On ne peut rester que confondu devant le contraste entre l’habileté tactique brillante de Sarkozy et son vide stratégique abyssal, presque par refus de la pensée stratégique. Cela correspond à l’air du temps, privilégiant, jusqu’à l’éradication complète, le « people » sur l’homme politique et l’action sur la pensée. Le cas Sarkozy est encore éclairé lors de la visite de G.W. Bush à Paris, vendredi dernier, à la lumière notamment d’un commentaire du « Times », du 14 juin. Le commentaire, qui ne manque ni de lucidité ni d’une certaine amertume, constate par conséquent la perte d’influence des Britanniques auprès des USA.
Quelques mots du « Times »…
« Le Président Bush a annoncé une “nouvelle ère d’unité transatlantique” à son arrivée en France hier, le lieu de son discours étant tout aussi significatif que son contenu. En choisissant Paris pour ce que les fonctionnaires de la Maison-Blanche ont appelé « la pièce maîtresse » pour faire ses adieux à l’issue de sa longue semaine de visite en Europe, M. Bush a cherché à sceller une spectaculaire transformation intervenue dans les relations avec la France depuis que le président Sarkozy a été élu l’année dernière. »
« La Grande-Bretagne qui, pendant si longtemps, a fait office de pont, parfois branlant, au-dessus de l’Atlantique, n’a plus une telle importance stratégique et diplomatique. Le président Bush passe deux nuits à Paris, mais seulement une à Londres demain – où il dînera en privé avec Gordon Brown après avoir vu la Reine. Une grande partie de son passage en Grande-Bretagne sera consacré à la question relativement locale de l’Irlande du Nord avant de regagner Washington. »
Alors que le premier ministre a tenu à prendre ses distances avec le président américain – l’ambassade britannique à Washington, par exemple, fonctionnant selon des strictes consignes de maintien de profil bas – le président français a délibérément revêtu le manteau porté autrefois par Tony Blair, avec une attitude de défi – même triomphante – ne retenant pas ses mots pour dire son engouement pour tout ce qui est américain. Hier, un diplomate américain a qualifié M. Sarkozy « d’axe autour duquel tourneront nos relations avec l’Europe », ajoutant que son « penchant pour l’action plutôt que pour la réflexion » convenait au caractère propre de M. Bush ».
Le reste du commentaire est une longue ballade admirative sur le brio de Sarkozy, réussissant à se placer et à s’imposer comme « meilleur ami de Washington », évidemment au détriment des Britanniques. Tom Baldwin et Charles Bremner, les deux auteurs de l’article, vont jusqu’à mettre en évidence l’aisance avec laquelle Sarkozy parle avec dureté aux Américains sur certains sujets, sans s’attirer la moindre rebuffade :
« En effet, M. Sarkozy a dit sans ménagement à M. Bush qu'il devait s’engager davantage sur la question du changement climatique, tout comme il a été sévèrement critique à l’égard de la politique commerciale américaine et de ce qu'il considère comme une dévaluation délibérée du dollar de la part de Washington. Le lien entre les deux leaders est si fort que la Maison-Blanche considèrent de telles attitudes comme des défis plutôt qu'une source de division. »
Tout cela décrit une tactique remarquablement conduite de la part du président français, une tactique basée sur des méthodes que comprennent les experts américanistes. Beaucoup d’exclamations, d’affirmations éclatantes, concernant des choses simples exposées par des appréciations en forme de slogans. Les deux auteurs citent un diplomate américain qui leur a confié que Sarkozy va devenir « l’axe autour duquel tourneront nos relations avec l’Europe », qui explique que son « penchant pour l’action plutôt que pour la réflexion » se marie parfaitement avec le caractère de M. Bush. Certes, et l’on peut aussi observer, pendant qu’on y est, qu’il y a parfois des compliments dont on se passerait bien…
Pas Sarkozy, sans nul doute. La description de son entregent et de son habileté dans ses relations avec l’actuel président des Etats-Unis rend compte d’un sens tactique aigu et d’une grande capacité d’exploitation de la technique des communications, de la technique « people » de préférence aux arguments politiques, de l’exclamation à défaut d’explication. La nuance ne l’embarrasse pas. Lorsqu’il s’exclame, à propos de l’Afghanistan, qu’il faut se battre jusqu’à la victoire finale car on ne doit pas céder aux « tortionnaires » (« We cannot give in to torturers »), on ne peut qu’approuver tout en se demandant de qui il parle – puisque certaines bonnes âmes pourraient aussitôt penser à Guantanamo, aux vols de la CIA et à quelques prisons fameuses d’Afghanistan. Parvenir à se faire passer pour le grand « meilleur allié » de Washington en Afghanistan alors que les Britanniques portent, aux côtés des forces américaines, la charge principale de cette guerre désastreuse, a de quoi rendre bien amers les susdits Britanniques.
Reste la question principale : où mène tout ce brio tactique ? La politique française semble réduite à des visions stratégiques complètement enfermées dans des soucis tactiques adaptés au court terme, aux moyens plutôt qu’aux fins. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de pensée, chose encombrante et inutile dans ces temps qui filent vite, donc il n'y a pas de stratégie originelle. Le retour de la France dans l’OTAN, qui semble maintenant inéluctable, est un bon exemple d’une stratégie guidée par une tactique et enfantée par la tactique (sinon l'effet), sans autre substance que l’exclamation de la chose en soi présentée comme une idée féconde. La seule explication de substance est que la décision tactique porte en elle sa vertu stratégique, ce qui laisse rêveur lorsqu’on voit l’état de l’OTAN alors que la dialectique française présente l’Organisation comme une sorte de Saint-Graal. Annoncer qu’on restera en Afghanistan jusqu’à la victoire finale n’explique pas pour autant dans quel but l’on s’y trouve et comment se fera cette victoire finale. L’enfermement dans un maximalisme anti-iranien permet de beaux discours et de belles formules mais fait s’interroger sur l’intérêt de la chose, surtout si Obama arrive à la présidence bien décidé à entamer un dialogue constructif avec Téhéran (le sénateur républicain Hagel, qui pourrait tenir une place importante dans l’équipe Obama, a affiché récemment en public et sans crainte d’être démenti sa certitude que « si Obama est élu, c’est la voie qu’il suivra avec les Iraniens »). Les Européens, et les Français en premier parmi eux, vont se retrouver marginalisés dans leur maximalisme, le jeu se déroulant alors à trois : l’Iran, les Etats-Unis et la Russie, qui s’imposeront comme les partenaires nécessaires en raison de leur poids auprès de l’Iran. (La Russie exactement dans le rôle qu'auraient dû tenir les Européens s'ils avaient suivi leur politique naturelle.)
Tout est à l’avenant dans la politique française vis-à-vis des Etats-Unis, comme dans la politique française générale d’ailleurs. L’absence de nuances renvoie sans doute à l’humeur indiscutablement pro-américaniste du président français, y compris lorsqu’il critique la position américaine (« Qui aime bien châtie bien »). On ne peut tout de même écarter le fait que cette efficacité et ce brio s’exercent à l’égard d’un président (des Etats-Unis) qui n’existe plus, et qui ne peut que bondir de joie lorsqu’il rencontre enfin, en Europe, un chef d’Etat qui le prend encore au sérieux ; et à propos d’une politique américaine qui n’est qu’un résidu catastrophique des sept années épuisantes depuis 9/11, dont plus personne ne sait que faire. Que Sarkozy prenne ceci et cela tant au sérieux est habile pour le (très) court terme, mais au-delà ?
Finalement, Sarkozy agit comme s’il était son propre premier ministre – ce qui est d’ailleurs sa marque de fabrique dans toutes les affaires depuis qu’il est président – occupé à traiter avec brio, toujours ce brio de circonstance, des affaires courantes et immédiates, tandis que, derrière lui et un peu au-dessus de lui, le vrai président penserait aux choses sérieuses, notamment pour le cas qui nous occupe, à l’après-GW, à une éventuelle nouvelle grande politique, avec les Etats-Unis ou pas, et ainsi de suite. La grande question est donc : Y a-t-il un président qui pense derrière et un peu au-dessus du premier ministre Sarkozy ?
L’intérêt de cette affaire, on le trouvera effectivement lorsque le premier ministre Sarkozy se tournera pour consulter le président. Cela aura lieu dans six mois, dans un an, cela aura lieu lorsque le partenaire américaniste, s’il n’est pas emporté dans quelque tourmente et lorsqu’il se sera débarrassé de G.W. Bush, de ses ors et de ses séquelles, se dira qu’un « meilleur ami » du calibre de la France mérite qu’on lui demande des services précis, des engagements et toute cette sorte de choses – comme il avait l’habitude de le demander aux Britanniques.
Rubrique : Bloc-Notes
http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=5202 17/06/08
Traduction des extraits de l’article du « Times » par RS
Correspondance Polémia 25/06/08
lundi 1 septembre 2008
Sarko, la tactique et la stratégie
mercredi 27 août 2008
L'élection perpétuelle ...
Beaucoup de pays ont tenté de l'imiter et beaucoup ont échoué, provoquant une personnalisation excessive du pouvoir, des crises à répétition, une corruption chronique avec à la clef, et pour quelques-uns, des événements graves.
On peut évidemment beaucoup reprocher au nouveau président de la République sa nouvelle vision du pouvoir, mais pour autant, il ne fait que tirer opportunément les leçons de l' élection présidentielle qui, depuis 1965, a changé fondamentalement de nature sous la pression de la révolution technologico-médiatique.
L'électeur consommateur
La campagne électorale sert à annoncer la couleur et à formaliser un programme. La légitimité du suffrage universel assoit le pouvoir personnel du candidat victorieux. Le texte constitutionnel est suffisamment souple pour permettre toutes les interprétations, et donc toutes les combinaisons. Les médias, que dis-je, le pouvoir médiatique a désormais tous les moyens à sa disposition pour irriguer de son information ou de sa désinformation toutes les strates de la société française. On peut s'en offusquer, le contester, le déplorer ... La révolution technologique, celle des communications, d'internet et de l'image, a lieu sous nos yeux et la pratique politique s'en imprègne totalement, les électeurs consommant de la politique comme des consommateurs d'idées.
Le pire est à venir
Nicolas Sarkozy utilise au mieux cette révolution en s'appuyant sur le consommateur-électeur, les énormes moyens à sa disposition ainsi que les lobbies divers et variés, toujours à l'affût pour faire prospérer leurs affaires. Ses conseillers ne s'en cachent même pas. Ils utilisent deux techniques : la technique de la carte postale : un jour, une image, une idée, c'est le Président omniprésent. L'ouverture d'un ou deux débats hebdomadaires lui permet de paralyser l'action des oppositions qui ne peuvent être présentes sur tous les fronts en même temps. Sans parler de l'ouverture à gauche qui a semé la zizanie et de la poudre de perlimpinpin nationale qui a, pour un temps, siphonné notre électorat et permis à quelques idiots utiles du camp national d'appeler à voter pour lui sous le slogan : « Tout sauf la gauche ! ».
