cultes , mais comme ministre de l'Islamisation de la France. Ce qui n'est pas la même chose.
Là aussi, on verra une cohérence, avec la suppression de la prétendue "double-peine" , la mise en œuvre de la "discrimination positive" , la volonté de procéder à une immigration massive prétendument "choisie", et maintenant l'appel au droit de vote des étrangers. Cohérence de la préférence étrangère, comme du mépris de l'identité française et des principes de la République. Voilà un cumul bien plus extraordinaire que celui de ses mandats : aucun autre homme politique n'avait eu l'ambition jusqu'ici de saper en même temps tous les fondements de notre vie sociale.
Yves Daoudal, National Hebdo 2005.


mardi 15 mai 2007

L’étrange Monsieur Sarkozy

L’étrange Monsieur Sarkozy
Homme providentiel ou mauvais génie de la France ?*

Par *René Naba
vendredi 4 mai 2007


Le syndrome du sujet médiatique unique

La France est périodiquement secouée d’un phénomène cyclique : le syndrome du sujet médiatique unique (SMU)(1). Une seule personne occupe le devant de la scène médiatique dans sa totalité pour une longue période, reléguant dans l’ombre toute autre personne, même la plus respectable, tout autre sujet, même le plus digne, paré de toutes les qualités, sans le moindre défaut, suscitant l’admiration éperdue de la presse et des foules jusqu’à l’infini. ……. Jusqu’à sa chute, qui déclenche alors une curée d’une férocité à la mesure de la complaisance antérieure.

Dans les années 1980, la France a eu droit au phénomène Bernard Tapie, du nom de cet industriel charmeur qui ensorcela journalistes et politiques au point de devenir ministre de la république française, jusqu’à ce que ses déboires judiciaires le rejettent dans l’opprobre généralisée.

Dans les années 1990, ce fut au tour du phénomène Jean Marie Messier. Le génie de la finance internationale déchaîna des élans d’admiration jusqu’au collapsus final, qui déclencha une risée universelle en même temps que le démantèlement du deuxième groupe mondial de communications « Vivendi-Universal » et l’exil vers les Etats-Unis de cet ancien jeune prodige de l’élite intellectuelle française.

Nous voilà dans les années 2000 devant le phénomène Nicolas Sarkozy, seul homme sans doute à devoir restaurer la sécurité de la France, à redresser ses finances publiques en état de faillite, le principal barrage à l’extrême droite française, le tombeur de la gauche et le redresseur de la France, le champion de la lutte contre l’antisémitisme et de la discrimination positive.

En somme le nouvel homme providentiel de la décennie, le sauveur suprême. Du moins à en juger par ses déclarations et les commentaires savants de la presse française, souvent révérencieuse, rarement impertinente, à l’égard des puissants. A croire que la France souffre d’une pénurie d’hommes et de femmes de valeur et de talents ou plus simplement d’hommes et de femmes de bonne volonté.

Le ministre de l’Intérieur et ancien ministre des Finances, le vibrionnaire candidat à la succession de Jacques Chirac à la magistrature suprême, est aujourd’hui au faîte de sa gloire. Une critique dans ce contexte, c’est à dire hors du concert des louanges, sans que ne pointe à l’horizon la moindre perspective de trébuchement, est un exercice périlleux.

Assumons-en le risque tant il est vrai que des débordements de comportement jamais dénoncés, une falsification des faits de gestion jamais relevée, s’ils venaient à persister, pourraient desservir à terme tout autant la démocratie que le renom de la France dans le monde.

Boulimique, hyperactif, l’homme détient un double record difficilement égalable, celui des passages télévisés (4200 en dix ans) et des lois répressives (11 depuis son arrivée au ministère de l’intérieur en 2002).

En dix ans, (1996-2006), Nicolas Sarkozy est en effet passé à la télévision 4.200 fois, soit plus d’une fois par jour (2), chiffre qui prend compte de ses périodes d’éclipse politique ou de ses vacances familiales, mais exclut la campagne présidentielle de 2007.

Au ministère de l’Intérieur, malgré tous ses déplacements musclés et médiatisés sur le terrain, malgré tous les bulletins de victoire relayés par une presse compréhensive, malgré une baisse des « faits constatés », malgré l’hyperactivité qu’il a déployée sur le plan sécuritaire (onze textes de loi en cinq ans, record mondial absolu (3), la criminalité ordinaire a augmenté en France où la violence faite aux personnes a augmenté de 9 pour cent depuis 2002

Rien que pour son premier passage place Beauvau (2002-2004), la criminalité a augmenté de 10,1 pour cent au premier trimestre 2004 par rapport à la période correspondante de 2003, elle-même en augmentation déjà de 7,3 pour cent par rapport à 2002, alors que les bavures policières à l’encontre des civils ont triplé en trois ans.

