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mercredi 10 décembre 2008

SARKOZY ET SES TUYAUTERIES

Donc le président jogger a attrapé à Douai une nouvelle fois le micro pour proclamer un énième plan dénommé plan de relance et sorti tout droit d’un de ses multiples cerveaux, puisque, grâce à son épouse, nous savons qu'il a de multiples cerveaux, alors que nous avons tous tant de mal à nous débrouiller avec un seul cerveau.
Dans toutes les annonces, l'on retrouve son penchant naturel vers le socialisme c'est-à-dire l'intervention de l'État à tous les niveaux, à tous les instants et dans tous les détails de la vie courante.
D'abord on nous annonce une nouvelle giclée de lois. La loi n'a jamais créé la richesse et, au contraire, elle la détruit de diverses façons ; une loi ne s'accompagne que de décrets-lois et de circulaires qui mettent du temps à sortir et qui sont inévitablement contradictoires ; un tiers des lois votées depuis un an et demi ne sont pas en application aujourd'hui. La loi conduit à des coûts insupportables d’interprétation et de gestion pour les entreprises et les particuliers avec au bout du compte la perspective de contentieux multiples ; enfin la loi est indéfiniment incertaine car elle bouge sans cesse. Le nouveau plan de relance n'y échappe pas. Il prévoit dès maintenant des périodes transitoires puisque certaines des mesures envisagées ne doivent durer que pendant l'année 2009. Les entreprises et autres acteurs de l’économie ont un besoin urgent de stabilité et non pas de jogging permanent.
Le nouveau plan rajoute un étage supplémentaire à l'immense usine à gaz administrative dans laquelle la France se débat. J’ai montré dans plusieurs livres que l’effet de ruine, conséquence inévitable du dirigisme, venait, entre autres causes, de la création, la multiplication, l’enchevêtrement de ces innombrables usines à gaz administratives formant des galaxies et des galaxies de galaxies.
Cette horreur n’est pas un hasard mais une nécessité dès lors que le pouvoir actuellement en vigueur ne veut pas détruire le socialisme mais simplement le gérer, courant sans cesse après les calamités qu’il organise ou tolère lui-même et prétendant les corriger à chaque fois en mettant une nouvelle couche de réglementations, elles-mêmes nageant dans la brume d’incertitudes juridiques multiples.
Les usines à gaz du temps jadis étaient fort compliquées avec une foule de mannettes, de compteurs, de tuyauteries et les usines à gaz d’aujourd’hui ne doivent guère être plus simples. Dans ces usines à gaz, les robinets, les compteurs, les tuyauteries fonctionnaient correctement. Il était clair qu’elles ne pouvaient créer du gaz s’il n’y en avait pas.
Dans les usines à gaz administratives, on ne sait jamais si un robinet ou un compteur marche car il faut attendre non seulement des kilos de textes mais aussi des jurisprudences incertaines et les tuyauteries sont partout contradictoires. L’énarchie qui règne autour de Mme Christine Lagarde nous promet entre 80 et 110 000 emplois de plus et un supplément de croissance de 0,8 à 1% de PIB ; quel crédit accorder à une telle promesse ? Une prime à la casse pourrait soi-disant conduire à des achats d'automobiles ; au même moment et dans le même projet l’on bride l'industrie automobile en préconisant des voitures propres : que veut dire l'expression « voiture propre » ? Nous sommes frappés cruellement d'un impôt parce que nous achetons une voiture prétendue sale : sommes-nous devenus de sales conducteurs ? À force de se ramifier l'usine à gaz universelle devient contradictoire par nature.
Quelques mesures, de-ci de-là, donnent de la monnaie aux consommateurs comme si des millions de foyers déclencheraient des achats, qui enchanteraient les producteurs, qui embaucheraient davantage : bienvenue aux voitures indiennes et chinoises à bas prix qui arriveront justement à point nommé !
Il nous est promis de déclencher des investissements, mais ce sont des investissements publics. L'effet recherché ne peut être que fort loin dans le temps avec tous les gaspillages auxquels nous sommes habitués dans les investissements publics. Ces investissements, quels qu'ils soient, reposent sur des firmes dont une grande partie de l'activité se déroule à l'étranger : les sous-traitants dans des pays lointains peuvent se frotter les mains.
Il est décidé, en particulier, de construire quatre lignes de TGV supplémentaires ; les connaisseurs savent que les TGV jouent un rôle important dans la ruine de la SNCF, comme d'ailleurs la Cour des Comptes l’avait remarqué dans un chapitre d'un de ses rapports ; la ruine de la SNCF est une cause majeure dans la ruine générale de la France.
