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mardi 18 novembre 2008

L'UMP en crise, Sarkozy enlisé

✑ Une « démonstration d'unité face aux divisions du PS », telle se voulait l'Université d'été - pardon : le « campus » : chassez l'américanomanie, elle revient au galop - UMP, alors même que le ministre Xavier Bertrand brûle, en toute fraternité maçonnique bien sûr, de ravir le poste de secrétaire général à Patrick Devedjian et qu'une lutte au couteau oppose trois membres du gouvernement (Valérie Pécresse, Roger Karoutchi et Yves Jégo) pour l'obtention de la tête de liste UMP aux prochaines élections régionales dans l'Île-de-France, trois autres Excellences (Roselyne Bachelot, Christine Lagarde et Rachida Dati) se tenant de plus en embuscade pour tenter de conduire cette liste et ravir aux socialistes la région que le RPR leur avait offerte en 1998 puis en 2004 sur un plateau d'argent, par refus de s'allier au Front national. Les rivalités exacerbées entre caciques du mouvement n'épargnent d'ailleurs pas les « Jeunes populaires » dont plusieurs dirigeants avaient dénoncé au cours de l'été les «magouilles» et les «pressions» destinées à imposer à leur tête Benjamin Lancar, un familier de Jean Sarkozy. Lequel lorgne avec concupiscence sur la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine, le département le plus riche de France actuellement dirigé par Devedjian, décidément assiégé depuis que le président lui reproche de « ne pas savoir tenir ses troupes ». Mais est-ce la faute du seul député d'Antony si « les troupes », et leurs élus, se montrent déboussolés et parfois écœurés par les innovations et les reniements que, depuis l'« ouverture à gauche », ils ont été obligés d'avaler comme autant de couleuvres ? Ce qui s'est traduit par la fuite de près de la moitié des adhérents : selon Emmanuel Ratier, il ne resterait que 200 000 cotisants sur les 370 000 que comptait l'UMP en 2007, après la présidentielle.
✑ Malgré l'optimisme affiché, l'ambiance n'a donc pas été follement gaie les 5, 6 et 7 septembre à Royan, résultat d'un été riche en déceptions (croissance négative, explosion du déficit, accroissement des prélèvements et reprise du chômage frappant les jeunes, les femmes et les seniors... que l'on veut faire travailler plus longtemps !) et en faux pas de la part de l'Elysée. Que de bévues accumulées, en effet, de la préférence arbitraire accordée à l'affairiste Tapie à l'envoi de nouveaux renforts en Afghanistan (où 200 hommes du 38 RPIMA, que Sarkozy avait à Carcassonne traités d'« amateurs », viennent de partir) et de l'adoption du projet (socialiste) sur le Revenu de Solidarité active à la réforme des immatriculations ! Avec en apothéose, que n'auront pas réussi à faire oublier la grossesse surprise du garde des Sceaux et la « prestation » attendue de notre Première Dame en promo chez Drucker, l'ahurissante affaire de Porto-Vecchio : le préfet Dominique Rossi, patron des forces de sécurité en Corse, ayant été sèchement limogé pour ne pas avoir envoyé un escadron de CRS chasser dans l'instant une cinquantaine de nationalistes du jardin de la résidence de l'acteur Christian Clavier - membre il est vrai du premier cercle présidentiel - qu'ils ont très brièvement occupé le 30 août.
A l'envi, l'opposition a dénoncé le « fait du prince », ce qui est une sottise car même Louis XIV, au faîte de sa puissance, ne se débarrassait pas si aisément d'un grand commis qui lui avait déplu. Mais surtout, comment ne pas voir que le premier magistrat de France, qu'a tant indigné l'offense faite à son ami Clavier, tolère parfaitement, en revanche, l'occupation d'églises et de lieux publics par des immigrés clandestins et qu'il n'a pas jugé bon d'abolir les lois iniques protégeant les squateurs - eux aussi allogènes - de logements et privant de tout droit les légitimes propriétaires ou locataires - souvent modestes des biens ainsi spoliés ? Au demeurant, les mêmes « natios » avaient, entre autres actes de vandalisme gravissimes, incendié en janvier dernier le bureau du président du conseil exécutif de Corse. L'Elyséen n'avait pas réagi.
Ces destructions étaient-elles donc moins condamnables à ses yeux que l'invasion rigolarde de la villa Clavier, où aucun dégât ne fut commis ?
✑ Si encore les succès remportés sur le plan diplomatique compensaient ces errements... Avec la France de Sarkozy exerçant la présidence tournante de l'Union européenne, celle-ci allait, nous annonçait-on, parler d'une seule voix et s'ériger en Super-Grand. Or, après le sommet extraordinaire convoqué en urgence le 1er septembre à Bruxelles sur la situation dans le Caucase, c'est Moscou qui pouvait crier victoire : désunis, les Vingt-Sept avaient renoncé aux sanctions pourtant dûment annoncées par Kouchner, se contentant d'une « pause » dans les négociations sur leur « partenariat stratégique » avec la Russie. Et la visite de Sarkozy (accompagné de Barroso, président de la Commission européenne, et de Xavier Solana, le « ministre des Affaires étrangères » de l'Union, qui n'ont même pas eu droit à un pupitre dans la salle de presse) au président Dmitri Medvedev lundi dernier pour l'inciter à la « retenue » n'a guère été plus concluante : loin d'évacuer le port géorgien de Poti comme le lui demandait l'UE, le Kremlin avait le matin même de l'entrevue renforcé sa présence militaire... Toutefois, promis juré, les troupes russes évacueront la Géorgie dans un mois. Tel est l'engagement pris par Medvedev au grand soulagement de Sarkozy qui, « jouant sa crédibilité » (cf. L'Express), a estimé la rencontre « très fructueuse » bien que lui-même et Barroso aient tacitement entériné l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, ce qui importait au premier chef au Kremlin.
De même la visite de l'Elyséen à Damas les 3 et 4 septembre avait-elle été un échec. Certes, le président a raison de tenter d'accroître le poids de la France et de l'Europe au Proche-Orient mais en voulant absolument convaincre son homologue syrien de l'intrinsèque perversité de l'Iran et de la nécessité de rompre tout lien avec lui, ii s'est posé, consciemment ou non, en missus dominicus d'Israël et des Etats-Unis, et sa position, déjà fragilisée par son alignement sur Washington en Afghanistan, s'en est trouvée singulièrement affaiblie. Alors qu'était renforcée celle de la Turquie, conviée le 4 septembre à Damas, ainsi que le Qatar (dont l'influence ne cesse décidément de croître) à un sommet quadripartite, à l'issue duquel le Français a couvert de compliments le Premier ministre Recip Tayyip Erdogan, bien digne décidément d'intégrer l'Union européenne avec ses 70 millions de compatriotes - et le cortège de problèmes, ethniques notamment, légués par l'Empire ottoman.
✑ Selon le « principe de Peter », Jacques Chirac avait atteint son seuil d'incompétence en quittant la mairie de Paris pour l'Elysée. Tout indique que son successeur, formidable candidat mais lamentable chef d'Etat, a pris le même chemin si bien que le nombre de Français lui refusant leur confiance ne cesse d'augmenter (55 % selon le baromètre CSA/LeParisien du 5 septembre, soit 4 nouveaux points perdus en un mois). Est-ce pour éviter reproches, voire huées, qu'il a snobé le « campus » de l'UMP, se contentant d'y envoyer le rappeur Doc Gynéco comme « consultant »? Sans doute les inestimables Bernard Tapie et Christian Clavier n'étaient-ils pas libres.
✍ RIVAROL .