Les violences commises par les policiers dans l’accomplissement de leur fonction sont ainsi passées de 20 actes en 2001 à 70 bavures en 2003, entraînant la mort de deux personnes en 2003 dans des opérations d’expulsion d’immigrés, au cours d’embarquement forcés à bord des « charters de la honte », selon l’Observatoire de la déontologie de la sécurité publique.

Au ministère des Finances, son entrée en fonction en fanfare dans un contexte de luxe tapageur a obéré, d’emblée, la crédibilité d’un discours volontariste. La réquisition de trois des cinq logements officiels du ministère pour en faire des appartements de fonction pour la famille et le personnel affecté à son service, ainsi que la mobilisation d’une escouade de 24 policiers pour la protection rapprochée et d’une flotte automobile de sept voitures augure mal d’une politique de rigueur que la France se doit de s’imposer pour sortir de ses difficultés financières.

Il est, en effet, inconvenant d’exiger des autres ministères des compressions de dépenses, et de faire, dans le même temps, étalage de luxe. Indécent de se déplacer avec un tel déploiement de forces, sans susciter des interrogations sur cette forme puérile d’autoritarisme, la marque d’une immaturité politique.

Le déploiement d’un dispositif de sécurité et de confort proportionnellement plus important que celui affecté à la protection du Général Ricardo Sanchez, le chef du corps expéditionnaire américain en Irak, autrement plus exposé que M. Sarkozy, retentit comme une manifestation précoce de prépotence.

Un tel comportement frappe de caducité une démarche d’exemplarité dans la gestion des affaires publiques. L’ami du patronat français a privilégié, sur le plan économique, le faste sur la sobriété,et sur le plan interne, dans la pure tradition coloniale française, la répression sur la prévention.

Donnant une dimension policière à sa politique de sécurité avec des résultats aléatoires, il a aggravé les problèmes lancinants de la société française.

Rétablissant la délation, il a renvoyé ses concitoyens à une pratique hideuse, aux pages sombres de l’histoire nationale qui avaient fait de la France l’antichambre des camps de la mort, à l’époque de la collaboration nazie.

Il est sain pour un homme politique de situer son action dans une perspective historique et de ne jamais banaliser l’infâme.

Plus préoccupante est la projection internationale de sa politique sécuritaire : En prenant à deux reprises le contre-pied de Jacques Chirac dans des manifestations internationales, l’héritier autodésigné a largement contribué à accréditer l’idée d’une duplicité de la diplomatie française.

Ainsi, le 5 mars 2003, alors que le président français serrait la main à Alger de Yacef Saadi, l’ancien adversaire algérien du général Jacques Massu dans la bataille d’Alger durant la guerre d’indépendance nationale (1954-1962), Nicolas Sarkozy refaisait décoller, le jour même, à une heure de décalage, le premier « charter de la honte » à destination de l’Afrique, occultant ainsi l’éclat de cette réconciliation nécessaire entre l’ancien colonisateur et son ancienne possession.

A moins d’impérieuses nécessités d’intérêt national, ses retrouvailles se devaient d’être exemptes de toute pollution. M. Sarkozy pouvait y surseoir et « les charters de la honte » attendre au sol la fin de la visite présidentielle en Algérie.

Cela n’a pas été le cas. La visite algérienne de Jacques Chirac en a été entachée, de même que la réputation de la France qui dispose, en la matière, du monopole de cette pratique. Se restreindre devant un désir de parasitage est une marque des hommes d’expérience.

Il en a été de même pour l’affaire du « voile islamique », déclenchée, contre toute attente, dans la foulée de l’installation du Conseil Français du Culte musulman, en octobre 2003. S’agissait-il alors de donner des gages à la droite radicale française en contrepartie de la mise en place d’un organisme représentatif de l’Islam en France ? De faire preuve d’habileté tactique ?

La réactivation de cette querelle en plein congrès des associations musulmanes de France, alors que l’affaire était en phase d’accalmie depuis une demie dizaine d’années, que le port ostentatoire du voile ne concernait que trois cents élèves et que l’opinion mondiale était polarisée par l’intervention américaine en Irak, a suscité une tollé dans le monde arabe et musulman.