Chemin faisant, l'on va créer de nouveaux organismes comme un fonds de 300 millions d'euros destiné à la restructuration de la filière automobile alors que l'État dispose déjà de multiples organisations pour investir là où il veut investir.
Comme les Américains ont eu tort de le faire, le pouvoir va promouvoir des achats de logements par des publics qui ne devraient pas être encouragés dans ce sens : telle est la signification du doublement du prêt à taux zéro ; le socialisme se caractérise toujours par le mélange des objectifs et, ici, l'action sociale est mélangée avec une opération financière.
Évidemment, le robinet des dépenses est largement ouvert : 26 milliards. Il pleut des milliards comme « il pleut sur la ville ». La presse officielle se contorsionne pour faire croire que l'on trouvera ces milliards sans faire de tort à personne ; or, dès à présent, il est prévu que le déficit budgétaire frôle les 4 %. Que ces milliards se transforment en déficit budgétaire ou en emprunts cela ne change rien au problème fondamental.
Le chef-d'oeuvre absolu de gribouille au pouvoir est la nomination de Monsieur Patrick Devedjian au poste nouveau de « ministre de la relance », hochet de grâce et de faveur offert avec notre propre argent. S’il existait dans la presse un duc de Saint-Simon, il se serait étourdi dans les adjectifs : fantastique, féerique, magique… .
Il y a, déjà, sauf erreur ou omission, 38 ministres, secrétaires d'État ou sous-secrétaires d'État et il va s'ajouter un 39e personnage autour de la table. Parmi les 38 déjà existants il se compte un grand nombre de dignitaires intéressés aux affaires économiques dont justement la même Christine Lagarde : sont-ils tous des incapables pour que l'on ajoute un ministre spécial pour faire leur travail ? la cacophonie règne déjà entre eux puisqu’une foule de réunions interministérielles sont nécessaires pour régler les problèmes insolubles de frontières et les collisions permanentes.
Il existe aussi, paraît-il, un premier ministre qui a au moins un vrai travail pour tenter de concilier l’inconciliable. Le nouveau ministre de la relance va-t-il être un premier ministre de remplacement ? Bien entendu, il est à peine besoin d'évoquer la valse des millions d'euros nécessaires pour rémunérer son cabinet pléthorique et lui trouver un bureau prestigieux et digne de ces fonctions. Déjà Paris bruisse de rumeurs sur l’endroit où ce nouvel Auguste pourrait se poser… .
Rappelons également qu’il existe des petits déjeuners directionnels dont les heureux participants ne se gênent pas pour court-circuiter tous les autres. Quant au gouvernement bis logé à l’Elysée, il s’active sans cesse même quand l’hyper président vole vers des contrées lointaines.
Pour mémoire, nous rappelons que la Suisse qui se tire très honorablement de cette crise ne compte que sept ministres ; ces ministres n'ont chacun que trois membres du cabinet et n'ont pas de voitures de fonction.
Devant ce désastre, il est permis de s'interroger : que ferait en telle occurrence un gouvernement libérateur, car il faudra bien arriver à une véritable libération ? L’objectif serait de libérer sans délai aucun les forces productives du pays que le pouvoir bride par ses multiples carcans : libérer de créer, de travailler, de gagner, de s’enrichir, d’épargner. Pour ce faire il pourrait se limiter, par exemple, à quatre champs d'action parmi d’autres : investissements, code du travail, logement, impôts.
Dans chacun de ces domaines, il dispose d’un catalogue considérable de mesures à prendre pour débloquer le situation et sa marge de manoeuvre est immense contrairement aux mensonges officiels à ce sujet. Si les énarques ne connaissent pas le catalogue ou ne veulent pas le connaître, quelques appels téléphoniques aux bonnes adresses pourraient mettre le catalogue à leur disposition.
Il faudrait dans le catalogue choisir des mesures à effet absolument immédiat et massif : pas de lois nouvelles, mais abolition de paquets de lois.
Le Président dispose encore, c’est surprenant, d’une cote de popularité honorable et, à coup sûr, d’un talent oratoire évident sachant, à l’occasion, transformer les vessies en lanternes. Il saurait trouver les mots pour dire aux Français, enfin, la vérité en énonçant alors un véritable plan de relance.
Aujourd’hui hélas et comme dans la chanson, ce n’est qu’un rêve, ce n’est qu’un joli rêve….