Immigration, insécurité, pouvoir d'achat, croissance, tutelle européenne : rien n'a changé ! Le pire est à venir. Le Front doit réagir tout de suite en ouvrant les yeux des Français hypnotisés par les promesses et fascinés par l'agitation perpétuelle du président-candidat ou-du candidat-président.
par Louis Aliot FDA septembre 2007
jeudi 21 août 2008
Traité simplifié européen : Le crime contre les les peuples
A l'arraché. Au bout de la nuit, l'Allemagne a fini par mettre d'accord ses 26 partenaires avant de passer le flambeau de la présidence européenne au Portugal. Le 22 juin 2007, l'Europe des gouvernants s'est offert un nouveau traité sur le dos des peuples.
Exit la Constitution rejetée en 2005 par deux pays majeurs de l'Union européenne, remplacée par un traité simplifié ou mini traité, qui est en définitive « un petit manuel de tromperie des électeurs, puisqu'on y réintroduit la totalité de la Constitution » (Bruno Gollnisch).
Tout aura été parfaitement planifié dans les moindres détails. De cette réunion à Madrid en janvier 2007, des pays partisans de la Constitution (sans que cela ne choque à l'époque le candidat Sarkozy) au Conseil européen du 21 et 22 juin qui s'est emparé du sujet au motif que « si les quatre cinquièmes des États membres ont ratifié ledit traité et qu'un ou plusieurs États membres ont rencontré des difficultés pour procéder à leur ratification, le Conseil européen se saisit de la question ». Or le refus d'autoriser la ratification par deux peuples souverains ne peut être considéré comme une "difficulté". C'est l'expression de la souveraineté du peuple définie par la Constitution française comme étant exclusive.
Contrairement à ce qui a été affirmé depuis le printemps 2005, les Non français et néerlandais n'ont pas ouvert une "crise en Europe", ni empêché l'Europe de fonctionner ou d'adopter des textes législatifs d'une importance capitale comme la directive "Services", le règlement "Reach", les perspectives financières 2007-2013 ou encore la réforme de la réglementation sur les marchés publics.
Contre les peuples
Mais pour la premlere fois, l'Europe fédérale qui se veut démocratique aura délibérément tourné le dos aux peuples et ignoré leur souveraineté.
L'escroquerie politique que constitue le traité simplifié est une marche en avant sans l'aval des nations, vers une Europe supranationale. Pour preuve, comme le souligne Bruno Gollnisch, « cette recommandation écrite de la chancelière allemande, Angela Merkel, aux chefs d'État et de gouvernement qui stipulait: gardons sa substance et changeons le vocabulaire ».
Et, de fait, le texte adopté par le Conseil européen est un succédané de la Constitution rejetée par la France et les Pays-Bas en 2005.
On y retrouve les mesures tant décriées par les peuples : un président élu pour deux ans et demi qui remplacera la présidence tournante de six mois confiée à chaque nation et affirmera un peu plus la fédéralisation du pouvoir, la nomination au Conseil européen d'un « Haut représentant pour les Affaires étrangères et la Sécurité », appelé à devenir un super ministre des Affaires étrangères et qui aura vocation, comme le souhaite l'Allemagne, d'occuper le siège détenu par la France au Conseil de sécurité des Nations unies.
La Charte des droits fondamentaux (regroupant 54 articles sur les droits politiques et sociaux) conservera son caractère juridiquement contraignant et le champ des décisions prises à la majorité qualifiée sera étendu à une quarantaine de nouveaux domaines à l'instar de la coopération judiciaire et policière (porte ouverte à une police fédérale), relevant jusqu'à présent des pouvoirs régaliens de chaque État. Enfin, si le texte renforce en apparence les pouvoirs des Parlements nationaux (ces derniers disposeront désormais de huit semaines pour s'opposer à des actes européens empiétant sur leurs compétences), le traité simplifié réaffirme la supériorité de la législation européenne sur les législations nationales, consacrant la voie fédérale choisie par les dirigeants européens, Nicolas Sarkozy en tête.
FDA août 2007
jeudi 24 juillet 2008
Opération Sarkozy »: comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française
Nicolas Sarkozy doit être jugé à son action et non pas d´après sa personnalité. Mais lorsque son action surprend jusqu´à ses propres électeurs, il est légitime de se pencher en détail sur sa biographie et de s´interroger sur les alliances qui l´ont conduit au pouvoir. Thierry Meyssan a décidé d´écrire la vérité sur les origines du président de la République française. Toutes les informations contenues dans cet article sont vérifiables, à l´exception de deux imputations, signalées par l´auteur qui en assume seul la responsabilité.
Les Français, lassés des trop longues présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac, ont élu Nicolas Sarkozy en comptant sur son énergie pour revitaliser leur pays. Ils espéraient une rupture avec des années d´immobilisme et des idéologies surannées. Ils ont eu une rupture avec les principes qui fondent la nation française. Ils ont été stupéfaits par cet hyper-président », se saisissant chaque jour d´un nouveau dossier, aspirant à lui la droite et la gauche, bousculant tous les repères jusqu´à créer une complète confusion.
Comme des enfants qui viennent de faire une grosse bêtise, les Françaissont trop occupés à se trouver des excuses pour admettre l´ampleur des dégâts et leur naïveté. Ils refusent d´autant plus de voir qui est vraiment Nicolas Sarkozy, qu´ils auraient dû s´en rendre compte depuis longtemps.
C´est que l´homme est habile. Comme un illusionniste, il a détourné leur attention en offrant sa vie privée en spectacle et en posant dans les magazines people, jusqu´à leur faire oublier son parcours politique.
Que l´on comprenne bien le sens de cet article : il ne s´agit pas de reprocher à M. Sarkozy ses liens familiaux, amicaux et professionnels, mais de lui reprocher d´avoir caché ses attaches aux Français qui ont cru, à tort, élire un homme libre.
Pour comprendre comment un homme en qui tous s´accordent aujourd´hui à voir l´agent des États-Unis et d´Israël a pu devenir le chef du parti gaulliste, puis le président de la République française, il nous faut revenir en arrière. Très en arrière. Il nous faut emprunter une longue digression au cours de laquelle nous présenterons les protagonistes qui trouvent aujourd´hui leur revanche.
Secrets de famille
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les services secrets états-uniens s´appuient sur le parrain italo-US Lucky Luciano pour contrôler la sécurité des ports américains et pour préparer le débarquement allié en Sicile. Les contacts de Luciano avec les services US passent notamment par Frank Wisner Sr. puis, lorsque le « parrain » est libéré et s´exile en talie, par son « ambassadeur » corse, Étienne Léandri.
En 1958, les États-Unis, inquiets d´une possible victoire du FLN en Algérie qui ouvrirait l´Afrique du Nord à l´influence soviétique, décident de susciter un coup d´État militaire en France. L´opération est organisée conjointement par la Direction de la planification de la CIA -théoriquement dirigée part Frank Wisner Sr.- et par l´OTAN. Mais Wisner a déjà sombré dans la démence de sorte que c´est son successeur, Allan Dulles, qui supervise le coup. Depuis Alger, des généraux français créent un Comité de salut public qui exerce une pression sur le pouvoir civil parisien et le contraint à voter les pleins pouvoirs au général De Gaulle sans avoir besoin de recourir la force [1].
Or, Charles De Gaulle n´est pas le pion que les Anglo-Saxons croient pouvoir manipuler. Dans un premier temps, il tente de sortir de la contradiction coloniale en accordant une large autonomie aux territoires d´outre-mer au sein d´une Union française. Mais il est déjà trop tard pour sauver l´Empire français car les peuples colonisés ne croient plus aux promesses de la métropole et exigent leur indépendance. Après avoir conduit victorieusement de féroces campagnes de répression contre les indépendantistes, De Gaulle se rend à l´évidence. Faisant preuve d´une rare sagesse politique, il décide d´accorder à chaque colonie son indépendance.
Cette volte-face est vécue comme une trahison par la plupart de ceux qui l´ont porté au pouvoir. La CIA et l´OTAN soutiennent alors toutes sortes de complots pour l´éliminer, dont un putsch manqué et une quarantaine de tentatives d´assassinat [2]. Toutefois, certains de ses partisans approuvent son évolution politique. Autour de Charles Pasqua, ils créent le SAC, une milice pour le protéger.
Pasqua est à la fois un truand corse et un ancien résistant. Il a épousé la fille d´un bootlegger canadien qui fit fortune durant la prohibition. Il dirige la société Ricard qui, après avoir commercialisé de l´absinthe, un alcool prohibé, se respectabilise en vendant de l´anisette. Cependant, la société continue à servir de couverture pour toutes sortes de trafics en relation avec la famille italo-new-yorkaise des Genovese, celle de Lucky Luciano. Il n´est donc pas étonnant que Pasqua fasse appel à Étienne Léandri («l´ambassadeur » de Luciano) pour recruter des gros bras et constituer la milice gaulliste [3]. Un troisième homme joue un grand rôle dans la formation du SAC, l´ancien garde du corps de De Gaulle, Achille Peretti -un Corse lui aussi-.
Ainsi défendu, De Gaulle dessine avec panache une politiqued´indépendance nationale. Tout en affirmant son appartenance au camp atlantique, il remet en cause le leadership anglo-saxon. Il s´oppose à l´entrée du Royaume-Uni dans le Marché commun européen (1961 et 1967); Il refuse le déploiement des casques de l´ONU au Congo (1961) ; il encourage les États latino-américains à s´affranchir de l´impérialisme US (discours de Mexico, 1964) ; Il expulse l´OTAN de France et se retire du Commandement intégré de l´Alliance atlantique (1966) ; Il dénonce la Guerre du Viêt-nam (discours de Phnon Penh, 1966) ; Il condamne l´expansionnisme israélien lors de la Guerre des Six jours (1967) ; Il soutient l´indépendance du Québec (discours de Montréal 1967) ; etc.
Simultanément, De Gaulle consolide la puissance de la France en la dotant d´un complexe militaro-industriel incluant la force de dissuasion nucléaire, et en garantissant son approvisionnement énergétique. Il éloigne utilement les encombrants Corses de son entourage en leur confiant des missions à étranger. Ainsi Étienne Léandri devient-il le trader du groupe Elf (aujourd´hui Total) [4], tandis que Charles Pasqua devient l´homme de confiance des chefs d´États d´Afrique francophone.
Conscient qu´il ne peut défier les Anglo-Saxons sur tous les terrains à la fois, De Gaulle s´allie à la famille Rothschild. Il choisit comme Premier ministre le fondé de pouvoir de la Banque, Georges Pompidou.
Les deux hommes forment un tandem efficace. L´audace politique du premier ne perd jamais de vue le réalisme économique du second.
Lorsque De Gaulle démissionne, en 1969, Georges Pompidou lui succède brièvement à la présidence avant d´être emporté par un cancer. Les gaullistes historiques n´admettent pas son leadership et s´inquiètent de son tropisme anglophile. Ils hurlent à la trahison lorsque Pompidou, secondé par le secrétaire général de l´Élysée Edouard Balladur, fait entrer « la perfide Albion » dans le Marché commun européen.
La fabrication de Nicolas Sarkozy
Ce décor étant planté, revenons-en à notre personnage principal, Nicolas Sarkozy. Né en 1955, il est le fils d´un noble catholique hongrois, Pal Sarkösy de Nagy-Bocsa, réfugié en France après avoir fuit l´Armée rouge, et d´Andrée Mallah, une roturière juive originaire de Thessalonique.
