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lundi 6 août 2007

Des vacances de rêve

Nicolas Sarkozy est arrivé à Wolfeboro, aux Etats-Unis, pour des vacances de luxe

Par Paola MESSANA
AFP - Vendredi 3 août, 19h56

WOLFEBORO (AFP) - Le président français Nicolas Sarkozy est arrivé jeudi soir dans la station estivale de Wolfeboro, dans le nord-est des Etats-Unis, où il doit passer des vacances de luxe dans une villa appartenant à un ancien haut dirigeant de Microsoft.



Dans la bourgade située en bordure du lac Winnipesaukee, écrasée de soleil et pavoisée aux couleurs américaines, les estivants semblaient peu au courant et peu préoccupés par la présence du président français. "Ah bon ? Je comprends maintenant pourquoi j'ai vu autant de policiers et les services de sécurité dans la ville et autour !", dit Scott Frazer, la trentaine.

"Je peux confirmer qu'il est arrivé jeudi soir", a dit à l'AFP George Hutchinson, le responsable de l'agence immobilière Yankee Pedlar, qui gère la villa. "Mais nous respectons la vie privée de nos clients, et nous en avons d'aussi importants que votre chef de l'Etat", a-t-il dit.

Un porte-parole de la présidence française n'a souhaité confirmer ni la date du départ ni le lieu exact ou la durée du séjour. Toutefois, il a indiqué à l'AFP que M. Sarkozy et son épouse Cécilia étaient "en vacances à l'invitation d'amis" près de Boston, où ils se sont rendus "en famille par vol régulier".

M. Hutchinson a affirmé que son agence avait bien loué une villa aux Sarkozy, refusant de donner des détails sur le prix ou l'emplacement.

Mais une responsable de location de bateaux de tourisme, Penny Smiley, a assuré qu'il s'agissait de la résidence d'un ancien collaborateur de Bill Gates, Mike Appe, située sur le lac, "à Springfield Point", un peu en dehors de la ville.

"Nous y avons organisé des visites payantes il y a quelques semaines pour lever des fonds en faveur de l'hôpital de la ville. Les riches propriétaires de la région le font de temps en temps mais depuis quelques jours, les services de sécurité empêchent d'approcher", dit-elle.

La police de la localité a refusé de confirmer la présence de M. Sarkozy, en renvoyant sur le département d'Etat à Washington.

Wolfeboro est une station estivale aux grandes maisons blanches en bois, noyée dans les forêts de pins et d'érables. Sa population de 6.000 habitants triple en été. "Je passe toutes mes vacances ici depuis mon enfance", dit une jeune Bostonienne blonde aux lunettes noires, dont l'ami vient de garer une cadillac décapotable. "Le président français ? Non, je n'en savais rien. Et de toutes les façons, beaucoup de célébrités passent leurs vacances dans le coin..."

Définie comme "la plus ancienne station estivale des Etats-Unis", à l'architecture typique de la Nouvelle-Angleterre, elle est habituée aux personnalités --Grace et Rainier de Monaco y séjournèrent, ainsi que le romancier Kurt Vonnegut.

Elle se situe à une centaine de kilomètres de Kennebunkport, une résidence d'été appartenant à la famille Bush où, début juillet, le président George W. Bush avait reçu son homologue russe Vladimir Poutine.

En France, le député de l'Aisne René Dosière (app. PS) a demandé "qui" payait les vacances de M. Sarkozy aux Etats-Unis, estimant leur coût supérieur à sa rémunération annuelle.

"Officiellement, la rémunération du président, qu'il fixe lui-même, est en gros de 6.000 euros par mois", a rappelé l'élu, alors que selon des organes de presse la villa serait louée près de 22.000 euros par semaine.

A l'agence Yankee Pedlar, les prix affichés sont de plusieurs milliers de dollars par semaine. "Springfield Point est une demeure magnifique, de plus de 1.000 m2, qu'on ne peut en aucun cas comparer avec les maisons qui sont louées d'ordinaire", assure Penny Smiley.

Source : http://fr.news.yahoo.com

vendredi 13 juillet 2007

Bush, la référence de Sarkö



Sarközy n'a jamais caché, il l'a même mis en exergue que Bush était pour lui un modèle. Aussi ce qui suit nous intéresse directement. Au cours de son long périple en Europe à l'occasion du G8 où le président des Etats Unis a ouvertement menaçé la Serbie et exigé une indépendance rapide du Kosovo se rapprochant ainsi de son pote Clinton, les Républicains du sénat US lui ont infligé un puissant camouflet en rejetant son plan d'amnistie massive des clandestins. on rapellera que cette question brûlante n'est apparue dans les projets de Bush que lors de la seconde et dernière mandature et qu'il entendait bien faire passer avec les Démocrates.