Michel de Poncins

jeudi 6 novembre 2008

SARKO-SOCIALO

L’observateur le plus attentif, et même s’il est par nature sympathique à Monsieur Sarkozy, est obligé de constater que toute sa vie publique le président actuellement provisoirement en vigueur a servi la gauche et quelquefois la gauche extrême.

L'habileté suprême fut d’adresser des clins d'oeil appuyés vers la droite et de faire croire le contraire, en prétendant que la fatalité l’empêchait de suivre son électorat. C'est la raison pour laquelle les espoirs fabuleux que la France pouvait nourrir après son élection son partis complètement en fumée.

Pour illustrer le propos, on peut citer la consolidation et l'extension des droits opposables, cette machine tout à fait redoutable qui conduit à une obligation du socialisme, puisque l'État se condamne juridiquement à intervenir dans une foule de domaines qui devraient être laissés au marché. Le droit au logement opposable en vertu de la loi Dalo entrée en application le 1er janvier 2008 est l’un d’entre eux. L'on parle déjà de nouveaux droits opposables à créer comme le droit opposable aux crèches et tout récemment le droit opposable a l’économie numérique annoncé en fanfare.

Dans un autre domaine, citons la politique industrielle qui se déploie avec l'intervention de l'État dans des affaires purement privées comme les problèmes d’Arcelor Mittal en Lorraine ou ceux de Michelin. Au titre de la marche forcée vers le socialisme, il faut ajouter le blocage des loyers, alors que la France sort péniblement de la loi de 1948.

Mentionnons un nouveau droit de préemption accordé aux maires ; jusqu'à présent les maires avaient un droit de préemption à exercer lors des achats immobiliers, ce qui est très déjà une anomalie destructrice du marché du logement. Maintenant, sous prétexte de leur donner le droit de veiller sur les changements de fonds de commerce, ils ont un droit de préemption sur les baux commerciaux : c'est une nouvelle atteinte grave aux droits de propriété.

L'État dans le désordre coutumier continue, comme avant, à dépenser à tout va et dans le monde entier avec en conséquence le dérapage de l’endettement et la création d’une multitude de nouveaux impôts.

La crise financière et économique dans laquelle nous nous enfonçons et dont le président est pour une grande part responsable lui donne l'occasion nouvelle et unique de montrer sa préférence pour le socialisme. Les commentateurs de la presse « officielle », dont on connaît l’hostilité à l'économie de marché, le poussent dans ce sens ainsi que les énarques qui forment sa cour et les socialistes qu'il a mis aux commandes d'un certain nombre de ministères.

Citons simplement quelques faits.

Par exemple, il affirme ces temps-ci que tous les espoirs pour l’emploi reposent sur la croissance. Tout récemment, on a entendu sur la radio gauchiste connue, France-info, qu'en dessous de 1,5 % de croissance rien ne pouvait être espéré et que l'économie et donc l’emploi s'amélioreraient à partir de 3 % de croissance. C'est un raisonnement tout à fait faux. La croissance ne crée pas forcément d'emplois et, même, l'on peut affirmer qu'elle risque de ne pas en créer du tout : elle permettra encore plus aux industriels et aux commerçants de se délocaliser si jamais il trouvent un peu d'argent pour payer le prix d’une délocalisation. La seule façon de lutter contre le chômage et de développer l’économie est de libérer la France du poids insupportable des impôts et règlementations, sans oublier un certain nombre de dispositions meurtrières du code du travail : la croissance serait un effet et non une cause.