Après avoir eu trois enfants (Guillaume, Nicolas et François), le couple divorce. Pal Sarkosy de Nagy-Bocsa se remarie avec une aristocrate, Christine de Ganay, dont il aura deux enfants (Pierre-Olivier et Caroline). Nicolas ne sera pas élevé par ses seuls parents, mais balloté dans cette famille recomposée.
Sa mère est devenue la secrétaire d´Achille Peretti. Après avoir co-fondé le SAC, le garde du corps de De Gaulle avait poursuivi une brillante carrière politique. Il avait été élu député et maire de Neuilly-sur-Seine, la plus riche banlieue résidentielle de la capitale, puis président de l´Assemblée nationale.
Malheureusement, en 1972, Achille Peretti est gravement mis en cause. Aux États-Unis, le magazine Time révèle l´existence d´une organisation criminelle secrète « l´Union corse » qui contrôlerait une grande partie du trafic de stupéfiants entre l´Europe et l´Amérique, la fameuse « French connexion » qu´Hollywwod devait porter à l´écran. S´appuyant sur des auditions parlementaires et sur ses propres investigations, Time cite le nom d´un chef mafieux, Jean Venturi, arrêté quelques années plus tôt au Canada, et qui n´est autre que le délégué commercial de Charles Pasqua pour la société d´alcool Ricard. On évoque le nom de plusieurs familles qui dirigeraient « l´Union corse », dont les Peretti. Achille nie, mais doit renoncer à la présidence de l´Assemblée nationale et échappe même à un « suicide ».
En 1977, Pal Sarkozy se sépare de sa seconde épouse, Christine de Ganay, laquelle se lie alors avec le n°2 de l´administration centrale du département d´État des États-Unis. Elle l´épouse et s´installe avec lui en Amérique. Le monde étant petit, c´est bien connu, son mari n´est autre que Frank Wisner Jr., fils du précédent. Les fonctions de Junior à la CIA ne sont pas connues, mais il clair qu´il y joue un rôle important. Nicolas, qui reste proche de sa belle-mère, de son demi-frère et de sa demi-soeur, commence à se tourner vers les États-Unis où il « bénéficie » des programmes de formation du département d´État.
À la même période, Nicolas Sarkozy adhère au parti gaulliste. Il y fréquente d´autant plus rapidement Charles Pasqua que celui-ci n´est pas seulement un leader national, mais aussi le responsable de la section départementale des Hauts-de-Seine.
En 1982, Nicolas Sarkozy, ayant terminé ses études de droit et s´étant inscrit au barreau, épouse la nièce d´Achille Peretti. Son témoin de mariage est Charles Pasqua. En tant qu´avocat, Me Sarkozy défend les intérêts des amis corses de ses mentors. Il acquiert une propriété sur l´île de beauté, à Vico, et imagine de corsiser son nom en remplaçant le « y » par un « i » : Sarkozi.
L´année suivante, il est élu maire de Neuilly-sur-Seine en remplacement de son bel-oncle, Achille Peretti, terrassé par une crise cardiaque.
Cependant, Nicolas ne tarde pas à trahir sa femme et, dès 1984, il poursuit une liaison cachée avec Cécilia, l´épouse du plus célèbre animateur de télévision français de l´époque, Jacques Martin, dont il a fait la connaissance en célébrant leur mariage en qualité de maire de Neuilly.
Cette double vie dure cinq ans, avant que les amants ne quittent leurs conjoints respectifs pour construire un nouveau foyer.
Nicolas est le témoin de mariage, en 1992, de la fille de Jacques Chirac, Claude, avec un éditorialiste du Figaro. Il ne peut s´empêcher de séduire Claude et de mener une brève relation avec elle, tandis qu´il vit officiellement avec Cécilia. Le mari trompé se suicide en absorbant des drogues. La rupture est brutale et sans retour entre les Chirac et Nicolas Sarkozy.
En 1993, la gauche perd les élections législatives. Le président François Mitterrand refuse de démissionner et entre en cohabitation avec un Premier ministre de droite. Jacques Chirac, qui ambitionne la présidence et pense alors former avec Edouard Balladur un tandem comparable à celui de De Gaulle et Pompidou, refuse d´être à nouveau Premier ministre et laisse la place à son « ami de trente ans », Edouard Balladur. Malgré son passé sulfureux, Charles Pasqua devient ministre de l´Intérieur. S´il conserve la haute main sur la marijuana marocaine, il profite de sa situation pour légaliser ses autres activités en prenant le contrôle des casinos, jeux et courses en Afrique francophone. Il tisse aussi des liens en Arabie saoudite et en Israël et devient officier d´honneur du Mossad. Nicolas Sarkozy, quant à lui, est ministre du Budget et porte-parole du gouvernement.
À Washington, Frank Wisner Jr. a pris la succession de Paul Wolfowitz comme responsable de la planification politique au département de la Défense. Personne ne remarque les liens qui l´unissent au porte-parole du gouvernement français.
C´est alors que reprend au sein du parti gaulliste la tension que l´on avait connu trente ans plus tôt entre les gaullistes historiques et la droite financière, incarnée par Balladur. La nouveauté, c´est que Charles Pasqua et avec lui le jeune Nicolas Sarkozy trahissent Jacques Chirac pour se rapprocher du courant Rothschild. Tout dérape. Le conflit atteindra son apogée en 1995 lorsque Édouard Balladur se présentera contre son ex-ami Jacques Chirac à l´élection présidentielle, et sera battu. Surtout, suivant les instructions de Londres et de Washington, le gouvernement Balladur ouvre les négociations d´adhésion à l´Union européenne et à l´OTAN des États d´Europe centrale et orientale, affranchis de la tutelle soviétique.
Rien ne va plus dans le parti gaulliste où les amis d´hier sont près de s´entre-tuer. Pour financer sa campagne électorale, Edouard Balladur tente de faire main basse sur la caisse noire du parti gaulliste, cachée dans la double comptabilité du pétrolier Elf. À peine le vieux Étienne Léandri mort, les juges perquisitionnent la société et ses dirigeants sont incarcérés. Mais Balladur, Pasqua et Sarkozy ne parviendront jamais à récupérer le magot.
La traversée du désert
Tout au long de son premier mandat, Jacques Chirac tient Nicolas Sarkozy à distance. L´homme se fait discret durant cette longue traversée du désert. Discrètement, il continue à nouer des relations dans les cercles financiers.
En 1996, Nicolas Sarkozy ayant enfin réussi à clore une procédure de divorce qui n´en finissait pas se marie avec Cécilia. Ils ont pour témoins les deux milliardaires Martin Bouygues et Bernard Arnaud (l´homme le plus riche du pays).
Dernier acte
Bien avant la crise irakienne, Frank Wisner Jr. et ses collègues de la CIA planifient la destruction du courant gaulliste et la montée en puissance de Nicolas Sarkozy. Ils agissent en trois temps : d´abord l´élimination de la direction du parti gaulliste et la prise de contrôle de cet appareil, puis l´élimination du principal rival de droite et l´investiture du parti gaulliste à l´élection présidentielle, enfin l´élimination de tout challenger sérieux à gauche de manière à être certain d´emporter l´élection présidentielle.
Pendant des années, les médias sont tenus en haleine par les révélations posthumes d´un promoteur immobilier. Avant de décéder d´une grave maladie, il a enregistré pour une raison jamais élucidée une confession en vidéo. Pour une raison encore plus obscure, la « cassette » échoue dans les mains d´un hiérarque du Parti socialiste, Dominique Strauss-Khan, qui la fait parvenir indirectement à la presse.
Si les aveux du promoteur ne débouchent sur aucune sanction judiciaire, ils ouvrent une boîte de Pandore. La principale victime des affaires successives sera le Premier ministre Alain Juppé. Pour protéger Chirac, il assume seul toutes les infractions pénales. La mise à l´écart de Juppé laisse la voie libre à Nicolas Sarkozy pour prendre la direction du parti gaulliste.
Sarkozy exploite alors sa position pour contraindre Jacques Chirac à le reprendre au gouvernement, malgré leur haine réciproque. Il sera en définitive, ministre de l´Intérieur. Erreur ! À ce poste, il contrôle les préfets et de le renseignement intérieur qu´il utilise pour noyauter les grandes administrations.
Il s´occupe aussi des affaires corses. Le préfet Claude Érignac a été assassiné. Bien qu´il n´ait pas été revendiqué, le meurtre a immédiatement été interprété comme un défi lancé par les indépendantistes à la République. Après une longue traque, la police parvient à arrêter un suspect en fuite, Yvan Colonna, fils d´un député socialiste. Faisant fi de la présomption d´innocence, Nicolas Sarkozy annonce cette interpellation en accusant le suspect d´être l´assassin.
C´est que la nouvelle est trop belle à deux jours du référendum que le ministre de l´Intérieur organise en Corse pour modifier le statut de l´île. Quoi qu´il en soit, les électeurs rejettent le projet Sarkozy qui, selon certains, favorise les intérêts mafieux.
Bien qu´Yvan Colonna ait ultérieurement été reconnu coupable, il a toujours clamé son innocence et aucune preuve matérielle n´a été trouvée contre lui. Étrangement, l´homme s´est muré dans le silence, préférant être condamné que de révéler ce qu´il sait. Nous révélons ici que le préfet Érignac n´a pas été tué par des nationalistes, mais abattu par un tueur à gage, Igor Pecatte, immédiatement exfiltré vers l´Angola où il a été engagé à la sécurité du groupe Elf. Le mobile du crime était précisément lié aux fonctions antérieures d´Érignac, responsable des réseaux africains de Charles Pasqua au ministère de la Coopération. Quand à Yvan Colonna, c´est un ami personnel de Nicolas Sarkozy depuis des décennies et leurs enfants se sont fréquentés.
Une nouvelle affaire éclate : de faux listings circulent qui accusent mensongèrement plusieurs personnalités de cacher des comptes bancaires au Luxembourg, chez Clearstream. Parmi les personnalités diffamées :Nicolas Sarkozy. Il porte plainte et sous-entend que son rival de droite à l´élection présidentielle, le Premier ministre Dominique de Villepin, a organisé cette machination. Il ne cache pas son intention de le faire jeter en prison.
En réalité, les faux listings ont été mis en circulation par des membres de la Fondation franco-américaine [5], dont John Negroponte était président et dont Frank Wisner Jr. est administrateur. Ce que les juges ignorent et que nous révélons ici, c´est que les listings ont été fabriqués à Londres par une officine commune de la CIA et du MI6, Hakluyt & Co, dont Frank Wisner Jr. est également administrateur. Villepin se défend de ce dont on l´accuse, mais il est mis en examen, assigné à résidence et, de facto, écarté provisoirement de la vie politique.
La voie est libre à droite pour Nicolas Sarkozy.