mercredi 8 octobre 2008

L'armée fusillée par Sarkozy

Chaque fois que les pouvoirs publics évoquent la modernisation ou l'adaptation d'une structure, d'une entreprise ou d'un secteur, on peut craindre le pire. Et en effet, présentant le 17 juin le Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale Porte de Versailles à Paris devant quelque 3 000 militaires, gendarmes, policiers et responsables de la sécurité civile au garde-à-vous, Sarkozy s'est voulu rassurant, se disant « garant de la défense des intérêts vitaux et stratégiques de notre pays » et affirmant avoir pour objectif que « notre pays reste une puissance militaire et diplomatique majeure, prête à relever les défis que nous confèrent nos obligations internationales, et celui que l'Etat assure l'indépendance de la France et la protection de tous les Français ».
SAIGNÉE DANS LES EFFECTIFS
Pourtant ce discours présidentiel est à marquer d'une pierre noire pour l'armée française. En effet, le chef de l'Etat a annoncé une réduction de 54 000 postes civils et militaires de la Défense, soit une baisse de plus de 16 % étalée sur « six ou sept ans ». Les effectifs de l'armée de terre vont diminuer de 17 %, ceux de l'armée de l'air de 25 % et ceux de la marine de 11%. Quant à la gendarmerie, elle sera rattachée au ministère de l'Intérieur dès le 1e janvier 2009.
Cette décrue sans précédent des effectifs - que nous avions prévue dans l'éditorial du 25 janvier titré : « Avec Sarko la Défense à la casse » - se traduira par la dissolution de dizaines de régiments et de bases aériennes tandis qu'une cinquantaine de communes pourront voir disparaître toute présence militaire sur le sol. Certes, la liste définitive ne doit être connue que jeudi prochain, lorsque le ministre de la Défense, l'ectoplasme Hervé Morin, la présentera à ses troupes, mais d'ores et déjà la fermeture des bases aériennes de Cambrai, de Reims et de Colmar semble acquise même si le ministère n'a pas encore tranché entre l'abandon de Dijon ou de Luxeuil.
S'agissant de la marine, la décision de construire un second porte-avions est renvoyée aux calendes grecques, l'Elysée promettant de choisir d'ici à la fin du quinquennat, probablement pas avant 2011.
LA DÉFENSE, LA MAL AIMÉE DE LA Ve RÉPUBLIQUE
Cela fait longtemps que l'armée est le parent pauvre des gouvernements successifs. La Grande Muette est la mal aimée de la Ve République. De Gaulle l'a trahie de manière éhontée en 1958 en lui donnant l'assurance que la France resterait en Algérie tout en négociant secrètement avec le FLN. L'armée française ne s'est jamais vraiment remise de cette trahison initiale, les traditions militaires mettant l'honneur, la loyauté et le respect de la parole donnée au-dessus de toutes les vertus. Les successeurs de l'homme de Colombey ne manifestèrent guère plus d'égards envers les militaires. C'est sous François Mitterrand, Rocard étant à Matignon et Jospin rue de Grenelle, que pour la première fois dans l'histoire de la République le budget de la Défense ne représentait plus le premier poste de dépenses de la nation, l'Education nationale l'ayant détrôné. Ce déséquilibre n'a depuis cessé de croître et d'embellir.
En décidant en 1996 l'abandon de la conscription et la professionnalisation des années, Jacques Chirac avait drastiquement réduit les dépenses militaires tout en promettant à la Grande Muette que les réductions d'effectifs seraient largement compensées par le perfectionnement de leur équipement et la sophistication de leur armement. Mais jamais l'on n'avait démantelé à ce point notre outil de défense.
L'AUXILIAIRE DU NOUVEL ORDRE MONDIAL
Il est vrai que dans la logique mondialiste il ne s'agit plus de protéger la patrie mais de défendre les droits de l'homme selon les critères de l'OTAN et de l'ONU. Sarkozy a d'ailleurs achevé son discours Porte de Versailles en évoquant une France qui « jouera tout son rôle pour la défense de la paix et de ses valeurs », Déjà, dans ses vœux à la nation le 31 décembre dernier, il avait remercié les soldats français défendant dans le monde « nos valeurs ». Il n'est nullement question de la patrie. Il ne s'agit plus de défendre un territoire concret, charnel, ni une souveraineté - bradée à Bruxelles. Il s'agit de transformer nos soldats en bras armé de la nouvelle gouvernance mondiale, de mettre l'armée française au service de valeurs abstraites qui sont le cache-sexe de l'impérialisme américano-sioniste.
LE RETOUR DANS L'OTAN
Car, et c'est sans doute l'essentiel du discours sarkozien, l'alignement sur les Etats-Unis est total : Alors même que la Cour des comptes américaine (GAO) dénonçait le contrat de 35 milliards de dollars signé par le Pentagone avec Airbus-EADS pour la livraison d'avions ravitailleurs - et qu'avait contesté Boeing -, le chef de l'Etat a en effet confirmé sa volonté de réintégrer les structures du commandement intégré de l'OTAN que la France avait quitté sous De Gaulle en 1966. Le Livre blanc appelle en effet à une « relation transatlantique rénovée » et à une « pleine participation » de la France à l'OTAN. L'on voit bien que l'Union européenne n'est qu'un appendice de l'Oncle Sam, son serviteur zélé, la fameuse défense européenne dont on nous tympanise depuis des années n'étant là que pour masquer la totale inféodation à l'OTAN comme l'avait si souvent prédit Jean Deni-pierre dans nos colonnes.
Dans cette logique de soumission à l'Amérique, la France abandonne sans remords ses zones d'influence traditionnelles. En Afrique, la présence militaire sera ainsi allégée, voire supprimée comme en Côte d'Ivoire. Les Américains qui font tout pour nous écarter du continent africain peuvent triompher ! Le document préconise en effet une révision "radicale", pas moins, des accords de défense sur ce continent. Or, il ne faut pas oublier que la constante dans la géopolitique de la Maison-Blanche est de réduire le rôle mondial de notre pays, de détruire ses zones de force et d'influence, de contrecarrer ses intérêts économiques et géostratégiques. C'est ainsi que les Etats-Unis se sont acharnés à ce que nous perdions nos colonies, envoyant même des armes au FLN via la Tunisie en 1957.
La défense revue et corrigée par Sarkozy est appelée désormais à « se concentrer sur un axe géographique prioritaire », de la Méditerranée au nord de l'océan Indien. Ce qui justifie comme par hasard de nouvelles bases permanentes dans le Golfe. Comme si l'on se préparait à une guerre contre l'Iran ! Il est vrai que Sarkozy s'est déjà engagé en Angleterre, puis devant George Bush lors de sa récente visite à Paris, à augmenter fortement la présence militaire de la France aux côtés des Américains en Afghanistan.
Sans surprise la Maison-Blanche a « salué la nouvelle » de ce retour dans l'OTAN. Sarkozy a certes pris soin de préciser dans son discours que « nos forces armées resteront nationales » et que « la France ne placera aucun contingent militaire sous commandement permanent de l'OTAN en temps de paix », mais cela ne trompe personne. Le Front national et les souverainistes ont condamné cette inféodation aux Etats-Unis. Le Parti socialiste également. Son premier secrétaire François Hollande a ainsi jugé sur RTL « extrêmement grave » la décision du chef de l'Etat tandis que l'ex-ministre de la Défense Alain Richard estime, lui, que les conclusions du Livre blanc « sont définies non par une vision stratégique, mais par une logique budgétaire ». Mais de la part de la gauche il s'agit de réactions de tartufes car, comme l'écrivait Libération du 18 mai, « sur le fond du dossier les socialistes sont embarrassés. Ils reconnaissent que si Ségolène Royal avait été élue, ils auraient confié la direction de leur Livre blanc au même Jean-Claude Mallet, le conseiller d'Etat qui l'a dirigé pour le compte de Sarkozy. Confidence d'un socialiste : " Au final, notre document n'aurait pas été très différent. Sauf sur l'OTAN, où l'on aurait fait de l'idéologie et sur quelques aspects de sécurité intérieure." »
Ce qui prouve une nouvelle fois que l'UMP et le PS c'est bonnet rose et rose bonnet !
QUID DE L'IMMIGRATION ?
Par ailleurs, le Livre blanc fixe les « contrats opérationnels » des armées, c'est-à-dire ce que l'Etat attend des militaires en termes de capacités. Pour l'année de terre, il s'agit de pouvoir projeter 30 000 hommes à 7 000 ou 8 000 kilomètres de la France, en cas de coalition internationale (évidemment dans le cadre de l'OTAN). Dans le même temps, elle devrait garder, nous assure-t-on, une capacité de 5 000 hommes pour une autre opération extérieure et de 10 000 sur le théâtre national. Ce qui est bien peu lorsque l'on constate la multiplication des émeutes urbaines, de Villiers-le-Bel à Vitry-le-François, et l'explosion des zones dites de non-droit - plus d'une centaine en France. Hervé Morin a expliqué sur France 2 le 17 juin que la disparition de la menace soviétique justifiait une réduction des effectifs et du budget de la Défense. Mais c'est faire fi du caractère très instable et dangereux du monde actuel et surtout c'est nier la gravité de la situation à l'intérieur même du territoire national. Car les experts savent très bien que les émeutes de l'automne 2005 peuvent se reproduire, en bien pire, à tout moment sur l'ensemble du territoire. Aurait-on alors les moyens d'y faire face ? Sans oublier le fait que nos unités sont désormais très métissées, y compris chez les parachutistes dont plus d'un cinquième des effectifs sont allogènes. Au reste, il y a quelques mois, était paru dans Le Figaro un article très alarmiste évoquant le refus grandissant de soldats mahométans de se soumettre à la discipline militaire, de saluer le drapeau, leur propension à exiger des repas spéciaux et toute une série de dérogations, leur insistance à manifester au grand jour leur exécration de la France et des Français.
Preuve de la volonté sarkozienne de créer une année « de moitié », le Livre blanc qui, précisons-le, n'est pas un rapport d'experts mais l'expression de la volonté du chef de l'Etat - fixe le cadre budgétaire pour les douze prochaines années (2009-2020), à hauteur de 377 milliards d'euros. Un chiffre en très nette baisse si on le rapporte au Produit intérieur brut. « Pensions comprises, nous sommes aujourd'hui à 2,3 % du PIB. Au terme du processus, nous serons à 2 % » explique-t-on à l'Elysée. Comme quoi si l'on se soumet aux Etats-Unis, en revanche on ne les imite pas dans l'importance qu'ils accordent à la Défense, le budget américain des armées dépassant largement 3 % du PIB. En revanche, on adopte leur vocabulaire. Le Livre blanc comprend ainsi un volet « sécurité nationale », concept d'importation américaine qui n'existait pas dans les deux précédents Livres blancs de 1972 et de 1994.
ATTENTION A LA COLÈRE DES LÉGIONS ?
Même si elle est tenue à un devoir de réserve, l'armée s'inquiète beaucoup des desseins du chef de l'Etat. Fait exceptionnel, un groupe d'officiers généraux et supérieurs des trois armées terre, air, mer, tenu à l'anonymat, critique fortement dans Le Figaro du 19 juin le Livre blanc en pointant notamment quatre incohérences majeures. La première, c'est que « l'Europe en général et la France en particulier diminuent leur effort de défense au moment même où chacun les augmente (les dépenses militaires mondiales ont progressé de 45 % en dix ans) », La seconde, c'est de ne pas tenir compte de « l'évolution de la conflictualité, le paradigme de la "guerre industrielle" (entre arsenaux étatiques) ayant été remplacé par celui de la "guerre bâtarde ", le plus souvent "au sein des populations", ce qui exige à la fois des forces terrestres plus nombreuses, une capacité de projection aérienne et navale plus affirmée, une réorientation des programmes en conséquence ». Troisième incohérence : « Nous revenons dans l'OTAN, avec une capacité militaire affaiblie, et tout en y revendiquant des postes de commandement. Nous prétendons faire de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) un dossier majeur du renforcement de la défense européenne sous présidence française, et nous baissons la garde au moment où nous souhaitons entraîner nos partenaires vers un renforcement de la défense européenne. Mais surtout, nous abandonnons aux Britanniques le leadership militaire européen, alors que nous connaissons la nature particulière de leurs relations avec les Etats-Unis. La France jouera désormais dans la division de l'Italie. Il est inutile de se payer de mots. » Quatrième incohérence : alors que nous avons « la certitude de nous engager vingt fois en Afrique dans les années qui viennent, pour y éviter des catastrophes humanitaires ou assurer l'évacuation de nos ressortissants ( ... ), nous affaiblissons de manière définitive notre positionnement, avec ce paradoxe que nos abandons vont conduire mécaniquement à un accroissement du nombre de crises que nous ne pourrons plus prévenir et dans lesquelles nous ne pourrons intervenir qu'à un coût incomparablement plus élevé. »
Difficile d'être plus sévère. Mais Sarkozy, qui se moque éperdument de la France, ne s'inquiète nullement de l'avenir de son armée. Dans le schéma mondialiste, les fonctions régaliennes de l'Etat (la police, l'armée, la justice) deviennent caduques ou à tout le moins subsidiaires.
A quoi en effet sert une armée s'il n'y a plus de patrie à défendre, de sol à protéger, de frontières à contrôler, si l'on ne sait plus ce qu'est la France et si l'Europe que l'on prétend construire n'est en réalité que le laboratoire et l'antichambre d'une gouvernance planétaire dirigée par Israël, ses alliés et ses zélotes ?
Jérôme BOURBON, Rivarol du 27 juin 2008

jeudi 2 octobre 2008

Blair a-t-il coulé Sarkozy ?