Le 30 octobre 2008 au matin, les députés, malgré les protestations de certains d'entre eux et sur instruction de l’Elysée, ont décidé le rétablissement de la prime transport que les sénateurs voulaient supprimer. C'est une prime qui oblige les chefs d'entreprise à s'occuper des transports de leurs employés en y contribuant ; le raisonnement mensonger est que de cette façon les employés trouveraient des formules du type covoiturage, ou transports en commun, alors que ces employés doivent être libres de choisir le moyen de transport qui leur convient. Pour ajouter au comique, il sera inclus dans la prime transport l'abonnement au vélolib : cela ne s'invente pas. Personne ne parle du flot de contentieux qui va déferler si un accident se produit grâce au vélolib sur le trajet du travail, comme malheureusement il s’en produit beaucoup.

Autre invention tout à fait récente : 200 000 hauts fonctionnaires seraient payés au mérite. C'est en fait le signal d'une nouvelle augmentation de ces fonctionnaires ; pour que ce ne soit pas le cas, il faudrait que les bénéficiaires voient leur salaire fixe réduit au moins en proportion de l'espoir de la prime au mérite. En outre, dans cette troupe immense de hauts fonctionnaires, il en est beaucoup qui sont occupés à des tâches tout à fait inutiles quand elles ne sont pas négatives et destructrices de l'économie. Il faut, non pas les conduire à mieux travailler mais supprimer purement les tâches auxquelles ils se consacrent abusivement.

Chemin faisant la perspective de nouveaux impôts se confirme, comme la taxe sur les revenus du capital qui, à due concurrence, va de nouveau chasser des capitaux hors de France.

Le désordre dans les contrats de travail va se poursuivre. Qui peut dire aujourd’hui le nombre exact de contrats de travail possibles, tous pièges à réglementations diverses, contradictoires et coûteuses ?

Essayons d’en énumérer quelques uns sauf erreur et omission : Travaux d'utilité collective, contrat de réinsertion en alternance, contrat de retour à l'emploi, contrat emploi-solidarité, contrat emploi consolidé, contrat initiative-emploi, contrats emploi ville, emploi jeune, contrat d'avenir, civis-association, civis-accompagnement vers l'emploi ou civis régional, civis-création d'entreprise, contrat accompagnement emploi, contrat soutien emploi jeune en entreprise, stages d'insertion et de formation à l'emploi individuel, stages d'insertion et de formation à l'emploi collectif, service militaire adapté, contrat d'apprentissage, contrat de qualification, contrat d'adaptation, contrat d'orientation, contrat de professionnalisation… .

Une nouvelle promotion des contrats aidés va prendre place ; or ce ne sont que de faux emplois publics ou quasi publics. Est prévue aussi l’extension du contrat de transition professionnelle (CTP). La jungle s’épaissit.

Terminons par la cérémonie plutôt ridicule qui a eu lieu à l'Élysée le 30 octobre 2008. Le président a invité préfets, trésoriers payeurs généraux et banquiers pour l'écouter sur les mauvaises chaises de la salle des fêtes du « château ».

Les deux premières catégories d'auditeurs étaient conviées pour mettre en tutelle la troisième catégorie.

Il n'avait pas été demandé aux préfets de revêtir leur bel uniforme ; cette omission doit être due aux services de communication abusifs de l'Élysée qui ruinent l’économie par leur existence même. Ils ont, sans doute, estimé que la vue des uniformes pourrait provoquer des états d'âme chez les banquiers déjà malmenés ! En effet, les préfets furent chargés officiellement par le président de donner des coup de fouet aux banquiers récalcitrants. Tout le monde sait que rien ne va se passer ; on ne voit pas le préfet agir vis-à-vis des agents d’une banque nationale alors que ces agents sont tenus par leur contrat de travail de respecter la politique de leur direction générale. Il faudra donc des sortes de super-préfets pour fouetter les directions générales des banques à succursales.

Le président, d'ailleurs, a avoué tout de suite l'inutilité de la réunion puisqu'il a annoncé la création d'un poste central de surveillance des banques sous forme d'un médiateur du nom de René Ricol. Il devra sans doute s’armer d’un fouet dans le quartier de la défense. C’est juste le contraire de ce qu'il faut faire puisque c'est l'amorce d'une grosse administration : on ne voit pas un seul médiateur avec une gentille secrétaire surveiller des utilisations de milliards d'euros. L’on annonce déjà dix collaborateurs !