Reste à neutraliser les candidatures d´opposition. Les cotisations d´adhésion au parti socialistes sont réduites à un niveau symbolique pour attirer de nouveaux militants. Soudainement des milliers de jeunes prennent leur carte. Parmi eux, au moins dix mille nouveaux adhérents sont en réalité des militants du Parti trotskiste « lambertiste » (du nom de son fondateur Pierre Lambert). Cette petite formation d´extrême gauche s´est historiquement mise au service de la CIA contre les communistes staliniens durant la Guerre froide (Elle est l´équivalent du SD/USA de Max Shatchman, qui a formé les néoconservateurs aux USA [6]). Ce n´est pas la première fois que les « lambertistes » infiltrent le Parti socialiste. Ils y ont notamment placé deux célèbres agents de la CIA :
Lionel Jospin (qui est devenu Premier ministre) et Jean-Christophe Cambadélis, le principal conseiller de Dominique Strauss-Kahn [7].
Des primaires sont organisées au sein du Parti socialiste pour désigner son candidat à l´élection présidentielle. Deux personnalités sont en concurrence: Laurent Fabius et Ségolène Royal. Seul le premier représente un danger pour Sarkozy. Dominique Strauss-Kahn entre dans la course avec pour mission d´éliminer Fabius au dernier moment. Ce qu´il sera en mesure de faire grâce aux votes des militants « lambertistes » infiltrés, qui portent leur suffrages non pas sur son nom, mais sur celui de Royal.
L´opération est possible parce que Strauss-Kahn est depuis longtemps sur le payroll des États-Unis. Les Français ignorent qu´il donne des cours à Stanford, où il a été embauché par le prévot de l´université, Condoleezza Rice [8]. Dès sa prise de fonction, Nicolas Sarkozy et Condoleezza Rice remercieront Strauss-Kahn en le faisant élire à la direction du Fonds monétaire international.
Premiers jours à l´Élysée
Le soir du second tour de l´élection présidentielle, lorsque les instituts de sondages annoncent sa victoire probable, Nicolas Sarkozy prononce un bref discours à la nation depuis son QG de campagne. Puis, contrairement à tous les usages, il ne va pas faire la fête avec les militants de son parti, mais il se rend au Fouquet´s. La célèbre brasserie des Champs-Élysées, qui était jadis le rendez-vous de «l´Union corse» est aujourd´hui la propriété du casinotier Dominique Desseigne. Il a été mis à disposition du président élu pour y recevoir ses amis et les principaux donateurs de sa campagne. Une centaine d´invités s´y bousculent, les hommes les plus riches de France y côtoient les patrons de casinos.
Puis le président élu s´offre quelques jours de repos bien mérités. Conduit en Falcon-900 privé à Malte, il s´y repose sur le Paloma, le yacht de 65 mètres de son ami Vincent Bolloré, un milliardaire formé à la Banque Rothschild.
Enfin, Nicolas Sarkozy est investi président de la République française. Le premier décret qu´il signe n´est pas pour proclamer une amnistie, mais pour autoriser les casinos de ses amis Desseigne et Partouche à multiplier les machines à sous.
Il forme son équipe de travail et son gouvernement. Sans surprise, on y retrouve un bien trouble propriétaire de casinos (le ministre de la Jeunesse et des Sports) et le lobbyiste des casinos de l´ami Desseigne (qui devient porte-parole du parti « gaulliste »).
Nicolas Sarkozy s´appuie avant tout sur quatre hommes :
- Claude Guéant, secrétaire général du palais de l´Élysée. C´est l´ancien bras droit de Charles Pasqua.
- François Pérol, secrétaire général adjoint de l´Élysée. C´est un associé-gérant de la Banque Rothschild.
- Jean-David Lévitte, conseiller diplomatique. Fils de l´ancien directeur de l´Agence juive. Ambassadeur de France à l´ONU, il fut relevé de ses fonctions par Chirac qui le jugeait trop proche de George Bush.
- Alain Bauer, l´homme de l´ombre. Son nom n´apparaît pas dans les annuaires. Il est chargé des services de renseignement. Ancien Grand-Maître du Grand Orient de France (la principale obédience maçonnique française) et ancien n°2 de la National Security Agency états-unienne en Europe [9].
Frank Wisner Jr., qui a été nommé entre temps envoyé spécial du président Bush pour l´indépendance du Kosovo, insiste pour que Bernard Kouchner soit nommé ministre des Affaires étrangères avec une double mission prioritaire : l´indépendance du Kosovo et la liquidation de la politique arabe de la France.
Kouchner a débuté sa carrière en participant à la création d´une ONG humanitaire. Grâce aux financements de la National Endowment for Democracy, il a participé aux opérations de Zbigniew Brzezinski en Afghanistan, aux côtés d´Oussama Ben Laden et des frères Karzaï contre les Soviétiques. On le retrouve dans les années 90 auprès d´Alija Izetbegoviç en Bosnie-Herzégovine. De 1999 à 2001, il a été Haut représentant de l´ONU au Kosovo.
Sous le contrôle du frère cadet du président Hamid Karzaï, l´Afghanistan est devenu le premier producteur mondial de pavot. Le suc est transformé sur place en héroïne et transporté par l´US Air Force à Camp Bondsteed (Kosovo). Là, la drogue est prise en charge par les hommes d´Haçim Thaçi qui l´écoulent principalement en Europe et accessoirement aux États-Unis [10]. Les bénéfices sont utilisés pour financer les opérations illégales de la CIA. Karzaï et Thaçi sont des amis personnels de longue date de Bernard Kouchner, qui certainement ignore leurs activités criminelles malgré les rapports internationaux qui y ont été consacrés.
Pour complèter son gouvernement, Nicolas Sarkozy nomme Christine Lagarde, ministre de l´Économie et des Finances. Elle a fait toute sa carrière aux États-Unis où elle a dirigé le prestigieux cabinet de juristes Baker & McKenzie. Au sein du Center for International & Strategic Studies de Dick Cheney, elle a co-présidé avec Zbigniew Brzezinski un groupe de travail qui a supervisé les privatisations en Pologne. Elle a organisé un intense lobbying pour le compte de Lockheed Martin contre les l´avionneur français Dassault [11].
Nouvelle escapade durant l´été. Nicolas, Cécilia, leur maîtresse commune et leurs enfants se font offrir des vacances états-uniennes à Wolfenboroo, non loin de la propriété du président Bush. La facture, cette fois, est payée par Robert F. Agostinelli, un banquier d´affaires italo-new-yorkais, sioniste et néo-conservateur pur sucre qui s´exprime dans Commentary, la revue de l´American Jewish Committee.
La réussite de Nicolas rejaillit sur son demi-frère Pierre-Olivier.
Sous le nom américanisé « d´Oliver », il est nommé par Frank Carlucci (qui fut le n°2 de la CIA après avoir été recruté par Frank Wisner Sr.) [12] directeur d´un nouveau fonds de placement du Carlyle Group (la société commune de gestion de portefeuille des Bush et des Ben Laden) [13]. Sans qualité personnelle particulière, il est devenu le 5e noueur de deals dans le monde et gère les principaux avoirs des fonds souverains du Koweit et de Singapour.
La côte de popularité du président est en chute libre dans les sondages. L´un de ses conseillers en communication, Jacques Séguéla, préconise de détourner l´attention du public avec de nouvelles « people stories ». L´annonce du divorce avec Cécilia est publiée par Libération, le journal de son ami Edouard de Rothschild, pour couvrir les slogans des manifestants un jour de grève générale. Plus fort encore, le communiquant organise une rencontre avec l´artiste et ex-mannequin, Carla Bruni. Quelques jours plus tard, sa liaison avec le président est officialisée et le battage médiatique couvre à nouveau les critiques politiques. Quelques semaines encore et c´est le troisième mariage de Nicolas. Cette fois, il choisit comme témoins Mathilde Agostinelli (l´épouse de Robert) et Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d´Edouard Balladur devenu associé-gérant chez Rothschild.
Quand les Français auront-ils des yeux pour voir à qui ils ont à faire ?
Les informations contenues dans cet article ont été présentées par Thierry Meyssan lors de la table ronde de clôture de l´Eurasian Media Forum (Kazakhstan, 25 avril 2008) consacrée à la peopolisation et au glamour en politique.
L´intérêt suscite par ces informations a conduit l´auteur à rédiger le présent article qui a été publié par Profile, le principal news magazine russe actuel.
Plusieurs versions et traductions non autorisées de cet article ont été diffusées alors que le site du Réseau Voltaire était hors service. Nous vous prions de considérer le présent article comme le seul valide.
Notes :
*Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage paru : L´Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre
israélienne contre le Liban).
[1] Quand le stay-behind portait De Gaulle au pouvoir, par Thierry
Meyssan, Réseau Voltaire, 27 août 2001
[2] Quand le stay-behind voulait remplacer De Gaulle, par Thierry
Meyssan, Réseau Voltaire, 10 septembre 2001
[3] L´Énigme Pasqua, par Thierry Meyssan, Golias ed, 2000.
[4] Les requins. Un réseau au coeur des affaires, par Julien Caumer,
Flammarion, 1999.
[5] Un relais des États-Unis en France : la French American Foundation
, par Pierre Hillard, Réseau Voltaire, 19 avril 2007.
[6] Les New York Intellectuals et l´invention du néo-conservatisme, par
Denis Boneau, Réseau Voltaire, 26 novembre 2004.
[7] Éminences grises, Roger Faligot et Rémi Kauffer, Fayard, 1992 ; «
The Origin of CIA Financing of AFL Programs » in Covert Action
Quaterly, n° 76, 1999.
[8] Dominique Strauss-Kahn, l´homme de « Condi » au FMI, par Thierry
Meyssan, Réseau Voltaire, 5 octobre 2007.
[9] Alain Bauer, de la SAIC au GOdF, Note d´information du Réseau
Voltaire, 1er octobre 2000.
[10] Le gouvernement kosovar et le crime organisé, par Jürgen Roth,
Horizons et débats, 8 avril 2008.
[11] Avec Christine Lagarde, l´industrie US entre au gouvernement
français, Réseau Voltaire, 22 juin 2005.
[12] L´honorable Frank Carlucci, par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire,
11 février 2004.
[13] Les liens financiers occultes des Bush et des Ben Laden et Le
Carlyle Group, une affaire d´initiés, Réseau Voltaire, 16 octobre 2001
et 9 février 2004.
Mr Sarkozy and the CIA. Based on Thierry Meyssan´s « Operation Sarkozy
» By Robert Thompson
http://fr.altermedia.info/
jeudi 3 juillet 2008
Criminalité les bilans truqués de Sarkozy
Otage de sa stratégie obsessionnelle de la communication, Nicolas Sarkozy s'est livré lors de sa conférence de presse du 10 janvier à un énième acte de propagande électorale. À trois mois de la présidentielle et quelques jours avant d'être investi candidat de l'UMP, la tentation était trop forte pour ne pas s'adonner une fois encore à un exercice d'autosatisfaction. Reste que le « triomphe » du ministre de l'Intérieur tient à un petit chiffre insignifiant (une baisse de 1,3 % de la délinqnance en 2006 par rapport à 2005), si l'on veut bien le comparer aux millions de crimes et délits enregistrés chaque année en France.
Tout comme pour l'immigration, les statistiques officielles de la délinquance souffrent de non-dits qui n'entrent pas en compte dans la comptabilité officielle du ministère de l'Intérieur, ces millions de crimes et délits qui ne sont pas pris en compte parce que les victimes ont renoncé à porter plainte par peur de représailles ou parce qu' elles estiment que leur plainte n'a aucune chance d'aboutir.