Tranchant avec l’attitude de la France dans la nouvelle guerre d’Irak, l’affaire du voile a relancé le procès de la duplicité de la diplomatie française et l’occasion pour l’administration Bush de donner, à bon compte, des leçons de liberté religieuse à ses contestataires français, sans pour autant que le problème ne gagne en clarté. Etait-ce le but recherché ? Se réserver pour les batailles décisives est également la marque des grands hommes.

Le ministre des Finances d’un État en cessation de paiement se doit au premier chef de redresser la barre et de tenir les engagements internationaux de son pays.

Le voyage de Nicolas Sarkozy à Washington fin avril 2004, alors que l’administration Bush se débattait dans le scandale des tortures des prisonniers irakiens, de même que celui qu’il a effectué deux ans plus tard en septembre 2006, apparaîtront rétrospectivement comme un point noir de la juvénile carrière diplomatique du ministre d’État, ministre de l’Intérieur, ancien ministre des Finances, de l’économie et de l’industrie de la France.

Un voyage à Canossa, par similitude avec le voyage effectué dans ce petit village d’Italie par l’Empereur Henri IV en vue d’implorer le pardon du pape Grégoire VII en janvier 1077 après Jésus Christ, passé à la postérité comme une démarche d’humiliation devant l’adversaire.

Se faire adouber par les associations juives américaines, un des principaux instruments de la stratégie d’influence de l’axe israélo-américain, un des principaux partisans du boycottage des produits français durant la guerre d’Irak, en pleine déconfiture diplomatique du tandem Bush-Sharon, et, dans le même temps, prendre à partie l’opposition socialiste pour sa frilosité dans la lutte contre l’anti-sémitisme constitue tout à la fois un contresens diplomatique, une contrevérité politique et une fanfaronnade démagogique.

Plutôt que la surenchère électoraliste, la sagesse commande, sur un sujet aussi passionnel, un discours de vérité : l’antisémitisme, résiduel en France, a existé bien avant l’arrivée des Arabes et des Musulmans en France et ses épisodes, douloureux, sont connus de tous.

L’histoire en est témoin de l’affaire Dreyfus, au XIXe siècle, (du nom de cet officier français de confession juive, condamné pour haute trahison, à l’indignité et au bannissement en raison de sa religion), à la collaboration du régime de Vichy avec l’Allemagne nazie.

La pédagogie politique et le sens civique commandaient de rappeler à cette occasion le rôle du Sultan du Maroc, le futur Mohamed V, dans son opposition à l’application sur son territoire des lois de Vichy sur les Juifs et sa contribution à la lutte contre l’antisémitisme. L’occasion en a été manquée. Si la stigmatisation est une arme du combat politique, elle ne doit jamais se faire au détriment de la vérité.

Dans le même ordre d’idées, l’instrumentalisation de l’appartenance communautaire dans la vie politique en France a préexisté à la prise de conscience politique de la communauté arabo-musulmane.

Les vociférations des organisations telles le « Renouveau juif » et le mouvement « Siona », dans les années 1980, appelant à des votes sanctions contre Valéry Giscard d’Estaing ou même contre François Mitterrand, pourtant briseur de l’embargo anti-israélien et premier président de la République Française à avoir effectué une visite officielle en Israël, sont là pour le rappeler. Les faits sont vérifiables dans leur chronologie.

Fausse bonne idée que ce voyage à Canossa-Washington, intervenu au pire moment alors que George Bush de même que Tony Blair, son compère anglais, faisaient face à une levée de boucliers de leurs propres diplomates contre leur gestion du conflit irakien, assurée à coups de mensonges sur les armes de destruction massive, de tortures dégradantes et d’aveuglement pro-israélien.

Mauvaise querelle, à tous égards, que celle faite par M. Sarkozy à ses adversaires quand on songe au zèle pro-israélien manifesté constamment par les socialistes, de Suez, en 1956, lors de l’expédition anglo-franco-israélienne contre l’Egypte, à Bir Zeit (Palestine), en l’an 2000, quarante plus tard, qui a donné lieu au plus célèbre caillassage de l’histoire moderne avec la lapidation du Premier ministre socialiste Lionel Jospin pour avoir qualifié de "terroriste" le Hezbollah libanais, enfin à la carbonisation politique d’un intellectuel socialiste, Pascal Boniface coupable du crime absolu de lèse-majesté, la critique de la politique israélienne.

Il est malsain de souffler sur la braise pour le plaisir de la gesticulation médiatique. Une lecture hémiplégique de l’Histoire entrave toute cohésion nationale future.

L’UMP (anciennement Union pour la Majorité présidentielle, actuellement Union pour un mouvement populaire) sera son Zénith et son Nadir.