La deuxième catégorie de personnages était représentée par les trésoriers payeurs généraux. Ils devaient bien rire sous cape, car ces TPG avec d'autres catégories comme les conservateurs des hypothèques sont célèbres dans le monde entier pour la richesse indue récoltée dans leurs fonctions. Ainsi que beaucoup d'autres, ils sont directement responsables de l'écroulement de l'économie française ; il est facile pour un économiste de montrer que cet écroulement est relié à cette richesse indue par de multiples fils aussi solides et invisibles que des fils de soie.

Restaient les banquiers, qui ont dû écouter bouche bée et sagement assis ce qui les menaçait avant même le péché éventuel que peut-être ils ne commettront pas.

Le président toujours fidèle à son orientation gauchiste avait devant lui la vue du magnifique parc de l'Élysée. Il n'a pas ouvert la fenêtre, la seule fenêtre qui pourrait guérir à grande vitesse l'économie française en faisant bondir les investissements et les emplois : la fenêtre de la liberté.

Michel de Poncins

mercredi 28 mai 2008

SARKO LE SOCIALISTE

Nicolas Sarkozy continue dans sa lancée dans le développement du socialisme en s'intéressant tous azimuts à des problèmes qui relèveraient normalement du marché privé.
C'est ainsi qu'il a demandé à Henri Novelli, secrétaire d’Etat, de « mettre le paquet » sur le petit commerce. Ce secrétaire d'État prépare donc un plan d'action : campagne de communication de trois ans en faveur du commerce de proximité, hausse du budget du fonds de soutien aux petits commerces, création d'un conseil d'orientation de la politique en faveur du commerce de proximité ou encore triplement de l'objectif de réhabilitation des centres commerciaux dans les zones sensibles.
L'on reconnaît tous les stigmates du socialisme ordinaire dans cette liste insupportable.
Intervention abusive de l’Etat qui catalogue les entreprises en diverses catégories afin soi-disant de s’en occuper successivement.
Dépenses de communication abusives avec impôts et chômage à la clé.
Création d’organismes nouveaux générateurs de désordre supplémentaire en même temps de richesse abusive pour les dirigeants.
Simultanément, le pouvoir qui se plaint sans cesse de la crise du logement y compris dans le parc privé, continue à attaquer le logement en lui imposant des formalités et des coûts supplémentaires.
En 2012, les annonces immobilières devront indiquer la « performance énergétique » des maisons et appartements. Le diagnostic correspondant (DPE) est déjà sinon obligatoire tout au moins vivement conseillé ; Il s’ajoute aux innombrables documents qui doivent être présentés lors des signatures.
Tous ces artifices ont des coûts très substantiels qui raréfient les logements ou les rendent plus onéreux.

Michel de Poncins

mardi 26 février 2008

Sarkozysme et socialisme

Le Président Sarkozy est encore tout nouveau et de plus en plus fringant. Il proclame une rupture qu'il se garde bien de faire ; élu par des voix de droite, il était invité à rompre avec le socialisme et il a donné le pouvoir à un ensemble de socialistes confirmés. Tout en gesticulant beaucoup, il a fait progresser ce socialisme à grande vitesse et, à ce moment du parcours personne n'ayant essayé de le faire, un premier inventaire s’impose. La liste des mesures est impressionnante.

Par exemple, la consolidation et l'extension des droits opposables, cette machine tout à fait redoutable qui peut conduire à une sorte d'obligation du socialisme puisque l'État s’oblige juridiquement à intervenir dans une foule de domaines qui devraient être laissés au marché. Il y a bien sûr au premier chef le droit au logement opposable en vertu de la loi Dalo entrée en application le 1er janvier 2008. On parle déjà de nouveaux droits opposables à créer comme le droit opposable aux crèches et c'est loin d'être fini !

Dans un autre domaine, citons la quasi renationalisation de Suez. La fusion projetée avec GDF aboutit à une nationalisation puisque l'État s'est réservé une « golden share » lui permettant de décider ce qu’il veut contre la volonté des actionnaires. Également en chargeant Suez du personnel quasi fonctionnarisé de GDF, il va plomber les résultats futurs de l'ensemble.