Sitôt de retour à Washington, il convonquait une conférence de presse et annonçait, vindicatif, son intention de représenter et de faire passer le S.1348 le plus tôt possible : "Rendez vous à la signature", lança-t-il. et pour bien montrer sa détermination, en route pour son ranch texan à bord d'Air force One, il téléphonait au sénateur républicain d'Arizona John Kyl, l'élu le plus impliqué du parti de l'éléphant dans la loi d'amnistie, et aux sénateurs démocrates Ted Kennedy, auteur du projet de loi, et de Ken Salazar, un hispanique, pour le remercier et mettre sur pied une nouvelle stratégie. A méditer par toux ceux qui croient que Sarközy, l'ami de Bush et de Blair, est un vrai défenseur de l'identité nationale.

Source : Rivarol du 06/07/2007.

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lundi 21 mai 2007

Kouchner sollicité : Sarko est vraiment maso

Kouchner sollicité : Sarko est vraiment maso

Bernard Kouchner, il y a quelques semaines tirait à boulet rouge sur le candidat Sarkozy. Le 12 avril, lors d’une conférence de presse il accusait « un homme qui n’éprouve aucune honte à pêcher dans les eaux de l’extrême droite ». Il était également scandalisé par le Président : « à évoquer tout à la fois l’identité nationale et l’inné génétique on est dans un terrain mouvant et une dérive historiquement scandaleuse ». Le French doctor dénonçait sur la pédophilie « un point de vue singulièrement dangereux, voire complètement irresponsable »

Mais la vanité l’emporte sur les convictions, Bernard Kouchner rejoint avec enthousiasme celui qu’il dit « dangereux » et qui lorgnerait vers l’extrême droite.

Non seulement Sarkozy déçoit son électorat de droite et donne des arguments aux souverainistes et nationalistes qui l’accusent de se compromettre avec des idées de gauche, mais en recrutant un homme qui, au nom de l’« ingérence humanitaire », soutenait George Bush dans son expédition Irakienne, il arme idéologiquement les banlieues qui voient en lui un homme de paille des américains à abattre…Les jeunes arabes viseront les policiers faute d’atteindre le chef et s’en prendront aux « petits blancs » assimilés à ses électeurs.

Si Sarkozy avait voulu se faire passer pour un bushiste, il ne s’y serait pas pris autrement.

On se souvient également d’un Kouchner mettant à l’index les serbes du Kosovo, se félicitant de l’intervention de l’Otan, choisissant le camp des islamo-terroristes de l’UCK, qui pour le coup ont eux réellement réalisé une épuration ethnique contre les Serbes. Kouchner a durant son mandat au Kosovo laissé des milliers de civils serbes se faire déposséder de leurs maisons, quand ils ne furent pas tués. Des dizaines d’églises et de monastères avaient été incendiés sous les yeux passifs des « soldats de la paix », qui, surtout, ne devaient pas s’opposer aux colons albanophones gorgés de haine anti-serbe, afin de ne pas déclencher un conflit forcément meurtrier. Ecoeurant.


http://www.sarkopipo.com/


mardi 8 mai 2007

Sarkozy, ou l’art de la confusion

Sarkozy, ou l’art de la confusion

Par Éric Fassin, Sociologue, dans Le Monde, vendredi 13 avril 2007


La réflexion de Nicolas Sarkozy « on naît pédophile », dans un échange avec Michel Onfray que publie Philosophie Magazine, fait scandale aujourd’hui. Le candidat à l’élection présidentielle prétend en effet expliquer par le déterminisme génétique aussi bien le suicide des jeunes que le cancer du fumeur.

D’ailleurs, pour lutter contre la délinquance dès l’école maternelle, ce ministre de l’intérieur s’autorisait déjà l’an dernier d’un rapport sulfureux de l’Inserm, condamné récemment par le Comité national d’éthique, sur « l’héritabilité (génétique) du trouble des conduites ».

Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Aux États-Unis, La Courbe en cloche, best-seller pour la révolution conservatrice de Newt Gingrich en 1994, affirmait démontrer, en superposant quotient intellectuel, race, et gènes, que l’intelligence serait innée, et inégalement répartie selon la couleur de peau. Or, si l’ordre social repose sur l’ordre biologique, pourquoi s’entêter à vouloir le modifier ? On comprend le succès du déterminisme génétique chez les ennemis de l’État-providence. Les inégalités seraient fondées en nature : chacun est bien à sa place.

Que le candidat de l’UMP puise ses idées dans les eaux troubles d’une idéologie réactionnaire qui rappelle les années 1930 ne doit pourtant pas masquer l’autre face de ce danger, non moins grave, qui tient à la confusion de sa rhétorique, ou plutôt à sa rhétorique de la confusion. Il dit systématiquement une chose et son contraire.

Revenons à son dialogue philosophique. Nicolas Sarkozy déclare d’abord : « Il n’y a pas d’un côté des individus dangereux et de l’autre des innocents. » Et d’expliquer : « C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons tant besoin de la culture, de la civilisation. » Puis, lorsque Michel Onfray lui répond que « ce sont les circonstances qui fabriquent l’homme », il se cabre et change de position : « Mais que faites-vous de nos choix, de la liberté de chacun ? »

Et comme le philosophe enfonce le clou du déterminisme sociologique, c’est finalement en réaction que le candidat s’approprie la génétique - au mépris des arguments qu’il vient d’avancer lui-même : « Je ne suis pas d’accord avec vous. J’inclinerais, pour ma part, à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. » Bref, en trois paragraphes, trois arguments différents : la culture, la liberté individuelle, et la nature. Une chose, une autre, et leur contraire.