Sur les décombres du RPR moribond et les déboires de son chef naturel Alain Juppé, victime sacrificielle de l’affairisme d’État de son mentor, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy a été sacré chef de la majorité présidentielle avec les encouragements juvénilement médiatiques de son benjamin, Louis.

"Bonne chance mon papa" retentira toutefois rétrospectivement comme un camouflet suprême d’une amère ironie. L’apothéose du régicide tournera en effet au vaudeville avec la fugue de sa dulcinée -équivalant à un abandon du domicile conjugal- avec le "maître des cérémonies", le propre ordonnateur du sacre, cauchemardesque scénario jamais imaginé même par le cinéaste le plus facétieux d’Hollywood.

Parangon de l’ultralibéralisme, l’homme réagira selon sa pente naturelle. Avec un autoritarisme d’une brutalité extrême : Le Directeur de la publication coupable du dévoilement de ses déboires conjugaux sera décapité professionnellement et un éditeur, téméraire, sommé de renoncer sur le champ à son projet de roman.

La loi d’airain de la morphologie politique : Complexe d’infériorité ? Désir forcené d’ascension sociale ? Lors de ses entretiens avec les grands hommes de la planète, Nicolas Sarkozy se dresse, littéralement, sur la pointe de ses pieds, pour se hisser à l’égal de ses interlocuteurs, du moins dans les clichés officiels, dans une volonté de dépassement des lois de la morphologie politique édictées, sous forme de sentence prémonitoire, par son modèle absolu, L’Empereur Napoléon Bonaparte, à savoir : « les hommes politiques qui ne mesurent pas 1m60, le destin leur passe par dessus la tête ». « Que penser de ce compensé ? Sa talonnette d’Achille ? ce n’est pas une question d’attaque physique, mais d’étiquette éthique. Si le ministre veut nous leurrer sur sa taille que serait-ce sur ces mesures s’il est un jour président ? », décrètera, un jour, à la suite d’une nouvelle jonglerie talonnière, un des oracles de la presse quotidienne parisienne (4).

L’outrage habite cet homme qui a fait de l’invective son outil de communication privilégié. Son passage au ministère de l’Intérieur, s’il n’a pas réduit la délinquance, a en revanche enrichi le vocabulaire politique de deux de ses plus beaux fleurons de la stigmatisation française : Racaille et Karcher. Bon nombre d’observateurs lui imputeront l’exacerbation de la flambée péri-urbaine de l’automne 2005 par ses outrances verbales et ses rodomontades.

Candeur juvénile ou machiavélisme éhonté, Nicolas Sarkozy se choisira comme conseiller exclusif pour la neutralisation des troubles des banlieues françaises, M. Avi Dichter, ministre israélien de la Sécurité publique, celui-là même qui est en charge de la répression de l’Intifada palestinienne dans les territoires sous occupation israélienne, transposant dans l’ordre symbolique, volontairement ou non, le conflit israélo-palestinien sur le territoire national.

Dans une démarche à portée démagogique, à connotation électoraliste, il s’assurera, en récidiviste, la collaboration d’un ancien réserviste de l’armée israélienne, l’omniscient Arno Klarsfeld, tant sur la définition du "rôle positif" de la colonisation que pour la régularisation des sans-papiers, que pour le droit à l’hebergement.

Curieuse façon de promouvoir la laïcité, un des principes cardinaux de la République française, en assurant la promotion d’un homme ayant réclamé une nationalité étrangère, en l’occurrence israélienne, par conviction ethnico-religieuse. Non moins curieuse façon d’assurer la visibilité et la crédibilité de la diplomatie française en s’assurant les services d’un réserviste israélien, un pays en guerre contre des pays amis de la France, le Liban et la Palestine.

Nicolas Sarkozy est un être "mal latéralisé" (5), qui ne distingue pas sa gauche de sa droite et qui confond la droite et l’extrême-droite. Jacques Chirac est son point fixe, son repère absolu. Son parcours est à l’identique, y compris dans ses grandes trahisons, Chirac en s’alliant à Giscard d’Estaing contre le gaulliste Jacques Chaban-Delmas, Sarkozy en optant pour Balladur contre Chirac, durant la campagne présidentielle de 1995.