Quant à la politique industrielle nous la voyons s'étaler en majesté avec ces jours-ci l'intervention de l'État dans des affaires purement privées comme les problèmes d’Arcelor Mittal en Lorraine ou ceux de Michelin qui veut fermer l'ancienne usine Kléber à Toul.

Au titre de la marche forcée vers le socialisme, il faut ajouter le blocage des loyers. La France sort péniblement de la loi de 1948. Sous prétexte de développer le pouvoir d'achat, le Président a décidé de freiner considérablement la hausse des loyers ; cette décision a un parfum de lutte des classes, puisque les locataires sont considérés comme plus intéressants que les propriétaires !

Idem pour l'abus de ce que les énarques appellent dans leur langage fleuri les « dispositifs » qui correspondent à la pratique des compteurs. En agissant sur tels ou tels des robinets de l’usine à gaz universelle, l'on créerait de la richesse là où il y en a pas. Il faut rattacher à cette pratique tout à fait négative la déduction de certains intérêts pour l'achat des biens immobiliers qui favorisent certains et en défavorisent d’autres. En quoi cela peut-il améliorer le sort de tous, sinon au profit de quelques-uns qui d’ailleurs n'en n'ont peut-être pas besoin ?


Il y a aussi le déplacement de l'argent comme si en déplaçant 87,3 % que possédait l'État. Les 5 milliards, censés représentés par cette vente, doivent servir au financement des universités. Le Président a bien dit aussitôt qu'il n'était pas question de privatiser les universités et il est certain que l'argent sera perdu dans le déficit abyssal de ces universités et le désordre de leur gestion. Pire encore, cette vente s'est faite dans l'obscurité puisque personne ne sait qui a acheté et que probablement ce sont des organismes plus ou moins étatiques qui sont venus aux ordres. Ce fut sans doute une vente à soi-même.


L'État dans le désordre coutumier continue, comme avant, à dépenser à tout va dans le monde entier. Comme tout pouvoir socialiste il est donc conduit à taxer partout pour chercher des sous. Voici en vrac quelques pistes utilisées ou en voie de l’être.


Une nouvelle taxe sur les paris hippiques a été prévue dans le cadre du collectif budgétaire. Les 250 communes et groupements de communes disposant d'un hippodrome toucheront 0,1 % du montant des paris des courses organisées sur leur territoire et bien entendu cet impôt sera enlevé des gains des parieurs. Ce tout petit impôt est appelé à de l'avenir, car il est un principe absolu de la République fromagère : un petit impôt deviendra grand.

L'assemblée a adopté un amendement qui met à contribution les stock-options et les actions gratuites. À leur attribution, les options feront l'objet d'une cotisation patronale de 2,5 % de la valeur des actions sur lesquelles elles portent. Le taux sera de 10 % pour les distributions gratuites d'actions. Enfin une cotisation salariale de 2,5 % sur la plus-value d'acquisition est aussi instaurée. À signaler aussi qu'en 2008 les dividendes reçus par les actionnaires paieront deux fois selon un mécanisme qui est très compliqué à expliquer.

Au milieu de ce tableau désolant des progrès du socialisme, il faut ajouter un nouveau droit de préemption accordée aux maires ; jusqu'à présent les maires avaient un droit de préemption à exercer lors des achats immobiliers, ce qui est très déjà une anomalie destructrice du marché du logement. Maintenant, sous prétexte de leur donner le droit de veiller sur les changements de fonds de commerce, ils ont un droit de préemption sur les baux commerciaux : c'est une nouvelle atteinte grave aux droits de propriété.

Il est sûr que, si le nouveau président avait voulu réellement dans son coeur faire la rupture, il devait et pouvait dans les deux mois qui ont suivi son élection et, après juste quelques jours de repos dans des conditions classiques, supprimer une grande quantité de dépenses et plusieurs impôts majeurs ce qui aurait amorcé la véritable rupture avec le socialisme.

Tout ce qu’il a fait jusqu’ici montre que son cœur penche à gauche. Il est à craindre, en plus, que la chute dans les sondages ne conduise les énarques qui l’entourent à renforcer encore ce comportement, ceci au grand détriment du pouvoir d'achat des Français.


Michel de Poncins

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