À la lecture de ces faits, que peut bien peser une baisse d'à peine 1 % des crimes et délits quand dans le même temps, les violences contre les personnes ne cessent d'augmenter (+ 5,6 %) et que l'implication des mineurs dans les actes de délinquance est en constante hausse (+ 4,13 %).
À quelques jours de son départ du ministère de l' Intérieur, le candidat de l'UMP pourra difficilement s'appuyer sur un bilan flatteur en matière de lutte contre l'insécurité. Si l'on veut bien dépasser le stade des déclarations incantatoires à usage électoral, il reste les chiffres bruts : de 2001 (dernière année de la législature Jospin) à 2005, le nombre d'actes de violences urbaines recensés est passé d'un peu plus de 50 000 à 110 206...
Eric Domard Français d'Abord février 2007
lundi 30 juin 2008
La culture du mensonge
Ministre de l'Intérieur ou ministre de l'immigration permanente ? Depuis sa nomination Place Beauveau, Nicolas Sarkozy affiche un bilan comptable impressionnant en matière de naturalisation et de régularisation des étrangers
La baisse sophistique du nombre de titres de séjour accordés en 2005, (-2,5% par rapport à 2004) ne diminue en rien la pression constante des flux migratoires. En cinq ans de gouvernement UMP, plus de 750 000 étrangers ont obtenus un titre de séjour en France. Et Sarkozy fait "mieux" que la gauche dans ce domaine si l'on en juge par les chiffres officiels (186 918 titres de séjour accordés en 2005 contre 164 466 en 2001, sous la mandature Jospin).
"L'immigration est en baisse" affirme Sarkozy, mais combien d'étrangers ont intégré la colonne "Français de papier" grâce à la bienveillance du ministre de l'Intérieur ? Là aussi, les chiffres sont éloquents. 123 000 naturalisés en 2005, 133 808 un an auparavant.
"La France a une conception très ouverte de l'acquisition de la nationalité, elle naturalise plus que ses voisins européens"explique Jacqueline Costa-Lacou du Haut Conseil à l'intégration. Une vague de naturalisations qui ne témoigne pas d'un réel souci d'assimilation des populations étrangères. "Sur un échantillon d'étudiants, relève Jacques Bécot, fonctionnaire au ministère de l'Intérieur, nous avons constaté que les deux tiers choisissaient d'abord de se faire naturaliser pour des raisons d'opportunité."
Qu'en pense Sarkozy?
Eric Domard. Français d'Abord ! janvier 2007
vendredi 20 juin 2008
La loi sur la délinquance des mineurs
La loi sur la délinquance des mineurs par Olivier Martinelli, membre du Bureau politique du FN.
En 20 ans, la délinquance des mineurs a augmenté de plus de 80 %. Responsables de 25 % desfairs constatés et de 50 % des «violences urbaines» en 2005, les mineurs délinquants sont au cœur de la loi de prévention de la délinquance en cours d'adoption par le Parlement. Simplement, contrairement aux rodomontades du ministre de l'Intérieur ; cette loi ne prévoit que quelques mesures d'ajustement, et ne met en œuvre aucune prévention efficace, ni aucune répression décidée, jugez-en par vous-mêmes ...
On nous dit: « En cas d'infractions graves des enfants, les parents seront privés d'allocations familiales. »
La «suspension» des allocations familiales n'est en fait qu'un différé de versement (on verse, mais plus tard). La «mise sous tutelle» des allocations, elle, est une aide extérieur de gestion des dépenses lorsque les parents n'arrivent pas à gérer correctement leur budget familial. Aucune de ces mesures ne prive les parents du bénéfice de ces prestations. Elles ne peuvent donc être efficaces pour sensibiliser les parents à leur rôle éducatif. La seule mesure efficace consisterait à créer une peine d'extinction temporaire des droits aux allocations en cas d'infractions pénales graves, puis de suppression définitive de ces droits en cas de récidive.
On nous dit: « L'institution de la présentation immédiate des mineurs va renforcer l'action répressive de la justice. »
Non, car le problème n'est pas la rapidité de jugement mais la certitude de la peine. Aussi longtemps que l'idéologie du criminel-victime-de-la-société dominera une bonne partie de la magistrature, le principe même de la sanction et donc, par exemple, le recours à l'incarcération, sera délégitimé. En 2005, sur 1651 mineurs déférés au parquet de Seine-Saint-Denis, seuls 132 ont été écroués, entraînant chez les jeunes délinquants un sentiment général d'impunité qui est intrinsèquement criminogène.
On nous dit : « La loi crée des établissements permettant un travail psychologique, éducatif et social sur les faits commis.»
C'était déjà l'un des objectifs des Centres d'éducations renforcés, des Centres éducatifs fermés et des centres de placement immédiat, qui n'ont pas empêché l'explosion de la délinquance et remplaçaient (mal) les anciennes maisons de correction.
Depuis la suppression de ces dernières, l'incarcération des mineurs est devenue la seule mesure privative de liberté qui peut les toucher, le problème c'est qu'en France elle est homéopathique (407 mineurs emprisonnés seulement en 2004 après condamnation). Il faut donc rouvrir les maisons de correction pour les mineurs multirécidivistes et les chefs de bande.
On nous dit: « Le maire pourra effectuer un rappel à l'ordre du mineur sllsceptible de porter atteinte à l'ordre public. »
De l'aveu même du ministre de l'Intérieur, le maire n'a aucun pouvoir de sanction. Son «rappel à l'ordre» risque de faire bien pâle figure face aux violences urbaines des banlieues. Si elle était faite pour éradiquer vraiment les troubles, la loi devrait permettre au maire d'établir le couvre-feu, quand c'est nécessaire dans certaines zones, afin d'interdire aux enfants de moins de 16 ans de sortir sans accompagnement du domicile familial.
On nous dit: « La loi de 1970 sur la toxicomanie, inappliquée car trop répressive, devait être modifiée.»
La loi de 1970 contre la toxicomanie prévoyait une peine d'un an de prison pour la consommation de cannabis. Lex, dura lex, sed lex. Dès lors, soyons clairs, monsieur le Ministre : qui n'appliquait pas la loi ? Certains magistrats ? Depuis quand ont-ils le droit de juger les lois ? Ce sont les délinquants qu'ils doivent juger ! C'est un comble ! En France, comme dans tous les États de droit, l'inapplication de la loi doit tomber sous le coup de la loi ! Cela pose le problème de la mise en cause pénale des juges. Pourquoi seraient-ils en effet les seuls qui ne risquent rien ?
Français d'Abord novembre 2006
Cachan, la rupture selon Sarkozy ...
« On connaissait déjà la scandaleuse et antirépublicaine discrimination positive. Celle-ci va bien au-delà : elle s'exerce non seulement au profit d'étrangers, mais de seuls étrangers pouvant prouver qu'ils sont en situation irrégulière. Le message est clair : venez en France, venez-y de façon illégale, vous serez les premiers à trouver un logement. » Jean-Marie Le Pen ne pouvait pas mieux résumer deux mois d'imbroglio politique, où le ministre de l'Intérieur s'est pris les pieds dans le tapis, donnant à l'opinion publique l'exacte image de sa duplicité en matière d'immigration.
De l'opération médiatique visant à démontrer sa détermination à lutter contre l'immigration clandestine, au protocole d'accord signé le 5 octobre et satisfaisant toutes les revendications maximalistes des squatteurs et de leurs tuteurs politiques, Nicolas Sarkozy a symbolisé toute la faiblesse et l'impuissance d'un État de droit qu'il entend pourtant incarner.
Ce que le ministre de l'Intérieur présente comme une sortie de crise honorable entraîne de lourdes conséquences aussi bien sur le plan politique que financier, 120 hébergements provisoires pour les étrangers en situation régulière, relogement des clandestins avant la réexamination de tous les dossiers par le ministère de l'Intérieur... Les 200 000 SDF que compte la France apprécieront ! Les contribuables français aussi, auxquels l'État va adresser la facture. En effet, l'hébergement provisoire dans des hôtels ou des foyers coûte en moyenne 720 euros par mois et par personne. Pour ne rappeler qu'un exemple, en 1993, l'hébergement provisoire des Maliens de Vincennes avait coûté au ministère des Affaires sociales 17,3 millions d'euros.
La Licra et SOS Racisme, chargés de jouer les médiateurs par Nicolas Sarkozy ( et dont on peut douter de l'impartialité dans ce domaine ) ont obtenu ce que l'extrême gauche immigrationniste avait exigé dès le le début de l'affaire : la validation d'une immigration permanente et la primauté «du droit à» sur le respect de la loi républicaine.
Éric Domard : Français d'Abord novembre 2006
vendredi 6 juin 2008
LES FAUX CADEAUX DE SARKOZY
Depuis 1959, le fameux intéressement des salariés était facultatif. Le voici qui va devenir obligatoire dans moins de deux ans. Cette nouvelle disposition s'adresse aux PME de moins de 50 salariés (dont 11 % seulement, intéressent leurs salariés), et devrait augmenter considérablement le nombre des bénéficiaires, 4 870 000 à 2005, dernier chiffre connu, environ 8 millions n'étant pas couverts. Sarkozy, dans ce cadre, ne tient pas compte de la situation économique ponctuelle des entreprises, ce qui réservera des surprises. Un peu plus de la moitié des entreprises accordent l'intéressement à leur personnel, Sarkozy vise par conséquent un quasi doublement. Il s'agit là du remplacement des augmentations de salaires par un autre procédé. Il n' y a qu' un hic, l'intéressement s'avère très variable d'un employeur à l'autre. Parfois, son montant est presque, symbolique, car il est fonction des résultats.
Le fisc gagnant
Si les PME ne signent pas d'accord d'intéressement, c'est du fait qu'ils sont contraignants sur trois années. Dans l'univers mondialisé, la visibilité des carnets de commande sur une période triennale, relève de l' aléatoire. Comme l'intéressement est déjà en soi avantageux fiscalement, les grandes entreprises sont engagées depuis longtemps dans le système. Celles que Sarkozy veut appâter en plus avec un crédit d'impôt de 20 % se trouvent dans des secteurs à problèmes, à trésorerie réduite. Cadeau fiscal supplémentaire ou non, elles ne s'engageront pas dans le système, car elles subiront une charge de plus sur leur compétitivité, et elles ne pourront verser des sommes suffisamment conséquentes pour des salariés, plus motivés par des augmentations classiques.