Leur horizon indépassable à tous deux est l’échéance présidentielle de 2007, une date qui coïncide avec la relégation de la France dans la hiérarchie des Nations, dans son classement en tant que puissance économique, diplomatique que culturelle, passant de la 4e place à la 9e à l’horizon de l’an 2010, supplantée économiquement par le Japon, l’Inde et la Chine, nouveaux géants de la scène internationale, et, sur le plan culturel, par l’Hispanidad, l’agrégation de locuteurs de la langue espagnole dans le monde, près de 450 millions de personnes en Amérique latine, en Espagne ainsi qu’au coeur même des Etats-Unis (près de 50 millions de personnes), qui feront de l’Espagne un centre d’influence dans le monde, plus important que la francophonie avec ses 120 millions de locuteurs.

Que les intellectuels de cour, ces êtres qui gravitent autour de notre Sujet Médiatique Unique du début du XXIe siècle, qui ont troqué leur statut d’intellectuels pour celui de courtisan, lui rappellent à l’occasion ces quelques vérités d’évidence : à savoir que le principal gisement de la Francophonie du XXIe siècle se situe en Algérie, au Maghreb ainsi que sur le continent noir, c’est à dire les destinations actuelles des « charters de la honte ».

Au-delà des similitudes entre MM. Chirac et Sarkozy, existe cependant une différence de taille : l’aîné, en vieux routier de la politique, à l’inverse de son cadet, n’a jamais joué contre son camp dans les forums internationaux. La marque d’un certain sens de l’Etat.

A Washington, le « petit Nicolas » s’est livré à une prestation politicienne, quand se dégageait du discours du « grand Dominique » une prestance morale, en harmonie avec la haute idée que la France veut donner d’elle-même.

A tous égards, le voyage à Washington de M. Sarkozy a représenté le négatif du voyage à New York de M. de Villepin, l’ancien ministre des Afffaires étrangères, en plein débat du Conseil de sécurité de l’ONU sur le conflit irakien. Une mauvaise manière faite à la France, qui a gommé dans l’opinion l’impact du plaidoyer français.

L’homme de la rupture n’a renoncé à rien de l’héritage du gaullisme électoral, s’emparant sans le moindre inventaire de la totalité du legs : parti, cadres, militants, électeurs et financement.

L’homme de la rupture n’a renoncé en rien aux combines électoralistes de l’ancien parti gaulliste comme tendrait à le prouver le maelström magmatique du feuilleton Clearstream où il apparaît à la fois victime et bourreau, manipulateur et manipulé.

Mais que l’on ne s’y trompe pas : l’homme que l’UMP s’est choisi comme candidat présidentiel pour les élections de 2007 n’est toutefois pas l’héritier du gaullisme mais le chef de file du courant atlantiste, un des points d’articulation de l’axe israélo-américain dans la sphère euro-méditerranéenne.

Les humoristes anglais désignent Tony Blair comme le caniche britannique de George Bush. Les Français se sont surpris, un jour, à se découvrir, à leur insu, « tous américains », de par la volonté du Directeur du Monde, Jean-Marie Colombani. A n’y prendre garde, un tel schéma pourrait se reproduire.

Que les hommes de bonne volonté se liguent donc pour que la France ne dispose jamais d’un caniche français du président américain. Car s’il suffit d’un décret pour faire un ministre d’État, il en faut davantage pour faire un homme d’État.

*Cet article a été publié pour la première fois sur oumma.com le 16 janvier 2007
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Notes :

1 - Sujet médiatique Unique (SMU) l’expression est de Daniel Schneiderman, animateur de la rubrique « médiatiques » au journal Libération et de l’émission « Arrêt sur image » sur France 5.

2 - Le Canard Enchaîné N°4491 du 22 novembre 2006, se référant à l’hebdomadaire VSD du 15 novembre 2006. Ses statistiques excluent donc ses apparitions dans le cadre de la campagne présidentiel de 2007

3 - Voici la liste des principaux textes sur la sécurité votés lors du passage de M. Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur

septembre 2002 : Loi sur l’orientation et la programmation pour la sécurité intérieure

février 2003 : Loi aggravant les peines pour les infractions racistes

mars 2003 : Loi sur la sécurité intérieure

mars 2004 : Adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité

novembre 2003 : Maîtrise de l’immigration et répression des séjours irréguliers

janvier 2005 : Lutte contre le terrorisme

avril 2006 : Répression des violences contre les mineurs

juillet 2006 : Répression des violences dans les manifestations sportives

novembre 2006 prévention de la délinquanc qui entraîne la modification d’une traite —un chiffre record—80 articles du code pénal.

4 - « Sarkozy, c’est le pied », par Gérard Lefort, Pages Rebonds, le journal Libération, samedi 4 Novembre 2006.

5 - « mal latéralisé », déficience relevée surtout chez les enfants et qui consiste à ne pas distinguer sa droite de sa gauche.