N’allons pas nous rassurer en ironisant sur cet homme politique qui ferait un piètre philosophe : ce serait reconduire un antagonisme entre la pensée et l’action, dont celui-ci ne s’accommode que trop bien. En réalité, l’incohérence est aussi une politique. C’est d’abord une question d’opportunisme intellectuel.

Ainsi, interpellé le 5 février 2007 à la télévision sur son refus d’ouvrir le mariage aux couples de même sexe, Nicolas Sarkozy déclarait : « Je n’ai pas fait le choix de l’hétérosexualité, je suis né hétérosexuel. » Pourquoi ce coming out, qu’on eût cru superflu ? C’est que le candidat, dont la position est dictée par la crainte de déplaire à son électorat conservateur, n’avait aucun argument à objecter aux revendications d’égalité - sinon, simple tautologie, qu’on « donne alors à la société une image de la famille qui n’est pas celle que je souhaite que l’on donne. »

Aussi est-il réduit à invoquer, au principe d’une conviction forcément intime, sa nature hétérosexuelle. « Naître » (hétérosexuel, pédophile ou délinquant, mais aussi français ou étranger, riche ou pauvre, blanc ou pas), c’est le degré zéro du raisonnement, un « c’est ainsi » génétique, à défaut d’autres arguments.

Mais cette faiblesse intellectuelle est aussi une force rhétorique. Car à force de dire tout et l’inverse de tout, Nicolas Sarkozy parvient à son but : on ne sait plus où on en est. On rassure les parents (des jeunes suicidés), déclarés non responsables, et on stigmatise les parents irresponsables (des jeunes délinquants). On dénonce les violences (à la gare du Nord), et on justifie les violences (des marins qui incendient le Parlement de Bretagne). On s’affiche en défenseur des classes populaires, et on redistribue l’argent aux riches. On fait miroiter des régularisations, et on donne en spectacle des expulsions. On se pose en ami des minorités raciales, et l’on couvre les violences policières racistes. On invoque l’identité nationale et ses relents maurrassiens, pour la définir ensuite par l’égalité républicaine entre les sexes.

Dans les banlieues, on manipule tour à tour le lexique de la « racaille » et de la « discrimination positive ». Sur les boulevards, sous couvert de sauver les prostituées de la traite, on les persécute au quotidien. Et de même sur l’école et le travail, l’islam et la laïcité, l’économie et l’écologie, l’Amérique et l’Europe, bref, sur tous les sujets.

La rhétorique de Nicolas Sarkozy participe ainsi d’une politique d’affolement, au même titre que son agitation tourbillonnante et sa fébrilité vibrionnante. En ne respectant jamais le principe de non-contradiction, le candidat rend la contradiction impossible : comment s’opposer à lui quand il dit tout et son contraire ? Le discours politique n’a plus aucun sens, et toute réponse, critique ou solution alternative, est piégée d’avance - récupérée et discréditée par la logorrhée du candidat.

Combattez la double peine ou proposez le vote des résidents non communautaires ? Le candidat vous répondra : « Pardonnez-moi », il s’est lui-même engagé sur ces thèmes qu’il faut « avoir le courage », il n’hésite pas à le dire, d’aborder de front. L’incohérence se présente ainsi comme « parler vrai ». Même Jean-Marie Le Pen semble déboussolé : réagissant aux propos de Nicolas Sarkozy sur la pédophilie, il estime que celui-ci « a dû se tromper, ce n’est pas possible ».

Cette confusion politique est une politique de la confusion : désorienter la politique par un discours désordonné, c’est créer les conditions de l’avènement d’une droite de dérive, plutôt que de rupture. On l’a vu avec l’insécurité depuis 2001. La présidence de George W. Bush a démontré qu’on pouvait à loisir brandir l’épouvantail terroriste pour susciter la peur et prétendre y répondre ensuite. La leçon n’a pas été perdue pour Nicolas Sarkozy : attiser l’insécurité, du terrorisme aux violences urbaines, c’est faire le jeu de la politique sécuritaire. Il en va de même dans le discours.

Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy, c’est celui par qui le désordre arrive, dans la société, et dans les esprits. Et c’est sur cette stratégie du désordre, tant social qu’intellectuel, qu’il bâtit sa politique d’ordre. Malheur à lui - ou malheur à nous, démocrates de peu de foi ? Car il faudrait avoir la mémoire bien courte pour ne pas trembler devant cette irrationalité stratégique. Si le vocabulaire politique ne veut plus rien dire aujourd’hui, alors, quel sens la démocratie pourrait-elle encore préserver demain ?

Éric Fassin, sociologue, enseignant à l’École normale supérieure, chercheur à l’IRIS. Article publié dans Le Monde.