Une mesure bourrée de pièges
Celles qui sont engagées dans l' intéressement sont incitées à mieux faire par un crédit d'impôt de 20 %, sur les sommes versées en plus uniquement, ce qui en limite fortement l' aspect positif. Le gouvernement fait un geste au rabais, qui aboutira sans doute à un flop majeur. D'autant plus que la plupart des syndicats, directement concernés, puisqu'il y a obligatoirement accord d'entreprise sur un tel sujet, préfèrent les augmentations salariales, plus sûres. Dans ce domaine, Sarkozy a fait miroiter qu'il allait contraindre le quart des entreprises de plus de 50 salariés n' ouvrant pas de négociations salariales annuelles à en passer par là. Or, il n'y a aucune obligation de résultats. Ce qui rend « l'obligation » illusoire, et partant, les sanctions financières brandies nulles et non avenues,
L'autre geste spectaculaire, sur la fin du blocage de l'argent de la participation, est bourré de pièges. D'abord, l'épargne quelque peu « forcée » du système est détruite, ce qui n'aura pas que des avantages. En effet, première répercussion négative, le régime fiscal change. Les sommes immobilisées cinq ans sont à ce terme exonérées d'impôts sur le revenu. Pas celles utilisées sur l'année, qui seront fiscalisées. Certes, ce sera au choix du salarié, lequel est souvent dans l'obligation de recourir à toutes ses disponibilités, en cas de « coup dur », ou qui préfère parfois les placer. Il sera donc perdant, au profit du fisc. La générosité de Sarkozy profitera à Bercy. Ensuite, les fonds de la participation, avant leur versement, alimentaient les dispositifs d'épargne retraite. Qui perdront une grande partie de cette ressource. Au moment où les retraites sont menacées. Les pensionnés ne diront pas merci à Sarkozy.
Alexandre MARTIN National Hebdo du 5 au 11 juin 2008
SARKOZY, PRÉSIDENT OU PREMIER MINISTRE ?
Dans la logique des Institutions, le premier est élu, le second est nommé: C'est là toute la différence, sauf que Fillon a la confiance des élus, étant un élu lui-même. On l'a vu dans l'affaire du référendum sur la Turquie dans l' Union européenne. Une décision adoptée contre l'Elysée à la suite de l'intervention de quelques députés qui ont refusé de se coucher, tel Jean-Luc Warsmann, pourtant guère connu pour son « droitisme » (en son temps, il avait voté diverses mesures Aubry). Comme le disait si bien Jean-Louis Borloo, « Sarkozy est le premier responsable de la Ve République qui, pour être Premier ministre, soit passé par la case Elysée ». Comme s'il voulait concentrer tous les pouvoirs, très loin de la fonction définie par Charles De Gaulle : un rôle régalien, au dessus des partis et des hommes, des fratries et des coteries. En charge de la politique étrangère, de la Défense et bien peu du quotidien. Définissant quelques grandes impulsions, donnant quelques grandes lignes mais n'apparaissant pas comme le pompier de service, des pêcheurs du Guilvinec jusqu'aux victimes de tel ou tel accident. Cette chute dans les sondages, il en est le principal responsable et à la fois la principale victime. Même s'il aimerait bien faire porter le chapeau à Fillon le rusé, Fillon l'édredon.
National Hebdo du 5 au 11 juin 2008
mercredi 28 mai 2008
SARKO LE SOCIALISTE
Nicolas Sarkozy continue dans sa lancée dans le développement du socialisme en s'intéressant tous azimuts à des problèmes qui relèveraient normalement du marché privé.
Intervention abusive de l’Etat qui catalogue les entreprises en diverses catégories afin soi-disant de s’en occuper successivement.
Michel de Poncins
samedi 24 mai 2008
« C'EST CA, FAIRE DE LA POLITIQUE...»
Il est amusant de constater que les nouvelles annonces de Nicolas Sarkozy continuent d' être l'objet de vives polémiques, alors qu'il est désormais abondamment prouvé que ce ne sont que des effets d'annonce, et non des projets réels.
Surtout quand le principal intéressé le dit lui-même. Pas de cette manière, mais ça revient au même.
La veille de la grève, Xavier Darcos avait déclaré qu'il ne s'agissait pas seulement d'une grève des enseignants, mais aussi d'une grève des maires socialistes, qui refusent d'organiser le « service minimum d'accueil » (SMA). D'où, évidemment, une polémique avec la gauche. Au conseil des ministres, Nicolas Sarkozy a félicité son ministre de l'Education, déclarant, selon un membre du gouvernement : « C'est très bien d'avoir lancé le débat sur le service minimum. Ce débat a permis de faire passer au second plan la grève en elle-même. C'est ça faire de la le politique! »
Faire de la politique, ce n'est pas résoudre les problèmes, c'est faire des annonces suscitant des réactions politico-médiatiques qui vont détourner l'attention du problème ... D'où la multiplication ahurissante des annonces de Sarkozy, puisqu'il faut en inventer de nouvelles chaque fois que le problème, qui demeure intact, réapparaît sur le devant de la scène.
Yves Daoudal National Hebdo du 22 au 28 mai 2008.
LE FAUX "SERVICE MINIMUM" DE SARKOZY
Le dénombrement des grévistes dans la Fonction publique en général, dans l'Education en particulier, relève de l'exploit. Il y a des gens sur place qui ne travaillent pas ou ne peuvent travailler, du fait de l'absence d'un autre collègue. Ou de la désorganisation d'un service. Cette évidence échappe à Sarkozy, manifestement. Il a voulu effacer l'effet de l'ampleur de la grève et de ses cortèges, lesquels, sans être « révolutionnaires », ont revêtu une importance certaine. Le feu-follet institutionnel a donc proclamé le « droit à l'accueil » obligatoire dans toutes les communes. Ce qui signifie que du personnel communal remplacera les grévistes, les enfants se retrouvant de la sorte en garderie. Les cours ne sont pas assurés en cycle élémentaire, et les éléments pédagogiques instillés en maternelle disparaissent de même.
Classes moyennes exclues
Cette garderie verra sa « charge financière assurée par l'Etat ». Comment ? Par le transfert des sommes retirées aux grévistes déclarés. Bien entendu, cela ne peut correspondre, et les commentateurs ne l'ont pas relevé. D'abord, parce que très peu de grévistes suffisent à paralyser une école entière. Dans ce cas l' établissement ferme. Les parents alors réagissent à leur façon. L'expérience montre que selon le cycle suivi par l'élève, la présence des enfants en « service minimum d'accueil », quand il existe, varie de 5 % à 35 % (plus l'enfant est âgé, moins ses parents recourent à cette garderie d'exception). De nombreux problèmes pratiques en résultent, s'agissant de cantines, d'assurances, d'aptitudes du personnel communal pour la surveillance des plus jeunes, et autres. Le ministère de l'Education nationale a jugé probant l'accueil de 2 837 communes « volontaires» lors de la grève du 15 mai. Environ 10 % des communes concernées. Or, les villes les plus importantes, à majorité de gauche, se refusent à faciliter la « garderie spéciale» .
Par son « service minimum », Sarkozy ne supprime pas les effets les plus graves d'une interruption de l'enseignement, les cours non assurés, et en pratique jamais rattrapés. Il accentue les discriminations envers les classes moyennes, car il a cru bon de motiver le « droit à l'accueil » par cette considération discriminatoire : « Le droit au travail pour les familles qni n'ont pas les moyens (de faire garder leurs enfants) doit être garanti.» Comment mesurera-t-on cette « absence de moyens » ? Sarkozy, contrairement à ce qu'ont dit les syndicats d'enseignants, n'attaque pas le droit de grève dans les écoles, collèges et lycées, il armonce une mesure destinée à le rendre plus supportable, c'est tout. Son attitude n'est pas claire. En fait, il n'a pas la capacité de mobiliser l' ensemble des communes, avec ou sans une loi, pour cet « accueil », si limité soit-il.
Sur le fond, le problème des effectifs suppose une réforme totale de l' enseignement, non envisagée par les pouvoirs publics. Leur catalogue de mesures entrainera une guerre de positions acharnée, très longue, et qui ne changera pas grand chose. L'augmentation des rémunérations sur la base de la défiscalisation et de l'exonération des charges sociales des heures supplémentaires, montrera très vite ses limites restreintes. Sarkozy a le pouvoir de faire ployer le mammouth. Il n'en a pas la capacité.
Le domaine de l'Education ne souffre pas d'une communication "gesticulatrice", mais suppose le courage tranquille et modeste, accompagné d'une connaissance parfaite des dossiers. Malheureusement, la compétence requise n'est pas au rendez-vous!
Alexandre Martin National Hebdo du 22 au 28 mai 2008
mercredi 21 mai 2008
SUR LE DOS DES ENFANTS
Naguère, le même Nicolas Sarkozy proclamait : « La mode de la repentance est une mode exécrable. Je n'accepte pas que l'on demande aux fils d'expier les fautes des pères, surtout quand ils ne les ont pas commises. Je n'accepte pas que l'on juge toujours le passé avec les préjugés du présent. Je n'accepte pas cette bonne conscience moralisatrice qui réécrit l'histoire dans le seul but de mettre la nation en accusation. »( discours de Caen, 9 mars 2007)
Ce qu'il n'accepte pas, c'est précisément ce qu'il a fait samedi.
Après la Shoah, l'esclavage
L'esclavage, a-t-il dit, « est une blessure profonde qui pèse encore sur nos consciences ». Et « les mémoires portent le poids de cette histoire », car « il existe encore aujourd'hui, des inégalités qui trouvent leurs origines dans cet héritage si douloureux ».
Par ces paroles, le président de la République donnait raison au lobby raciste le CRAN, qui avec d'autres « organisations noires » du même acabit manifestaient au même moment en d'autres endroits de la capitale, précisément contre les inégalités soi-disant dues à l'esclavage. Il donnait raison aussi aux prétendus « Indigènes de la République » qui, deux jours plus tôt, manifestaient leur haine des « souchiens », célébraient la victoire du « peuple vietnamien » à Dien Bien Phu, dénonçaient la République raciste et coloniale et la « suprématie blanche et chrétienne ».
C'est le 10 mai 2001 que l'Assemblée nationale a héroïquement reconnu l'esclavage comme un « crime contre l'humanité ». En 2005, sur le conseil du comité ad hoc qu'il avait nommé, Jacques Chirac décrétait que ce jour serait désormais celui de la commémoration de l'esclavage. Mais la gauche et les lobbies antiracistes boycottaient ce 10 mai, considérant que la date adéquate était le 23 mai, date d'une marche qui avait réuni en 1998 à Paris 40 000 Français originaires des Antilles, de Guyane et de La Réunion. En outre, le 10 mai de repentance ternissait le souvenir du glorieux 10 mai 1981...
Eh bien Nicolas Sarkozy a annoncé que désormais le 23 mai serait « une journée commémorative » de l'abolition de l'esclavage « pour les associations qui regroupent les Français d'Outre-mer de l'hexagone et qui souhaitent célébrer le passé douloureux de leurs aïeux ». Comme, en France, il n'y a eu d'esclavage qu'Outre-mer, le 10 mai n'a plus guère de raison d'exister, si tant est qu'il en est eu. Mais officiellement il y a désormais deux dates de commémoration de l'esclavage en France, ce qui est proprement extravagant. Car si l'esclavage a été répandu sur toute la surface de la terre, et s'il existe toujours (dans des pays que le président de la République, se garde bien de citer), la traite négrière n'en a été qu'un aspect très partIculier, et il est terriblement injuste de faire ainsi de notre pays le plus grand coupable, alors qu'il fut celui qui lutta le plus contre l'esclavage, partIculièrement par la... colonisation.
Et ce n'est pas tout. Il ne suffit pas d'expier rituellement chaque année, par une immonde parodie laïque des rites religieux, les péchés de nos aïeux, et de légitimer ainsi, en grattant d' anciennes blessures, les lobbies de dénigrement de la nation et de son histoire.