LE premier ministre britannique Gordon Brown parle de "déception", la presse de "déroute", voire de "massacre" : aux élections locales du 1er mai, en Angleterre et au Pays de Galles, les travaillistes au pouvoir depuis 1997 n'ont obtenu que 24 % des suffrages, devancés de très loin par les conservateurs (44 %) et même, humiliation suprême, par les libéraux-démocrates (25 %). S'il s'était agi des législatives, prévues pour 2010, les Tories auraient été hégémoniques à la Chambre des Communes.
Commentant ce résultat, nos média l'attribuent à quelques mesures fiscales récentes et, surtout, au « manque de charisme » de Brown. Mais celui-ci ne paie-t-il pas les années d'erreurs et de mauvais choix du flamboyant Tony Blair, qu'il n'a remplacé qu'en juin dernier ? Or, jusqu'à son départ du 10 Downing Street, toute notre classe politique avait les yeux de Chimène pour Tony Blair dont Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy se disputèrent les faveurs et le parrainage pendant toute la campagne présidentielle. A peine arrivé à l'Elysée, le second avait d'ailleurs rompu avec la tradition selon laquelle la première visite du chef de l'Etat français est réservée au chancelier allemand pour rencontrer le 16 mai 2007 le Premier ministre britannique, affirmant devant les caméras : « J'ai une très grande amitié depuis longtemps pour Tony Blair, qui n'est pas simplement une question de proximité politique. Tony Blair est un homme que j'apprécie humainement parlant. Je peux dire que c'est un ami. » Au point d'en faire en janvier 2008 l'invité d'honneur du congrès de l'UMP où à la tribune, l"'ami" se fit le chantre de la mondialisation, proclamant que s'opposer à cette évolution irréversible était « aussi vain que de demander aux provinciaux d'aimer les Parisiens ». Et le Britannique de féliciter le Français de s'être montré « très énergétique » dans sa manière de mener les "changements" et "ruptures" que, bon gré mal gré, doit subir notre pays pour entrer dans l'ère glorieuse du « village global ». Ravi du compliment, Sarkozy assurait en retour Tony Blair que la France et l'Europe avaient « besoin de lui ». Pourquoi pas comme futur et premier président de l'Union européenne, poste prestigieux prévu par le traité de Lisbonne ?
Traité dont les bases avaient justement été discutées lors de la rencontre du 16 mai, à l'issue de laquelle Sarkozy avait célébré en Blair l'homme politique modèle, celui qui « a montré que l'on pouvait obtenir le plein emploi et qui a profondément modernisé son pays, qui a su rassembler des majorités au-delà de sa propre famille politique pour obtenir des résultats importants ».
Moins d'un an plus tard, au vu des résultats non pas "importants" mais calamiteux du New Labour, l'Elyséen qui a lui-même été humilié lors des élections locales et qui le reste semaine après semaine dans les sondages est-il toujours persuadé d'avoir choisi le bon modèle ? Car si le Royaume-Uni a longtemps fait figure de premier de la classe en matière économique (au prix d'ailleurs du sacrifice de son industrie, la Grande-Bretagne n'étant plus qu'une société de services), son inféodation politique et financière aux Etats-Unis a fini par lui être fatale : le chômage et les prix repartent à la hausse et le pouvoir d'achat à la baisse, les transports et le système de santé victimes du libéralisme sauvage ( « la liberté du renard dans le poulailler ») font toujours plus de mécontents parmi une population paupérisée qui, en outre, ne pardonne toujours pas au « caniche de Bush » de l'avoir précipitée dans le guêpier irakien en en rajoutant sur les mensonges éhontés répandus par la Maison Blanche pour légitimer l'invasion de 2003. Plutôt que d'en découdre avec les chiites à Bassorah, les boys n'auraient-ils pas été plus utiles dans le "Londonistan" livré aux islamistes les plus radicaux, ce que les travaillistes ont payé très cher le 1er mai ? Et à quoi sert de se battre contre les Taliban en Afghanistan quand, dans le nord de l'Angleterre, des municipalités dirigées par des Pakistanais intégristes favorisent un fondamentalisme dont l'avocate Cherie Blair a défendu les "droits" devant les tribunaux ?
Certains s'étonnaient que le fringant Tony cède finalement la place à Brown après avoir si longtemps résisté. Peut-être sentait-il monter l'orage et se doutait-il que les prochaines élections seraient désastreuses pour son parti. Mieux valait donc prendre du champ, multiplier les conférences payées 250 000 dollars cash et accepter en juillet 2007 la présidence du "Quartette" chargé d'« arriver à la paix et à la stabilité au Proche-Orient en aidant les Palestiniens à bâtir un Etat ou aller au-delà en facilitant un large dialogue entre les parties ». Beau programme dont, soit dit en passant, nul ne parle plus. Ce qui laisse songeur sur les capacités de Blair à présider l'Europe comme le voulait absolument Sarkozy.
Celui-ci a fêté mardi sa première année à la tête de la France. Année perdue en coups de cœur, coups de pub et coups de gueule, les seules réformes adoptées, les seules initiatives prises ayant été des mauvais coups contre la France, qu'il s'agisse de l'ouverture à gauche, de la ratification du traité de Lisbonne, de la loi Hortefeux ou de l'alignement atlantiste. Les prochains scrutins seront-ils aussi catastrophiques pour l'UMP qu'ils l'ont été le 1er mai pour le New Labour ? En guise de gâteau d'anniversaire, le chef de l'Etat a eu en tout cas son content de soupe à la grimace, entre la fronde et la grogne de ses députés de plus en plus hostiles à ses réformes institutionnelles, et le sondage CSA pour Marianne selon lequel 29 % seulement des Français souhaitent le voir briguer un second mandat. 55 % brûlant au contraire de le voir débarrasser le plancher.
RIVAROL, du 9 mai 2008
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mardi 30 septembre 2008

Bilan globalement négatif

CE n'est pas tous les jours qu'on se sent rajeunir. Il faut donc remercier Nicolas Sarkozy pour son numéro télévisé du 24 avril. On attendait l'hyperprésident mûri par l'exercice du pouvoir et les épreuves (il a reconnu quelques "erreurs" pour assurer tout aussitôt qu'elles étaient vénielles au regard de ses prodigieuses réussites), on eut le candidat - apôtre de la " valeur travail ", chantre de l'identité nationale, terreur de la voyoucratie et des clandestins allogènes - qui semblait invincible et en effet le fut. Le député UMP Lionnel Luca souhaitait que le chef de l'Etat « retrouve l'esprit de la campagne présidentielle : l'enthousiasme, le volontarisme et l'humilité ». Il a été entendu, au moins par éclipses, mais nous ne sommes plus en campagne, et la magie s'est dissipée, tout comme la fiction du couple idéal que Nicolas formait l'an dernier avec Cécilia - au fait, qu'est devenu le petit Louis, élément essentiel du plan marketing de 2007 ? Vit-il à Dubaï avec sa mère et le nouveau mari d'icelle ou à Paris avec son père ? Questions intéressantes mais que les journalistes se sont poliment abstenus de poser, se contentant de l'assurance donnée par le président que, dans sa « vie privée », « tout était rentré en ordre ».
L'émission s'intitulait « En direct de l'Elysée ». « 100 minutes pour convaincre » eût été un titre plus adapté, à ceci près que Sarkozy n'a convaincu que ceux qui, telle Nadine Morano tout heureuse d'avoir reçu un maroquin, avaient envie de l'être. Car dans ce bilan, les impasses ont alterné avec les mensonges, voire les énormités comme cet interminable développement sur l'impossible naturalisation des clandestins alors qu'on l'interrogeait sur leur régularisation. L'ancien avocat ignore-t-il à ce point le droit, ou s'est-il simplement projeté dans un avenir proche, les régularisés de demain étant les naturalisés (et donc les électeurs) d'après-demain ?
QU'IL y ait de la déception, qu'il y « ait des attentes, qu'il y ait des problèmes, qu'il y ait des difficultés, non seulement je le sais, je l'entends mais je m'y étais préparé », a notamment déclaré le chef de l'Etat. Mais, alors, pourquoi dit-il avoir été surpris en août par l'envolée du prix des hydrocarbures et la crise américaine des subprimes, qu'il accuse d'avoir, ainsi que la cherté de l'euro par rapport au dollar, torpillé sa politique de relance économique alors qu'il s'était voulu « le président du pouvoir d'achat » ? Outre qu'on n'a pas le souvenir que le très européiste Nicolas Sarkozy ait jamais été hostile à la monnaie unique, l'épuisement des énergies fossiles est un fait avéré : le 26 janvier 2001, le n° du 50° anniversaire de RIVAROL contenait un cri d'alarme à ce sujet, et il est du reste bien dommage que le candidat vedette de 2007 n'ait pas été un lecteur assidu de notre hebdomadaire car il aurait su depuis deux ans au moins à quoi s'en tenir sur l'inéluctable éclatement de la bulle immobilière états-unienne. A qui fera-t-il croire d'ailleurs qu'ayant pris pour conseillère puis ministre des Finances l'une des avocates d'affaires les plus réputées d'outre-Atlantique en la personne de Christine Lagarde, il ait tout ignoré des turbulences qui, au-delà de l'Hyper-puissance, allaient ébranler le monde et plomber durablement la croissance ? Si le parler-vrai s'imposait, c'était bien dans ce domaine au lieu de persuader les Français qu'il leur suffirait d'élire Nico l'Enchanteur pour entrer dans une ère de prospérité.
ET bien sûr de sécurité. Sur l'immigration, remise au premier plan de l'actualité par l'affaire des sans-papiers cuistots ou serveurs et dont l'expulsion « tuerait le tourisme » si l'on en croit les syndicats patronaux de l'hôtellerie curieusement alliés de la CGT, le président était très attendu et il a retrouvé les accents du candidat pour rappeler avec bon sens que la France entretenait déjà 22 % de chômeurs immigrés susceptibles d'accomplir les besognes dont les Français sont censés ne plus vouloir, et marteler que, voulant éviter « un appel d'air », le gouvernement ne procéderait pas à une régularisation massive mais agirait « dans le respect de la loi ». Dont ,il se garda bien de préciser qu'elle donne depuis novembre 2007 aux préfets une très large latitude pour régulariser « au cas par cas ». L'ennui étant que chaque "cas" s'ajoutant aux autres dans une parfaite opacité, on aboutit à une régularisation globale.
Nicolas Sarkozy peut bien s'enorgueillir des 22 000 expulsions réalisées selon lui pendant l'année écoulée, cela ne règle en rien le problème lancinant du demi-million de clandestins allogènes, véritable armée d'occupation renforcée bon an mal an par 30 à 100 000 supplétifs. Qui ne contribuent pas peu au climat de violence. Or, sur ce point aussi les journalistes interrogeant le chef de l'Etat se sont montrés d'un tact exquis, n'abordant pas une fois ce sujet dont le traitement volontariste fut pourtant l'une des clés de la victoire du candidat UMP. Or, l'échec en la matière est patent : le jour précédent sa prestation télévisée, une sexagénaire avait été poignardée à mort par un clandestin asiatique (normal : elle avait refusé de lâcher son sac) près des Buttes-Chaumont et, au moment même où il parlait, une vingtaine de Jeunes encagoulés lapidaient - et blessaient trois policiers patrouillant à Villepinte, dans cette Seine-Saint-Denis toujours aussi explosive un an après l'élection du Rambo à Kârcher. Qui, incapable d'assurer une sécurité minimale à ses sujets, envoie en revanche un bataillon supplémentaire en Afghanistan, pour montrer de quel bois il se chauffe aux Taliban, coupables d'attenter aux droits de l'humanité en obligeant les femmes à porter la burqa et en privant les petites filles d'une scolarité normale. Mais, à ce compte-là, il faudrait envoyer paras et légionnaires guerroyer aussi dans les Emirats, en Arabie saoudite et surtout dans l'Irak "libéré" où le deuxième sexe, privilégié sous le "tyran" Saddam Hussein qui lui avait ouvert toutes les portes (université, justice, diplomatie, Parlement), est retombé en servitude.
ENCORE une fois, on admirera la complaisance des journalistes, étonnamment discrets sur le virage atlantiste du chef de l'Etat - dont cela constitue la seule véritable "rupture" avec ses prédécesseurs - pourtant aussi spectaculaire que lourd de conséquences.
De même ont-ils avalé sans broncher la tirade antiturque de Sarkozy, lequel a répété que s'il ne voyait pas la nécessité de consulter les Français sur l'entrée de la Croatie dans l'Union européenne, il organiserait au contraire un référendum sur l'adhésion d'Ankara. Mais les négociations avec l'ex-Empire ottoman ne seront finalisées que dans une dizaine d'années, autrement dit quand Sarko aura cédé la place. Sa solennelle promesse ne l'engage donc nullement ! En revanche, sa révision constitutionnelle donnant au chef de l'Etat le choix entre un vote du Congrès et un référendum pour l'élargissement de l'Europe laissera la voie libre à son successeur pour la solution la plus scélérate.
Comment expliquer que pas un de nos confrères n'ait soulevé ce point essentiel ? Que pas un ne se soit étonné quand l'Elyséen a souligné que l'une des principales raisons de courtiser éhontément la Chine est que ce « grand pays » siège au Conseil de sécurité de l'ONU où il peut empêcher d'accéder à la maîtrise nucléaire l'odieux Iran, « qui menace l'existence de l'Etat d'Israël » ?
LE 6 mai 2007, les Français avaient cru élire un président qui les protégerait de la "racaille" et des prédateurs industriels, qui défendrait bec et ongles leur gagne-pain et qui, pour préserver l'avenir de leurs enfants et celui du pays, irait « chercher avec les dents le point de croissance » dont on attendait miracles. Ils se sont donné un apparatchik du Nouvel Ordre mondial dont « l'existence de l'Etat d'Israël » et le réalignement sur l'Oncle Sam sont les priorités en politique étrangère, la « discrimination positive » en matière raciale étant le mot d'ordre sur le plan intérieur, avec l'inféodation à la Pensée dominante, incarnée par Jacques Attali, et l'acceptation de la dislocation de pans entiers de notre économie, que va aggraver, sous prétexte d'amélioration du fameux pouvoir d'achat, la multiplication des supermarchés, gros consommateurs d'importations en tout genre.
« Sarko pire que Jacquot ? » s'interrogeait RIVAROL le 13 avril 2007. Un an, pas mal de sondages de plus en plus négatifs et autant de couacs gouvernementaux plus tard, la cause est entendue. Par quelle malédiction - ou plutôt par quelle dégénérescence sommes-nous condamnés sous cette Ve République, dont on célébrera fin septembre le cinquantenaire, à aller depuis Georges Pompidou de président-Charybde en président-Scylla ?
RIVAROL. . du 2 mai 2008

jeudi 11 septembre 2008

Dépénalisation du droit des affaires

Un cadeau fait aux banksters ?
SCANDALE de la Société Générale, délits d'initiés autour d'EADS, centaines de millions d'euros en liquide transitant par les caisses du MEDEF...
Quelle était l'urgence, face à la multiplication de ces comportements délictueux qui franchissent allègrement les frontières de toute décence, à l' heure où le Premier ministre reconnaît l'« état de faillite » de la France, tandis que le président admet que « les caisses sont vides » et où l'on s'apprête à demander au bon peuple de nouveaux efforts de "rigueur" et de "solidarité" (comprendre : moins de pouvoir d'achat et plus d'impôts... )?
Dépénaliser le droit des affaires bien sûr ! C'est-à-dire lutter contre « une pénalisation excessive de la vie économique qui produit des effets pervers et pèse sur l'attractivité économique de la France » comme le précise la lettre de mission confiée par la gouvernance Sarkozy à un aréopage de magistrats et de personnalités du big business (dont le directeur juridique de la Société générale et son avocat pénaliste, prière de ne pas sourire... ) chargé de plancher sur cette cruciale et urgente question.
Difficile de ne pas voir dans l'existence de ce « groupe de travail », qui a rendu son rapport le mercredi 20 février, la satisfaction de l'une des exigences du lobby des affaires qui cornaque notre coruscant président et se montre avec lui d'une très grande générosité en matière de prêts d'avions privés et de résidences luxueuses.
En effet, quelles réalités dissimule-t-on derrière la rassurante phraséologie administrative et les prétendues « exigences d'efficacité » ?
Tout d'abord la remise en cause des règles de prescription en matière d'abus de biens sociaux, prétendu « cauchemar des chefs d'entreprise » (à condition qu'ils soient malhonnêtes oublie-t-on de préciser... ) car il est, dans les faits, quasiment imprescriptible. En effet, comme la plupart des autres délits financiers, il est théoriquement prescrit au bout de trois ans mais à cette différence près : le départ de la prescription démarre non pas au moment où le délit est commis, mais lors de sa découverte, qui peut intervenir bien des années plus tard.
Le groupe de travail propose donc de porter le délai de prescription de l'ABS à sept ans mais de fixer le point de départ de cette prescription à la date de la commission des faits délictueux, nonobstant les tentatives de dissimulation.
Voilà une mesure qui, sans aucun doute, « améliorerait sensiblement l'attractivité de notre économie », surtout auprès des entrepreneurs indélicats et des investisseurs peu regardants sur la légalité ou la moralité des méthodes employées pour assurer leurs bénéfices.
Deuxième point clef du rapport : le passage des poursuites pénales aux poursuites civiles, beaucoup plus onéreuses, car à la charge du plaignant, ce qui ne manquera pas de freiner le nombre de mises en cause, les plaignants n'ayant souvent pas les mêmes moyens financiers que ceux qu'ils attaquent. Par ailleurs la procédure civile est surtout « gage de discrétion », une discrétion dont semblent très avides les éventuels futurs poursuivis.
Bref, le rapport du groupe de travail, qui dépend des attributions de la surchargée Mme Rachida Dati (garde des Sceaux, candidate aux municipales à Paris, conviée au moindre déplacement à l'étranger de Nicolas Sarkozy), est un catalogue d'assouplissements et d'affadissements de notre législation qui semble prendre en compte exclusivement la position et les desiderata du mis en examen sans jamais se soucier du désir de transparence et de justice qu' exprime pourtant un peuple français de plus en plus écœuré par les dérives affairistes d'un pouvoir qui semble avoir remplacé la traditionnelle devise républicaine par « Argent, Rendement, Productivité ».
Comment, en effet, expliquer aux Français la nécessité d'un "allégement" de l'encadrement juridique des pratiques affairistes alors que les infractions financières ne sont déjà sanctionnées que par de très théoriques peines de prison (généralement du sursis), des amendes ridicules (plafonnées à 375 000 euros quand certains détournements peuvent atteindre le milliard) et que les « délits d'initiés » ne sont quasiment jamais condamnés, bien que souvent poursuivis pénalement, faute de preuves tangibles en amont ?
Exemple récent : on semble se diriger vers un abandon total des charges et poursuites à l'encontre des cadres d'EADS qui avaient opportunément revendu pour plusieurs millions d'euros d'actions juste avant l'annonce des mauvais résultats de leur entreprise.
Ainsi, les ouvriers licenciés à la suite du gigantesque gâchis causé par une gestion désastreuse qui, abjecte paradoxe, a rapporté des bénéfices colossaux à ses responsables, apprécieront sans doute à sa juste valeur l'impératif sarkoziste d'assurer toujours plus d'impunité à ces voyous en col blanc.
Mais le « président rolex » a semble-t-il besoin d'une justice à sa mesure... laxiste et complaisante envers les requins jamais rassasiés de la finance internationale.
Xavier EMAN. RIVAROL du 29 février 2008