Non. Il faut encore en faire porter le poids par les enfants : « Cette histoire doit être inscrite dans les manuels scolaires afin que nos enfants puissent comprendre ce qu'a été l'esclavage: afin que nos enfants puissent mesurer les souffrances que l'esclavage a engendré [engendrées, monsieur le plumitif de l'Elysée], les blessures qu'il a laissées dans l'âme de tous ceux que rien ne peut délier de ce passé tragique. La traite des Noirs, l'esclavage, ainsi que leur abolition, seront donc introduites dans les nouveaux programmes de l'école primaire dès la rentrée prochaine. »
Nicolas Sarkozy avait déjà décidé de chaque enfant de CM2 devait endosser la « mémoire » d'un enfant juif victime de la Shoah. Face au tollé, il avait reculé. Mais cela ne l'empêche pas de continuer. On croyait que l'école primaire était faite pour apprendre à lire, à écrire et à compter. On croyait qu' il y avait bien du travail à faire pour que cela redevienne réalité. Mais non. Il importe d'abord que les enfants de l'école primaire soient accablés par le poids de l'histoire. Qu'ils se sentent coupables de la Shoah et de l'esclavage au lieu d'apprendre d'abord un peu de piété nationale, de fierté d'être Français.
Car c'est cela, l'histoire de leur pays, insiste Sarkozy. C'est l'esclavage, avant Clovis et saint Louis, avant Jeanne d'Arc et Louis XIV. Ou à la place. Car une fois de plus, dans son allocution, Nicolas Sarkozy s'est exprimé comme si l'histoire de France commençait en 1789, quand la Révolution a instauré les « valeurs » de la France, celles du « philanthropisme » des Lumières ... On se repentira de l'esclavage et on chantera la gloire de la Révolution. En oubliant soigneusement, par exemple, que tant de négriers étaient d'impeccables républicains et de vénérables frères de ces loges où s'élabore la conscience philanthropique de la République.
Quant aux Vendéens, qui ont bénéficié de façon très spéciale du philanthropisme révolutionnaire, ils attendront encore longtemps que la République se repente de leur génocide.
La sélection des mémoires
Car on sélectionne soigneusement les devoirs de mémoire. Et c'est ce qui rend absurde ce que dit ensuite le président de la République : quand les Français auront « compris » cette histoire, elle « deviendra notre histoire commune, l'histoire de tous les Français, pas simplement l'histoire d'une partie d'entre eux », et alors « l'ensemble de la société s'en trouvera apaisé ». Car « le devoir de mémoire ne peut souffrir des concurrences et des clivages. Il ne peut pas y avoir de clivages. Le devoir de mémoire doit nous rassembler ».
C'est très exactement le contraire qui se produit. En sélectionnant des « mémoires » particulières, on exacerbe le sentiment victimaire, moteur des lobbies subversifs qui s'en servent comme aliment du communautarisme et comme prétexte pour attaquer la France et salir son histoire.
On constate que ce même 10 mai, SOS Racisme a lancé un appel, signé par une multitude d'artistes, d'écrivains et de politiciens, « à donner enfin une place digne de ce nom dans les programmes scolaires à l'enseignement de l'histoire de la colonisation et de celle de l'esclavage, parties intégrantes de l'Histoire de France ».
Aussitôt dit, aussitôt fait. Nicolas Sarkozy est le président de SOS Racisme et de tous les lobbies de l'Anti-France.
Yves Daoudal National Hebdo du 15 au 21 mai 2008.
daoudaI@fr.oleane.com
Recherche impossible
National hebdo du 24 au 30 avril 2008
Quand Sarko n'est pas réactif
• Le dossier Alitalia est embourbé en raison des exigences de licenciements massifs d'AirFrance-KLM en cas de reprise. Le gouvernement de gauche, aujourd'hui évincé, était apparu capitulard sur l'aspect social du dossier, et Berlusconi l'avait souligné au cours de sa campagne. Remis en selle par les élections, Berlusconi s'est adressé à Sarkozy pour qu'il contribue à une solution acceptable par tous. Sarkozy est resté sourd. Avec rapidité, Berlusconi a trouvé la parade en entamant des négociations avec le président russe Poutine, afin d'assurer le financement nécessaire au sauvetage de la compagnie aérienne italienne.
Quand Speedy Sarko fait la limace, il se fait coiffer au poteau, et les « relations privilégiées » avec Berlusconi en prennent un sale coup.
National hebdo du 24 au 30 avril 2008
mardi 20 mai 2008
MISSION BETANCOURT :
La « mission humanitaire » dépêchée le 2 avril en Colombie pour secourir Ingrid Betancourt s'est terminée le 8 par un échec. La France et les deux autres pays embarqués dans cette galère (l'Espagne et la Suisse) n'ont pu faire autrement que « prendre acte de la décision du secrétariat de l'état-major central des Farc de rejeter la mission médicale qui était destinée à venir en aide à Ingrid Betancourt et aux autres otages les plus affaiblis ».
Les terroristes communistes ont en effet refusé la mission médicale, à cause de , « la mauvaise foi d'Uribe envers le gouvernement français ». En clair, ils redoutent que le président colombien se serve d'une telle mission pour repérer leurs camps.
On se souvient que, déjà, fin mars, la France avait envoyé un avion médicalisé en Guyane, après les informations selon lesquelles Ingrid Betancourt était quasiment mourante (avant que Kouchner dise qu'elle n'allait peut-être pas si mal qu'on le pensait...). L'avion était reparti de Guyane au bout de deux jours ...
Toute cette agitation, coûteuse, n'a aucun sens. Elle est commandée par la popularité artificielle de la sénatrice colombienne en France, par le tam-tam politico-médiatique monté autour du fait qu'elle a eu la nationalité française (par mariage avec un homme dont elle est divorcée). Nicolas Sarkozy veut donc se mettre en avant et apparaître comme le sauveur d'Ingrid. A tout prix, à n'importe quel prix. En reconnaissant des terroristes communistes comme des partenaires. En acceptant de recevoir en France ceux qui seraient libérés par Bogota en échange d'Ingrid ...
Mais il risque fort de faire les frais de cette sinistre farce, et cela a commencé. Chaque fois qu'il prend une initiative, c'est un fiasco. Parce qu'il ne sait pas de quoi il parle.
Pour en rester à la « mission médicale », il ne sait pas que les terroristes colombiens n'ont jamais, absolument jamais, permis la moindre opération de ce genre. Même sous l'égide de la Croix Rouge. Pour la bonne raison que toute opération de ce genre les met en danger d'être repérés, alors qu'ils sont traqués par l'armée colombienne. Et c'est plus vrai encore depuis que leur chef Paul Reyes a été abattu il y a deux mois en Equateur par un raid aérien.
La naïveté et l'obsession médiatique de Sarkozy
Le spécialiste de la question interrogé par l'AFP, Alfredo Rangel, constate que la France a fait preuve de « naïveté » en pensant que la promesse d'Uribe de suspendre les opérations militaires serait suffisante pour dénouer la situation. Le gouvernement français, constate-t-il, a cherché « un bénéfice sur le plan intérieur à travers un geste médiatique ». On voit que M. Rangel connaît aussi bien Nicolas Sarkozy que les Fare ... Mais plus Sarkozy fait de gestes médiatiques, lui-même ou par l'intermédiaire de son préposé aux gestes médiatiques Bernard Kouchner, plus il s'enfonce ...
Jean-Marie Le Pen l'a souligné dans un communiqué: « Ces coûteuses opérations, à la charge du contribuable français, n'ont d'autre but que de soigner la popularité du président de la République et de son French Doctor. Mais les échecs à répétition, doublés de quelques infamies comme la promesse d'accueillir en France des terroristes! en qualité de réfugiés, ne peuvent avoir que l'effet inverse, avec en prime l' humiliation de la France sur la scène internationale. »
Yves Daoudal: National Hebdo du 8 au 14 mai 2008
lundi 19 mai 2008
HARO SUR LES PETITS COMMERÇANTS!
Le dernier gadget mis sur orbite par le gouvernement Fillon porte le sigle "LME". Il s'agit de la loi de modernisation économique, adoptée en conseil des ministres. Présenté par le ministre de l'Économie Christine Lagarde, le texte est inspiré par l'Élysée. Sarkozy a déclaré que les prix montaient "parce qu'il n'y a pas assez de concurrence", et "pas seulement à cause de la hausse des matières premières ". Professeur d'économie très simplificateur, le président fait lancer une loi fourre-tout, de 41 articles, touffue et contradictoire. Et qui profite aux distributeurs, contre les PME et le petit commerce.
Sarkozy a en effet découvert les fauteurs de la vie chère, Les pétroliers, les financiers internationaux, les spéculateurs sur les matières premières, le système boursier, le mondialisme ? Pas du tout. C'est le petit commerce, les fournisseurs de la grande distribution, les PME, les agriculteurs, tous sont des profiteurs de la hausse des produits de base, Cette extraordinaire découverte lui a été suggérée par Bruxelles. Sarkozy a aussitôt acquiescé.
Seulement, il y a quelques obstacles. Certes, on n'est plus en période électorale, mais il faut quand même faire attention. En particulier aux maires, qui s'émeuvent de l'inflation des hypers autour des villes. Ceux-ci ne sont accessibles qu'en voiture, ce qui n'est pas vraiment bon pour l'écologie. Et le commerce de centre-ville disparaît, créant, en plus des déserts ruraux, d'autres déserts en plein milieu de métropoles régionales. Des catégories entières d'activités sont sinistrées, et des bataillons d'électeurs lâcheront l'UMP à la prochaine occasion.
Sarkozy a donc freiné Lagarde sur les concessions faites à la grande distribution. Les ouvertures de nouvelles grandes surfaces sont facilitées, le seuil de 300 m2 passe à 1 000 m2, et cela est présenté comme un bienfait, car les « hard discounters », amateurs de cette superficie, vont, paraît-il, en profiter pour baisser les prix, au détriment de la mégadistribution. Or, ce type de magasins est contrôlé par les hypers, dont ils constituent un réseau de sous-marques. Et un maillon intermédiaire, adapté aux villes moyennes, et ne concurrençant pas les "grands" sur de très nombreux produits.
Boucs émissaires de la vie chère
La liberté de négociation des prix, thème majeur de la LME, représente un renversement complet de la politique suivie jusqu'ici. La grande distribution triomphe, même si elle attendait plus. Afin d'apaiser les PME-PMI, Lagarde a souligné la réduction des délais de paiement. Pour qui connaît les astuces de facturation, il est clair qu'une fois de plus, cette disposition restera lettre morte, d'autant que l'Etat est le premier à violer ce genre de règles contractuelles. D'autres mesures revêtent des allures cosmétiques, comme la suspension des seuils sociaux, blocages à l'embauche. Mais cette suspension, comme son nom l'indique, n'est que temporaire. Il s'agit par conséquent d'un piège, et il est douteux que les PME se précipiteront tête baissée dans le panneau.