mardi 9 septembre 2008

Commerce extérieur : les fiascos de Sarko

Le gouvernement tablait sur un déficit de 31,7 milliards d'euros seulement dans nos échanges commerciaux l'an dernier (contre 28,238 milliards en 2006) mais la réalité est plus sinistre encore puisque le déficit commercial a battu eu 2007 un nouveau record : plus de 39 milliards d'euros ! Résultat, allègue-t-on en haut lieu, de l'euro fort et du ralentissement des exportations industrielles, notamment automobiles. Certes, mais pourquoi l'Allemagne, membre elle aussi de la zone euro, s'attend-elle au contraire à un excédent record, proche de 200 milliards d'euros ? Et pourquoi l'Italie, autre pays de l'Euroland , a-t-elle réussi sur un an, malgré son instabilité politique, à réduire son déficit de 28 à 10 milliards d'euros seulement ?
DES VOYAGES SABOTÉS
Evidemment en cause : le « problème de compétitivité » de la France et son manque de dynamisme comme le secrétaire d'Etat chargé du Commerce extérieur, Hervé Novelli, a été obligé de le reconnaître le 7 février, encore qu'en usant de périphrases: « C'est la dégradation du solde industriel hors énergie qui explique pour une large part la dégradation du déficit commercial ... Sur la dizaine de milliards d'euros de dégradation entre 2006 et 2007, plus de neuf viennent de l'automobile et des biens intermédiaires. » Seul, en effet, le secteur agro-alimentaire tire son épingle du jeu, avec un excédent record de l'ordre de 9 milliards d'euros.
Depuis des années, le candidat Sarkozy - ministre des Finances en 2004 - critiquait la pusillanimité et le caractère brouillon des initiatives en matière de commerce extérieur et annonçait que, lui élu, on verrait le changement. Certes, dans un tel domaine, un changement de politique se constate à long terme mais les sept mois de présidence Sarkozy n'auront nullement amélioré la situation en 2007. Année pendant laquelle la France, jusque-là troisième fournisseur de la Hongrie, par exemple, est passée à la cinquième place. Comment expliquer un tel recul alors que l'actuel président de la République est, à l'époque contemporaine, le premier Magyar porté au pouvoir hors de ses frontières ?
A l'évidence, Sarkozy de Nagy-Bocza n'a pas su exploiter cet avantage inestimable (mais il lui aurait fallu pour cela passer ses vacances sur les bords du lac Balaton au lieu de filer aux States pour y parader avec la jet-set de Wolfeboro), de même qu'il a littéralement saboté ses déplacements en Inde puis en Roumanie.
Réduit de quatre jours à 37 heures, son voyage à New Delhi - où le programme préparé de longue date a été sabré par le visiteur - a ainsi profondément déçu et surtout vexé les Indiens, qui, par représailles, n'ont signé aucun contrat, préférant s'adresser à Berlin et à Rome pour la modernisation de ce pays continent, peuplé de 1,2 milliard d'habitants et où tant reste à faire. Et Sarkozy a osé imputer à notre ambassadeur en Inde, M. Bonnefond, la responsabilité de cet échec !
PAS DE MINISTRE MAIS LE PÈRE DE LA MARIÉE
Même fiasco à Bucarest où le président. qui devait rester deux jours, a passé quatre heures à peine, au motif qu'il était très pris par la préparation de la présidence française de l'Union européenne ... au second semestre ! Un prétexte qui n'a évidemment trompé personne. Et qui a été d'autant plus mal pris par les Roumains, naturellement susceptibles, qu'une méfiance séculaire les dresse contre les Hongrois - ce qu'est pour eux Sarkôzy, au moins par le nom.
Preuve d'ailleurs qu'il n'attachait aucune importance à cette escale, il ne s'était fait accompagner que de six personnes, dont un seul ministre ou plutôt un simple secrétaire d'Etat (aux Affaires européennes), Jean-Pierre Jouyet.
En revanche, et cela a plongé dans la stupéfaction aussi bien les dirigeants roumains que les journalistes français, le président était escorté de l'Italo-Brésilien Maurizio Rommert, le père biologique de sa nouvelle épouse Carla Bruni Tedeschi, dont il a exigé la présence lors des cérémonies et sur les photos officielles.
Le Turinois Rommert aurait-il des racines roumano-bessarabiennes comme Aron Chouganov alias Ciganer, le défunt père de Cécilia ? Ce magnat du BTP carioca avait-il convaincu son gendre de l' introduire auprès des décideurs économiques roumains ?
Si tel était le cas, on aurait préféré que le chef de l'Etat roulât pour la France plutôt que pour son beau-père. Et l'on espère surtout que la prochaine fois qu'il se déplacera à l'étranger, il mettra plus de cœur à défendre le pays qui l'a élu après avoir accueilli et naturalisé ses parents.
Jacques LANGLOIS. Rivarol du 15 février 2008

lundi 7 janvier 2008

Le plan banlieues de Fadela Amara : une imposture

2008 devrait nous éclairer davantage sur le vrai visage de Nicolas sarközy puisque Fadela Amara, secretaire d'Etat à la politique de la ville, doit présenter le 22 janvier son plan banlieues. or d'après ce que nous savons de ce "Plan respect et égalité des chances", les mesures proposées ne font qu'aggraver la politique manée par les différents gouvernements depuis plusieurs décennies en faveur des populations allogènes. Il s'agit de généraliser à tous les secteurs d'activités le principe de préférence étrangère rebaptisé discrimination positive. pour les Jeunes de cités, chouchous de leur République, sont d'ores et déjà prévues des aides de toutes sortes : soutien à la création d'entreprises (dont certaines seront forcement "parallèles"), séances de coaching, aide pour l'obtention du permis de conduire, création d'un fonds national de désenclavement des quartiers dits antiphase défavorisés et permettant la création de nouvelles lignes de bus, de tramways, voire la mise en place de taxis collectifs comme à Istanbul !

Le problème, c'est que toutes ces installations si dispendieuses peuvent à tout moment partir en fumée pour peu que les Jeunes qui ont la "rage" aient envie de s'amuser. comme ils l'ont fait un peu partout en France, et singulièrement à Strasbourg où l'on a compté plus de trois cents voitures brûlées, des abris bus endommagés et des touristes dévalisés pour la nuit de la saint Sylvestre dans ce qui constitue désormais une "nouvelle tradition" tendant à prouver toute l'affection vouée au pays d'accueil.

On ne sait rien à ce stade de la somme que coutera cet enième Plan Banlieues signé Amara mais les dizaines de milliards d'euros qui seront dépenséss en pure perte dans ce tombeau des Danaïdes ne feront qu'accroître la dette (1 200 milliards d'euros) et les deficits (43 milliards d'euros annuels) publics et pèseront sur les pensions et les salaires.

Source : Rivarol

dimanche 25 novembre 2007

"Sarko l'américain" : de l'amitié à l'alignement

PENDANT la seule journée du 6 novembre, sept soldats américains trouvaient la mort en Irak où 853 de leurs camarades sont tombés depuis le 1er janvier, ce qui fait déjà de 2007 l'année la plus meurtrière pour le corps expéditionnaire états-unien qui, depuis l'invasion de mars 2003, a perdu 3856 hommes. Auxquels il faut ajouter les centaines de "contractors" eux aussi tombés au combat, les sociétés étrangères mais aussi le gouvernement de Washington ayant toujours davantage recours à ces mercenaires, engagés en masse et à prix d'or, afin de rendre moins sensible le coût humain d'une guerre que George W. Bush avait promise fraîche et joyeuse et qui, en s'éternisant, est devenue odieuse à ses compatriotes, horrifiés par l'arsenal de mensonges déployé pour la légitimer.
Le même 6 novembre, l'Afghanistan subissait quant à lui l'attentat le plus sanglant commis - par un kamikaze - depuis l'intervention américaine et la chute du régime des taliban fin 2001 : à Baghlan, où des écoliers et leurs maîtres avaient été mobilisés pour accueillir une délégation de parlementaires, 75 personnes ont en effet été tuées dont plusieurs députés, 5 professeurs et 59 enfants. Les taliban ayant formellement démenti être à l'origine du massacre_qui pourrait être lié à des tensions tribales mais aussi à des rivalités mafieuses -, on mesure l'anarchie régnant désormais dans ce pays que la «guerre au terrorisme» lancée par représailles aux attentats du 11 septembre 2001 à New York était censée arracher à ses mauvais démons.

IRAK, Afghanistan, double échec. Plus patent que jamais. Mais c'est le moment précis qu'a choisi Nicolas Sarkozy pour aller faire allégeance au responsable du désastre et, discourant devant le Congrès des Etats-Unis d'Amérique en qualité de président, certes, mais surtout en tant qu' "expression du peuple de France", exalter «le rêve américain» qui « fut, dès les origines, de mettre en pratique ce que le Vieux Monde avait rêvé sans pouvoir le construire ». Et, ce faisant, « de prouver à tous les hommes à travers le monde que la liberté, la justice, les droits de l'Homme, la démocratie, ce n'était pas une utopie mais au contraire la politique la plus réaliste qui soit et la meilleure politique pour améliorer le sort de chacun », C'est le moment qu'il choisit pour encenser l'Amérique qui « s'est battue pour cette liberté à chaque fois qu'elle l'a sentie menacée », en 1917, quand elle a « secouru la France (. .. ) au moment où la France était épuisée dans la plus absurde et la plus sanglante des guerres », en 1944 quand elle est revenue « nous libérer de l'effroyable tyrannie qui menaçait de nous asservir ». Comme si l'Hyperpuissance n'avait pas depuis touché les dividendes, et au-delà, de ses interventions (d'ailleurs tardives, comme si elle avait attendu que les candidats au suicide collectif fussent agonisants pour agir) de 17 et de 44 ! Mais qu'importe. Estimant ne pas être allé encore assez loin dans la lèche, l'Elyséen joue encore et toujours de la brosse à reluire: « Les enfants de ma génération, en écoutant leurs pères, en regardant les films, en lisant les livres d'histoire et les lettres de vos soldats morts sur nos plages de Normandie ou de Provence, en visitant les cimetières où flotte la bannière étoilée, ont compris que ces jeunes Américains de vingt ans étaient des héros auxquels nous devions d'être des hommes libres et non des esclaves. L'Amérique nous a libérés. C'est une dette éternelle. Et en tant que Président de la République française, mon devoir c'est de dire au peuple d'Amérique que la France n'oubliera jamais le sacrifice de vos enfants, et (... ) que la gratitude de la France est définitive. » Tout comme la "dette" est imprescriptible.
On ne s'étonnera donc pas qu'avant de quitter son cher George Bush, Nicolas Sarkozy lui ait promis que « nous ne quitterons pas l'Afghanistan parce qu'il en va de la solidité et de la pérennité de notre alliance et parce que c'est le combat contre le terrorisme», et qu'il réfléchisse même «à la meilleure façon d'aider à l'émergence d'un Afghanistan démocratique», y compris « en donnant d'autres moyens, militaires ».

Faut-il rappeler que 1100 soldats français participent déjà à la Force internationale de stabilisation de l'Afghanistan où, a déclaré le chef de l'Etat, également chef des Armées, ils resteront «aussi longtemps qu'il le faudra» bien qu'ils aient déjà essuyé de lourdes pertes - parfois dans des circonstances abominables puisque éventrés vivants, cf. le Daily Mail du 1er octobre 2006 - car «ce qui est en cause dans ce pays, c'est l'avenir de nos valeurs et celui de l'Alliance atlantique» ? Un langage en totale contradiction avec celui tenu il y a sept mois à peine par le candidat à la présidence de la République, qui s'était dit favorable à un retrait de ces forces. Mais sans doute est-ce là sa conception de la "rupture". Comme on aimerait que le successeur de Chirac fût aussi soucieux de défendre «nos valeurs» dans les "quartiers" !
POUR comprendre l'alignement servile de l'actuel président français sur le clan neo-conservative et le lobby ayant mis les Etats-Unis en coupe réglée - « la perspective d'un Iran doté de l'arme nucléaire est inacceptable pour la France ... Nul ne doit douter de notre détermination », a-t-il également déclaré devant les parlementaires américains -, il faut évidemment prendre en compte son origine ethnique et son cursus. Le 25 octobre dernier, lors d'une cérémonie officielle, l'Américaine Karen Hugues, sous-secrétaire d'Etat chargé de la Diplomatie et des Affaires publiques, ne s'est-elle pas félicité du fait que « plus de 130 participants à nos programmes depuis 1945 soient devenus les leaders de leurs pays, y compris l'actuel Premier ministre de Grande-Bretagne [Gordon Brown], le président de la France [Nicolas Sarkozy] et le président de la Turquie [Abdullah Gül] ? »
Autrement dit: « Sarko l'Américain» a été formé par la diplomatie d'une puissance peut-être amie, mais étrangère. N'est-il pas surprenant qu'aucun média français n'ait fait écho à cette révélation? Il est vrai qu'à part Libération et France 3 (dans son journal méridien, information d'ailleurs supprimée le soir), aucun media n'a non plus rnentionné qu'à Washington, le petit-fils de Aaron Beneco Mallah a été le 7 novembre au matin l'hôte des organisations juives, dont l'American Jewish Committee, qui lui ont remis le très envié prix « Light on the Nation», ainsi nommé par référence au verset d'Isaïe (AT Is. 42-6), où l'Eternel dit à Israël qu'il le « prendra par la main (...) pour être la lumière des nations ».
Cette lumière exige aujourd'hui le bombardement de l'Iran, non plus pour la sauvegarde des seuls Israéliens mais « au nom de tous les martyrs de la Shoah » comme l'a dit le Premier ministre Ehoud Olmert en visite à la Maison-Blanche après son passage du 22 octobre à Paris où il avait été reçu par Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner.
Est-ce pour préparer l'opinion à la nouvelle agression d'un pays souverain, « au nom de tous les martyrs de la Shoah » et cette fois avec la participation de la France, auxiliaire extatique du « rêve américain », qu'a repris sur les petits et grands écrans (avec deux émissions sur Bousquet, une autre sur les habiroux en France, une quatrième sur un drame de la déportation et, au cinéma, le tintamarre autour d'un film sur Barbie) un matraquage que ne justifie aucun anniversaire, alors que Sarkozy candidat s'était déclaré hostile à toute repentance? La question mérite en tout cas d'être posée. Peuple averti en vaut deux, et les salariés du service public qui font grève, inquiets de l'avenir de leur régime spécial de retraites, devraient nourrir bien d'autre sujets d'angoisse.
RIVAROL nov 2007

vendredi 12 octobre 2007

Sarkozy veut supprimer le référendum sur la Turquie !

SI SARKOZY a feint pendant sa campagne présidentielle d'endosser certaines thématiques du Front national, adoptant quelques slogans et formules lepénistes, il s'est en revanche bien gardé de reprendre à son compte la proposition frontiste de développer l'usage du référendum et d'en étendre le champ d'application. Pour un homme qui fait volontiers dans le populisme, mélange de Tapie et de Berlusconi, cette omission est tout sauf l'effet du hasard. En valet du mondialisme, Sarkozy sait bien qu'il est beaucoup plus prudent de faire entériner les réformes par la voie parlementaire, avec des godillots votant comme un seul homme selon la consigne du parti, que par la voie référendaire.

VERS L'ABROGATION DE L'ARTICLE VOULU PAR CHIRAC

Déjà, le 20 novembre 2003, dans l'émission de France 2 Cent minutes pour convaincre, Sarkozy s'était d'ailleurs prononcé en faveur de la ratification parlementaire du traité constitutionnel européen de Giscard au motif que c'était un texte compliqué pour le grand public ! De même, dès qu'il a présenté son projet de mini-traité, puis de traité simplifié, il a expliqué qu'il soumettrait ce nouveau document à l'approbation des députés et sénateurs réunis en Congrès et non aux électeurs.
Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que le chef de l'État soit favorable à la suppression de l'article 88-5 de la Constitution qui prévoit que toute nouvelle adhésion d'un État à l'Union européenne doit être soumise à référendum. On se souvient que Jacques Chirac avait employé cette astuce en 2005 pour mieux faire passer la pilule des négociations entre Ankara et Bruxelles et faire accroire au peuple que l'adhésion de la Turquie à l'U.E serait soumise, « dans dix ou douze ans », à sa souveraine appréciation.
En faisant voter cet amendement à la Constitution, Chirac savait qu'il ne prenait aucun risque, son successeur pouvant aisément obtenir l'abrogation de cette disposition.
Or, il ne fait plus aucun doute que Sarkozy supprimera l'obligation du référendum pour toute nouvelle adhésion à l'UE. Le socialiste Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'État chargé des Affaires européennes après avoir été l'un des intimes du couple Hollande-Royal, s'est ainsi déclaré favorable à son abrogation pure et simple le 14 septembre alors qu'il était auditionné par la commission Balladur chargée de la réforme des institutions. Quelques jours plus tard, Bernard Kouchner allait dans le même sens, ajoutant que « le président souhaite aussi » la disparition de l'article 88-5. Enfin, Edouard Balladur, pourtant d'origine arménienne (Baladurian), ami très proche de Sarkozy, tient un langage identique dans Le Monde du 25 septembre: « A titre personnel, je serais assez partisan d'assimiler un élargissement de l'Union à une modification des institutions européennes, puisqu'il conduirait à une répartition nouvelle des droits de vote. Dès lors, pourquoi ne pas retenir la même procédure que pour un changement de la Constitution ? Le président aurait le choix pour ratifier le traité d'élargissement entre un référendum ou le vote du Congrès. Le comité en débattra. »
Difficile de voir dans ce tir croisé le simple effet du hasard. Interrogé sur la question, le président de la République s'est prudemment rangé derrière l'avis de l' ex-Premier ministre: « Quand Edouard Balladur aura rendu son rapport, j'aurai l'occasion de prendre position moi-même. »

IMPOSER L'ADHÉSION A UNE OPINION RÉCALCITRANTE

Billevesée, son choix étant déjà fait. La suppression du référendum obligatoire sert d'évidence à imposer à une opinion réticente l'entrée de la Turquie dans l'UE puisque Sarkozy, contrairement à son engagement pendant la campagne, ne refuse plus cette perspective. « La France ne s'opposera pas à ce que de nouveaux chapitres de la négociation entre l'Union et la Turquie soient ouverts dans les mois et les années qui viennent, à condition que ces chapitres soient compatibles avec les deux visions possibles de l'avenir de leurs relations: soit l'adhésion, soit une association aussi étroite que possible sans aller jusqu'à l'adhésion » avait déclaré Sarkozy le 27 août dans son adresse aux ambassadeurs, rompant par là avec ce qu'il avait clairement dit dans son débat d'entre-deux tours avec Ségolène Royal. Matamore, il avait alors assuré que jamais, au grand jamais il n'accepterait l'intégration du pays d'Erdogan à l'Union Européenne.
Comme le note le Front national dans un communiqué intitulé « Turquie: Sarko le candidat a promis - Nico l'Américain a menti », « L'intention de Nicolas Sarkozy de supprimer la procédure du référendum pour tout élargissement européen confirme le reniement cynique du Président de la République sur la Turquie. Après les manifestations d'intention de renforcer la présence française en Afghanistan ou de réintégrer totalement l'OTAN, ce projet de réforme constitutionnelle, absolument injustifié et antidémocratique, confirme la servilité atlantiste du locataire de l'Elysée. » « Un tour en bateau estival et un mauvais hamburger lors d'un pique-nique chez le président Bush, ajoute le mouvement de JeanMarie Le Pen, auront donc suffit à enterrer les déclarations vibrantes du candidat Sarkozy sur la Turquie "pays asiatique" et son fameux serment préélectoral "je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas, je ne vous décevrai pas" ».
Las, il n'est même pas sûr que la suppression du référendum, qui prouve l'insondable mépris du peuple qui l'a pourtant plébiscité, suffira à ouvrir les yeux des sarkocus.
Fabienne BALLARIN. RIVAROL 5 oct 2007