Fidèle à ses amitiés intéressées affichées au moment de son arrivée au pouvoir, Sarkozy a choisi les grandes entreprises à caractère supra national contre la masse des petites. En dépit des divers syndicats patronaux de branches professionnelles et du MEDEF, qui sont les auxiliaires du gouvernement en la matière, la LME se heurtera sans doute à une opposition résolue de la part de ceux qu'elle transforme en boucs émissaires de la vie chère.
Alexandre Martin National Hebdo du 8 au 14 mai 2008
dimanche 11 mai 2008
Sarkozy, un soixante-huitard à l'Elysée
Dany-Sarkozy, même combat ?« S'il y a un soixante-huitard à l'Élysée, c'est bien lui! » La formule n'est pas de nous, elle sort de la bouche de Cohn-Bendit C'était le 2 mars dernier sur le plateau de Ripostes, l'émission de Serge Moati. Ce n'était pas une révélation, seulement une répétition. Déjà pendant la campagne de soutien à Denis Baupin aux élections municipales à Paris, le leader de Mai avait lancé : « Nous avons un président de la République soixante-huitard qui a repris le slogan du "jouir sans entraves" pour lui-même et le démontre tous les jours. »
La vérité sort de la bouche des enfants de Mai. Cohn-Bendit a ouvert le bal, Bruckner, vingt ans au moment des « événements » lui succède. « Mai-68 à l'Elysée » chronique le néo-con dans les colonnes du Nouvel Observateur(2). « Fait nouveau en France, le premier personnage de l'État serait célibataire; un cœur à prendre qui décide du sort de millions de gens. Mai 68 est passé par là et ne cesse d'émettre ses effets comme une petite source d'énergie disruptive.» « Avec Sarkozy, analyse-t-il non sans lucidité, nous glissons de l'adultère classique au désordre amoureux avec le ballet probable des prétendantes et des intrigues d'alcôves. II voulait incarner l'autorité, accéder au mythe des grandes familles régnantes, il symboliserait plutôt la bougeotte sentimentale de nos contemporains, le vertige des inclinations et des infidélités . »
« Imaginez Tony Blair se remariant avec Naomi Campbell »
A l'époque, le président s'était séparé de sa deuxième femme, une première dans l'histoire de la Vertueuse République française. Jamais un chef de l'Etat n'avait divorcé depuis Napoléon, à l'époque du Directoire. « Rendez-nous une famille à l'Elysée! », s'exclamait Bruckner dans sa conclusion. On n'était pas loin du « Rendez-nous tante Yvonne ! » réclamé ironiquement par Minute(3)- Mais Cécilia n'en pouvait plus, ne se voyant pas « première dame de France » .« C'était « une femme libérée » ... Cécilia, fille de 68 qui choisit sa vie ...« Je ne me vois pas en first lady. Cela me rase. Je ne suis pas politiquement correcte. Je me balade en jean, en treillis ou en santiags. Je ne rentre pas dans le moule », avait-elle pourtant prévenu dans Télé Star en mai 2005. C'est pas si facile l'Elysée. Alors elle l'a laissé tomber.
Vint Carla, première sur la longue liste de toutes les prétendantes. Femme libérée aussi, voire plus libérée encore car plus jeune. Notre président « de droite » s'est remarié donc avec un ex-mannequin « de gauche » au passé sentimental pour le moins mouvementé et au tempérament non moins ardent. Imaginez Tony Blair divorçant de Cherry et se remariant avec Naomi Campbell », avait gentiment ironisé un chroniqueur du Times pour faire comprendre la situation aux Anglais. Nicolas Sarkozy restera le seul président avec Gaston Doumergue (1863-1937) à s'être marié en cours de mandat. « Si un président de la République peut être deux fois divorcé et peut se balader au bras d'une chanteuse qui crie sur les toits que baiser pendant trois semaines avec le même homme , c'est le maximum, c'est que Mai 68 est passé par là » a enfoncé le clou Dany dans Lyon capitale(4). Il ajoutera : « Avec Sarko, De Gaulle et son épouse doivent se retourner dans leur tombe! »
En effet, on le croyait fils adultérin de 1958, il se révèle parfait héritier de 1968. Pourtant, à l'époque, il n'avait que 13 ans. Nanterre, il ne l'a connu que bien des années plus tard quand il obtiendra une maîtrise de droit privé en... 1978. Deux ans après, à Sciences Po, il présentera un mémoire sur « le référendum du 27 avril 1969 ». Mais c'est plutôt sur « la révolution de 68 » qu'il aurait dû plancher.
Quarante ans après, on se rend compte à quel point la droite, du moins une certaine droite, a intégré l'héritage « moral » de ce mouvement plus libertaire que gauchiste. C'est encore Dany qui le dit, dans Forget 68(5) : « La droite est complètement imprégnée des valeurs issues de l'évolution de la société dans la sphère privée. » Défaite politique à court terme mais grande victoire culturelle à long terme, la révolte du « jouir sans entrave » a fait beaucoup de petits, dont Nicolas. « Sans ces mouvements d'émancipations des années 1960 et donc sans 1968-, poursuit Cohn-Bendit, quelqu'un comme Sarkozy n'aurait pu être élu président de la République! »
Cohn-Bendit, un « enfant de chœur » à côté de Sarko !
Dany a tout compris et se trouve l'air d'un « vrai conservateur » avec sa petite famille, un « simple petit-bourgeois qui n'a qu'un enfant avec sa femme et un autre qu'elle a eu lors de sa relation précédente » : « Nous sommes une famille recomposée, mais comparés à un Sarkozy à l'EIysée, nous sommes des enfants de chœur » ! Sarkozy, lui, trois mariages et trois enfants, de deux lits différents. En attendant la suite. last but not least. Il recompose aujourd'hui sa deuxième famille recomposée après une première tentative qui s'était décomposée. Casanova en perdrait son italien et Mitterrand son florentin. il y a seulement dix, vingt ans, c'eût été impensable. La vraie rupture sarkozyenne est là. Dans la fête au Fouquet's avec les mickeys, dans la croisière dorée sur le yacht de Bolloré, dans la Rolex au poignet, les Ray Ban sur le nez, Carla à Disney, bref tout le côté « bling bling » et paillettes des hippies devenus yuppies, passés du col mao à la chemise Armani.
Mais le plus important n'est pas forcément dans les apparences ; mais dans les origines. C'est ce qu'a bien saisi le fils Glucksmann qui publie avec son paternel, ex-révolutionnaire devenu commissionnaire, Mai 68 expliqué à Nicolas Sarkozy(6). Dans un entretien donné au Point le 7 février, celui-là déclare: « Sans le relativisme de Mai, sans son slogan le plus fou, « Nous sommes tous des juifs allemands ; jamais il n 'aurait pu étre président de la République. 68 est une assomption du déracinement qui a donné la société " black-blanc-beur ", multiculturelle et ouverte dans laquelle nous vivons. »
Jusqu'alors, comme l'avait mentionné Jean-Marie Le Pen, la France avait toujours été présidée par des Français de souche qui savaient tâter le cul des vaches. Avec Sarkozy, c'est fini. Les paysans sont des « pauv'cons ». Pas seulement l'individu, pedzouille ou non, qui l'a apostrophé au Salon de l'agriculture, mais tous les péquenots, les Bretons, les « Français d'en bas » beaufs, ringards, dont Yasmina Reza (7) a rapporté, l'ayant suivi pas à pas durant toute la campagne, le mépris qu'il leur porte et avec quel cynisme il feint de s'en montrer proche.
L'étonnante ascension d'une Rachida Dati ou d'une Rama Yade participe évidemment de ce mouvement de « déracinement » initié en 68, poursuivi par leurs héritiers trotskistes, libertaires ou libéraux.
Certes SOS Racisme est passé par là, continuant ce travail de sape de la nation. Un certain communautarisme, promu par l'association antiraciste, importé du modèle anglo-saxon, propagé par les soixante-huitards, a imprégné la société française. « En 68, raconte Glucksmann père dans le même entretien, il y avait l'idée de la révolution, de Révolution française et donc de modèle français de révolution, mais aussi l'idée d'ouvrir les frontières, morales et physiques. » Il explique même comment des journalistes anglais et américains sur place lui disaient : « C'est fantastique, vous vous américanisez ! » Un article de journal The Economist allant même jusqu'à titrer: « Dany sauve le dollar » !
Soixante-huitard contrarié et soixante-huitard attardé
« Cohn-Bendit, ce n 'était pas la France éternelle, se souvient André Glusksmann, mais quelque chose qui se trouvait partout, à Paris comme à Berkeley... Une attitude mondialisée et mondialiste. » Le gros mot est lancé. la vérité sort encore une fois de la bouche des enfants de Mai. Nicolas Sarkozy est en train d'achever politiquement et socialement cette américanisation qui rime avec mondialisation.
De même, dans le choix de certains ministres issus du monde associatif, tels Kouchner, Hirsch ou Amara, la révolution de 68 est passée par là. Il s'agissait de se libérer de la logique verticale du pouvoir pour faire entrer la société clans l'Etat. Les soixante-huitards ont toujours lutté contre l'idée pour eux rétrograde, autoritaire, voire totalitaire que l'Etat crée la société. L'Etat source de la légitimité, politique et sociale leur semblait déjà le début de la tyrannie. C'est la rue, le pseudo-spontanéisme révolutionnaire, l'autogestion, qui constitue la société et la dynamique politique. Là comme ailleurs, il fallait être ouvert et « participatif » comme dirait Ségolène, elle aussi fille de 68 malgré ses airs de matrone austère.
« Société ouverte » contre « société fermée », « rupture » ou « révolution contre conservatisme » « liberté individuelle » contre « autorité traditionnelle », « autonomie » contre « hétéronomie ». Ce sont là les maîtres mots du libéralisme qui ont fleuri, certes de manière plus poétique, sur les murs de Paris en mai 68. Libertaires-libéraux, même slogan ! Cette Proximité terminologique et idéologique va jusqu'à la reprise du terme de « Grenelle » pour désigner une négociation en période de crise. « Grenelle de l'environnement » hier, « Grenelle de la culture » demain. Dany-Sarkozy, même combat! Quand le second dit « liquider 68 » le premier lui répond « oublier 68 » (Forget 68, titre de son livre d'entretiens). Qui des deux faut-il croire? Le « soixante-huitard contrarié » ou le soixante-huitard attardé ?
« Voyez comment l'héritage de Mai 68 a introduit le cynisme dans la société et dans la politique » tonnait Nicolas Sarkozy : « Je propose aux Français de rompre réellement avec l'esprit, avec les comportements, avec les idées de Mai 68 »; « Je veux tourner la page de Mai 68. Mais il ne faut pas faire semblant. » C'était à Bercy, en pleine campagne du second tour de la présidentielle. Il y a seulement un peu plus d'un an.
1. Note pour l'Histoire: discours de Bercy le dimanche 29 avril 2007.
2. n° 2241 du 18 octobre 2007.
3. n° 23-10 du 9 janvier 2008.
4. 9 janvier 2008.
5. Entretiens avec Stéphane Paoli et Jean Viard, Editions de l'Aube, avril 2008, 128 pages, 12,90 euros.
6. DenoëL 2(X)8.
7. L'aube, le soir ou la nuit, Flammarion, 2007.
Jocelyn Delagarde le Choc du Mois - Mai 2008 -