samedi 22 septembre 2007

Sarkozy à Alger: l'abaissement

IMAGE finale et caricaturale à la télévision de l'humiliante visite de Nicolas Sarkozy à Alger les 13 et 14 novembre: il enlace amoureusement Abdelaziz Bouteflika (enfin, Sarko a trouvé plus petit que lui !) après un entretien "amical" de quelques heures. A son tour, Boutef' se fend d'un communiqué sur la France et l'Algérie « condamnées à un avenir commun» et, après avoir avoué qu'il avait été « très malade », se vante d'en être sorti « d'une manière absolument fabuleuse ». Sans en remercier, notons-le, les médecins français du Val-de-Grâce qui sont quand même pour beaucoup dans le "miracle".
Faisons maintenant la synthèse de ce voyage dont Jean-Marie Le Pen s'est à juste titre indigné le 16 novembre sur France 2 en espérant qu'il dessillerait enfin des yeux des naïfs de l'UMP. A Alger, comme en a témoigné la presse locale, Sarkozy a été d'abord accueilli froidement, en raison des propos tenus en octobre 2005 sur les "racailles" de banlieue et la nécessité de les « nettoyer au Kärcher », le quotidien El Watan l' accusant même d'avoir « brouté sur les pâturages nauséabonds de l'extrême droite lepéniste ». Et, ce qui a été moins remarqué, lui reprochant son « soutien actif à l'Etat d'Israël » ...
Il a cependant été traité comme un chef d'Etat puisque, comme Mitterrand et Chirac avant lui, il fut autorisé à déposer une gerbe au monument des "martyrs" surplombant Alger - des "martyrs" qui avaient pu être en même temps des assassins et des bourreaux ... Mais Sarkozy salua leur mémoire avec émotion pour témoigner de sa « façon de respecter les Algériens ». Il y eut ensuite, après sa visite au cimetière français de l'ex-Saint Eugène (fort mal entretenu si l'on en juge par des images furtives sur le petit écran), cette scandaleuse déclaration sur le système colonial "injuste" suivi d'une référence énigmatique à « ces hommes et femmes qui, à côté, quelles que soient leurs origines, ont été victimes de cette injustice ». Colonisateurs et colonisés ainsi mis dans le même sac mais, pour les premiers, à condition de s'humilier et de cracher sur leurs ancêtres même si le président de l'UMP a reconnu que « les fils ne doivent pas payer pour leurs pères ».
A la veille du départ de Sarkozy, le Cercle algérianiste qui, par ses milliers d'adhérents, est la plus importante organisation des rapatriés, l'avait incité dans un communiqué à tenir au président algérien « un langage de vérité» sur le passé français de l'Algérie. Sur le terrain, on a vu les résultats. Loin de demander raison à son interlocuteur de ses propos insultants sur le "génocide" prétendument infligé par la France, Sarkozy a cautionné la vulgate FLN sous prétexte d'éviter « les paroles qui blessent ». Peu nous chaut qu'il n'ait pas été jusqu'à la "repentance", ou qu'il n'ait pas fait état du «traité d'amitié» dont le ministre algérien de l'Intérieur Zerhouni, en recevant son homologue hexagonal, a d'ailleurs précisé que, pour l'instant, il n'intéressait pas son gouvernement. Place à "l' amitie" et à sa « réalité quotidienne» ! Ce qui ne mange pas de pain. Car Sarkozy a accordé aux Algériens l'essentiel soit, comme nous l'annoncions dans notre n° du 10 novembre, l'accélération de la procédure d'obtention des visas. Encore que là-dessus, si l'on en croit Le Canard enchaîné, il y ait eu un os. Les services français (DGSE, DST, RG) s'étaient en effet inquiétés de la possibilité pour des milliers d'islamistes algériens repentis (officiellement) de venir librement en France où ils auraient eu les coudées franches pour reconstituer des réseaux. Averti et pas mécontent de faire un crocen-jambe à son numéro deux, même si, selon Le Nouvel Observateur, le voyage avait été préparé à l'Elysée, Dominique de Villepin lui aurait intimé par téléphone l'ordre de tenir bon sur ce sujet, l'accusant en privé« d'attitude irresponsable, prêt à lâcher sur les visas pour faire un coup politique ». Sarkozy-la-girouette (dixit Le Pen) s'est cependant incliné, les autorités algériennes lui ayant assuré (?) qu'elles nous fourniraient la liste des "indésirables" en France. A noter qu'à Alger, le candidat à la présidentielle a fait à la presse une déclaration de politique intérieure sur la candidature Ségolène Royal qui pour lui serait « tout bénéfice ». Propos indécents dans un pays étranger et de plus hostile. Il est vrai qu'à plusieurs reprises, Chirac avait fait de même. Mais ce n'est pas une excuse.
Le 15 novembre, la presse algérienne enterrait la visite de Sarkozy en minimisant ses résultats avec des commentaires du genre « beaucoup de bruit pour rien ». Sans doute une ruse car le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur a, volontairement ou non fait un pas de plus politiquement et moralement dans l'obéissance aux oukases d'Alger. Le comble, c' est que après certaines informations, Il disposerait dans les milieux dits rapatriés et harkis de petits télégraphistes qui s' activeraient pour lui apporter, lors de la présidentielle, les suffrages des patriotes « au cœur tricolore» comme disait feu le colonel Battesti. Si cela se confirme, nous en reparlerons.
Jean-Paul ANGELLELI. RIVAROL 2006








dimanche 5 août 2007

Sarközy trahit les handicapés

A plusieurs reprises, Nicolas Sarközy a fait des promesses très importantes aux personnes handicapées, mais aujourd'hui les handicapés doivent constater la triste réalité. Le Président ne tiendra pas les promesses du candidat.

Extrait du discours du 9 juin 2007 : "Au nom de la solidarité, je me suis engagé à revaloriser le montant de l'Allocation Adulte Handicapé".

Extrait de l'interview faire face et à part entière d'avril 2007 : "Il n'est évidemment pas acceptable que le montant de l'allocation pour adulte handicapé soit inférieur au seuil de pauvreté. C'est pourquoi je souhaite que le montant de cette allocation soit porté à 800 euros au moins."

Extrait de l'interview Le Parisien du 23 mars 2007 : "Les personnes handicapées doivent pouvoir vivre décemment, ce qui est actuellemnt impossible avec l'Allocation Adulte Handicapée (AAH) de 621 Euros. Il n'est pas acceptable que le montant de l'AAH n'atteigne même pas le seuil de pauvreté de 788 euros. Plus de 800.000 personnes sont concernés. Afin de remédier à cette situation, je propose de revaloriser l'AAH de 25%.

Voilà les promesses faites à plus de 800.000 Français. Certes, comme disait Charles Pasqua, "les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent". Mais Sarközy disait aussi : "Je tiendrai toutes mes promesses..."

En 2005, un complément d'aide a été crée, qui permet d'atteindre 80% du SMIC, mais pour moins de 20% des bénéficiaires de l'AAH. Depuis deux ans, la garantie de ressources des personnes handicapées créée par la loi de février 2005 est revalorisée au 1èr juillet, en plus de l'augmentation de l'AAH au 1er janvier (chaque année) et cela pour suivre l'indexation du SMIC. Cette année il n'y aura pas même cette indexation !

Honte à celui qui a trahi des milliers de blessés de la vie. Car l'AAH n'est pas une aide aux profiteurs du Système, aux protégés des clans et des castes, c'est un symbole de la Solidarité nationale envers ceux qui ne peuvent plus travailler, ou se réinserer professionnellement, non pas du fait de leur volonté mais tout simplement du fait des blessures physiques de la vie. Nicolas Sarközy montre ainsi son mépris des plus vulnérables.

La grande phrase de Sarközy a été "Travailler plus, pour gagner plus". Cela voulait-il dire que ceux qui ne peuvent plus travailler, du fait de leur santé défaillante, doivent être laissés sur le bord de la route ?

Source : Rivarol.

vendredi 20 juillet 2007

Sarközy-Fillon inspirent confiance au MPF

Le MPF vote la confiance à Sarkozy-Fillon

Les deux députés villiéristes de Vendée (Véronique Besse, non inscrite, et Joël Sarlot, apparenté au groupe UMP) ont voté la confiance au gouvernement Fillon à l’issue de la déclaration de politique générale du Premier ministre. En cela, ils se sont montrés davantage soumis au nouveau pouvoir que Nicolas Dupont-Aignan. Le député souverainiste de l’Essonne s’est en effet abstenu, à l’instar des quatre élus du MoDem (François Bayrou, Jean Lassalle, Thierry Benoit et Abdoulatifou Aly).

Il est vrai que Villiers et les siens ont toujours voté la confiance aux différents gouvernements de “droite”: Balladur en 1993, Juppé en 1995, Raffarin en 2002, Villepin en 2005 et donc Fillon en 2007. Dans ces conditions, le vicomte aurait pu s’abstenir pendant toute la campagne présidentielle de jouer à la rupture franche et radicale avec le système UMPS.

Rivarol, n° 2820 du 20 juillet 2007.
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Avec Sarközy, la délation citoyenne


Rivarol n° 2819 du 13 juillet 2007.
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Sarkö imperator

Petite chronique judiciaire par Claude Lorne

DE Mondial en Saint-Sylvestre, c’est toujours le même refrain : il faut attendre plusieurs jours, parfois plusieurs semaines, pour savoir combien ces réjouissances ont coûté en “incivilités” et en blessés. La dernière Fête de la Musique n’a pas manqué à la règle, qui s’est soldée par une centaine d’hospitalisations de Dunkerque à Barcelonnette, plusieurs centaines de vols et au moins un mort : un jeune père de famille marocain, tué de neuf coups de couteau à Bordeaux. Ouvrier dans le bâtiment, le malheureux, qui se rendait à l’aube à la gare, a été poursuivi par quatre ou cinq voyous qui, furieux de tomber sur un pauvre hère, se sont vengés en le saignant à blanc. Quand on vous dit que la musique adoucit les moeurs…

Israël : le tueur raciste est irresponsable…

A propos de surineur, peut-être vous demandez-vous ce qu’il est advenu du sympathique Parisien Julien Soufir qui, ayant fait son aliyah à Sion, y avait le 14 mai dernier attiré un chauffeur de taxi arabe dans un guet-apens puis l’avait égorgé, car il voulait “se payer un Arabe”. Rendant compte le 25 mai de ce meurtre emblématiquement raciste, RIVAROL prédisait que son auteur serait déclaré irresponsable. Gagné ! Ce fut en effet la conclusion des experts psychiatres lors de l’ouverture du procès de Soufir à Tel-Aviv, rapportait Actualité juive dans son édition du 21 juin où, à la page suivante, Me Jean-Louis Médina, président du CRIF-Isère, racontait la visite de quelques-uns de ses confrères dans l’Etat hébreu et soulignait combien “les avocats français ont été stupéfaits par la vigueur et la vivacité de la démocratie israélienne”.

… mais pas de pitié pour Priebke et Waldheim

Et Actu-J, qui s’indignait de voir les Palestiniens faire fi de la “présomption d’innocence” en ce qui concerne Soufir, de se scandaliser en revanche de la décision d’un tribunal militaire italien d’accorder une permission de sortie quotidienne à l’ancien capitaine SS Priebke, pourtant assigné à résidence à perpétuité pour sa participation à un massacre de partisans dans les Fosses ardéatines de Rome en mai 1944. Point de détail : Erich Priebke est aujourd’hui âgé de 93 ans. La communauté redoute-t-elle donc la récidive ? En tout cas, à force de tempêter, elle a obtenu l’annulation de la mesure. Priebke est à nouveau bouclé sous surveillance dans sa résidence romaine.

Grosse déception par contre pour ce qui est de l’ancien secrétaire général de l’ONU et ancien président de la République d’Autriche Kurt Waldheim, “parti dans l’impunité” le 14 juin, à l’âge de 88 ans, sans avoir jamais répondu des “boucheries”, commises sous l’uniforme de la Wehrmacht en Yougoslavie, que lui imputait le Congrès juif mondial en l’accusant d’avoir en outre organisé des déportations de juifs. Certes, Waldheim — qui n’était que lieutenant à l’époque — échappa à un procès mais sa présidence fut sinistre, la fatwah lancée contre lui par le CJM lui interdisant tout déplacement à l’étranger, ce qui est pour le moins gênant, et frustrant, pour un chef d’Etat. Vous imaginez-vous Chirac cloué pendant douze ans de l’Elysée à Brégançon, privé de sommets internationaux, de balades en Afrique, d’excursions au Japon, de vacances ô combien méritées à l’île Maurice ou au Maroc ? Il en aurait péri d’ennui.

Chirac aux assises ?

Mais, justement, quid de Chirac maintenant qu’il n’est plus (depuis le 16 juin) qu’“un justiciable comme un autre” selon le mot du Premier ministre Fillon ?

Son avocat Jean Veil — fils de Simone — vient de faire savoir que l’ancien président serait entendu “avant le 15 septembre” comme témoin assisté par le juge Philibeaux dans le dossier des emplois fictifs du RPR — un épais dossier: “15 volumes, de 2 000 pages, soit 30 000 pages au total” — qui a déjà valu au fusible Alain Juppé 14 mois de prison, assortis du sursis mais aussi d’une peine d’inéligibilité. Et c’est ensuite le magistrat parisien Xavière Siméoni qui prendra la relève, pour tenter d’éclaircir un autre dossier, tout récemment validé par la Cour de cassation, mettant en cause l’ancien patron du RPR dans un “système structurel délictueux” : celui des “chargés de mission de la ville de Paris”, en réalité détachés auprès du parti chiraquien afin de multiplier ses chances électorales… et de favoriser ainsi le destin national de son chef qui, du coup, pourrait être inculpé de “faux en écriture publique par personne ayant l’autorité publique”. Délit ou plutôt crime passible des Assises et de quinze ans de réclusion.

Un justiciable à géométrie variable

Autres dossiers fort embarrassants pour l’illustre retraité — qui, comble de révérence, sera auditionné par le juge Philibeaux dans un endroit tenu secret pour éviter toute publicité déplaisante — celui des faux listings Clearstream incriminant des adversaires du couple infernal qu’il formait avec Villepin et celui du sabotage de l’enquête sur la mort mystérieuse du juge Borrel déclaré hâtivement suicidé alors qu’il avait de toute évidence été assassiné — voir RIV. du 22/6. Mais là, pas question de se laisser cuisiner, quelques formes que Thémis y mette. Non et non, Chirac ne témoignera pas sur ces sujets puisque, a-t-il tenu à rappeler dans un communiqué, aux termes de l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen comme de l’article 67 alinéa 1er de la Constitution, “le Président de la République n’est pas responsable des actes accomplis en cette qualité”, ce qui “exclut qu’un ancien chef de l’Etat puisse être contraint à fournir un témoignage sur des faits accomplis ou connus durant son mandat et dans l’exercice de ses fonctions”. Et le communiqué d’insister, de crainte qu’on n’ait pas compris : “Cette position de principe, conforme à la tradition républicaine et qui était celle de son prédécesseur, n’autorise pas le président Chirac à répondre favorablement à la démarche des juges d’Huy et Pons (chargés du dossier Clearstream). Il leur a écrit en ce sens.”
Circulez donc, il n’y a rien à voir. Mais si, ce qu’à Dieu ne plaise, Jacques avait entre 1995 et 2007 estourbi Bernadette, ou encore écrasé un quidam alors qu’il roulait aux petites heures en état d’ivresse, ces “faits accomplis durant son mandat” seraient-ils également couverts par la Constitution et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ? Dont on s’étonne d’ailleurs qu’elle place un ancien chef de l’Etat si au-dessus de la loi commune.

Le chouchou du Consistoire

Au demeurant, le locataire de la famille Hariri (dans un duplex de 396 m2, rappelons-le) n’a pas trop à s’en faire. D’une part, même dans les dossiers où il sera entendu en tant que témoin assisté, plusieurs volets seront abandonnés compte tenu de la prescription et, d’autre part, il peut compter dans ses malheurs sur un allié de poids : le Consistoire de France, fédérant les Consistoires régionaux et les 250 communautés juives de France, qui avait organisé pour lui le 24 juin dans la salle Jérusalem de la Grande Synagogue rue de la Victoire à Paris une grande et touchante cérémonie d’adieux. Bien méritée si l’on pense à son “combat de tous les instants contre l’antisémitisme” comme le dit le président Jean Kahn dans un hommage vibrant où furent exaltés l’action de Chirac mais aussi “ses discours exceptionnels prononcés notamment le 16 juillet 1995, lors de la commémoration de la Rafle du Vel’ d’Hiv’, pour affirmer la responsabilité de la France à propos des méfaits de Vichy (1) ou encore lors de la cérémonie d’Hommage aux Justes au Panthéon en janvier 2007”.

Si le président du Consistoire était “visiblement ému” selon les gazettes, l’ancien président français, coiffé d’une kippa (argentée, semble-t-il) du meilleur effet, ne l’était pas moins, qui, en réponse au panégyrique, déclara que “c’était à la France de remercier la communauté juive en raison de tous ses apports dans les domaines scientifiques et artistiques”.

De Barbra superstar…

Avec par exemple le récital au Palais Omnisports de Paris-Bercy le 25 juin de la New-Yorkaise Barbra Streisand, applaudie par une foule de Very Important People dont notre First Lady Cécilia Sarkozy, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, sa femme (Christine Ockrent) et son prédécesseur Douste-Blazy, qui ont apparemment du fric à claquer, les places culminant à 750 euros. Et les produits dérivés coûtant eux aussi la peau du dos, 45 euros pour un tee-shirt, 20 pour une simple tasse (made in China), etc. Pour faire passer la pilule, la diva a promis qu’une partie (non précisée) des recettes serait reversée à des associations philanthropiques, via la Fondation Streisand dont la vocation, d’ailleurs assez peu originale, est de “sauvegarder la Terre, son peuple, sa faune et sa flore”. Mais connaissant le vécu et les engagements de la dame, née à Brooklyn dans une famille où l’on parlait yiddish plutôt qu’anglais, et cible en 1968 de menaces palestiniennes pour son dévouement passionné à la cause d’Israël, on peut penser que la “Terre” privilégiée par sa Fondation est la Terre promise. Ce qui ne saurait gêner ni Cécilia ni Kouchner.
Si Nicolas était absent lors du sacre parisien de Mrs Streisand, il s’est rattrapé le surlendemain en la recevant à l’Elysée pour lui remettre en personne les insignes d’officier de la Légion d’Honneur et “témoigner de l’attachement des Français” à “cette artiste accomplie, à l’immense talent, aux multiples facettes et à la voix unique”, “actrice et réalisatrice aux choix éclectiques et citoyenne engagée”.

Parmi les Français de haute volée venus à l’invitation de Sarkozy témoigner leur attachement à l’Américaine, deux personnalités très remarquées: la Franco-Sénégalaise Rama Yade, nouveau secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, et son époux Joseph Zimet, socialiste oeuvrant dans l’humanitaire mais surtout frère du “célèbre chanteur yiddish Ben Zimet” (cf. Actu J.). Comme quoi une représentante des “minorités visibles” peut cacher un spécimen de certaine minorité moins visible, mais infiniment plus influente.

… En sarco Imperator

Autre rendez-vous sur l’agenda de notre cher président, l’inauguration de la nouvelle “reconstitution” réalisée grandeur nature par la “Ferme aux Crocodiles” de Pierrelatte (Drôme) et dont la vedette sera un saurien de 12 mètres de long et quatre mètres de large qui vivait il y a 110 millions d’années au Niger.

En quoi cela peut-il intéresser le chef de l’Etat ? Il se trouve qu’en paléontologie, cet intéressant animal se nomme le “Sarcosuchus imperator” ou, plus vulgairement, le “Sarco imperator” Mais, comme le précisent certains romanciers en exergue de leur ouvrage, toute ressemblance avec des personnages réels ne saurait être que fortuite puisque, quoi que puisse penser le mari de Bernadette depuis longtemps convaincu qu’il y a du croco dans Sarko, et de l’espèce la plus sanguinaire, le monstre fut ainsi baptisé en 1959. Bien avant donc que le petit Nicolas n’entame l’irrésistible ascension qui allait mener à la chute de la maison Chirac.

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(1) Le 16 juillet 1942, selon Chirac, “la France, patrie des Lumières et des droits de l’homme, la France, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à ses bourreaux.” Mais l’irréparable ne devait-il pas être aussi commis vingt ans plus tard quand la France de De Gaulle livra Européens d’Algérie et harkis, qui eussent dû être ses protégés, à leurs bourreaux ? On ne sache pas que Chirac ait jamais flétri cette atrocité. Ni d’ailleurs son auteur.